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Agriculture, alimentation, santé publique... soyons rationnels

C'est sans doute illégal, mais ils s'en moquent : Radio France, la nouvelle Propagandastaffel écolo

22 Novembre 2020 , Rédigé par Seppi Publié dans #Activisme

C'est sans doute illégal, mais ils s'en moquent : Radio France, la nouvelle Propagandastaffel écolo

 

« Radio France écolo, Radio France écolo, Radio France piège à gogos »

 

 

 

 

L'information nous est parvenue par l'intermédiaire de l'excellent Alerte Environnement et son : « Publicité : quand Radio France offre des centaines de milliers d’euros aux lobbys bio et écologistes ».

 

Radio France a donc publié le 17 novembre 2020 un communiqué de presse martial annonçant son virage (encore plus) vert : « Radio France s’engage en faveur d’une publicité plus verte sur ses antennes ». En voici le début :

 

« Radio France porte un engagement éditorial très fort pour l’environnement, avec 27 heures hebdomadaires de programmes consacrées aux questions écologiques et plus de 100 heures en comptant les programmes qui traitent régulièrement de ces enjeux.

 

Cet engagement se traduira désormais aussi dans sa nouvelle approche publicitaire qui valorisera les initiatives et les acteurs agissant activement en faveur de la transition écologique.

 

Radio France annonce ainsi la création d’une série de nouveaux espaces publicitaires responsables dès le 1er janvier 2021. Cette démarche s’appliquera à l’antenne comme sur le numérique pour les podcasts qui sont un espace de développement majeur de l’audio en France.

 

Le service public prend aujourd’hui un tournant important en faveur d’une publicité plus responsable. Radio France est engagée pour les grandes causes de notre temps comme la transition écologique. Cette responsabilité, je veux qu’elle soit désormais visible dans tous nos temps d’antenne : l’éditorial et la publicité. Nous avons choisi une démarche vertueuse, qui donne accès à nos antennes à des acteurs engagés et encourage l’ensemble des annonceurs à faire leur transition.” Sibyle Veil, Présidente-directrice générale de Radio France »

 

C'est un peu... sibyllin...

 

L'explication vient ensuite. Radio France se propose de créer (c'est nous qui graissons) :

 

  • « Un “Espace solidaire” qui consiste en de la publicité accordée gratuitement à des acteurs qui agissent activement en faveur de la transition écologique (ONG, associations voire acteurs du privé qui y dédient leur action et n’ont de manière générale que très peu de budget publicitaire). [...] »

 

  • « Un “Espace éco-responsable” qui consiste en des écrans publicitaires à des heures de grande écoute (sur les primes de la radio telles que les matinales) accessibles pour les produits-éco responsables à un tarif de - 40%. [...] »

 

  • « Un “Espace responsable” sur les pré-roll de podcasts pour inscrire ce tournant publicitaire à la fois sur les antennes de Radio France mais aussi sur le numérique où se développe fortement l’audio en ce moment. [...] »

 

Nous ne discuterons pas de la ligne éditoriale, pour laquelle les chaînes publiques de radio disposent d'une grande liberté d'informer et – ce que d'aucuns font sur les chaînes publiques avec une rare assiduité – de mésinformer et de désinformer.

 

Mais une politique tarifaire différenciée en matière de publicité est contraire au principe d'égalité devant le service public.

 

Nous aurions aimé écrire « manifestement » (bien que n'ayant pas fait preuve d'une vaillance démesurée pour trouver un texte qui la permettrait).

 

Ce qui nous retient, en l'occurrence, c'est la dérive possible de la jurisprudence – elle-même soumise au bombardement de la bien-pensance « écologique » – et l'éventuelle admission des discriminations précitées en raison de différences de situations appréciables, ou pour des motifs d’intérêt général (« en rapport avec les conditions d'exploitation du service » selon l'arrêt Denoyez et Choques du Conseil d'État), associée à l'extension du principe des tarifs différenciés au-delà des personnes physiques et des services publics facultatifs à vocation sociale ou de loisirs.

 

Ce qui précède est bien sûr sous réserve que la possibilité de déroger au principe d'égalité ne soit inscrite dans la loi (avec la bénédiction du Conseil d'État et, le cas échéant, du Conseil Constitutionnel). À cet égard, il y aura lieu de surveiller le projet de loi relatif à la communication audiovisuelle et à la souveraineté culturelle à l’ère numérique (texte tel qu'il s'établit actuellement ; dossier législatif de l'Assemblée Nationale). Les députés lobbyistes de l'écolobusiness ont réussi à introduire la disposition suivante dans le projet de loi :

 

« Art. 56-8-1 (nouveau). – Les sociétés mentionnées aux articles 44 à 46 publient chaque année un rapport analysant l’intégration par leurs régies publicitaires des enjeux de transition écologique, de lutte contre le gaspillage, de préservation des ressources et de développement durable.

