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Agriculture, alimentation, santé publique... soyons rationnels

Comment gérer le stupide : partie 3/10 – Éco-intégrisme : la montée du dogme de l'environnement

26 Décembre 2015 , Rédigé par Seppi Publié dans #Risk-monger

Comment gérer le stupide  : partie 3/10 – Éco-intégrisme : la montée du dogme de l'environnement

 

Risk-monger*

 
Comment gérer le stupide  : partie 3/10 – Éco-intégrisme : la montée du dogme de l'environnement

Voici la troisième livraison d'un article en dix parties sur la gouvernance que j'ai entrepris de produire pendant cette période de fêtes. « Comment gérer le stupide » est essentiellement un pamphlet politique ; il examinera comment le stupide (pris ici comme un substantif) a pu prospérer et être utilisé par des manipulateurs habiles pour obtenir des succès législatifs, et ce qui peut être fait pour renvoyer le stupide dans sa cage. Dans cette troisième étape de notre cheminement, nous allons voir comment l'écologisme, en tant que dogme religieux, a créé les conditions permettant au stupide de croître à travers une approche de la nature basée sur la foi.

Ci-contre : Une excellente lecture !

Toutes les églises ont leurs catégories de croyants : des simples membres de la communauté aux organisateurs ; des adeptes d'une éthique et des croyants convaincus aux traditionalistes et aux intégristes. Quel que soit le banc que nous occupons dans cette classification, nous avons tendance à utiliser la religion (un système de croyances) pour donner du sens à nos vies. Les gens qui s'estiment au-dessus du commun et prétendent être au-dessus des superstitions médiévales des religions organisées doivent aussi se forger un sens à leur vie, se faisant souvent humanistes ou sectateurs de l'une des religions ayant la croissance la plus rapide aujourd'hui : l'écologisme.

 

Il y a six ans, je donnais une interview sur les dangers des prédicateurs éco-intégristes à Bruxelles. Dans plusieurs événements, je m'étais même posé en éco-théologien prêchant le Salut avec des sermons enflammés (en martelant mon exemplaire du Troisième rapport d'évaluation du GIEC). Depuis lors, je n'ai cessé de regarder comment ce système de croyances a élargi son cercle de fidèles, affiné son eschatologie et rempli ses coffres. Comme toutes les religions, il repose sur la foi – un outil puissant dans la gestion de l'irrationnel et du contradictoire par l'émotion, un outil qui donne un sens à la vie des croyants, remplit leurs cœurs d'espoir et fournit des réponses à leurs préoccupations existentielles. Pour la faction dogmatique ou intégriste de cette foi, il faut adhérer à tous les concepts et à toutes les pratiques, et aucun infidèle ne saurait contester ces vérités incontestables.

 

Cela crée un terreau fertile pour le stupide.

 

 

Les fondements de l'écologisme

 

Comme toutes les religions, l'écologisme a articulé une théologie pour fournir des réponses – une relation cohérente entre l'homme et ce qui est au-delà de l'homme – tout en donnant un sens à la vie des croyants dans l'ici et le maintenant. Beaucoup de principes ont été établis et bien diffusés par des disciples de cette église qui répandent la bonne parole avec un zèle missionnaire. Et à l'instar des religions qui ont émergé au cours des siècles passés, une théologie devient plus fertile si elle peut édifier son système de croyances sur les fondements des églises en décomposition et en déclin. Voici quelques exemples montrant comment l'écologisme prospère sur les ruines chrétiennes en Europe, et usurpe les structures religieuses traditionnelles avec des idéaux verts.

 

 

 

  • L'Harmaguédon : les changements climatiques catastrophiques

 

Il n'y a rien de meilleur pour mobiliser les fidèles qu'un scénario de « Fin du Monde ». L'Harmaguédon est une malédiction frappant l'humanité, servie à bonne température, avec une dose de culpabilité pour les transgressions qui encapsule les changements que nous devons opérer dans nos comportements. Avec la montée du péril des changements climatiques catastrophiques, nous trouvons des prédicateurs de l'écologisme tirant à boulets rouges sur le péché et la rapacité de la consommation humaine, l'utilisation abusive des ressources naturelles et l'abominable souillure infligée à la Terre-Mère. L'homme doit changer ses habitudes, adopter les rituels des écologistes ainsi qu'un comportement propre et vertueux (durabilité). Le changement climatique – s'engager dans la plus grande bataille de l'humanité pour préserver la vie sur la Planète – permet à l'homme de trouver sa vraie place dans le cosmos, de se constituer en communauté, et de trouver un sens et le Salut.

