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Agriculture, alimentation, santé publique... soyons rationnels

Ils ont tué les chats ! Précaution, superstition et écozélotes

16 Août 2015 , Rédigé par Seppi Publié dans #Risk-monger, #OGM, #Pesticides, #Perturbateurs endocriniens, #Abeilles, #Riz doré, #Principe de précaution

Ils ont tué les chats ! Précaution, superstition et écozélotes

 

The Risk-monger*

 

 

Pendant la Grande Peste de Londres (1665-1666), les autorités étaient convaincues que l'épidémie de peste bubonique était propagée par les chats. Comme les chats étaient alors considérés comme les symboles du mal et de la sorcellerie par les chefs religieux, la crise a créé l'occasion parfaite pour les zélotes de purger Londres de ce fléau félin. Les autorités locales n'avaient aucune preuve que les chats répandaient la peste, mais en vertu du principe de précaution, ils pouvaient être considérés dans un moment de panique comme vecteurs. Résister à la pression publique exercée par des fanatiques bruyants n'était pas politiquement opportun ; et, de toute manière, qui se serait préoccupé du sort de quelques milliers de chats jetés dans la Tamise ? En fait, les rats ont dû penser que c'était très bien, et comme la population de rats a explosé, il en fut de même, de toute évidence, pour la peste (propagée par les puces du rat).

 

C'est là est un exemple d'échec retentissant du principe de précaution, un échec qui s'est répété maintes et maintes fois grâce à des écologistes fanatiques modernes. Aujourd'hui, nous pouvons voir que la société est privée de la meilleure recherche et technologie par l'activisme de chasseurs de sorcières et le lynchage par des meutes utilisant les réseaux sociaux, tous désireux d'imposer un retour à une conception bucolique, moyenâgeuse, de l'économie et de l'agriculture.

 

 

Ils ont tué les abeilles

 

Les fanatiques religieux de Pesticides Action Network [1], Greenpeace [2], SumOfUs [3] et des Amis de la Terre [4] ont utilisé la peur d'une Grande Peste qu'ils ont propagée au sujet des abeilles pour créer une opportunité de déployer leur campagne anti-pesticides. Ils ont concentré leur courroux, en particulier, sur les néonicotinoïdes, les pesticides de synthèse les plus populaires, les plus efficaces et les plus respectueux de l'environnement. L'industrie chimique et l'agriculture productive étaient leurs sorcières, et l'efficacité de leurs attaques n'a laissé à Bruxelles guère d'autre choix que d'invoquer la précaution sur les néonicotinoïdes. Les régulateurs américains, eux, ont écouté les agriculteurs et résisté à ce genre de législation, mais le dernier mot n'a pas été dit pour les zélotes.

 

Source : http://lyon.greenpeace.fr/les-abeilles-vous-disent-merci/

 

Cette mesure de précaution, comme celle pendant la Grande Peste, a eu quelques conséquences tragiques. Dans certains pays de l'Union européenne qui n'ont pas accordé de dérogations, les agriculteurs ont subi de graves pertes dans la première année de l'interdiction des néonicotinoïdes au titre de la précaution [5] ; ils ont eu recours à des pesticides plus anciens, plus toxiques et moins efficaces pour sauver leurs cultures (les rendements de certaines cultures comme le colza ont considérablement diminué depuis la mise en vigueur de l'interdiction à titre de précaution). En outre, comme l'interdiction porte sur des cultures riches en pollen comme le colza, les agriculteurs, privés de moyens adéquats de protection de leurs cultures, se rabattent sur d'autres cultures, moins favorables aux abeilles [6]. Ajoutez à cela le retournement de prairies et d'autres habitats naturels pour dégager la superficie supplémentaire nécessaire à l'agriculture biologique... Difficile de voir dans ces conditions comment ces politiques moyenâgeuses peuvent promouvoir la santé des abeilles.

 

Le paradoxe de cet échec de la précaution est que la propre science de l'UE [7] a reconnu qu'il n'y a eu que peu d'effets négatifs sur les abeilles, qui ont surtout souffert des hivers froids. On trouvera un catalogue d'éléments qui prouvent que la crise de l'abeille a été fabriquée dans le récent article de Jon Entine dans le Huffington Post [8] et dans celui de l'ancien Secrétaire à l'environnement du Royaume-Uni, Owen Paterson [9]. Tout comme dans la Londres médiévale, la science, la raison et les faits ont peu d'influence sur les superstitions et les fanatiques qui répandent la peur. Résultat : ils tuent plus d'abeilles.

 

 

Ils ont tué le sperme

 

Les fanatiques de la santé environnementale comme ceux de HEAL [10] et EDC-Free Europe [11] mènent campagne contre la modernité en utilisant la peur qu'ils ont répandue sur les perturbateurs endocriniens (PE). Pour eux, tout produit chimique ou pesticide de synthèse est un cancérigène potentiel, réduit la quantité de sperme ou inhibe l'action hormonale, quelle que soit la dose, et en combinaison avec toute autre molécule (de synthèse). On ne peut qu'être impressionné par la quantité de données qu'un technicien d'un laboratoire à l'éthique dévoyée peut produire avec un chromatographe et un peu de financement ! La crise de la Grande Peste, c'est ici la crainte que notre exposition journalière à ces produits chimiques ait conduit à la chute des taux de fécondité et à l'augmentation de certains cancers et de l'obésité.

