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Agriculture, alimentation, santé publique... soyons rationnels

L'histoire de deux secteurs d'activité : pourquoi les géants pharmaceutiques sont mis sur la sellette tandis que ceux du bien-être sont mis en avant

26 Août 2026 Publié dans #Divers

L'histoire de deux secteurs d'activité : pourquoi les géants pharmaceutiques sont mis sur la sellette tandis que ceux du bien-être sont mis en avant

 

BJ Saylor, ACSH*

 

 

Image : ACSH*

 

 

Malgré ce que pense l’opinion publique, le secteur du bien-être est profondément, voire de manière presque absurde, commercial. Il vend, parmi ses produits et services, des compléments alimentaires, des programmes, des retraites, du coaching, des appareils, des formations, des livres, des abonnements et, ce qui est peut-être le plus important pour cette distinction, des identités thérapeutiques. Le capitalisme associé au yoga reste du capitalisme.

 

 

Il existe un récit, souvent repris dans le discours moderne sur la santé : la tension entre non seulement deux secteurs concurrents, mais surtout deux idéologies différentes concernant la nature de la méthode scientifique et ses fondements philosophiques. Le premier, souvent perçu comme le méchant, est l’industrie pharmaceutique. Le terme familier désignant cette antipathie est « Big Pharma », considérée a priori comme moralement suspecte, et tout ce qu’elle produit est traité avec le même scepticisme moral hérité. Bien qu’aucune industrie ne soit à l’abri d’un examen minutieux, y compris l’industrie pharmaceutique, l’accent excessif mis sur sa rentabilité, ses motivations, qu’elles soient apparentes ou cachées, et ses échecs manifestes est prononcé à un degré qui n’est pas accordé à une industrie rivale voisine : l’industrie mondiale du bien-être.

 

La réponse, je crois, est multiforme. Lorsque l’industrie du bien-être se présente, elle ne s’enveloppe pas du langage froid et rigide de la science, mais de la terminologie de la guérison naturelle, de l’holisme, de la sagesse ancestrale, de l’équilibre corps-esprit, voire d’un discours de résistance face à « Big Pharma ». Soudain, les gens deviennent bien moins exigeants, et l’indignation théâtrale projetée contre les pratiques capitalistes de l’industrie pharmaceutique est rarement, voire jamais, appliquée à cette industrie.

 

Ce double standard n’est pas seulement rhétorique ; il est épistémologique. En ce qui concerne la médecine pharmaceutique, les preuves d’efficacité et de sécurité sont souvent jugées insuffisantes et passées au crible des préoccupations liées au financement par l’industrie, à la captation réglementaire, à la publication sélective, aux incitations commerciales et au lobbying. En revanche, en ce qui concerne le secteur du bien-être, la simple existence de quelques preuves provisoires est souvent considérée comme suffisante. Une étude portant sur un petit échantillon, ou, si l’on a de la chance, un mécanisme plausible fondé scientifiquement, peut se voir accorder une autorité disproportionnée. Dans de nombreux cas, cette autorité découle moins d’une démonstration scientifique rigoureuse que de témoignages personnels, du marketing et de nombreuses pratiques qui, ironiquement, entachent justement l’industrie pharmaceutique.

 

Le problème principal n’est pas que les allégations relatives au bien-être doivent être rejetées d’emblée ; aucune allégation ne devrait l’être. Le problème est que les allégations relatives au bien-être ne devraient pas bénéficier d’un exceptionnalisme épistémologique simplement parce qu’elles semblent plus humaines, plus naturelles ou, d’une manière ou d’une autre, plus attrayantes sur le plan idéologique.

 

Le défi réside dans le fait que la culture du bien-être transforme souvent une préférence esthétique en privilège épistémologique. Lorsqu’une allégation est présentée comme naturelle, holistique, ancestrale ou empreinte de spiritualité, elle n’est pas simplement décrite différemment ; elle est jugée différemment. Ses échecs, s’ils sont reconnus, sont interprétés avec plus d’indulgence. Ses fondements probants sont traités avec plus de bienveillance. Sa structure commerciale est souvent rendue moins visible.

 

Cela contribue à créer l’illusion que l’industrie du bien-être existe en dehors des pressions habituelles des marchés, du statut social, de l’image de marque et des intérêts institutionnels. Cependant, soyons clairs : elle n’est pas en dehors de ces forces. Elle fait partie intégrante de ces forces, tout comme n’importe quelle autre industrie. Et tout comme n’importe quelle autre industrie qui avance des allégations concernant la santé, le bien-être ou la longévité, elle ne mérite aucun privilège épistémologique ni aucune exception d’aucune sorte. Elle n’a rien fait pour le mériter. Elle devrait être soumise aux mêmes normes probatoires et scientifiques que tout autre domaine de recherche, plutôt que d’être jugée à l’aune de l’atmosphère morale, esthétique et émotionnelle qui entoure son discours.