 

 

La conséquence de l'inaction (immanente, sachez-le) est tout simplement trop horrible à imaginer, et il est donc urgent de réagir.

 

Il m'arrive parfois de corriger les diacres de l'écologisme nouvellement baptisés, et pleins de zèle, et de leur dire que les changements climatiques n'entraîneront pas l'extinction de masse de l'espèce humaine mais pourra au contraire permettre à certaines régions de prospérer ; je sens alors une pointe de désappointement dans la salle. Alors que le réchauffement n'a pas augmenté en accord avec les propres scénarios apocalyptiques du GIEC d'il y a deux décennies, il n'y a pas de : « Oups, je suppose que nous nous sommes trompés ! », ni de déclarations qui mettraient un bémol aux prophéties ; au contraire, on attaque les païens, les infidèles (les sceptiques qui doutent ou bien nient) ! Et quand je soutiens que le monde ne va pas imploser à cause de quelques degrés de plus, mais que cela peut causer des difficultés régionales qui entraîneront des mesures d'adaptation innovantes, je me retrouve traqué comme une sorcière.

 

 

L'Harmaguédon, version 2 : Le désir de vengeance et le châtiment divin sont restaurés par la peur d'un autre Harmaguédon – l'anéantissement de l'humanité par la stérilisation provoquée par une contamination chimique ayant provoqué une perturbation endocrinienne massive. Les faits sont aussi un peu minces sur ce sujet, mais tant mieux, car cela permet d'agiter la menace du Purgatoire. La perturbation endocrinienne, dans son interprétation large, incite les pèlerins à un appel à l'action : il faut interdire tous les produits chimiques (ou devrais-je dire, seulement ceux qu'ils détestent ?).

 

 

  • La théorie du Salut

 

Comme l'Harmaguédon peut me faire sombrer dans le désespoir et un profond sentiment de culpabilité tant que je reste au niveau de consommation égoïste qui était le mien avant ma conversion, ou me faire m'insurger contre ceux autour de moi qui consomment beaucoup plus que la pauvre Planète ne peut supporter, l'Église de l'environnement offre une possibilité de rédemption : je peux trouver le Salut personnel par un mode de vie durable, la promotion des valeurs vertes auprès des autres et la lutte contre le double fléau de l'exploitation par les entreprises et de l'indifférence des consommateurs.

 

La durabilité me donne un but dans la vie et un sens de rectitude morale grâce à des identifiants de vertus comme l'humilité (réduire mon empreinte) et le sens de la solidarité (grâce à des économies partagées ou à la participation dans des réseaux de militants faisant campagne contre la pollution). Nous roulons en voiture électrique, prenons les transports publics, ne mangeons que bio, utilisons de l'énergie solaire, fuyons le plastique et tout autre produit non naturel, et prenons soin de faire passer le mot (de manière douce) que c'est la raison pour laquelle notre système de croyances est bon et devrait être largement adopté et imité.

 

Nous sommes souvent invités à faire un don aux croisés et aux missionnaires qui font un détour par nos communautés (virales) dans leur route pour combattre le Mal et propager la foi. Faire l'aumône aux héros (à ne pas confondre avec le parrainage des entreprises destiné à propager des mensonges) fait partie de l'identité d'un membre de la secte écologiste. Il y a une bataille pour l'avenir et être du bon côté dans la lutte (contre l'industrie, les mentalités traditionalistes et la recherche corrompue) nous insuffle un sentiment d'utilité ; nous voulons croire que nous sommes bons, nous faisons le Bien et nous sommes une force pour le Bien – être vert est notre Salut.