 

Source : http://www.notre-planete.info/actualites/actu_3552_vetements_Zara_pollution.php

Photo Greenpeace

 

Ces groupes éco-religieux se sont focalisés sur les expositions possibles aux perturbateurs endocriniens dans les plastiques et les pesticides, donnant libre cours à leur alarmisme superstitieux qui veut que les produits chimiques fabriqués par l'homme sont intrinsèquement mauvais et qu'ils doivent être éradiqués (mais pas jetés dans la Tamise car les poissons souffrent apparemment aussi de l'exposition aux PE... mais bien sûr pas des hormones de substitution thérapeutiques). Les décideurs de l'Union européenne n'ont pas pensé aux conséquences quand ils se sont inclinés devant ces campagnes d'éco-fondamentalistes lors de la révision de la directive européenne sur les pesticides et se sont enfermés dans le piège de la précaution. Très peu de produits de protection des cultures recevront le feu vert, suspectés qu'ils seront d'être des perturbateurs endocriniens potentiels (à très faibles doses) ; donc, une fois que ces zélotes auront réussi à pousser la plupart des produits hors du marché, les agriculteurs seront obligés de revenir à des pratiques agricoles moyenâgeuses. Une victoire dont les écologistes peuvent être fiers.

 

Une fois de plus, le paradoxe de la précaution a été mis en place. Les zélotes ont utilisé des tactiques de campagne moyenâgeuses pour insuffler la peur, alors que la science leur a bien trop souvent donné tort. Les comptages de spermatozoïdes ne sont pas en baisse (les chercheurs militants ont même essayé de cacher leurs propres conclusions qui confirment cela [12]), les taux de cancer, hors tendances démographiques, ne sont pas à la hausse et la tentative de mettre la hausse des taux d'obésité sur le compte des perturbateurs endocriniens a été une manœuvre opportuniste qui a fait long feu. Certaines molécules accusées d'être des perturbateurs endocriniens dans des campagnes menées de longue date ont été blanchies sans contestation possible par des organismes scientifiques (tel le bisphénol A [13]) ; mais, malgré les faits, le feu et le soufre de l'éco-religion [14] continue à s'abattre sur elles. La réalité est que s'il y avait une crise de la perturbation endocrinienne, la source du problème serait beaucoup plus vraisemblablement notre forte exposition aux perturbateurs endocriniens naturels de produits comme le soja et le café [15], et non l'exposition à faible dose aux molécules de synthèse bien testées. Mais, pour les cliques, ce n'est pas là une raison suffisante pour ne pas lyncher les produits et les représentants de l'industrie chimique.

 

 

Ils ont tué les semences

 

Les fanatiques hardcore comme Greenpeace et les Amis de la Terre ont réussi à susciter la peur des organismes génétiquement modifiés (OGM). Ces Luddites se sont enfermés dans l'intransigeance ; aucun OGM ne sera jamais acceptable, et ils tentent maintenant d'étendre leurs préjugés à toutes les technologies végétales. Aucun produit de la biotechnologie ou de l'amélioration des plantes ne sera jamais accepté car il viole leur croyance superstitieuse selon laquelle seul le naturel est tolérable et tout ce qui a été souillé par des mains humaines est impur et doit être détruit. Comme au temps de la chasse aux sorcières lors de la dernière grande période d'irrationalité institutionnalisée, ces activistes qui agressent la science n'ont jamais vu un champ d'essai d'OGM qu'ils ne voulaient pas nettoyer (ou, plutôt, purifier lors d'une cérémonie sacrificielle pour honorer la grâce de Gaia).

 

Source : http://www.slate.com/blogs/future_tense/2013/08/26/golden_rice_attack_in_philippines_anti_gmo_activists_lie_about_protest_and.html

 

Tel était le cas de la destruction menée par Greenpeace [16] des essais en plein champ du Riz Doré de l'Institut International de Recherche sur le Riz aux Philippines. Le riz est l'aliment de base dans de nombreux pays en développement où les carences alimentaires conduisent à une mortalité accrue, à des maladies et à des retards de croissance. Le Riz Doré est simplement un riz enrichi en bêta-carotène, qui fournit de la vitamine A supplémentaire aux personnes des pays en développement qui ne peuvent pas se procurer une alimentation équilibrée. La carence en vitamine A est une maladie grave qui provoque environ 500.000 cas de cécité et 250.000 décès par an [17], principalement chez les enfants pauvres dans les pays en développement.

