Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
Agriculture, alimentation, santé publique... soyons rationnels

Dans le Monde, un excellent « Les discours antivaccins, bien implantés en France, ont redoublé de vigueur avec la crise sanitaire »

17 Juin 2020 , Rédigé par Seppi Publié dans #Covid-19, #Santé publique, #critique de l'information

Dans le Monde, un excellent « Les discours antivaccins, bien implantés en France, ont redoublé de vigueur avec la crise sanitaire »

 

Glané sur la toile 547

 

 

Le 10 juin 2020 (date sur la toile), le Monde a publié un fort intéressant entretien avec M. Laurent-Henri Vignaud sous le titre : « Les discours antivaccins, bien implantés en France, ont redoublé de vigueur avec la crise sanitaire ».

 

Le Monde a eu la bonne idée de mettre cet article en accès libre. Il vaut le détour pour qui s'intéresse à la santé publique et aux questions d'information et de désinformation.

 

Voici le début, qui a l'avantage de présenter aussi le personnage :

 

« Des messages qui accusent l’industrie pharmaceutique de préparer des vaccins hors de prix, des groupes Facebook qui affirment que la vaccination est inutile, des sites obscurs qui voient dans la crise du Covid-19 un plan pour injecter des puces 5G à la population mondiale… Les discours antivaccins sont bien implantés en France. Mais ces derniers mois, à la faveur de la crise sanitaire, ils ont redoublé de vigueur, jusqu’à trouver des relais médiatiques chez des stars comme l’actrice Juliette Binoche ou le rappeur Booba.

 

Laurent-Henri Vignaud, historien des sciences à l’université de Bourgogne, est coauteur avec Françoise Salvadori d’Antivax : la résistance aux vaccins du XVIIIe siècle à nos jours (Vendémiaire, 2019). Il dresse le bilan de cette séquence de rumeurs anxiogènes, et les remet en perspective.

 

M. Laurent-Henri Vignaud est plutôt optimiste pour l'avenir :

 

« La place prise par le discours antivax peut-elle représenter un danger pour la seconde phase de la lutte contre le Covid-19 ?

 

Je suis historien, pas sociologue, mais, à mon sens, le mouvement antivax reste marginal. Historiquement, ses militants ont pu obtenir des victoires, mais ils n’ont jamais empêché les Etats et les sociétés de vacciner. Dans les situations de menaces épidémiques réelles, il y a une demande. »

 

Acceptons-en l'augure et croisons les doigts...

 

Le fait est, cependant, que les « antivax » boxent dans une catégorie bien supérieure à leur poids réel. Dans leurs soutiens, il n'y a pas qu'une cruche et un casseur, mais aussi du personnel politique comme Mme Michèle Rivasi (on ne présente plus sur ce site...) et M. François Ruffin. Ils sont vaccinosceptiques ? C'est le camouflage...

 

Il bénéficient aussi de l'appui de médias complaisants et peu scrupuleux question civisme, dont... le Monde...

 

Voici par exemple la réponse de M. Laurent-Henri Vignaud à une question pressante :

 

« Alors que les débats sur l’hydroxychloroquine continuent de faire rage, peut-on suspecter les grands laboratoires de défendre des intérêts financiers aux dépens de la santé publique, sans tomber dans le complotisme ?

 

Il est parfaitement légitime de poser la question des profits dans l’industrie de la santé. Combien ça coûte de produire un vaccin ? A combien doit-il être vendu ? Que faire des populations qui, face à leur prix, ne peuvent se le payer ? C’est un vrai débat, qu’on ne peut trancher de manière simple. On sait que les laboratoires ont un problème en général avec les génériques. A partir du moment où ils sont privés, ils préfèrent les produits high-tech, vendus très cher. Ils ont une logique capitaliste de profit. »

 

On peut souscrire à ces observations (applicables mutatis mutandis aux médias...). Avec toutefois des bémols. Ainsi, il y a de grands groupes pharmaceutiques que l'opinion (dite) publique accuse volontiers de faire passer le profit avant la santé qui produisent aussi des génériques ou des princeps dont le brevet est arrivé à échéance. Tenez... l'hydroxychloroquine mentionnée par l'intervieweur est produite par Sanofi.

 

Notons aussi que si les entreprises privées étaient tellement avides de profits, elles ne se seraient peut-être pas lancées avec enthousiasme, imagination et prise de risque dans la mise au point de vaccins (généralement peu rentables et risquant d'arriver sur le marché lorsque la souche de coronavirus aura disparu).