 

Ce rapport évalue notamment la cohérence entre la publicité diffusée et la nécessité de limiter la consommation de ressources naturelles et de lutter contre le changement climatique et la perte de biodiversité, dans la perspective du respect des objectifs de la Charte de l’environnement. »

 

On est loin d'une autorisation de tarification différenciée, mais c'est peut-être la première tranche d'une tactique du salami.

 

L'examen de ce projet semble avoir pris le tortillard. Le chargé de mission « rapport sur l'intégration... » n'a probablement pas été nommé, tout comme ses collaborateurs qui ne sauraient qu'être nombreux au vu de l'ampleur de la mission.

 

Radio France se veut rassurant. Ainsi,

 

« L’identification des acteurs et messages éligibles à ces plus de 10h d’antenne gratuite par an fera l’objet d’une procédure juste et équitable : une réflexion est engagée en ce sens avec différents acteurs dont l’expertise est reconnue (par exemple l’ADEME). »

 

C'est plutôt cocasse ! On annonce la mesure et, en même temps, l'impréparation de cette mesure !

 

La procédure ne sera – en principe – « juste et équitable » que pour les bénéficiaires potentiels. Les acteurs qui « agissent activement » (sic) dans d'autres domaines d'intérêt général, comme la solidarité humaine ou la santé publique, sont exclus du deal.

 

Pour les publicités – commerciales – bénéficiant du tarif réduit de -40 %,

 

« Les annonces éligibles seront sélectionnées sur la base des 100 labels environnementaux listés et recommandés par l’ADEME. »

 

On découvre au détour de ce communiqué de presse que l'ADEME recommande des labels... Et quels labels !

 

 

Les labels recommandés par l'ADEME pour les vins.

 

 

Résumons :

 

L' « Espace solidaire » est ouvert, par exemple, à une petite entreprise incorporée sous forme d'association qui est financée par le biobusiness et s'en fait le porte-voix, ou à sa filiale qui arbore une fleur rouge comme étendard ; ou encore à une entité financée par une fondation liée à des investisseurs dans la viande « artificielle » et financée par eux par fondation interposée...

 

L'« Espace éco-responsable » est ouvert aux géants de la distribution de produits « biologiques » (à titre exclusif ou non) ; ou encore aux charlatans de la biodynamie...

 

Sur Alerte Environnement », un commentateur a ressorti le fameux « Radio Paris ment, Radio Paris ment… » de Pierre Dac et en a fait :

 

« Radio France écolo, Radio France écolo, Radio France piège à gogos. »

 

 

Espérons qu'il se trouvera de nouveaux résistants pour mettre un terme à cette violation flagrante, par un service public, du deuxième principe inscrit sur les frontons des édifices publics français.

 

 

Post scriptum

 

Rappel : « FranceTV Publicité se convertit et veut nous convertir au "bio" ». Je n'ai pas vu ces spots récemment. Quelqu'un a peut-être mis le holà !

 

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ROBERT MARLET 22/11/2020 19:39

Est-ce que le CSA est compétent dans ce domaine ? peut-il être saisi ? et est-ce illégal ?
Etant à la retraite et confiné, j'ai un peu de temps maintenant pour faire connaître mon désaccord aux intéressés (ministres, parlementaires, journalistes, élus locaux, blogueurs...) pour une position excessive, un traficotage de vérité, de fausses infos ... qu'ils véhiculent.
Ils répondent rarement, ça ne sert peut-être pas à grand chose, mais ça soulage et je me dis que si on est dix, cent, un millier à le faire..., ça peut les faire réfléchir (pas sûr),
car ils profitent largement de nos silences.
Bref, pour saisir le CSA: https://www.csa.fr/Mes-services/Alertez-nous-sur-un-programme2
Bien sûr, il faut argumenter, apporter des preuves, être correct et poli, bien coiffé... pour être crédible.

un physicien 22/11/2020 17:26

Dont deux labels de biodynamie ...

Marc FAURE 22/11/2020 17:05

Bonjour, après être socialiste, pro Macron, elle soutien les bios avec notre argent. Ou est sa liberté d'opinion ? remarquez, tous leurs journalistes sont des bobos parisiens qui méprisent les provinciaux qui sont tenus d'utiliser leurs voitures (non électrique) pour aller travailler, alors qu'eux utilisent, parfois, les transports en commun, que nous leur finançons ! C'est devenu une radio de fachos !

Fm06 22/11/2020 09:17

Je ne sais pas si c’est légal. Par contre c’est résolument scandaleux. Et c’est financé par nos impôts...

Murps 23/11/2020 20:52

Pas mieux. Je me fiche que Monsieur Michu vende ses salades biodynamiquement bronzées à la Lune.
Ce qui me contrarie c'est que ce soient mes impôts qui financent sa publicité.
Atterrante et catastrophique dérive vers une dictature écolo.
Empêchez ces savonaroles du purin d'orties de modifier la constitution pour y mettre leurs étrons verdâtres.
Il y va de la démocratie de nos libertés et de notre porte-monnaie.