Overblog
Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
Agriculture, alimentation, santé publique... soyons rationnels

Greenpeace (international) publie un rapport annuel sans fanfare

7 Novembre 2015 , Rédigé par Seppi Publié dans #Greenpeace

Greenpeace (international) publie un rapport annuel sans fanfare

 

Le vandalisme de Nazca

 

C'est en toute discrétion que Greenpeace (international) – vous savez, l'entité de droit néerlandais établie à Amsterdam pour bénéficier des conditions avantageuses de la stichting – vient de publier son rapport annuel pour 2014 (en anglais) [1].

 

Pas de tambours, pas de fanfare, pas de flonflons. Pas de communiqué de presse. Rien ! On peut même chercher « Greenpeace annual report » sur le fameux moteur de recherche... pas de réponse.

 

 

Un départ en catimini sur fond de crise

 

M. Kumi Naidu, directeur exécutif de Greenpeace int. introduit le rapport en le concluant par :

 

« Je me réjouis de continuer cette aventure avec vous tous, en tant que partie [2] de Greenpeace dans ce qui sera mon rôle le plus important avec Greenpeace jusqu'à ce jour : supporter et volontaire. »

 

Départ sans tambours, sans fanfare, sans flonflons... après une période de fortes turbulences qui se matérialise peut-être dans le rapport annuel. Voici ce qu'écrit M. Ramesh Singh, Greenpeace International Organisation Director :

 

« Greenpeace a eu des résultats et se targue d'un succès continu de ses campagnes tout au long de 2014. Cependant, il serait également juste de dire que, en interne, l'organisation a été mise à l'épreuve de beaucoup plus de manières que l'on n'aurait jamais pu prévoir. L'année 2014 a été difficile compte tenu de l'ampleur des changements prévus pour la transition vers notre nouveau modèle opérationnel, mais s'y sont ajoutés les crises de l'Arctique 30, la perte de change, le scandale des vols non conformes et, enfin, l'incident des lignes de Nazca ; Greenpeace s'est trouvé confronté à des défis comme jamais auparavant. Mais, à la réflexion, nous avons surmonté les tempêtes et bien appris de nos erreurs [...] »

 

La première phrase, c'est de l'autosatisfaction. Après ? Le doux parfum de la vengeance, peut-être.

 

Au moins, les choses qui fâchent ne sont-elles pas balayées sous le tapis de l'indifférence.

 

 

Crions victoire sur fond de crime contre l'humanité !

 

À l'évidence, toutefois, ce genre de rapport se consacre principalement aux points jugés positifs, quitte à les enjoliver. Pour le domaine de l'agriculture, pompeusement intitulé « aliments pour la vie », c'est en bref :

 

  • Des engagements importants contre les pesticides pris par les détaillants et les gouvernements en Europe, en Inde et au Japon, entre autres ;

  • Dans l'UE, les restrictions sur les pesticides destructeurs d'abeilles ont été maintenus et aucune nouvelle culture transgénique n'a été autorisée.

  • Le riz transgénique reste une chimère commercialement non viable.

  • L'opposition aux OGM se maintient efficacement en Allemagne et au Mexique, et ailleurs.

 

 

Pour les engagements, on aimerait savoir ! Mais l'épisode récent du harcèlement de Leclerc en France illustre bien les méthodes employées – dans le silence assourdissant des autorités et des médias (sur les méthodes, pas sur la gesticulation).

 

Les restrictions sur les pesticides ? Sauf erreur, leur levée n'a pas été à l'ordre du jour de Bruxelles. Mais ça ne mange pas de pain que de s'approprier une victoire dans une bataille imaginaire.

 

Le Riz Doré ? Le scandale d'un crime contre l'humanité continue.

 

L'opposition aux OGM ? Victoire facile tant la désinformation a fait son œuvre, anesthésié l'esprit critique et érodé le courage politique !

 

 

Pour 1 euro, vous avez...

 

Le volet financier est des plus intéressants. Le rapport présente les comptes de 2013 et 2014.

