« 500 ans d’Adam de Craponne : l’ingénieur de la Renaissance qui fit revenir la Durance en Crau » : superbe article du site Hydrauxois
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Alors que les médias continuent de tendre le micro ou d'offrir de l'espace aux charlatans et autres experts en solutions miracles pour l'avenir de l'agriculture face aux canicules et sécheresses, l'association Hydroxauxois* publie un remarquable article qui n'est pas qu'historique.
Les médias restent très majoritairement branchés sur les charlatans et autres experts en solutions miracles pour l'avenir de l'agriculture face aux canicules et aux sécheresses.
Les « solutions » abondent sous des slogans divers tels qu'« agroécologie », « agriculture résiliente », « hydrologie régénérative », « sols vivants », etc. Tout comme les rejets catégoriques des solutions éprouvées (quand elles ont été mises en œuvre de manière intelligente et raisonnée aux endroits idoines) – ce qui n'empêche pas ces solutions d'être insuffisantes ou stressées face aux excès météorologiques actuels.
Dernière en date, au moins sur mon écran à l'heure où j'écris, une tribune dans Le Monde – surprise... –, « L’usage des grands réservoirs artificiels témoigne d’une méconnaissance des cycles de l’eau et des causes de leur dégradation ». En chapô :
« Face aux sécheresses intensifiées par le changement climatique, trois spécialistes de l’eau appellent, dans une tribune au "Monde", à renforcer la résilience hydrique en développant des pratiques agroécologiques et en stockant l’eau de pluie dans les nappes phréatiques et la végétation. »
Ce qu'il y a de remarquable, c'est que les excellents (ironie) conseils sont très rarement – sinon jamais – illustrés par les réalisations des dispensateurs de conseils et de ceux qui les ont écoutés. Où sont, par exemple, les fermes en « agroécologie » ou aménagées selon les préceptes de l'« hydrologie régénérative » où l'herbe grasse pousse à foison ?
Le 10 août 2026, j'avais fait un compliment rare, vu la ligne éditoriale du média, dans « Reporterre sur les canaux d'irrigation provençaux : superbe article ».
Voici un autre compliment – rare lui aussi, mais pour une raison tout à fait prosaïque, l'absence de visite régulière du site – à l'association Hydrauxois*. Son « 500 ans d’Adam de Craponne : l’ingénieur de la Renaissance qui fit revenir la Durance en Crau » est en effet remarquable.
L'« angle » est historique comme l'indique le titre, mais on aborde bien des sujets au fil du récit. Voici l'introduction :
« Voici cinq siècles, en 1526, naissait à Salon-de-Provence Adam de Craponne. Ingénieur militaire devenu hydraulicien, entrepreneur et aménageur, il conçut l’un des grands systèmes d’irrigation de la Renaissance française. Son canal ne se contenta pas d’apporter de l’eau : il transforma l’agriculture, l’économie, les paysages, les sols et jusqu’au fonctionnement de la nappe de Crau. Il entra même, trois siècles plus tard, dans l’histoire du droit français. À l’heure où reviennent les questions du stockage, du partage de l’eau et de l’adaptation des territoires, son œuvre offre un remarquable exemple d’aménagement inscrit dans le temps long. Nous avons besoin de renouer avec ce génie hydraulique français. »
Certains sujets sont d'une grande actualité pour peu que l'on prenne le récit comme un support de réflexion. Ainsi :
« Le canal produit donc plusieurs services avec la même eau. Celle-ci peut faire tourner une roue hydraulique avant de poursuivre son trajet et d'être employée à l'irrigation. Ce principe de valorisation en cascade d'un flux hydraulique est remarquable par sa modernité : transport de l'eau, énergie, alimentation des villes et agriculture ne constituent pas nécessairement des usages concurrents lorsqu'un aménagement est conçu pour les articuler.
Le dispositif suppose parallèlement une véritable ingénierie institutionnelle. Il faut déterminer qui peut prendre de l'eau, à quel moment, en quelle quantité, moyennant quelle contribution et avec quelles obligations d'entretien. Dès lors, l'ouvrage physique devient inséparable d'un ensemble de contrats, de droits d'eau, de tours d'arrosage et de communautés d'usagers. »
Nous voilà parti dans le droit... dans un problème qui est aussi d'une grande actualité.
Sauf qu'au temps d'Adam de Craponne, il n'y avait pas d'écosystème d'opposants à tout projet d'aménagement déterminés à utiliser tous les moyens d'obstruction disponibles.
En conclusion :
« À une époque où l'on cherche à adapter les territoires au changement climatique, cette histoire vieille de cinq siècles mérite mieux que la seule commémoration patrimoniale – et a fortiori que l'oubli du génie français en matière de maîtrise de l'eau ! Elle montre qu'une infrastructure hydraulique entretenue, adaptée et réemployée peut dépasser très largement sa fonction initiale. Le véritable monument laissé par Adam de Craponne n'est pas seulement un canal : c'est un territoire organisé autour de l'eau. »
Une modeste « mégabassine » peut le faire aussi, à son échelle... Voir « La réserve de substitution : kesako ? », un article de novembre 2022 de Mme Lucie Mainard (Les jolies rousses).
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* L'association Hydrauxois est composée de bénévoles et elle se bat pour des patrimoines menacés.
Son site est une mine d'information sur des sujets divers, évidemment liés à l'eau.
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