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Agriculture, alimentation, santé publique... soyons rationnels

Quand LE POT DE TERRE SE BRISE et que LE POT DE FER REGARDE AILLEURS

24 Août 2026 Publié dans #Divers

Quand LE POT DE TERRE SE BRISE et que LE POT DE FER REGARDE AILLEURS

 

Olivier Mevel* et Jean René Menier sur LinkedIn

 

 

Source : IA

 

 

Je reproduis ces appels pressants. Il doit cependant être clair que la grande distribution – et d'autres acteurs qui peuvent faire l'opinion – doivent aussi informer les citoyens-consommateurs des enjeux à court et long terme.

 

 

Quand LE POT DE TERRE SE BRISE et que LE POT DE FER REGARDE AILLEURS.

 

Je vous invite à lire attentivement le témoignage de Jean René Menier ci-dessous.

 

Parce que derrière ses mots, il ne parle pas seulement de son exploitation. Il décrit ce qui est peut-être en train de devenir le point de bascule de toute la filière légumière française.

Depuis plusieurs semaines, je redoute exactement ce scénario.

 

👉Les prix des légumes destinés à la conserve et au surgelé ont été négociés fin 2025, dans un monde économique qui n’existe tout simplement plus.

Depuis, trois vagues de chaleur ont frappé les cultures. La sécheresse s’est installée. La crise énergétique s’est brutalement aggravée avec le conflit autour du détroit d’Ormuz.

Et malgré cela, on demanderait aux producteurs de continuer à produire aux conditions économiques d’hier ?

 

Les chiffres issus la fédération LES PRODUCTEURS DE LEGUMES DE FRANCE devraient pourtant suffire à déclencher l’alarme :

 

🥕 25 à 30 % de la production légumière était déjà perdue début juillet.

 

🥬 Dans certaines filières, les pertes pourraient atteindre 50 % des tonnages annuels français.

 

🌱 Sur certaines parcelles de plein champ non irriguées, les pertes ont atteint 100 %.

 

Et pendant ce temps-là, que dit Jean-René ?

 

Il a déjà divisé par deux sa surface prévue en pois légumes.

Il augmente sa surface de colza.

 

Et cet agriculteur dont la ferme produit des légumes depuis plus de cinquante ans envisage désormais tout simplement d’en produire moins, voire demain de ne plus en produire du tout.

 

Voilà le vrai sujet !

 

On peut continuer de parler pendant des heures de souveraineté alimentaire dans les colloques, afficher des drapeaux français dans les prospectus et multiplier les campagnes de communication sur le « produire français », la souveraineté alimentaire commence par une chose infiniment plus prosaïque : donner envie à un agriculteur de remettre des légumes dans son champ l’année suivante.

 

Et pour cela, encore faut-il qu’il puisse en vivre.

 

Jean René Menier interpelle Carrefour, E.Leclerc, Intermarché, Lidl France, Coopérative U mais Auchan Retail, Groupe Casino, ALDI France et Grand Frais sont tout aussi visés.

 

Je relaie ici son appel.

 

Il ne demande pas la charité. Il demande que les prix soient rouverts et adaptés à une réalité économique qui a radicalement changé depuis leur négociation.

 

Cela s’appelle du civisme économique.

 

Car le rapport de force est terrible : quelques centrales d’achat face à des milliers de producteurs. Le pot de fer face au pot de terre. Mais attention ! À force de gagner toutes les négociations, on peut finir par ne plus avoir personne en face avec qui négocier.

 

En 2027, les enseignes pourront toujours réclamer du pois, du haricot ou de la carotte française. Encore faudra-t-il qu’un agriculteur français ait accepté de les semer.

 

Et ce choix-là se décide maintenant. Pas dans six mois. À force d’écraser les prix, il n’y aura bientôt plus de légumes français à acheter !

 

___________________

 

* L’économiste des chaînes de valeur alimentaires • Maître de Conférences HDR (Marketing, Commerce & Distribution) • Conférencier • Expert en études de marché et construction de propositions de valeur alternatives

 

Source : https://www.linkedin.com/feed/update/urn:li:activity:7496207812885184513/

 

 

° o 0 o °

 

 

Un appel à la grande distribution

 

Jean René Menier sur LinkedIn*

 

 

Source : IA

 

 

Carrefour, E.Leclerc, Intermarché, Lidl France, Coopérative U,

 

Après trois années de baisse forcée du prix de nos légumes de conserves et surgelés faisant dégringoler la rentabilité de nos cultures et surtout ne reconnaissant pas la technicité et la prise de risque que nous prenons, il semblerait que vous refusez de revoir le prix de notre expertise technique.

 

Pourtant, nous nous battons dans l'adversité des normes et interdictions de multiples facteurs de productions pour produire Français, ce que vous adorez tellement mettre en avant dans vos communications.

 

Tout cela à un coût qui explose chaque année.

 

Comme beaucoup d'autres agriculteurs, je subis les dégâts de la sécheresse sur mes cultures de légumes.

 

Cette prise de risque n'a plus aucun intérêt.

 

Je viens déjà de diviser par deux ma surface prévue en pois légumes et de doubler ma surface de colza. Je me réserve pour mes choix de printemps alors que ma ferme, c'est plus de 50 ans de productions de légumes conserves.

 

Il devient presque aussi rentable et moins risqué et surtout beaucoup moins stressant de produire du maïs irrigué que des haricots.

 

100 % de mon irrigation a TOUJOURS été dédié aux légumes pour répondre à vos exigences qualitatives.

 

2027 sera elle l'année de la bascule.

 

Bougez-vous pour revoir nos prix 2026 !

 

Dans deux mois, vous pourrez promettre monts et merveilles, il sera trop tard.

 

Soit vous bougez, soit vos légumes de France viendront de Pologne ou de Chine, peut-être dès 2027.

 

On ne peut plus supporter de ne représenter que 15 cts dans une boîte de conserve.

 

_________________

 

* Agriculteur  Elu dans des instances agricoles Fdsea Morbihan Frsea Bretagne Elu FOP Chambre d’agriculture de Bretagne président association LEGGO et CRODIP

 

Source : https://www.linkedin.com/feed/update/urn:li:activity:7495911767617789952/

 

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