Tout à fait d'accord… à propos de « Die Unterschätzten » (les sous-estimés) d'Andreas Möller
Willi l'agriculteur*
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J'ai lu le livre d'Andreas Möller, « Die Unterschätzten » (les sous-estimés), en seulement deux jours, car son contenu m'a captivé. Voici la description fournie par l'éditeur.
https://www.rowohlt.de/buch/andreas-moeller-die-unterschaetzten-9783737102346
Beaucoup connaissent son livre « Zwischen Bullerbü und Tierfabrik » [entre Boucan et la fabrique d'animaux], qui a reçu le prix de la presse agricole allemande. Son dernier ouvrage traite principalement des conflits et des malentendus entre la ville et la campagne. Ayant grandi à la campagne, mais ayant également vécu en ville dans le cadre de sa vie professionnelle, Andreas connaît les deux côtés.
Quelques phrases tirées du livre qui me parlent profondément : dans le chapitre « Marché et morale », Jochen Borchert est cité avec cette phrase : « Le citoyen veut le bien-être animal, le consommateur de la viande bon marché. » Ou encore cette phrase : « Les gens parlent de production régionale, mais achètent au supermarché des steaks hachés d’Amérique du Sud et du beurre d’Irlande. »
Il décrit également les exigences que les citadins imposent aux agriculteurs. Ceux-ci doivent « répondre à des besoins émotionnels, mais aussi sociaux, ce qui ne fait pas partie de toutes leurs tâches. Pour cela, le secteur a créé toutes sortes de labels qui, malgré de bonnes intentions, n’ont jusqu’à présent guère eu d’impact à grande échelle. Du moins si l’on considère le scanner à la caisse comme un instrument de vérité entre les prétentions et l’action. Car quoi qu’on en dise, au final, la caisse est l’expression d’une décision. »
Il est important pour moi de préciser qu’Andreas Möller n’a pas de parcours agricole. Son regard est donc celui d’un observateur extérieur, pour ainsi dire celui d’un citadin qui éprouve toutefois de la sympathie pour la campagne et l’agriculture. Bien que « sympathie » ne soit pas le terme exact. Il explique que de nombreux projets ne peuvent aboutir sans la campagne. On ne peut installer des éoliennes qu’à la campagne, il n’y a pas d’installations de biogaz dans les centres-villes et les quelques mètres carrés de panneaux photovoltaïques sur les bâtiments urbains ne suffisent pas non plus à opérer la transition énergétique. C’est la campagne qui doit en faire les frais. Mais rien ne doit non plus être « imperméabilisé ».
Ce sujet est également abordé lorsqu’il évoque, dans le chapitre « Énergie », le fait que la population rurale répond à de nombreux besoins urbains. Alimentation, production d’électricité, nouveaux logements et même tourisme. Dans le même temps, les agriculteurs doivent accepter qu’on leur reproche « de bien gagner leur vie grâce à cela ». Il est pourtant logique que les agriculteurs bénéficient eux aussi des subventions mises à disposition par l’État (justement pour promouvoir certaines activités). Ce qui vaut d'ailleurs aussi pour les installations de biogaz. Lancées autrefois par Renate Künast (« Les agriculteurs sont les cheiks du pétrole de demain »), on s'est opposé quelques années plus tard à la « maïsification du paysage ». Je pourrais citer bien d'autres passages de ce chapitre avec lesquels je suis tout à fait d'accord, mais je m'en tiendrai là.
Deux autres chapitres m’ont fait hocher la tête si vigoureusement que j’ai failli me déboîter les vertèbres cervicales : les thèmes du « loup » et des « forêts ». Ces deux sujets mettent à nouveau en évidence un conflit d’objectifs insoluble. Quiconque souhaite le pâturage (et qui ne le souhaite pas ?) doit accepter que l’expansion simultanée du loup (et qui ne la souhaite pas ?) ne soit pas compatible. Andreas Möller développe largement ce point et l’étaye également par des chiffres.
En ce qui concerne la forêt, il met en lumière notre impatience. Oui, les monocultures d’épicéas ne sont pas une bonne chose, mais elles ont une histoire. À l’époque de la plantation, l’objectif était d’avoir des arbres à croissance rapide, faciles à exploiter. Si l’on veut aujourd’hui « transformer » la forêt, il faudra au moins deux générations pour que cela soit fait. Cela signifie que la plupart de ceux qui lisent ces lignes aujourd’hui ne le verront pas de leur vivant. Pour être honnête, je devrais même dire qu’aucun des lecteurs ne le verra, car deux générations représentent généralement 60 ans.
Le chapitre consacré à la forêt met également en évidence l’image idéalisée que nous avons d’un bien économique. Car c’est bien de cela qu’il s’agit : des forêts. Et bien sûr, l’entretien devrait se faire avec un cheval de trait, et non avec une abatteuse, capable de déboiser des versants entiers en un rien de temps. Mais il n’y a pas d’autre solution, car plus personne ne veut effectuer ce travail pénible et dangereux en forêt.
Vous l’aurez compris : j’apprécie ce livre et c’est pourquoi je le recommande sans réserve. Lisez-le vous-même, offrez-le à des citadins qui regardent de haut les « ploucs ». Oui, ils existent, mais ils sont surestimés. Tout comme la population rurale est sous-estimée.
Post-scriptum : après avoir écrit cet article, un lecteur m’a envoyé la critique du livre diffusée dans l’émission « Druck – Das Magazin für politische Literatur » de la radio Deutschlandfunk. Je vous recommande vivement de « vous infliger » ces 6 minutes.
https://www.deutschlandfunk.de/andreas-moeller-die-unterschaetzten-das-land-aufwerten-100.html
J'ai l'impression que la journaliste Claudia Fuchs – qui semble avoir un point de vue très urbain – n'a soit rien compris, soit pris cela comme une offense. Quoi qu'il en soit, c'est une raison de plus d'acheter le livre d'Andreas Möller.
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* Source : Aus der Seele gesprochen... - Bauer Willi
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