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Agriculture, alimentation, santé publique... soyons rationnels

Quand l'Agence Bio nous désinforme sur LinkedIn

7 Septembre 2026 Publié dans #Agriculture biologique, #critique de l'information, #Activisme

Quand l'Agence Bio nous désinforme sur LinkedIn

 

 

Que Choisir a publié quatre pages sur la « contamination » des fruits et légumes par les pesticides dans son numéro de septembre 2026, un peu discret louange au « bio » (voir notre analyse). L'Agence Bio embraye sur LinkedIn avec un court billet...

 

 

C'est un petit billet :

 

« 🥗 Vous craignez que votre assiette bio ne le soit pas vraiment ?

 

📃 Eh bien, le cahier des charges bio européen a tout prévu pour garantir du bio bio : un temps de conversion long pour assainir le sol, des zones tampons autour des champs bio…

 

Et si un produit présente des substances interdites : il est déclassé ↘️

 

👉 Swipez pour vous rassurer sur la véracité du bio et retrouvez l’idée fausse en entier ici : https://lnkd.in/dpfXrcef et dans le livre En finir avec les idées fausses sur le bio disponible en librairie ! »

 

 

Pulvériser la peur panique

 

C'est suivi de six vignettes, dont la première (ci-dessus) nous interpelle. Quel sens lui donner ?

 

J'opte pour un bonhomme « bio » – fastoche : c'est écrit sur le couvercle du pot qui fait office de tête – pulvérisant une peur panique...

 

 

Le discours à géométrie variable sur la « contamination » par les productions « conventionnelles »

 

On peut souscrire sans difficulté à l'assertion figurant sur la vignette suivante.

 

Il n'y a guère que l'herbicide prosulfocarbe qui est susceptible de poser des problèmes en raison de sa volatilité et d'une limite maximale de résidus extrêmement faible, et ce, pour des cultures récoltées tard dans la saison, notamment le sarrasin.

 

Souscrire... et noter que les propagandistes du « bio » sont vent debout contre les OGM, et maintenant aussi les NGT, qui contamineraient quasi inéluctablement les cultures « bio » avec, bien sûr, des conséquences funestes.

 

 

Assainir les sols ?

 

La vignette suivante a trait à la période de conversion de deux ou trois ans, « qui permet au sol de s'assainir et d'éliminer une grande partie des résidus historiques ». Admettons... avec « une grande partie », ça ne peut pas être vraiment faux.

 

 

Les vertueux « agribios » qui plantent des haies, etc.

 

Vignette suivante... de la belle littérature pour naïfs.

 

« Ces barrières naturelles freinent les dérives éventuelles du voisinage »... dont « le bio reste massivement épargné », selon une vignette précédente.

 

 

La promesse du « sans pesticides » (de synthèse évidemment)

 

On nous apprend ensuite que selon les données de l'EFSA, 80 % des produits « bio » analysés ne contiennent aucun résidu quantifiable et qu'en conséquence, « le bio tient donc sa promesse pour l'immense majorité des produits ».

 

« ...immense » ? Question de perspective ! Et la « promesse » est bien plus forte.

 

Il conviendrait cependant de creuser cette question. D'une part, les résidus quantifiables ne proviennent généralement pas d'une « contamination » par un traitement effectué sur un champ voisin (cas du prosulfocarbe excepté). D'autre part, une partie des 20 % de produits non conformes à la « promesse » contient des résidus inévitables comme les substances à très longue durée de vie.

 

 

Le « déclassement » des produits contenant des résidus

 

La vignette sur le déclassement tient à la fois du mensonge et de l'enfumage.

 

À l'évidence, la très grande majorité des produits ne sont pas analysés (le cas du sarrasin est particulier : la découverte de résidus alimente l'activisme en faveur de l'interdiction du prosulfocarbe).

 

Et surtout, l'agriculture biologique a une obligation de moyens, pas de résultats.

 

Le fait que l'EFSA ne rapporte que 80 % d'échantillons de produits sans résidus quantifiables est bien la preuve que, grosso modo, 20 % des produits n'ont pas été déclassés (davantage si on inclut les résidus détectés, en dessous de la limite de quantification).

 

Quant aux produits qui dépassent la limite maximale de résidus, lors de contrôles, ils sont retirés des circuits de commercialisation quel que soit le mode de production.

 

 

Emballage obligatoire ?

 

Il y a aussi une vignette sur l'emballage qui serait obligatoire en grande surface selon la loi « pour éviter tout contact ou confusion avec les produits non bio ».

 

C'est à croire que le « contact » aurait des conséquences funestes (au moins dans le magasin, a priori pas dans votre réfrigérateur...).

 

Mais surtout, plusieurs commentateurs ont signalé une contradiction avec... la loi.

 

 

Conclusion...

 

Quand les bornes sont dépassées, il n'y a plus de limite.

 

 

 

 

 

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H
Publier sur Linkedin s'inscrit dans une bonne politique de manipulation de l'opinion. <br /> Les IA généralistes vont en priorité chercher leurs infos ou plutôt leurs intox sur ce genre de réseau sociaux. <br /> Le grand public, qui n'a pas du tout compris que les IA généralistes ne faisaient que des résumés de ce qui est le plus visible et le plus accessible sur le net, prend cela pour la vérité révélé.<br /> <br /> Pour rappel derrière le beau nom d'Agence Bio, on a certes l'Etat et ses fonctionnaires rouges et verts rémunérés grâce au "Casse du siècle" mais aussi la Fédération Nationale d'Agriculture Biologique, Synabio, Synadis Bio, Interbio...
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