 

L’un des aspects les plus frappants et les plus hypocrites de ce deux poids deux mesures réside dans la manière dont le profit est moralisé. En médecine pharmaceutique, le profit est souvent traité comme s’il entachait l’argumentation avant même que les preuves ne soient examinées – un sophisme classique consistant à « empoisonner le puits ». L’existence de réalités et d’incitations commerciales devient, pour de nombreux détracteurs, un substitut à la réfutation scientifique, comme si le profit et la science s’excluaient mutuellement. Ironiquement, l’industrie du bien-être est elle aussi profondément, voire de manière presque absurde, commerciale. Elle vend, parmi ses produits et services, des compléments alimentaires, des programmes, des retraites, du coaching, des appareils, des formations, des livres, des abonnements et, ce qui est peut-être le plus important pour cette distinction, des identités thérapeutiques. Le capitalisme associé au yoga reste du capitalisme.

 

Si le profit suffit à jeter le doute sur les allégations pharmaceutiques, alors la cohérence intellectuelle exige que l’industrie du bien-être soit soumise au même soupçon – et sans doute encore davantage. Refuser d’appliquer les mêmes critères à l’industrie du bien-être est en soi intellectuellement suspect, et moralement suspect, avec la prudence qui s’impose.

 

Une approche cohérente n’exige pas plus d’hostilité envers le bien-être qu’elle n’exige de vénération pour la médecine pharmaceutique. Elle exige la proportionnalité. Il est tout à fait possible et cohérent que certains produits et pratiques de bien-être puissent être inoffensifs, réconfortants, voire, dans le meilleur des cas, des compléments utiles. Il est reconnu qu’ils peuvent apporter aux personnes un sentiment subjectif de détente, d’adaptation ou de réconfort allant au-delà de ce que la médecine scientifique peut toujours offrir.

 

Cependant, le réconfort n’est pas synonyme de légitimité scientifique, et l’attrait émotionnel n’est pas synonyme de vérité. La question la plus saillante et la plus centrale est la suivante : les allégations avancées résistent-elles à l’examen le plus rigoureux ? Dès lors que le secteur du bien-être formule des allégations concernant la santé, la guérison, la maladie, la douleur, la longévité, l’immunité ou la récupération, il entre inévitablement dans le domaine de la responsabilité scientifique. À ce stade, il ne devrait bénéficier d’aucune indulgence en raison de l’ambiance, de l’image de marque, de l’idéologie ou des sentiments. Il devrait être jugé aussi sévèrement que l’industrie pharmaceutique – selon la norme ultime : les preuves.

 

En conclusion, la question n’est pas de savoir si un secteur est pur et l’autre corrompu. Cette façon de penser binaire fait partie du problème. La conclusion est qu’aucun secteur, mouvement, modalité thérapeutique ou idéologie ne devrait être autorisé à déterminer sa propre légitimité en dehors de la méthode scientifique. Il ne suffit pas d’être disculpé par des discours moralisateurs et des prétentions esthétiques. La médecine pharmaceutique doit être scrutée, tout comme le secteur du bien-être. Oui, le profit doit être examiné, mais il doit l’être de manière cohérente. Les preuves sont également primordiales, mais elles-mêmes nécessitent une compréhension minutieuse et une interprétation proportionnée.

 

Chaque fois qu’une allégation concerne la santé, la souffrance, la maladie ou un traitement, elle doit s’en remettre à la science et non à l’image de marque. Sinon, le coût humain risque de rester gravé sur la conscience de chacun. L’immunité morale dont bénéficie l’industrie du bien-être ne devrait pas prendre fin parce qu’elle est intrinsèquement corrompue, mais parce qu’aucun domaine de recherche formulant des allégations aux conséquences profondes pour la santé humaine ne mérite d’être exempté des exigences habituelles de la vérité.

 

________________

 

* L.B. Joshua Saylor est titulaire d’une licence en mathématiques et prépare actuellement un master en mathématiques. Écrivant à la fois en tant que chercheur indépendant et en tant que patient souffrant de douleurs chroniques, BJ s’intéresse principalement à la médecine, aux politiques en matière de douleur, au raisonnement scientifique et à la critique des discours pseudoscientifiques et antiscientifiques qui faussent la prise en charge des patients.

 

Source : A Tale of Two Industries: Why Big Pharma Gets Interrogated and Big Wellness Gets Elevated | ACSH

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H
J'ai découvert récemment l'existence de Lena Situations et le vide intersidéral de l'univers mental de 10 millions d'abonnés, maintenant cela fonctionne extraordinairement. Elle a réellement une forme de grand talent.<br /> Je pense que les entreprises pharmaceutiques et la FNSEA devraient lui demander un coup de pouce pour remonter dans l'opinion du public.<br /> Malheureusement...
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M
Excellent article de cet étudiant en mathématiques.<br /> A mettre de côté.
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