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Agriculture, alimentation, santé publique... soyons rationnels

Audition au Parlement Européen sur le projet Omnibus et les pesticides : la version Pollinis

2 Septembre 2026 Publié dans #Activisme, #Union Européenne

Audition au Parlement Européen sur le projet Omnibus et les pesticides : la version Pollinis

 

 

Il y a le programme officiel... l'interprétation de PAN Europe... le glissement de Reporterre... Voici Pollinis et une illustration des méthodes d'un certain (ne généralisons pas) activisme.

 

 

Les commissions AGRI (agriculture et développement rural) et ENVI (environnement, climat et sécurité alimentaire) du Parlement Européen organisent conjointement, le 2 septembre 2026, une « audition publique » sur le thème « Omnibus food and feed safety – “Simplifying EU rules on Food and Feed Safety” ».

 

Dans « Audition au Parlement Européen et dérapage activisto-médiatique », nous avons analysé la réaction très négative de PAN Europe (Pesticide Action Network Europe) – la tentative de susciter l'indignation (ou plus prosaïquement la nécessité d'entretenir le fonds de commerce activiste) –, ainsi que la suite donnée par Reporterre – Le média de l'écologie. Son titre résume plutôt bien les manœuvres : « Sécurité alimentaire : l’agro-industrie monopolise un débat européen ».

 

LinkedIn a eu la bonté de me mettre sous les yeux la version de Pollinis de cette affaire.

 

Rappelons que les deux commissions entendront six personnes invitées et débattront avec elles dans la séance de l'après-midi.

 

 

 

 

 

Pollinis se devait d'ouvrir son billet par une mâle déclaration fleurant bon le sectarisme et l'intolérance :

 

« Face à l’omnibus pesticides, le débat européen ne peut pas se faire sous l’influence de l’agro-industrie. »

 

Nous souscrirons sans peine à sa deuxième affirmation :

 

« Alors que l’avenir de la réglementation sur les pesticides est en jeu, l’expertise scientifique indépendante doit être au cœur des décisions. »

 

Mais notre interprétation sera quelque peu différente : l'expertise scientifique indépendante – celle de l'EFSA et de l'ECHA au niveau européen – est bien au cœur des décisions prises, toujours au niveau européen, dans la gestion des dossiers phytosanitaires, ainsi que des décisions à prendre par les instances législatives européennes.

 

Mais voici le premier problème :

 

« Le panel d’experts est constitué principalement de représentants de l’agro-industrie. »

 

C'est faux !

 

Il n'y a aucun représentant de l'« agro-industrie » comme on peut le voir ci-dessus.

 

Pollinis cible trois personnes dans une de ses vignettes. On est surpris – enfin, pas vraiment – de voir le COPA-COGECA, l'organisation faîtière européenne des agriculteurs et de la coopération agricole, taxé d'« agro-industrie ». Idem pour l'Institut Central tchèque de Supervision et d'Essais en Agriculture. Quant à M. Robert Wiedmer, il dirige un service de conseil associatif italien (et non allemand) desservant les arboriculteurs et viticulteurs du Haut-Adige ou Südtirol.

 

Leur mission ne se limite du reste pas à l'utilisation de pesticides. « Notre objectif – écrivent-ils – est de fournir des conseils indépendants et objectifs sur la production rentable et respectueuse de l'environnement des pommes, de la vigne, des abricots et des cerises. »

 

Selon Pollinis, il n'y aurait :

 

« [...] aucun expert en toxicologie humaine, en santé environnementale ou en évaluation des risques liés aux pesticides. »

 

C'est encore faux.

 

PAN Europe, que Pollinis cite par ailleurs et dont elle s'est inspirée, peut-être indirectement, avait pourtant écrit, certes noyé dans son texte :

 

« Seul l'un des six intervenants est un scientifique publiant régulièrement et possédant une expertise en matière d'évaluation des risques liés aux pesticides. [...] »

 

Pollinis écrit encore, après un couplet sur les conflits d'intérêts et de bons conseils pour les travaux du Parlement Européen :

 

« Pour rappel, l’omnibus pesticides accorderait des autorisations européennes illimitées pour la quasi-totalité des substances actives pesticides. Ces mesures reflètent étroitement les demandes récemment formulées par l’industrie des pesticides : maintenir le plus longtemps possible les pesticides sur le marché, en dépit de ce que la science nous dit de leur impact sur la santé humaine et environnementale. »

 

C'est également faux.

 

Le système envisagé prévoit un mécanisme de réévaluation lorsque surgissent des questionnements quant à la sécurité sanitaire ou environnementale. On peut légitimement s'interroger sur la pertinence et l'efficacité de ce mécanisme, pas nier son existence... sauf quand on est une entité activiste...

 

Le billet se termine par une invitation à signer une pétition – outrageusement mensongère, mais nous n'allons pas entrer en matière sur ce point. C'est précédé par ceci :

 

« Nous demandons à ce que (sic) l’expertise des ONG comme POLLINIS soit pleinement reconnue. En tant que défenseurs de la biodiversité et porte-voix de centaines de milliers de citoyens ayant déjà exprimé leur rejet de ce texte, nous estimons qu’il est légitime que nous puissions également être auditionnés. »

 

Non, ce ne sont pas « des centaines de milliers », mais, à l'heure où j'écris, 171.632 signataires d'une pétition attrape-nigauds, lesquels nigauds, du reste, n'ont pas demandé à Pollinis d'être leur porte-voix.

 

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