 

Quelle sorte de fanatique moyenâgeux serait prêt à envoyer 250.000 enfants dans la tombe pour des raisons de pureté religieuse ? C'est trois fois plus, par an, que le nombre total de morts au cours du dernier grand fléau de l'ignorance, pendant la Grande Peste. Greenpeace soutient [18] que ces personnes vivant dans des bidonvilles au Bangladesh ou aux Philippines n'ont qu'à cultiver un assortiment équilibré de légumes (bio) dans des jardinières sur le rebord des fenêtres ou de prendre des suppléments vitaminiques. Les mots me manquent pour faire comprendre pourquoi l'humanité tolère encore cette bande d'idolâtres bigots et dogmatiques.

 

 

La précaution: l'outil parfait pour les zélotes

 

Les zélotes existeront toujours tant que les religions seront incapables de modérer leurs intégristes ; ce n'est pas différent avec le mouvement écologiste. Ils vont utiliser tout outil, toute personne ou tout argument qu'ils peuvent trouver pour imposer leur point de vue aux autres, propager la foi et se rassurer eux-mêmes sur la justesse de leur conduite. La précaution est l'outil parfait – il a fonctionné pour les zélotes à l'époque médiévale et il fonctionne encore aujourd'hui.

 

 

Notez que je n'assimile pas l'utilisation du principe de précaution aux modes de pensée médiévaux. La précaution est une réaction humaine fondamentale (nul n'est prêt à se blesser volontairement). Mais l'utilisation du principe de précaution comme outil réglementaire par des zélotes éco-religieux pour répandre la peur dans le but de promouvoir une conception d'inspiration moyenâgeuse de l'agriculture et d'une économie communautariste quelles que soient les preuves de l'irrationalité et les conséquences négatives est non seulement irrationnel, mais aussi moralement indéfendable.

 

Nous vivons à une époque guère plus éclairée qu'à Londres dans les années 1660. La science n'a pas voix au chapitre, la rationalité est facultative dans les débats politiques, et la peur et la panique sont propagées par des militants parlant fort et se croyant investis d'une grande mission. Les décideurs politiques, aujourd'hui comme hier, choisissent la voie de la moindre résistance : l'utilisation d'un principe de précaution artificiel lorsqu'une action défensive est considérée comme vertueuse et sans conséquence. Les zélotes religieux font campagne à Bruxelles pour éliminer plus de chats, sans égards pour les conséquences tragiques.

 

Les dirigeants qui ont tué les chats pendant la Grande Peste ne se sont pas jetés dans la Tamise lorsque les pertes humaines se sont accélérées. Mais je serais vraiment heureux de jeter quelques zélotes d'aujourd'hui dans la Senne, le cloaque médiéval puant, infesté de rats, qui traverse Bruxelles.

 

Source : http://tchorski.morkitu.org/3/3214.htm

Les égouts de Bruxelles

 

________________

 

* Source : http://risk-monger.blogactiv.eu/2015/07/29/they-killed-the-cats-precaution-superstition-and-eco-zealots/

Un excellent site ! Il devrait bientôt migrer.

 

David pense que la faim, le SIDA et des maladies comme le paludisme sont les vraies menaces pour l'humanité – et non les matières plastiques, les OGM et les pesticides. Vous pouvez le suivre à plus petites doses (moins de poison) sur la page Facebook de Risk-Monger :

www.facebook.com/riskmonger

 

 

[1] http://www.pan-europe.info/

 

[2] http://www.greenpeace.org/international/en/

 

[3] http://sumofus.org/

 

[4] http://www.foe.org/

 

[5] http://risk-monger.blogactiv.eu/2014/09/30/the-save-the-bees-ban-failed-crops-and-another-precautionary-fail-who-is-to-blame/

 

[6] http://risk-monger.blogactiv.eu/2015/04/15/farmers-matter-an-open-letter-to-michael-fluh-on-bees-and-neonicotinoids/

 

[7] http://ec.europa.eu/food/animals/live_animals/bees/study_on_mortality/index_en.htm

 

[8] http://www.huffingtonpost.com/jon-entine/post_9788_b_7803246.html

 

[9] http://www.wsj.com/articles/the-bees-are-safenow-lift-this-pesticide-ban-1437594547

 

[10] http://env-health.org/

 

[11] http://www.edc-free-europe.org/

 

[12] http://risk-monger.blogactiv.eu/2013/10/25/my-sperm-is-fine-the-myth-of-endocrine-disruption/

 

[13] http://www.efsa.europa.eu/en/press/news/150121.htm

 

[14] http://www.ewg.org/key-issues/toxics/bpa

 

[15] http://risk-monger.blogactiv.eu/2012/11/12/endocrine-corruption-soy’s-dirty-little-secret/

 

[16] http://risk-monger.blogactiv.eu/2013/08/19/greenpeace’s-colonialist-ambitions/

 

[17] http://www.who.int/nutrition/topics/vad/en/

 

[18] http://www.greenpeace.org/international/en/campaigns/agriculture/problem/genetic-engineering/Greenpeace-and-Golden-Rice/

 

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