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Agriculture, alimentation, santé publique... soyons rationnels

« Sortie du glyphosate » : Manu, press delete !

1 Juin 2020 , Rédigé par Seppi Publié dans #Glyphosate (Roundup), #Politique

« Sortie du glyphosate » : Manu, press delete !

 

 

En ces temps de Covid-19, il est des sujets qui ont du mal à apparaître sur les écrans radar. Tel est la cas de la « sortie du glyphosate » prévue pour la fin de l'année. M. Gil Rivière Wekstein vient de remettre le sujet sur le tapis.

 

Cette évolution d'une ampleur insoupçonnée par une grande partie du public (et des décideurs politiques) est le fruit d'une décision du Président Emmanuel Macron, ou d'un caprice démagogique, ou encore d'une manœuvre politicienne destinée à amadouer M. Nicolas Hulot. Elle fut annonçée à la mode Trump par un gazouillis, à la suite de la décision des États membres de l'Union Européenne de renouveler l'autorisation du glyphosate pour une durée de cinq ans.

 

 

(Source)

 

 

« J'ai demandé au gouvernement de prendre les dispositions nécessaires pour que l’utilisation du glyphosate soit interdite en France dès que des alternatives auront été trouvées, et au plus tard dans 3 ans. #MakeOurPlanetGreatAgain »

 

Il suffit de lire cette phrase pour mesurer l'irresponsabilité de la décision : nous allions « sortir du glyphosate » même en l'absence d'alternatives.

 

Or on sait qu'il n'y a pas d'alternatives – techniquement et économiquement crédibles et viables –, n'en déplaise aux courtisans dont l'Institut National de la Recherche Agronomique (son nom de l'époque) fournit un exemple grotesque – et inquiétant pour la bonne marche de la République. Car c'est sur la base d'une évaluation objectivement résumée par le tableau ci-dessous, très majoritairement de rouge coloré, que l'on a laissé entendre qu'on disposait de solutions pour 90 % des situations (ou de la surface agricole utile).

 

 

 

 

Le sens des réalités a fini par percer, mais a minima. Ainsi, au Salon International de l'Agriculture de 2019, le Président Emmanuel Macron laissait entendre qu'on ne laisserait personne « sans solution »...

 

 

(Source)

 

 

...Tout en fanfaronnant dans le gazouillis suivant qui, lu à la lettre, implique qu'il y aurait bien de la casse. Car, pris à la lettre, « montrer qu'on peut le faire sous 3 ans » signifie qu'il n'y aura pas d'exceptions ou de dérogations.

 

 

 

 

Notons que le premier gazouillis a aussi de quoi laisser pantois : « il ne faut pas voir ça comme une contrainte, mais comme une opportunité d'évoluer profondément »... sait-il de quoi il parle ? A-t-il, s'agissant d'un autre domaine, saisi les enjeux techniques et économiques pour la SNCF qui doit désherber ses lignes ou les industries qui doivent garder propres leurs sites pour des raisons de sécurité ?

 

Ces éléments de contexte étant rappelés, M. Gil Rivière-Wekstein, rédacteur d'Agriculture et Environnement, vient d'interpeller le Ministre de l'Agriculture et de l'Alimentation Didier Guillaume :

 

 

« Il est temps de faire un choix, un vrai choix » ? Certes, selon la formule du Cardinal de Retz, souvent faussement attribuée à François Mitterrand, « On ne sort de l'ambiguïté qu'à son détriment ». Mais, n'est-ce pas le sort que se réserve celui qui s'y met ?

 

C'est à ce point que l'on peut discuter du choix de l'interlocuteur qu'a fait M. Gil Rivière-Wekstein. Le véritable destinataire de l'injonction devrait être le Président Emmanuel Macron, même si le très volubile Didier Guillaume sème dans les micros mis à sa portée ses assurances de bonnes intentions gouvernementales envers les agriculteurs.

 

Placé au pied du mur – ou plutôt devant un parterre d'agriculteurs –, Jupiter a admis les faits :

 

 

Quoi qu'il en soit, une décision ayant des conséquences d'une grande ampleur ne peut raisonnablement se prendre avec un préavis de six mois. Il est en revanche temps de prendre la seule décision raisonnable : press delete !

