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Agriculture, alimentation, santé publique... soyons rationnels

Quo vadis ?

25 Juin 2026 Publié dans #Engrais, #Economie, #Willi l'Agriculteur

Quo vadis ?

 

Willi l'agriculteur*

 

 

 

 

Ces derniers jours, lorsque l'on discutait avec des collègues, un sujet revenait souvent : que faire concernant la prévente d'engrais pour 2027 ?

 

La question peut sembler banale pour ceux qui ne sont pas agriculteurs, mais elle ne l’est pas. Depuis plusieurs semaines, la livraison de quantités significatives d’engrais est bloquée en raison du blocus du détroit d’Ormuz. Des sites de production auraient été détruits par la guerre, mais « on ne sait rien de précis ». Une chose semble claire : même si le transport redevenait possible sans restriction dès demain, il est hautement improbable que les quantités nécessaires arrivent à temps sur les marchés mondiaux. La saison de fertilisation est presque terminée dans l’hémisphère nord pour 2026 ; dans l’hémisphère sud, c’est actuellement l’hiver et, dans quelques semaines, le printemps commencera, et avec lui la saison de fertilisation.

 

Que feront nos confrères au Brésil ? Vont-ils acheter ces engrais coûteux, vont-ils réduire leur utilisation, ou vont-ils même laisser des terres en jachère ? Après tout, le gazole est lui aussi cher et il pourrait être plus rentable de ne rien cultiver. On ne veut pas dépenser de l’argent qu’on ne récupérera pas.

 

Le prix des engrais est, selon les variétés, de 50 à 70 % supérieur au prix normal. Pour toutes les céréales (blé, orge, maïs…), l’agriculteur ne touche toutefois – là encore, à l’échelle mondiale – guère plus qu’il y a un an. Et le prix est bas et ne correspond en rien aux coûts élevés du gazole et des engrais minéraux. (J’avais déjà mentionné dans un article précédent que le recours aux engrais organiques n’était possible que de manière limitée.)

 

 

Quo vadis ?

 

À quoi pourraient ressembler les développements des prochaines semaines et des prochains mois, et sur la base de quelles informations faut-il prendre quelle décision et quand ?

 

Si j’achète des engrais maintenant, je dois payer le prix fort, mais j’ai la certitude que la marchandise sera bien livrée. Mieux vaut prévenir que guérir.

 

Si je n’achète pas d’engrais maintenant, c’est dans l’espoir que les conflits armés prennent bientôt fin et que les marchés reviennent à la normale. On pourrait alors espérer que les prix des engrais baissent à nouveau. Mais il y a aussi le risque que la disponibilité physique vienne à manquer à un moment donné et qu’il n’y ait plus de marchandise, quel que soit le prix. Nous avons déjà été confrontés à cette situation à l’époque du coronavirus, mais cela ne s’est pas produit à l’époque.

 

Quelle que soit la décision prise aujourd’hui, une chose semble claire. Les agriculteurs du monde entier réduiront au minimum l’utilisation de tout type d’engrais (même les engrais organiques ne sont pas gratuits, mais suivent le prix des engrais minéraux). Cela augmente le risque de pertes de rendement. Il manque déjà des quantités importantes de céréales sur le marché mondial, ce dont presque personne ne parle. Comme le pétrole est cher et que le prix des huiles végétales a donc augmenté (contrairement à celui des céréales), les agriculteurs cultivent davantage de plantes oléagineuses. Cela aggrave encore la situation sur le marché des céréales. Mais pour le blé, moins d’engrais signifie qu’il y a nettement moins, voire plus du tout, de blé panifiable, car les protéines sont, en fin de compte, de l’azote. Peu d’azote, peu de protéines.

 

Je voulais vous faire partager les réflexions d’un agriculteur. Daniel au Brésil et Jim au Kansas se posent les mêmes questions. Et le petit agriculteur indien tout particulièrement, car ici, la liquidité est souvent un problème.

 

Quel serait votre conseil ? Que feriez-vous à ma place ? Et n’oubliez pas : votre recommandation pourrait avoir des répercussions mondiales…

 

_______________

 

 

* Source : Quo vadis? - Bauer Willi

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