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Agriculture, alimentation, santé publique... soyons rationnels

Ce sont les imbéciles qui fabriquent le poison : la campagne de peur annuelle des « Douze Salopards » (« Dirty Dozen ») de l’Environmental Working Group

28 Juin 2026 Publié dans #Alimentation, #Activisme, #pesticides

Ce sont les imbéciles qui fabriquent le poison : la campagne de peur annuelle des « Douze Salopards » (« Dirty Dozen ») de l’Environmental Working Group

 

Josh Bloom, ACSH*

 

 

Image : ACSH

 

 

Une nouvelle année, une nouvelle liste effrayante « ne mangez pas ça  » de l'Environmental Working Group. Si vous croyez à ces absurdités, vous allez jeter vos épinards, vos myrtilles et vos 10 autres « fruits et légumes diaboliques » par la fenêtre. Mais ce ne sont que des absurdités. Voici pourquoi.

 

Ma note : C'est évidemment aussi applicable aux articles anxiogènes qui encombrent la toile en France.

 

 

Philippus Aureolus Theophrastus Bombastus von Hohenheim, alias Paracelse, doit être en train de danser le cha-cha-cha dans sa tombe.

 

Une fois de plus, l’Environmental Worthless Working Group a publié sa liste annuelle (lassante) des « Dirty Dozen™ » des « Douze Salopards », dans laquelle il tente de faire peur inutilement (ou est-ce intentionnel ?) aux gens à propos de la consommation de fruits et légumes. Pourquoi ? Parce qu’ils contiennent de minuscules quantités de résidus de pesticides non biologiques [1].

 

Ces imbéciles ne semblent pas savoir ce que Paracelse – médecin suisse et père de la toxicologie – avait compris il y a plus de cinq siècles. C'est la dose qui fait le poison.

 

Vous connaissez le jeu. L'EWG le maîtrise à la perfection. Le groupe assimile la présence d'une substance chimique à son risque — ce dont Philippus Aureolus se serait moqué il y a des siècles. Qu'est-ce qui manque ? Toute information sur la quantité de substance chimique présente (la dose). Bien sûr, elle manque. Sinon, l’EWG aurait du mal à étayer ses affirmations. (Du mal, peut-être — mais je suppose qu’ils trouveraient bien un moyen. La barre est basse.)

 

 

Des chiffres. Ou plutôt, leur absence

 

C’est parce que la toxicologie ne se soucie pas du nombre de substances présentes ; elle se soucie de la dose. Et dans le « Dirty Dozen », toute mention significative de la dose est presque totalement absente. Les épinards – supposés être le symbole du danger des pesticides – sont les seuls à inclure la moindre information sur la dose, et celle-ci provient d’un rapport de l’USDA de 2016. Savez-vous ce que contient d’autre ce rapport ? Plus de 99 % des échantillons sont en dessous des limites autorisées – et ces limites intègrent déjà une marge de sécurité d'un facteur 100. Il n'y a guère de quoi céder à l'hystérie.

 

 

Le blues des bleuets (myrtilles en québécois)

 

Lorsque l'EWG affirme que les myrtilles contiennent « plus de pesticides » que les autres fruits, cela semble être une mesure significative. Ce n'est pas le cas.

 

Ce qu'ils disent en réalité, c'est que les instruments de laboratoire ont détecté davantage de traces de résidus différents – et non que les myrtilles présentent un risque plus élevé ou contiennent davantage de pesticides – sans mentionner la quantité présente. C'est un classique de la publicité mensongère : ils substituent le nombre aux conséquences. Les méthodes d'analyse modernes peuvent détecter des quantités infinitésimales – des parties par milliard ou par billion – de sorte que les aliments peuvent accumuler de multiples « détections » qui n'ont aucune signification sur le plan toxicologique.

 

C'est comme dire que cinq jouets différents sont plus dangereux qu'un lance-roquettes.

 

 

Méfiez-vous des calculs de « danger » de l'EWG.

*

C'est la même chose avec les 10 autres produits « sales ». Que des poulets en caoutchouc.

 

 

Conclusion

 

Les gens vont-ils se laisser prendre à ces tactiques alarmistes ? Il semblerait que oui. Le formulaire 990 de l'EWG pour 2024 fait état d'un chiffre d'affaires annuel de 21,7 millions de dollars, donc quelqu'un leur donne beaucoup d'argent. Est-ce que cela explique ces fausses alertes ?

 

À vous de me le dire.

 

 

EWG – De l'argent pour rien et vos pois chiches gratuits

 

 

REMARQUE :

 

[1] Il y a des dizaines de pesticides qui sont autorisés dans la production des produits bio que l'EWG tient tant à vous faire acheter. Voici la liste.

 

_______________

 

Le Dr Josh Bloom, directeur des sciences chimiques et pharmaceutiques, vient du monde de la recherche pharmaceutique, où il a mené des recherches pendant plus de 20 ans. Il est titulaire d'un doctorat en chimie.

 

Source : The Dopes Make the Poison: EWG’s Annual Dirty Dozen Scare Campaign | American Council on Science and Health

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