Moins 48 % de cadmium dans les produits biologiques ? Pipeau !
André Heitz*
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L'ANSES a suscité un tollé dans le monde du biobusiness en affirmant qu'« il n’est pas possible de conclure quant à une différence entre les concentrations en cadmium entre les aliments bio et conventionnels » (page 157 de son avis). Les thuriféraires du bio ont été prompts à dégainer un chiffre magique – -48 % – tiré d'une seule publication. On a là une illustration des problèmes de la science d'opinion ou militante et de la partialité de certaines instances, ici communautaires. Et aussi de la prégnance du biais de confirmation qui affecte un partie du personnel politique, de la sphère scientifique et médicale et des médias (dont celui qui fut de référence).
L'Agence Nationale de Sécurité Sanitaire de l’Alimentation, de l’Environnement et du Travail (ANSES) a froissé des susceptibilités dans son « avis relatif à la priorisation des leviers d’action pour réduire l’imprégnation de la population française au cadmium selon une approche d’exposition agrégée ». Voici la déclaration en cause, avec son contexte :
« Dans l’EAT3 (Anses, 2026), il est d’ailleurs constaté que, dans la mesure où les résultats des tests statistiques ne sont pas convergents, il n’est pas possible de conclure quant à une différence entre les concentrations en cadmium entre les aliments bio et conventionnels. En plus des pratiques agricoles, il convient de rappeler que le cadmium est naturellement présent dans les sols agricoles, selon la nature de la roche, cultivés en agriculture conventionnelle comme en AB. »
Complétons. L'essentiel du cadmium présent dans les sols est d'origine naturelle et dépend de la roche-mère. Pour une teneur de 0,5 mg cadmium/kg sol, cela représente environ 2 kg de cadmium sur les 30 premiers centimètres. Un apport de 40 unités de phosphore avec un engrais contenant 90 mg Cd/kg P2O5 (le maximum actuellement autorisé – mais pas nécessairement présent) apporterait 3,6 grammes de cadmium, soit 0,18 % de la charge du sol. L'INRAE écrit :
« Etant donné que la pollution atmosphérique a été fortement réduite, la quantité de cadmium qui entre chaque année dans les sols provient pour 50 à 70 % environ des engrais phosphatés, mais cela représente en moyenne moins de 0,1 % du stock total actuel des 30 premiers centimètres de sol.
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(Source)
Il y a donc lieu de relativiser les polémiques sur les engrais phosphorés minéraux – sans pour autant minimiser l'intérêt d'une réduction de leur teneur en cadmium. Cela concerne aussi les bénéfices allégués de l'agriculture biologique, largement logée à la même enseigne que l'agriculture conventionnelle du point de vue de la teneur naturelle des sols en cadmium et des apports historiques par les engrais et les retombées atmosphériques liées à la pollution – ainsi que pour les facteurs qui régissent le transfert du cadmium du sol à la plante.
À elles seules, ces explications suffisent déjà à jeter un doute sérieux sur le -48 %.
Le biobusiness et ses thuriféraires n'ont pas apprécié ! Ainsi, alors que l'ANSES s'était faite prudente, la Fédération Nationale d'Agriculture Biologique (FNAB) a titré : « Cadmium : la bio injustement mise dans le même sac que le conventionnel », et a réclamé un « correctif ».
Le premier angle d'attaque a consisté à faire valoir que l'agriculture biologique était déjà plus vertueuse s'agissant des engrais phosphatés – une limite abaissée de 90 à 60 mg de cadmium par kg de P2O5 – et des composts de biodéchets – une limite abaissée de 3 mg/kg à 0,7 mg/kg de matière sèche.
De plus, l'agriculture biologique n'utilise quasiment pas d'engrais minéraux. Et de citer Phosphobio, menée sur 140 exploitations :
« L’étude Phosphobio menée par Arvalis observe que les phosphates miniers représentent moins de 1% des usages en bio. Les agriculteurs et agricultrices biologiques privilégient en effet les engrais organiques et effluents d’élevage. »
Pour le deuxième angle, elle a écrit dans son communiqué de presse (mais pas dans sa lettre à l'ANSES) :
« Plusieurs études concluent à une moins forte teneur en cadmium des aliments bio mais sont écartées par l’ANSES sans explication précise. Une étude de 2014 concluant à un écart de 48% de teneur en cadmium entre aliments bio et non bio n’est même pas évoquée dans les travaux de l’agence. »
Ce n'est pas la première fois que l'on exhibe cette étude comme la preuve irréfragable de la vertueuse supériorité du bio. L'opération de com' des Unions Régionales des Médecins Libéraux (URPS-ML) avait suscité d'autres opérations de com', qui précisaient qu'il s'agissait d'une méta-analyse portant sur 343 publications scientifiques (Biolinéaires ; Demeter).
