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Agriculture, alimentation, santé publique... soyons rationnels

Quelques éléments de programmes électoraux

23 Mai 2019 , Rédigé par Seppi Publié dans #Politique, #Union européenne

Quelques éléments de programmes électoraux

 

Glané sur la toile 344

 

 

Électoraux ? Ou plutôt électoralistes, voire démago...

 

Actu-environnement a relevé le défi de résumer dans « Elections européennes : ce que proposent les listes en matière d'environnement ». Livrons-vous ce morceau :

 

« Si les questions écologiques sont moins présentes dans les listes de droite, celle de la majorité présidentielle entend mettre l'accent dessus. La liste Renaissance, menée par Nathalie Loiseau, a placé l'ancien ministre et directeur du WWF Pascal Canfin en deuxième position. Souhaitant draguer les électeurs écolos, Renaissance affiche même l'écologie comme "priorité numéro 1" de son programme. Parmi les mesures proposées un investissement "d'au moins 1.000 milliards d'euros dans la transition écologique" et la création d'une banque pour le climat, de même que le refus de signer un accord de libre-échange avec des pays en dehors de l'Accord de Paris. »

 

L'article ne précise pas la période pendant laquelle cet investissement serait déployé (le programme en bref non plus !). Mille milliards d'euros, c'est en gros le quinzième du PIB de l'Union Européenne à 28. C'est bien plus que le budget de l'Union (160 milliards d'euros en 2018). Alors...

 

Le Huffington Post s'est essayé à un « Européennes: qui propose quoi sur le glyphosate? ». En bref :

 

« Si l'interdiction du glyphosate, fameux pesticide au cœur de plusieurs scandales, fait l'unanimité chez les candidats beaucoup s'opposent sur le calendrier et la marche à suivre. »

 

Le site Info NBT nous propose un « Élections européennes, de futurs eurodéputés aux positions incertaines sur les NBT ». Il va sans dire que, sans que ce soit de la faute de l'auteur... c'est un peu court. En bref, la gauche, EELV et les extrêmes sont contre l’utilisation des NBT ; la droite et le centre sont en faveur ; la position est plus floue pour la République en Marche.

 

Pour le volet agricole, Pleinchamp s'exclame : « L’agriculture (enfin) au cœur du débat des européennes » en faisant un résumé des déclarations des représentants des six listes susceptibles de franchir la barre des 5 % devant la FNSEA et les JA. Conclusion de Mme Christiane Lambert, présidente de la FNSEA :

 

« "Il nous ont tous caressé dans le sens du poil, il n’y a pas eu d’agribashing", a ironisé la présidente de la FNSEA Christiane Lambert, en ajoutant que cela ne faisait "pas de mal". "Nos messages passent sur certains sujets comme les budgets ou les importations, reste à voir leur application", a-t-elle poursuivi. »

 

Oui, mais c'étaient les discours devant les agriculteurs...

 

Terre-Net propose tout une série d'article. On commencera par « Plus d’écologie et de revenus : ce qu’il faut retenir des programmes agricoles » et suivre les liens. En résumé :

 

« Pas moins de 34 listes ont été déposées en France - un record - en vue du scrutin des élections européennes qui se déroule dimanche 26 mai 2019. Parmi les partis candidats, les principales formations politiques se rejoignent quasiment toutes sur l'orientation globale qu'elles souhaitent donner à l'agriculture : mieux soutenir les agriculteurs pour qu'ils vivent de leur métier et, surtout, verdir davantage les pratiques pour qu'elles soient, selon elles, plus en phase avec les attentes des citoyens et les enjeux environnementaux»

 

Pour notre part, cela semble hors-sol, en tout cas loin des réalités bruxelloises. Les formations patchwork françaises ont été constituées et ont établi des programmes dans une optique franco-française de chalutage de voix... L'insignifiance de la France au sein du forum européen est préprogrammée.

 

Un peu de baume au cœur des agriculteurs avec de grandes déclarations sur la PAC et les moyens pour qu'ils puissent vivre dignement, ainsi que sur les accords de libre-échange et les importations de produits concurrençant les produits européens handicapés par des interdits. Mais ce sont souvent des déclarations lourdement mâtinées de « la terre qui ne ment pas » et de « Martine à la ferme » en direction d'un vivier électoral bien plus abondant ; beaucoup d'« écologisme » et autre bien-pensance qui s'interprètent, a contrario, comme de l'agribashing.

 

Nous en prendrons pour preuve ces deux éléments du programme macronien :

 

« Défendre le budget agricole pour assurer un revenu élevé à tous les agriculteurs. Ils doivent vivre dignement de leurs activités et pouvoir faire face aux crises. Les aides seront simplifiées et orientées en priorité vers les exploitations à taille humaine.

 

Orienter les aides agricoles vers les modèles propres et respectueux du bien-être animal partout en Europe. Les objectifs sont clairs : augmentation massive du verdissement, doublement des surfaces en bio, zéro bête nourrie aux OGM, zéro pesticide au-dessus des zones d’eau potable, fin du broyage des poussins. »

 

Pire encore, on doit s'interroger quand des formations « vendent », par exemple, l'abandon des pesticides, et même des engrais, de synthèse ; ou encore la sortie du glyphosate à l'horizon 2021 (voire immédiate), alors qu'il est autorisé jusqu'en décembre 2022, qu'il peut faire l'objet d'une demande de renouvellement et que, sauf fait miraculeux réellement nouveau, rien ne s'oppose à ce renouvellement.

 

La France Agricole propose des petites séquences vidéos, mais elles sont réservées aux abonnés (on les trouvera aussi sur Terre-Net). On ne perd pas grand chose, sauf certainement de quoi grincer des dents...

 

En revanche, ne ratez pas la tribune de Mme Christiane Lambert, présidente de la FNSEA, dans l'Opinion. « Des activistes ont trouvé dans le lynchage du monde agricole une raison d’être. C’est une injustice » est un texte superbe. Extrait :

 

« "Présents !" Solution, pour assurer la sécurité alimentaire d’une population mondiale en croissance de 30 % d’ici 2050, aux besoins plus divers, plus qualitatifs et plus éthiques ; solution, pour lutter contre le réchauffement climatique avec le potentiel immense de captation de carbone dans nos sols et nos prairies et le développement des énergies vertes ; solution, pour préserver la biodiversité, notre bien commun, qui ne peut toutefois reposer sur les seules épaules des agriculteurs sans un effort contributif de la société, dans un nouveau contrat ; solution, pour protéger les milieux, les sols et les ressources en eau, avec des engagements que les agriculteurs tiendront pour la réduction de l’impact des produits phytosanitaires ; solution encore, pour répondre aux attentes en matière d’évolution des modes d’élevage dans le respect des animaux, domaine où la France est citée comme bonne élève dans le monde. »

 

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