 

 

  • Enrichir les rituels, enrichir les gourous

 

Un rituel est quelque chose que nous faisons automatiquement, sans réflexion rationnelle, souvent comme une coutume sociale partagée qui est comprise dans un contexte de foi (cela ajoute du sens). Les éco-religieux ont une série de rituels qui trouvent leur expression régulière et renforcent les valeurs de leur éco-théologie.

 

 

Le recyclage : Nous recyclons tout ce que nous utilisons sans réfléchir – une économie circulaire (que les prédicateurs nous ont imposée) signifie que pendant toute la journée, je peux prendre dix à vingt décisions sur la façon dont je trie dans les différents bacs de recyclage les déchets des produits que j'ai utilisés. Le recyclage est une mesure de rédemption pour soulager la culpabilité qu'inspire notre consommation excessive (les pays pauvres n'ont pas les mêmes rituels de recyclage car ils n'ont pas de culture des déchets) ; c'est, comme tout bon rituel, quelque chose qui doit être accepté sans question. Il apporte aussi aux membres de l'Église un sentiment d'accomplissement vertueux. Je dis souvent à mes étudiants que la meilleure façon de recycler leurs bouteilles en plastique, s'ils ne sont pas disposés à les remplir à nouveau, est de les mettre dans la poubelle ordinaire (la Belgique incinère ses déchets, et la récupération d'énergie est la meilleure forme de recyclage des déchets plastiques). Ils ne peuvent pas accepter ma recommandation car cela va à l'encontre du comportement rituel largement imposé par les éco-intégristes.

 

 

Les aliments bio : La nourriture relève du domaine personnel, et aussi communautaire, et fournit des moyens de subsistance. Ainsi les éco-intégristes occidentaux ont coopté le rituel judéo-chrétien d'un repas pour représenter une célébration de la Nature. Voir un gourou de l'éco-alimentation comme Vani Hari décrire les procédures pour produire une collation bio, c'est comme voir un Grand Prêtre préparant la communion. Certaines méthodes de préparation sont licites ou permises, d'autres non, mais il ne faut jamais demander pourquoi et dans quel but. Casher, halal, bio – la nourriture est un rituel dont se nourrit la religion.

 

 

L'énergie verte est un autre rituel qui est communément prêché et adopté sans réflexion. Ce site a régulièrement remis en question les pratiques rituelles irréfléchies de promotion de l'énergie solaire ou des voitures électriques ; aucun éco-théologien n'a fourni des données ou des justifications en leur faveur. J'attends encore de voir des preuves que les panneaux solaires ou les voitures électriques économisent plus de CO2 qu'ils n'en coûtent pour leur production ; j'ai même fourni des données à l'effet contraire. J e réclame des faits des individus s'exprimant pour des rituels exigeants... je suppose que c'est moi l'idiot.

 

Les rituels sont propagés par une large gamme de prédicateurs éco-religieux, de gourous et de missionnaires qui établissent des relations de confiance avec le troupeau de leurs adeptes intimidés et se sentant en insécurité. Les personnes vulnérables sont à la recherche de sens et de réaffirmation, et l'écologisme, en tant qu'action collective de croyants, renforce la confiance par le biais des valeurs partagées, largement diffusées au sein des réseaux sociaux. Le dernier article, sur les réseaux sociaux, a montré comment certains gourous comme Vani Hari (la Food Babe) ou Dr Mercola peuvent investir des postes de confiance en propageant la foi (dans ce cas sur la manière de vivre et de manger de façon durable) sans aucune évaluation critique de leur enrichissement personnel. Les possibilités qui s'offrent à un prédicateur de l'environnement ou à un gourou avec un livre à vendre ou une campagne à mener sont en effet nobles en théorie, mais rarement examinées du point de vue des faits et du profit personnel.

 

Naomi Klein ou Jeremy Rifkin ont-ils besoin de faits quand ils prononcent un sermon enflammé ? Qui oserait interroger un gourou ? Seuls un non-croyant, un cynique ou une personne ayant de mauvaises intentions. Qui appuierait un gourou ? Ceux qui recherchent un sens à la vie et le Salut personnel, ce qu'un gourou peu dangereux procure d'une manière douce et personnelle. Le stupide a la bride sur le cou dans une telle atmosphère.