Plus récemment, il y a eu des débunkages (TF1 ; Radio France ; ICI) à la suite d'une déclaration, forcément emphatique et sans nuance, du député Benoît Biteau ; mais ils ont raté leur cible.
L'étude, c'est « Higher antioxidant and lower cadmium concentrations and lower incidence of pesticide residues in organically grown crops: a systematic literature review and meta-analyses », de Marcin Barański et al., publié dans le British Journal of Nutrition le 15 juillet 2014.
Le titre – concentrations plus élevées en antioxydants et plus faibles en cadmium et incidence moindre de résidus de pesticides dans les cultures biologiques : revue systématique de la littérature et méta-analyses – suffit pour décrire l'ambition et la portée de cet article : faire l'article pour l'agriculture biologique, en ne détaillant que ses avantages (allégués) !
Enfonçons le clou : les auteurs ont omis d'aborder les aspects négatifs, réels ou potentiels, comme une teneur en protéines généralement inférieure des céréales, les risques de mycotoxines et de contamination par des mauvaises herbes comme le datura responsable de graves intoxications.
Voici l'allégation, dans son contexte :
« […] La diminution moyenne de 48 % des concentrations de cadmium constatée dans les cultures et les aliments d'origine végétale biologiques dans les méta-analyses réalisées dans le cadre de la présente étude est donc souhaitable, même s'il est difficile d'estimer avec précision les bienfaits pour la santé liés à la réduction de l'apport en cadmium résultant du passage à une alimentation biologique. À l'instar des résultats de la présente étude, une récente revue de la littérature réalisée par Smith-Spangler et al. [texte complet] a également rapporté que, sur les soixante-dix-sept ensembles de données comparatives (extraits de quinze publications), vingt-et-un indiquaient des concentrations de Cd significativement plus faibles et un seul des concentrations significativement plus élevées dans les aliments biologiques. [...] »
Une grande majorité d'ensembles de données (77 – 21 – 1 = 55) n'ont donc montré aucune différence significative chez Spangler et al. !
Les -48 % de diminution, du reste posés là de manière très décontractée, sont ils dès lors crédibles ? En tant que résultat des méta-analyses (l'une sans et l'autre avec pondération) peut-être (mais patience...) ; en tant que reflet de la situation générale, sans doute non.
Et comment a-t-on pu écrire : « À l'instar des résultats de la présente étude... », alors que Smith-Spangler et al. n'ont trouvé aucune différence significative, et l'ont écrit ?
Cet élément de l'article – du narratif sans difficulté particulière – a résisté à la revue par les pairs...
« […] Nous avons réalisé des méta-analyses à partir de 343 publications évaluées par des pairs qui mettent en évidence des différences statistiquement significatives et pertinentes dans la composition des cultures et des aliments d'origine végétale issus de l'agriculture biologique par rapport à ceux issus de l'agriculture conventionnelle. [...] »
Oui, mais c'est pour l'ensemble des – nombreux – facteurs analysés !
Selon la figure 22 (dans les informations complémentaires de l'étude), les auteurs auraient utilisé 9 sources pour 12 espèces ou groupes d'espèces.
Du reste, la liste des publications fournies dans les informations complémentaires ne comporte que trois références mentionnant le cadmium dans le titre, et quatre, les métaux lourds. Il n'y a que trois sources clairement identifiées pour du blé tendre et du blé dur (gros pourvoyeurs de cadmium du fait de leur teneur et des quantités d'aliments ingérés).
On peut donc conclure sans hésitation que les déclarations médiatiques et autres qui plastronnent avec une référence aux 343 études relèvent de la gesticulation.
Selon leur tableau 9 (dans les informations complémentaires), les auteurs ont trouvé une différence de 69 % en moins dans leur méta-analyse sans pondération, et 48 % dans la méta-analyse pondérée, pour 52 et 25 « data points », respectivement.
La figure ci-dessous est un extrait du tableau 10. On peut être intrigué, d'une part, par des différences négatives supérieures à 100 % et, d'autre part, par les « data points » dont les sommes ne correspondent pas aux chiffres du tableau 9.
La méta-analyse pondérée affiche un écart en faveur du conventionnel (+75,35 % de cadmium dans les produits bio) pour les légumes. L'intervalle de confiance est certes énorme (-272,91 - +423,60 – admirez au passage la précision des chiffres...).