 

Au chapitre des recettes, le poste « grants and donations » – en bref, les dons (on remarquera qu'il n'y a pas de cotisations de membres...) – augmente de 282,455 millions à 292,319 millions d'euros. La comparaison n'est cependant pas directe en raison des variations de taux de change. La part mangée par les dépenses affectées à la levée de fonds augmente aussi, de 98,800 millions d'euros à 189,593 millions d'euros.

 

Le ratio dépenses affectées à la collecte de fonds/recettes totales passe de ce fait de 34 % à 36 %.

 

Au final, le montant disponible après déduction des sommes dédiées au fonctionnement de la cash machine reste stable (189,593 millions en 2014 contre 189,560 millions d'euros en 2013).

 

À ces montants correspondent des dépenses de 185,514 millions d'euros en 2014 et 193,932 millions d'euros en 2013, soit une baisse (à analyser avec circonspection du fait des variations de change et d'une grosse perte sur le marché des changes en 2013). Ce qui importe, toutefois, c'est que 16 % de ces montants sont affectés aux frais administratifs ; qu'il y a un important budget pour les « médias et communication » et « information et sensibilisation du public » ; et qu'il est difficile de déterminer quelle part des montants affectés à des campagnes va en fait aux frais généraux.

 

Le poste « agriculture durable » est passé de 4,644 millions d'euros en 2013 à 6,665 millions en 2014.

 

La nébuleuse Greenpeace opère en gros sur la base d'un budget global de 300 millions d'euros. Sur ce montant, quelque 73,5 millions d'euros sont allés à Greenpeace International, à Amsterdam, dont 70,649 millions d'euros sous le libellé « dons des organisations nationales et régionales ». En 2014, ces organisations ont reçu en retour 24,283 millions d'euros.

 

Résumons le bilan à la louche : soit 1 euro généreusement donné. Un bon tiers est alloué au démarchage de donateurs. Si on enlève les frais de fonctionnement, il reste moins de 50 centimes pour les campagnes. Et si on déduit les frais de communication et de gesticulation, il en reste à peu près le tiers.

 

De l'argent bien employé... Rappelons qu'en France, sur 1 euro, 66 centimes sont en fait généreusement donnés par l'État sous forme de réduction d'impôt.

 

La vandalisation d'un essai de Riz Doré aux Philippines (8 août 2013, Pili, Camarines Sur)

 

 

Pour 1 euro...

 

« Soyez sans illusion, si vous financez Greenpeace – même si vous ne donnez qu'un euro à un « recruteur d'adhérents » dans la rue, vous contribuez à financer cette désinformation. Vous jouez apportez votre contribution à la mort et à la souffrance de millions de personnes, tout simplement parce que l'organisation que vous soutenez fait preuve de dogmatisme sur une technologie qu'elle déteste. Cette opposition inhumaine au Riz Doré signifie que si l'histoire se souviendra de Greenpeace, ce ne sera pas pour sa contribution à la protection de l'environnement. Ce sera pour les monstres qu'ils sont devenus et la mort et la souffrance qu'ils ont causées. » [3]

 

 

_________________

 

[1] http://www.greenpeace.org/international/Global/international/publications/greenpeace/2015/ANNUAL_REPORT_2014.pdf

 

[2] Il n'a pas écrit « membre »... ce n'est pas anodin.

 

[3] Gold vs. Green

http://mylespower.co.uk/2015/05/02/gold-vs-green/

 

 

Partager cet article

Commenter cet article

Martin 07/11/2015 13:33

Pourquoi ne sont-ils pas considérés comme des terroristes ? Ils servent un dogme et veulent détruire ce qui ne correspond pas à ce dogme. Ils ne valent pas mieux alors que les poseurs de bombes, non ?

Alexis 07/11/2015 12:45

Il y a un pays qui a récemment pris les mesures qui s'imposent face à ce type d'organisation:
http://www.theaustralian.com.au/news/latest-news/india-orders-greenpeace-to-shut-down/story-fn3dxix6-1227599650383