 

 

  • Les saints et les démons

 

Comme dans toutes les religions, l'ordre moral est personnifié dans les histoires et les personnages de ses saints et ses démons. Rachel Carson a été déifiée et sa souffrance (de la main directe de l'industrie chimique) a été immortalisée. Ceux qui se sont levés en signe de protestation ont été sanctifiés, que ce soit la légendaire conteuse Erin Brockovich ou la savante orientale Vandana Shiva. Ces saints sont désintéressés et courageux, et des paradigmes pour les vies héroïques que nous devrions tous mener. Les ONG environnementales sont devenues des conteurs magistraux, qui identifient les victimes et les héros de la Planète et exploitent leur valeur via les réseaux sociaux.

 

En face, il y a – à les croire – l'avidité démoniaque et les intentions maléfiques de l'industrie : Exxon-Mobil, BHP Billiton, Philip Morris, Dow Chemical et le Grand Satan, Monsanto. Le nombre de documentaires réalisés par des disciples contre cette seule entreprise est difficile à imaginer : Monsantoland, Les graines de la mort, Food Inc. (Les Alimenteurs au Québec)... L'obsession des éco-intégristes pour le Mal mérite une étude sérieuse, et le concentréde rage contre Monsanto est fascinant. Chaque année, pendant la saison du renouveau de la nature, les pèlerins du monde entier défilent contre ce fléau qui semble s'abattre sur la Nature, réaffirmant leur engagement à sauver la Planète. Les scientifiques audacieux qui osent promouvoir les biotechnologies (ou toute recherche qui apporte des bénéfices à l'industrie) sont traqués comme des sorcières et stigmatisés comme des vendus. Il suffit de voir la férocité des attaques contre le biologiste et vulgarisateur scientifique Kevin Folta pour voir comment une entreprise peut mobiliser toute une religion.

 

Dans tous les débats, le Bien et le Mal sont clairement identifiés et commercialisés. L'agriculteur biologique aime la terre et notre santé ; il sacrifie le profit à notre bien-être – il est le Bon Berger. À l'opposé, l'agriculteur productiviste ou industriel déverse des produits chimiques dans la gorge de Mère Nature et amasse des profits grâce à ses poisons.

 

 

  • Les hérétiques

 

 

Souhaitez-vous obtenir une forte réaction d'un écologiste ? Parler de l'une des thèses hérétiques suivantes :

 

  • La vision erronée et trop précautionneuse de Rachel Carson sur le DDT a été responsable de millions de morts par an, causées par le paludisme, depuis les années 1960.

 

  • Le monde ne subit pas un réchauffement aussi important que ne le prédit le GIEC ; le réchauffement n'est peut-être pas une mauvaise chose ; et, de toute manière, nous ne pouvons pas faire grand chose contre lui.

 

  • Tchernobyl et Fukushima sont certes des accidents regrettables, mais il y a eu un minimum de pertes en vies humaines, bien moins que ce qu'annonçaient les prévisions largement diffusées. En fait, l'énergie nucléaire est beaucoup plus sûre aujourd'hui grâce aux précautions prises à la suite de ces deux accidents.

 

  • La biotechnologie végétale a des avantages qui aideront l'humanité à répondre à certaines des plus grandes menaces auxquelles elle est aujourd'hui confrontée : la sécurité alimentaire, l'adaptation de l'agriculture aux défis climatiques, les maladies comme la carence en vitamine A, et la nécessité d'un futur enrichissement nutritionnel.

 

Ces affirmations vont à l'encontre des enseignements et des dogmes des éco-théologiens et sont considérées comme des hérésies. Que fait l'hérésie ? Elle force une religion à exclure une thèse de son champ de réflexion, à la marquer comme étrangère à sa pensée et indigne de considération (en partie par crainte des conséquences de telles pensées). Les thèses peuvent être bonnes ou mauvaises selon la logique et la preuve utilisées, mais les thèses hérétiques sont interdites d'évaluation pour des raisons émotionnelles.