Cela n'a pas empêché les auteurs de « balancer » dans le corps de l'article le chiffre de -48 % qui fait maintenant les délices de certains milieux économiques, médiatiques et politiques.
Sur les 18 auteurs de l'étude, certains sont des promoteurs affichés de l'agriculture biologique ou ont des conflits d'intérêts patents.
Ainsi, Urs Niggli était à l'époque le directeur du FiBL, l'Institut de Recherche de l'Agriculture Biologique (suisse avec des succursales en Allemagne et en Autriche) ; notons cependant qu'il s'est fait depuis lors promoteur du recours aux techniques génétiques modernes dans le cadre de l'« agroécologie », au grand dam de ses anciens amis.
Charilaos Giotis était affilié à un département de l'agriculture biologique et de la technologie alimentaire à Argostoli, en Grèce.
Charles (Chuck) Benbrook a été, directement et en tant que chercheur dans une université, au service du biobusiness et des lobbies anti-pesticides et anti-OGM (portrait dans Genetic Literacy Project – voir aussi une œuvre de commande anti-OGM produite pour Greenpeace).
L'auteur principal, Carlo Leifert, avait indiqué comme affiliation : « School of Agriculture, Food and Rural Development, Newcastle University, Nafferton Farm ». Dans la longue section « Remerciements », il a relevé qu'il « possède des terres agricoles en Allemagne, exploitées selon les normes de l'agriculture conventionnelle, ainsi qu'une petite exploitation en Grèce, gérée selon les normes de l'agriculture biologique ». C'est de la provocation ! Il était en fait professeur d'« agriculture écologique », « une agriculture en harmonie avec la nature, qui utilise des techniques et des programmes de sélection [breeding] qui ne reposent pas sur des engrais chimiques solubles, des pesticides ou des herbicides, ou des modifications génétiques artificielles ».
L'Université de Newcastle, Nafferton, Carlo Leifert... une longue association avec la chaîne de grande distribution TESCO dans la promotion de l'agriculture biologique – voir notamment « Tesco invests in organic farming » (TESCO investit dans l'agriculture biologique) et « Prince Charles helps Tesco in organic food venture » (le prince Charles apporte son soutien à Tesco dans le cadre d'un projet lié à l'alimentation biologique).
Une recherche sur d'autres auteurs confirmera sans doute que cette étude ne pouvait qu'être favorable au bio.
Il se trouve par ailleurs qu'elle a été co-financée par le Sheepdrove Trust, qui a été remercié comme suit dans la publication (traduction mot à mot) :
« Ils [les auteurs] remercient également le Sheepdrove Trust pour les "méta-analyses des données sur la composition des aliments biologiques et conventionnels" pour le soutien financier et technique apporté. Le Sheepdrove Trust soutient la recherche et le développement indépendants qui sous-tendent le développement des systèmes agricoles et alimentaires biologiques et durables. »
En outre, le manuscrit a été soumis pour un examen critique au Lord Peter Melchett, directeur des politiques de la Soil Association – et pour « s'assurer que les auteurs ont pris en compte toutes les informations et publications dont disposait le principal organisme britannique du secteur de l'agriculture biologique ». Informations et publications favorables au bio, cela va sans dire...
Le premier ne serait pas intervenu dans la conception et la gestion du projet de recherche, ni dans l'établissement des publications issues de ce projet. Le second n'aurait suggéré aucune révision majeure du manuscrit.
Mais tout cela fait quand même désordre.
Voici un autre élément des remerciements :
« Les auteurs remercient la Communauté Européenne pour son soutien financier, octroyé au titre du sixième programme-cadre pour des actions de recherche, de développement technologique et de démonstration, dans le cadre du projet intégré QUALITYLOWINPUTFOOD, FP6-FOOD-CT-2003-506358. »
L'Union Européenne s'était entichée du mode de production biologique au début des années 2000. Elle a adopté en 2004 un plan d'action en vue de le développer. L'action 7 avait consisté à renforcer la recherche. Un programme d'une durée de cinq ans (de 2004 à 2009), s'inscrivant dans le Sixième programme-cadre pour la recherche et le développement technologique, a été financé par l'UE à hauteur de 12,4 millions d'euros pour un budget total de 18 millions.
La coordination de l'un des volets a été attribuée à l'Université de Newcastle et à Carlo Leifert (le site du projet tel qu'il se présentait en octobre 2014 ; un résumé des résultats ; un autre résumé des résultats daté d'avril 2009 ; un site actuel). Ce volet a coûté la bagatelle de 316.000 euros.
La coordination d'un autre volet – sur les systèmes de production agricole – a été confiée à Lucius Tamm, du FiBL, l'Institut de Recherche de l'Agriculture Biologique.