 

Nuance donc dans le Monde le 10 juin 2020... grosse artillerie anti-pharma et anti-brevets le 21 avril 2020 avec « Aucune technologie contre le Covid-19 ne doit être soumise à un monopole », une tribune de Mme Ellen 't Hoen, présentement Directrice de Medicines Law & Policy (et anciennement activiste anti-brevets à Genève pour le compte de Médecins sans Frontières – si vous voulez savoir où est passé l'argent de vos dons...) et M. Achal Prabhala, présenté comme chercheur et écrivain indien (activiste serait plus approprié). Résumé :

 

« Des traitements, un vaccin seront trouvés mais le risque est que les groupes pharmaceutiques décident seuls qui pourra en bénéficier, s’inquiètent, dans une tribune au "Monde", les experts Ellen’t Hoen et Achal Prabhala, qui prônent une mise en commun des fruits de la recherche. »

 

Quelle vision dystopique de la réalité... Un groupe pharmaceutique déciderait seul ? Un homme de paille nécessaire à la construction d'une théorie qui, si elle avait été appliquée ab initio, se serait traduite par le renoncement de l'industrie à se lancer dans les différentes aventures, faute de perspectives de retour sur investissement.

 

Mais une vision conforme à la ligne éditoriale du Monde, qui a pour effet collatéral d'alimenter les discours anti-vaccins.

 

Fort heureusement, les décodeurs, M. William Audureau, ont dérogé à cette ligne en interviewant M. Laurent-Henri Vignaud.

 

 

Post scriptum

 

Un commentateur a écrit :

 

« L'hostilité aux vaccins révulse le médecin que je suis, qui sais le nombre de vies sauvées que nous leurs devons et qui a pris en charge en réanimation les souffrances de patients non vaccinés, par indisponibilité des vaccins - en Afrique - ou refus d'y recourir - chez nous. Elle est le résultat d'une culture criminelle qui fait la part belle aux théories du complot, à la pertinence de l'expertise citoyenne - merci, Ségolène - et aux réseaux sociaux comme nouveaux producteurs de normes, toutes choses qui questionnent la qualité de l'éducation reçue et le sens de l'éthique du collectif. En 2019, d'après Sante Publique France, seulement 36 % des infirmier(e)s et 21 % des aides-soignant(e)s se sont faits vacciner contre la grippe, vaccination qui est gratuite, réalisée sur le lieu de travail, au sein même des services dans beaucoup d'établissements, et protège les patients. Faut-il pleurer, ensuite, si l'Etat nous traite comme des mômes ? Quant à Juliette B., comment dire ...? »

 

 

Post scriptum 2

 

Les décodeurs du Monde décodent et remettent les pendules à l'heure ? Fort bien. Mais comme d'autres médias, le journal qui fut de référence affiche de manière aléatoire des contenus sponsorisés par Outbrain. On y trouve de tout... en particulier de quoi alimenter la rubrique des décodeurs !

 

 

 

 

Comment ? Des plantes qui augmentent nos « natural killers » ? Quand on appelle l'article on obtient cela en première partie :

 

 

 

 

Dites, le Monde et les autres médias ! Vous êtes sérieux, là ?

Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
I
36% des infirmiers vaccinés contre la grippe ??? c'est peu. On sait pourquoi si peu d'infirmiers se font vacciner ?
Répondre
I
Mireille Gary

Je vous remercie pour cette information. la situation est moins catastrophique mais oui voir que ce sont les jeunes qui seront les infirmiers de demain être réticents à se faire vacciner, pro-homéopathie et pour certains antivaxx est inquiétant pour l'avenir.

@Sega
Alors je ne sais pas si vous avez lu l'article mais il précise pourtant que la vaccination est gratuite pour le personnel soignant. Quant à inutile, qu'est-ce qui vous fait dire qu'il est inutile de se faire vacciner alors que les Académies de Médecine disent le contraire ?
M
La proportion semble augmenter au fil du temps. En 2019, c'est un peu plus de la moitié qui était vaccinée. Mais ce sont les plus jeunes les plus réticents, ce qui est inquiétant.
https://www.infirmiers.com/les-grands-dossiers/les-grands-dossiers/moitie-infirmiers-vaccines-contre-grippe-hiver-dernier.html
@Sega : même si l'efficacité n'est pas toujours parfaite (tout dépend de la composition choisie chaque année), c’est justement parce que le vaccin fonctionne moins bien auprès des personnes âgées qu’il faut d’autant mieux vacciner ceux qui s’en occupent.
S
Il y a peu d'infirmiers vaccinés car la vaccination est inutile, à quoi bon réaliser quelque chose de couteux et d'inutile ?
J
en parlant du Monde:
https://www.lemonde.fr/planete/article/2020/06/16/le-comite-d-ethique-de-l-anses-en-desherence-depuis-six-mois_6043028_3244.html
https://www.lemonde.fr/planete/article/2020/06/16/glyphosate-la-deontologie-de-l-anses-mise-en-cause_6042962_3244.html
Répondre
F
Merci. Pour ceux que cela intéresse, je mets un lien sur l'industrie pharmaceutique du générique :
https://theconversation.com/industrie-pharmaceutique-du-generique-recherche-rentabilite-desesperement-122415
Répondre