 

Les arguments fondés sur la science ou des éléments de preuve qui remettent en question la théologie sont stigmatisés comme des hérésies, afin d'éviter de longues discussions sur les problèmes émotionnels. On peut le faire grâce à des techniques de narration (il est utile de recourir à des contes fondés sur l'émotion ou centrés sur les victimes), à des attaques ad hominem (critiquer le scientifique, pas la science) ou à des techniques de communication virale pour montrer que nous sommes tous d'accord (ce que j'appellerai dans un article à venir la communautarisation). La sciences consistait autrefois à défier les paradigmes existants (Kuhn) ou tenter de réfuter des résultats et des théories (Popper) – aujourd'hui, un tel scepticisme irresponsable est marqué du sceau de l'infamie hérétique et mérite l'excommunication.

 

Si on peut diaboliser les opposants ou les taxer d'hérétiques, tout en construisant les histoires émotionnelles à l'appui des principes de l'éco-religion, le stupide a une chance de prospérer.

 

 

Le problème avec les intégristes

 

Un prédicateur intégriste de l'environnement est convaincu que ses arguments ou ses thèses sont des vérités. Une méthode scientifique vise à remettre en cause ce qui est perçu comme une vérité et, c'est le cas pour toutes les religions, elle est une menace. Le fondamentalisme, c'est ça – une croyance dans des vérités fondamentales qui ne peuvent pas être niées. Ainsi, les éco-intégristes dogmatiques ne peuvent admettre que certaines thèses de leur système de croyances sont faibles ou douteuses. Il est à craindre que si l'on ne parvient pas assurer l'intégrité d'une thèse particulière, tout le système s'écroulera. Les intégristes de la Bible, qui ne jurent que par la véracité de la Bible comme étant la Parole de Dieu, s'ingénient à tordre la logique pour faire correspondre leurs histoires aux réalités d'aujourd'hui ; de la même manière, les éco-théologiens s'ingénient à défendre des arguments incroyablement stupides ou immoraux afin de préserver la pureté du dogme. Par example :

 

 

Le Riz Doré : Il faut beaucoup de muscle dogmatique pour rayer d'un trait de plume les avantages du riz génétiquement modifié au nom de la pureté religieuse, ce que fait si tragiquement Greenpeace. Accepter un taux de mortalité annuel d'environ 500.000 personnes (surtout des enfants dans les pays pauvres) du fait de la carence en vitamine A, l'accepter en raison du risque de perdre un argument contre les OGM, conduit les éco-intégristes à proposer des alternatives ridicules comme des suppléments de vitamines ou un régime bio plus équilibré (dans les régions les plus pauvres du monde...) ; c'est tout simplement le stupide incarné.

 

 

Les engrais : Les promoteurs du bio exigent le recours exclusif aux engrais naturels pour enrichir le sol. Cela inclut l'utilisation généralisée de fumier de vache, avec à la clé de grandes quantités de nitrates qui s'infiltrent dans le sol et aboutissent dans les eaux souterraines, ainsi qu'un risque élevé d'épidémies mortelles de pathogènes comme E. coli dans la chaîne alimentaire.

 

 

La dépopulation : Comment adhérer à la doctrine néo-malthusienne et restaurer la réputation de Malthus (un précurseur des prêcheurs d'Apocalypse et un héros pour les éco-intégristes) tout en corrigeant les erreurs issues des technologies agricoles ? La solution (étant donné les limites de la production de l'agriculture biologique) est un dépeuplement massif de la Planète. Une solution vraiment astucieuse si vous êtes coincé dans un environnement totalement stupide comme on le voit dans des groupes comme Population Matters ; ou si vous croyez encore aux prédictions erronées, vieilles de plus de cinq décennies, de Paul Ehrlich sur la Bombe P (P pour population).

