Qui s'intéresse réellement à l'agriculture en ce moment (en Allemagne) ?
Willi l'agriculteur*
Allemagne, tes agriculteurs partent en silence.
Nous connaissons actuellement une sécheresse presque historique dans certaines régions d'Allemagne. La Rhénanie, la Rhénanie-Palatinat, mais aussi certaines parties du Bade-Wurtemberg sont particulièrement touchées. Dans d'autres régions, les précipitations ont également été faibles et il a fait très chaud, ce qui a entraîné des pertes dans l'agriculture, même si celles-ci ne sont pas encore aussi dramatiques. Les médias évoquent surtout le faible niveau des cours d’eau et les perturbations du trafic fluvial. Cela pourrait entraîner une hausse des prix de nombreux produits.
La DRV (Deutscher Raiffeisenverband) a publié un communiqué à ce sujet. En résumé : les rendements sont inférieurs à la moyenne pluriannuelle.
La sécurité d’approvisionnement n’est toutefois pas menacée et le prix du pain n’augmentera pas non plus en raison de la maigre récolte de céréales. Mais probablement en raison de la hausse des coûts de l’énergie, de la logistique ou des salaires.
M. Alois Rainer (notre actuel ministre de l’Agriculture) avait déclaré avec désinvolture lors d’une visite dans les alpages, face à la sécheresse extrême du mois d’août 2026 : « Ich kann’s nicht regnen lassen, sonst tät ich’s machen » (je ne peux pas faire pleuvoir, sinon je le ferais). Il ne s’est pas fait beaucoup d’amis avec cette remarque.
Le ministère est cité comme suit : « Concernant la sécheresse actuelle, un porte-parole du ministère de l’Agriculture déclare que la situation n’est pas un problème nouveau, qu’elle est similaire à celle des années précédentes. Le gouvernement surveille la situation et est en dialogue avec tous les acteurs concernés. »
https://www.tagesschau.de/inland/gesellschaft/duerre-landwirte-ernteeinbussen-100.html
Nous, les agriculteurs, savons faire face aux aléas climatiques. Comme on pouvait s’y attendre, la fédération des agriculteurs réclame une aide de l’État. Celle-ci serait relativement facile à mettre en place si l’on répartissait les paiements d’impôts sur plusieurs années, ce qui permettrait en quelque sorte de « compenser » les bonnes années par les mauvaises. (Provisions fiscales) Le soutien à une assurance multirisques serait également judicieux pour toutes les exploitations. Dans la situation actuelle, il est très difficile de trouver d’un coup de chapeau une solution équitable, car tout le monde n’est pas dans le besoin.
C’est dans le secteur de l’élevage porcin que la situation devient vraiment critique. Même le journal « Bild » a abordé ce sujet : https://www.bild.de/news/inland/bauern-fordern-sauschnelle-hilfe-lage-am-schweinemarkt-katastrophal-6a7bdd670e3689919ec78685
Le 12 août s’est tenu à Berlin ce qu’on appelle le « sommet sur l’élevage porcin ». Le résultat (citation) : « Le ministère fédéral de l’Agriculture n’a pour l’instant pas communiqué quelles mesures concrètes découleraient de ce sommet. »
Pour finir : le ministre Rainer fait le point sur la sécheresse devant le Conseil des Ministres. Voir à ce sujet ce communiqué de presse du ministère :
https://www.bmleh.de/SharedDocs/Pressemitteilungen/DE/2026/067-d%C3%BCrre-kabinett.html
Lisez par vous-même quelles propositions (tirées des tiroirs) sont à nouveau avancées. D’ici à ce qu’elles soient mises en œuvre – si tant est qu’elles le soient –, plusieurs milliers d’exploitations auront déjà fermé leurs portes pour toujours.
Les agriculteurs allemands meurent en silence…
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* Source : Wer interessiert sich aktuell eigentlich für die Landwirtschaft? - Bauer Willi
Ma note : Voici un extrait du communiqué du ministère de l'Agriculture :
« Le BMLEH suit de près les conditions météorologiques nationales et internationales et entretient à cet effet des échanges étroits avec les Länder, les instituts de recherche ministériels et le Service Météorologique Allemand. En outre, le BMLEH continue d’aider les secteurs agricole et forestier à renforcer leur résilience face à la multiplication des phénomènes météorologiques extrêmes, notamment par le biais :
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de projets subventionnés visant à s’adapter à la sécheresse ;
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de projets subventionnés visant à mettre en œuvre des concepts d’irrigation innovants et économes en eau ;
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du soutien à la recherche en sélection végétale pour le développement de variétés résistantes à la sécheresse et au stress ;
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du suivi et de la mise à disposition d’informations via le portail de connaissances sur la sécheresse du BMLEH ;
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de l’accompagnement des propriétaires forestiers communaux et privés dans l’adaptation des forêts et le reboisement après des événements dommageables. »
Peut-on rappeler ici que la recherche a mis au point ou travaille sur des variété GM (génétiquement modifiées) résistantes ou tolérantes à la sécheresse, par exemple le blé HB4 argentin (auquel a contribué la française Florimond Desprez) ou le maïs TELA issu d'un programme de coopération public-privé ? À quand la remise en cause des postures anti-OGM ?
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