 

Quoi qu'il en soit aussi, la crise du Covid-21 a soudainement fait comprendre à d'aucuns l'importance de l'agriculture française, pourvoyeuse de première ligne de l'alimentation des Français.

 

Il faut juste un peu de courage et de détermination pour faire de la pédagogie : expliquer, d'une part, que c'est se tirer une balle dans le pied, avec une victime collatérale à mi-corps, que de grever la production agricole – alimentaire – de nouvelles charges et contraintes ; contrer une fois pour toute la désinformation sur les pesticides, et le glyphosate en particulier ; expliquer enfin que l'emploi raisonné du glyphosate est un geste en faveur de l'environnement (et de la sécurité dans le cas de la SNCF et de certaines industries).

 

« When in doubt tell the truth. It will confound your enemies and astound your friends » (en cas de doute, dites la vérité. Cela confondra vos ennemis et étonnera vos amis) – Mark Twain.

 

 

 

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B
Le glyphosate est un pesticide à interdire dans les plus brefs délais!
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M
@biodiversité
Je parlais de l'agriculture que vous nous présenter pour demain, sans produit phytosanitaire.

Pour le bio, ils utilisent aussi des pesticides qui sont tout aussi chimique.
Le sulfate de cuivre, non biodégradable et toxique. Produit par décapage du cuivre par de l'acide sulfurique en usine, faisant donc de lui un pesticide de synthèse (je croyais que le bio n'en utilisai pas ?). Il est aussi considérée comme une cause probable de l’apparition de maladies neurodégénératives comme les maladies d’Alzheimer ou de Parkinson.
Le spinosad toxique pour les abeilles.
L'huile de neem (ou azadirachtine), reprotoxique (il est même utilisé pour avorter en Indes), perturbateur endocrinien (je croyais que c'était le mal absolue, ou pour lui ça va ?), toxique pour les abeilles. Ce produit est même interdit en conventionnel tellement son profil est préoccupant, le bio à droit à une dérogation.
Les pyréthrines issu de la chrysanthème, dont la culture prend la place de celles qui produisent de la nourriture (mais c'est pas grave, c'est en Afrique), culture qui ne sont pas bio ce qui ne semble pas dérangé le secteur du bio (hypocrisie quand tu nous tiens).
La Deltaméthrine (produit par action du tetrabromure de carbone sur la cyperméthrine, encore un produit de synthèse utilisé en bio). Toxique pour l'homme, toxique pour la faune aquatique (extrêmement toxique chez les poissons et invertébré aquatique), toxique même à faible dose pour les abeilles (DL50 aiguë par contact est de 0,067 µg/abeille).
Le bacillus thuringiensis, le même que les OGM BT, à la différence que dans les OGM il n'est pas répandue dans l'environnement et évite les victimes collatérale ce qui n'est pas le cas en bio ou il épandue sur la culture.
L'huile de paraffine, issue de la chimie du pétrole (celle que vous décrier tant). Encore un produit de synthèse, ça fait beaucoup pour une agriculture qui n'en utilise pas.
L'huile de vaseline, pareil que pour l'huile de paraffine, un produit de synthèse (encore un) issue du pétrole.
Le soufre, pouvant provoquer allergie et irritation (y compris respiratoire) lors de l’épandage et présentant un caractère phytotoxique à partie de 35°C.

Des profils bien plus préoccupant que le celui du glyphosate (moins toxique que le sel de table et dont les effets cancérigène ne sont toujours pas prouvé, il est d'ailleurs classé 2a par le CIRC (suite à une manipulation du lobbyiste Christopher Portier). Quand au effets tératogène, toxique pour les abeilles et perturbateur endocrinien ainsi que ceux que vous prétendez qu'il a pour le sol, ont est la dans le délire complet).
Sachant que pour vous des produits conçue pour tuer sont des POISON (je reprend votre façon d'écrire) qui doivent être absolument interdit, surtout si il sont chimiques (en même temps je ne connait pas de produit non chimique), militez vous aussi pour l'interdiction de ces derniers ?
I
Et bien j'espère que le jour où notre bien aimé Président Emmanuel Macron nous donnera la médaille de la connerie, il pensera à vous donnez, mon cher ami Bionel le gros malin, la médaille de la réthorique. Non parce que là je suis convaincu par votre prose... en fait non pas du tout, vous vous contentez d'accuser Max d'être un ridicul et un ignare et vous ne prouvez pas comment protéger les récoles des adventices, parasites, maladies et aléas climatiques. Allez, Bionel mon ami le gros malin, dîtes nous vos solutions qu'on se culture un peu au lieu de nous délivrer vos insultes et votre mépris.