 

 

Le régime paléo : Le culte de la Nature – la « naturalogie » – porte l'éco-romantisme à un nouveau sommet quand les pratiquants évitent toute modernité et essaient de revenir aux régimes présumés du Paléolithique. Les mots me manquent pour qualifier la stupidité d'une telle approche, sauf à m'émerveiller devant sa popularité puritaine. D'autres régimes comme le crudivorisme, qui inclut la consommation de lait ou de fromages non pasteurisés, mettent, dit tout simplement, la vie en danger (et sont donc vraiment stupides).

 

 

Les anti-vaccins : Les « naturalogistes » affirment qu'il faut éviter tous les vaccins, car ils ne sont pas naturels. Les anti-vaccins vont des adeptes de la nutrition holistique (une alimentation saine et bio permet de résister à la maladie) [ma note : des adeptes de Nancy S. Mure... PhD. certifiée par le... Conseil de l'Association américaine des médecins sans médicaments comme... praticien de la nutrition holistique et de la guérison naturelle] aux stupides particulièrement dangereux (les vaccins sont une conspiration de l'industrie pharmaceutique pour nous rendre malades). Il fut un temps où ils étaient plutôt timides au sujet de leur dogme, mais les réseaux sociaux leur ont donné le courage d'adopter et d'affirmer le stupide sans retenue.

 

 

Pour les non-initiés, ces bizarreries du mental frisent l'absurde, mais pour l'intégriste, elles font partie de l'effort visant à préserver la pureté de la foi (la foi ne s'accommode pâs du « peut-être »). Une contradiction peut être préférable à une défaillance systémique, et nous pouvons être à l'aise avec des contradictions après un certain temps, peut-être en minimisant la menace des conclusions illogiques, ou en se fabriquant des histoires qui nous amènent à faire preuve d'une certaine tolérance. Les anti-vaccins diront qu'il vaut mieux risquer la rougeole que l'autisme ; Greenpeace va trouver le chef d'un restaurant gastronomique à Manille qui peut montrer comment les pauvres peuvent préparer des repas nutritifs enrichis en vitamine A.

 

 

Chef ‘Tatung’ (left), executive chef and owner at Chef ‘Tatung’ restaurant with Zhe Jacinto, celebrity chef in the Philippines: “There’s this song in the Philippines, the ‘bahay kubo’ (nipa hut), it mentions all the vegetables you could probably grow in your backyard. If we could just teach people not only to sing this song, but also to plant these vegetables...

Source : http://www.greenpeace.org/seasia/ph/What-we-do/Genetic-Engineering/What-are-GMOs/No-to-Golden-Rice/​

 

Alors, comment voulez-vous débattre avec des intégristes ? Généralement, ils préfèrent ne pas engager la conversation avec les non-croyants convaincus. À Bruxelles, les groupes environnementalistes ont tendance à tenir des événements qui sont fermés aux autres parties prenantes. Quand ils sont impliqués dans un débat, ils se battent sur une question jusqu'à ce que l'adversaire souffre « fatigue rhétorique » et trouve quelque chose de mieux à faire (on finit par être d'accord d'être en désaccord). Le pat vaut victoire car l'intégriste peut poursuivre dans la construction de son silo de croyances sans se sentir contesté par les points de vue, par ailleurs exclus, de l'hérétique corrompu. Les parties 9 et 10 de la présente série « Comment gérer le stupide » traiteront plus en détail de cette question de savoir comment débattre sur le stupide.

 

 

Produire du stupide dans des silos de croyances : la « naturalogie »

 

Comment le stupide est-il produit dans un silo de croyances de l'éco-intégrisme ? Un système bâti sur la foi repose sur un emboîtement de principes délicatement entrelacés dans sa logique propre. Si un article de foi échoue, tout le système peut s'écrouler. Il importe donc de protéger chaque élément du silo de croyances silo, parfois au prix d'arguments très stupides avancés pour une très bonne raison : défendre la foi. Pour un croyant, ces arguments ne sont pas stupides ; mais ce sont des irrationalités nécessaires en attente de quelqu'un qui puisse administrer la bonne perfusion de cohérence.

