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Agriculture, alimentation, santé publique... soyons rationnels

Vingt mots pour briller en société

21 Août 2026 Publié dans #Communication

Vingt mots pour briller en société

 

Hervé Pillaud, sur LinkedIn*

 

 

 

 

Ces mots qui permettent de briller en société mais qui accablent ceux qui vous nourrissent !

 

Est-il nécessaire de connaître l’agriculture pour en parler ? Oui bien sûr mais tous ceux qui en parlent prétendent connaitre même si quelques éléments de langages suffisent pour l’affirmer. 20 mots suffisent pour parler d’un champ sans savoir ce qui y pousse, d’un élevage sans y être entré et d’une nappe sans avoir consulté un relevé.

 

En période de sécheresse, c’est d’actualité, « Mégabassine » ouvre le bal. Le mot contient déjà la démesure, la faute et le coupable. Une réserve de substitution, c’est plus compliqué. Le mot nécessite de demander d’où vient l’eau, quand elle est prélevée, quels pompages estivaux elle remplace. L’hydrologie exige des chiffres. Le slogan tient sur une pancarte.

 

Puis vient « changer de modèle ». Lequel ? Celui du maraîcher nantais, du céréalier beauceron, de l’éleveur cantalien ou de l’arboriculteur provençal ? Le modèle agricole français présente un défaut pour les amateurs de formules : il est multiple.

 

On parle d’« agriculture productiviste », « extractiviste », « capitaliste », « climaticide » ou « mortifère ». Ces expressions ne correspondent à aucun indicateur. On peut mesurer les émissions, les pertes d’azote, les traitements ou la qualité de l’eau. « Mortifère » ne se mesure pas. Il se proclame, de préférence loin de la première "méga"tonne à lisier venue prêter main forte aux pompiers sur un incendie.

 

La « ferme-usine » ne possède pas davantage de définition. À partir de combien d’animaux commence l’usine ? L’expression n’a pas besoin de seuil puisqu’elle a déjà rempli sa fonction : condamner avant d’observer.

 

La « monoculture intensive » permet de condamner un champ avant même de connaître les réalités trop souvent assimilées à l’appât du gain. Semer du pois ou du chanvre pour sauver la planète reste une belle idée, surtout lorsque quelqu’un accepte de les acheter.

 

La « privatisation de l’eau » offre aussi un verdict sans s’encombrer du dossier. Qui prélève, combien, quand et pourquoi ? Une réserve peut réduire les pompages estivaux dans un milieu naturel fragile. Pour le savoir, il faut étudier l’hydrologie locale. C’est moins spectaculaire qu’un slogan, cependant terriblement plus utile.

 

Arrivent enfin « produire autrement », « nouveau paradigme », « bifurcation agricole » et « ferme à taille humaine ». Produire autrement, très bien. Quoi, combien, avec quel rendement, quel matériel, quel acheteur et quel revenu ? À ces questions, « le nouveau paradigme » regarde souvent ses chaussures.

 

Bien sûr que l’agriculture doit progresser, protéger le vivant, réduire ses impacts, restaurer les sols, elle le fait sans attendre qu’on la juge en oubliant de rémunérer correctement le travail. Les agriculteurs affrontent ces défis chaque matin, bien avant l’ouverture des studios de radio.

 

Pour briller en société, les mots suffisent. Pour remplir les assiettes, il faut des agriculteurs, ne les découragez pas !

 

___________________

 

* « Conférencier, auteur, considéré comme un des meilleurs spécialistes du numérique en agriculture en France, j'ai d’abord été agriculteur éleveur avant de devenir évangéliste de l’innovation agricole française. »

 

Source : https://lnkd.in/p/ekei-_Nx

 

Ma note : Voir aussi sur Atlantico ou MSN : « Ces mots piégés avec lesquels l’écologie politique fait flamber la guerre des idées », de Gil Rivière-Wekstein.

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S
"j'en ai rien à péter de la rentabilité des agriculteurs" (Sandrine Rousseau)<br /> <br /> https://www.action-agricole-picarde.com/rentabilite-des-agriculteurs-sandrine-rousseau-nen-toujours-rien-peter
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R
Ce qui m'étonne ou plutôt ne m'étonne pas quand on parle de "mégabassines" , de "privatisation de l'eau " c'est que personne n'évoque les piscines privées qui doivent représenter quand même un joli paquet de mètres cubes à l'échelle de la France ... Si ce n'est pas de la privatisation de l'eau ... Après , forcément , ce sont souvent des électeurs des mouvements qui attaquent ces stockages collectifs qui seraient concernés ! Donc , cchuuuuut !
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F
Aux dernières nouvelles l'eau des piscines est traitée en circuit fermé. L'eau ne sort pas de ls piscine, sauf évaporation et nettoyage de filtre. Le parallèle avec les réserves d'irrigation n'est pas pertinent.
H
Dans les Landes, les piscines ont bien servi pour combattre les incendies. <br /> Une fois vides, les SP en désignaient certaines aux agriculteurs qui arrivaient avec leurs cuves d'eau pour y vider les cuves de sorte à reconstituer des points de stockage.
R
rensiegnements pris -merci l'IA - 3,6 millions de piscines privées aujpurd'hui en France soit 3,6x50 metres cubes = environ 180 000 000 de mètres cubes . Une paille ! 300 reserves de Sainte Soline tout simplement .