@Max

Ah ça depuis le temps que je le dis que si on veut une agriculture efficace et écologique sans pesticide on doit restaurer l'esclavage. je vais vraiment finir par fonder mon parti pour la restauration de l'esclavage : plus besoin de pesticide, les esclaves travaillent jour et nuit pour une bouchée de pain pour protéger les récoles et les cultiver. Plus besoins de nucléaire, les esclaves vont pédaler dans des centres gigantesques pour fournir la population en électricité. Et, comme les esclaves ne pouront voyager, avoir des gadgets électroniques à la con ou manger trop de viandes (privilège du maître la viande non mais) on règle les pb de pollutions. Allez hop je vais fonder ce parti, le Parti des Esclavagistes pour le Progrès de l'Humanité et la Protection de la Nature. Et Bionel le Gros Malin sera mon conseiller pour les affaires agronomiques et le Grand Agronome Suprême de l'Agriculture Française et Au-Delà quand je serai l'Empereur du Troisième Empire continental et colonial français sous le nom de Seppi II.
B
@max02/06/2020 18:09
"@Il est la, fils spirituel de Seppi
Comme ça
https://twitter.com/DrToudou/status/1267520385790115840
Ce seras cher, inefficace et porteras son lots de maladies professionnelle (vive le mal de dos, et de toute manière qui à besoin d'un dos ?)."
Très très belle argumentation d'ignare !
macaron va bientôt pouvoir vous décerner la médaille de la connerie; vous en êtes heureux?
Merci de vous ridiculiser ainsi en prouvant de ne rien connaitre en BIO .

"Sinon, il y a le labour, mais c'est pas bon pour le sol et les organismes qui y vive, et niveau carburant c'est pas la joie."
Le glyphosate est une énorme saloperie pour le sol et les organismes qui y vivent; niveau carburant c'est vous qui faite la bourrique pour tracter le tonneau?
M
@Il est la, fils spirituel de Seppi
Comme ça
https://twitter.com/DrToudou/status/1267520385790115840
Ce seras cher, inefficace et porteras son lots de maladies professionnelle (vive le mal de dos, et de toute manière qui à besoin d'un dos ?).
Sinon, il y a le labour, mais c'est pas bon pour le sol et les organismes qui y vive, et niveau carburant c'est pas la joie.
I
Et comment on fait pour protéger les recoltes des ravageurs, adventices, parasites, malades et aleas climatiques gros malin de Bionel ?
I
Bon au moins le Président reconnaît qu'il faut trouver des alternatives avant de sortir du glypho, sous-entendant qu'on ne les a pas. C'est un bon début. Ensuite l'INRA a fait son travail en démontrant que les alternatives ne sont aps possibles pour le moment, mais elle reçoit pression et ordre pour travailler sur ces alternatives (encore de l'argent gaspillé).

Bon après, hélas, la haine du glypho a atteint un tel stade en FRance et en Navarre que je ne sais pas comment on peut réconcilier le peuple avec son usage, si ce n'est promettre sa suppression et la retarder encore et encore et encore
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F
C'est affaire est une véritable épreuve politique. Si le Président revient sur sa promesse sans précaution il va y avoir des cris d'orfraie dans les rangs écolos. C'est peu probable avant le bouclage des élections municipales. Une fois cet obstacle franchi, il va falloir faire preuve de pédagogie... ce qui n'est pas vraiment le fort de ce gouvernement. On alors on va biaiser: maintenir une interdiction de façade avec des dérogations accordées par une administration toute puissante qui pourra disposera ainsi d'un moyen de pression sur la FNSEA, entre autres. A suivre...
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