 

Pour les intégristes chrétiens qui ont à défendre chaque mot de la Bible, cette rhétorique a une riche histoire et les créationnistes ont mis au point des réponses très habiles à certaines de leurs contradictions et irrationalités évidentes. Il en est de même pour les intégristes de l'environnement. La base de leur logique est la croyance aveugle que tout ce qui est naturel est bon et doit être promu, et que tout ce qui vient de la main de l'homme (même en combinant deux propriétés naturelles) est à craindre ou à prendre avec méfiance. Cette naturalogie produit des conclusions très stupides qu'une théologie plus mature pourra peut-être un jour rendre plus crédibles. Par exemple :

 

 

  • Les adeptes du culte de la nature se battront contre tout produit chimique de synthèse qui peut avoir des propriétés de perturbation du système endocrinien, et fourniront des arguments tirés d'une possible exposition à de faibles doses et des effets dans des cocktails chimiques potentiels, inconnus ; des arguments qui, pour dire le moins, sont ridiculement créatifs. Mais cela n'empêche pas les végétaliens d'adopter une alimentation riche en soja et en pois chiches, arrosée de café, des aliments connus pour être des perturbateurs endocriniens. Ils iront même jusqu'à ne donner que du lait de soja à leurs nourrissons, quelque chose que les chercheurs ont assimilé à l'équivalent toxique de cinq pilules contraceptives par jour. Un comportement tragiquement stupide.

 

  • Les OGM ne sont pas naturels, donc peu importe s'ils peuvent nous être bénéfiques ; les éco-intégristes ont déclaré que le maintien de leur existence est le résultat de l'action d'infidèles. Ils se demandent si on peut faire confiance à l'homme, la source de tous les maux, pour jouer avec la chaîne alimentaire sacrée, et doutent que la science des OGM puisse être raisonnable. Et pour s'assurer de l'échec de ceux qui ont de mauvaises intentions, les éco-théologiens envoient des mercenaires pour détruire les champs d'essais d'OGM. Quiconque parle positivement sur les avantages des biotechnologies est taxé de vendu à Monsanto et est excommunié (interdit sur les réseaux sociaux).

 

 

Les politiciens ont appris que la foule des disciples de l'éco-intégrisme croît et qu'elle est devenus opportuniste. Elle s'est politisée et exige que sa foi soit imposée à tous. Bien que ce soit une foi des très riches (qui peuvent se permettre des aliment sacrés, une énergie purifiée et des formes de transport peu impactantes), cette religion est imposée à tous les membres de la société, qui doivent porter le fardeau de cette religion spéciale : des prix inutilement élevés pour les fruits et légumes, des coûts élevés pour l'énergie de manière à subventionner les propriétaires de panneaux solaires, et de grandes contraintes pour nos économies et le commerce international. Que ces membres de la société les plus riches puissent continuer à avoir un tel impact sur les plus pauvres (et sur ceux des pays en développement) est la plus grande de toutes les stupidités.

 

La prochaine partie de cette série se penchera sur la manière dont le stupide a si bien réussi à influencer les politiques, en examinant le manuel de l'activiste.

 

 

Table des matières

 

1. Définir le stupide

2. Les réseaux sociaux  : où le stupide apprend à voler

3. La nouvelle religion  : les éco-intégristes et leur biais du naturel

4. Le manuel de l'activiste  : comprendre comment le stupide peut être astucieux

5. Un point commun  : mettre fin au dialogue et à l'engagement

6. Le dénormalisation de l'industrie  : le défi de l'idéalisme éco-topique

7. La science post-normale  : inviter le stupide à la table de la politique

8. Coup de pouce  : les dangers d'une architecture de choix moralisatrice

9. Les passivistes  : réveiller la majorité non impliquée

10. Comment gérer le stupide

 

Auteur  : David Zaruk

 

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* David pense que la faim, le SIDA et des maladies comme le paludisme sont les vraies menaces pour l'humanité – et non les matières plastiques, les OGM et les pesticides. Vous pouvez le suivre à plus petites doses (moins de poison) sur la page Facebook de Risk-Monger  :

www.facebook.com/riskmonger.

 

Source : http://risk-monger.blogactiv.eu/2015/12/11/how-to-deal-with-stupid-part-310-eco-fundamentalism-the-rise-of-environmental-dogma/

 

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