Transparaît ici une volonté apparente d'obtenir des résultats prédéfinis, de faire produire de la « science d'opinion ». Cela est bien sûr aussi implicitement suggéré par l'intitulé du programme : QLIF – Improving quality and safety and reduction of costs in the European organic and low input supply chains (amélioration de la qualité et de la sécurité et réduction des coûts dans les filières européennes de l'agriculture biologique et à bas intrants).
L'article de Barański et al. peut s'inscrire dans ce cadre. Toutefois, il a été publié en 2014, alors que le programme s'était arrêté en 2009. Et les quelques documents que nous avons pu tirer des archives du Web nous paraissent assez nuancés, en tout cas pas outranciers. Voici un constat général :
« 4. Les allégations de santé pour les produits de l'agriculture biologique ne sont pas encore prouvées. »
Alors, escalade d'engagement cinq ans après ? Renvoi d'ascenseur en direction du financeur secondaire, le Sheepdrove Trust ? Le naturel revenu au galop ? Nous ne creuserons pas la question.
Le Service de Recherche du Parlement Européen a commissionné une étude sur les implications de l'alimentation et de l'agriculture biologiques sur la santé humaine, livrée en décembre 2016. Sans entrer dans les détails, la liste des auteurs et contributeurs est manifestement dominée par une inclination pour le bio.
Cela pose d'importantes questions sur le fonctionnement des institutions, l'entrisme et la chasse en meute de certains chercheurs – et le manque de dynamisme et de présence de certains autres. La qualité et la crédibilité des productions scientifiques devant servir de base à des décisions politiques éclairées est également sur la sellette.
Ce document est un patchwork de chapitres écrits par des auteurs différents. Les -48 % de cadmium dans les produits biologiques – présentés faussement comme +48 % dans les produits conventionnels (c'est 92 %) – de Barański et al. se sont retrouvés sans surprise dans ce document (chapitre 6, pages 35-36 ; 38), à côté de déclarations plus précautionneuses (pages 8 ; 40 ; 54 ; 57).
Les auteurs du chapitre 6 ont voulu en savoir plus sur le grand écart entre Smith-Spangler et al. et Barański et al. évoqué ci-dessus. Les premiers n'ont pas répondu. Voici pour les seconds :
« […] Une version actualisée de cette méta-analyse, dans laquelle certaines incohérences ont été corrigées et qui a été fournie par les auteurs originaux pour le présent rapport [233 [= communication personnelle]], montre une teneur en Cd significativement plus élevée de 30 % (intervalle de confiance à 95 % : 14 %, 47 %) dans les cultures conventionnelles par rapport aux cultures biologiques. »
L'écueil des pourcentages... 30 % en plus dans le conventionnel par rapport au bio, c'est 23 % en moins dans le bio par rapport au conventionnel... L'écart a été divisé par deux !
Et la publication originale n'a pas été corrigée...
Cette affaire montre, si besoin en était encore, que nous avons de sérieux problèmes avec les (certaines) publications scientifiques.
Ce problème se répercute dans les institutions donneuses d'ordre qui peuvent contribuer par leurs choix à de la science approximative ou même carrément militante et qui sont susceptibles de prendre des décisions, ou de polluer le processus décisionnel, sur cette base.
Notons cependant que Barański et al. n'est pas une étude outrageusement outrancière. Et notons aussi que la situation est également fragile s'agissant des institutions comme l'EFSA et l'ANSES, dont les avis bénéficient d'une crédibilité supérieure, mais qui ont connu des dérapages.
Ce problème percole dans la société générale par les services de presse des instituts de recherche dont l'objectif est de créer de la visibilité, du buzz, par les médias militants ou simplement suiveurs, par les réseaux sociaux, les groupes d'intérêts et autres lobbies, etc. Que les lobbies du bio et leurs amis se soient précipités sur le -48 % de Barański et al. n'est donc pas surprenant.
Ce qui l'est, en revanche, c'est que – malgré les débunkages évoqués ci-dessus qui auraient dû appeler à la prudence – un journal qui fut de référence ait pu titrer : « Il y a en moyenne 48 % de cadmium en moins dans les aliments bio » dans son édition papier du 14 avril 2026.
Dans la version électronique, c'est : « Cadmium : "faudra-t-il de nouveaux cas de cancers pour que nos dirigeants réagissent ?" » C'est cité d'un médecin dont on devrait s'attendre à ce qu'il fasse preuve de prudence et d'esprit critique, malgré ou plutôt à cause de son engagement pour la santé environnementale.
En effet, si le lien entre cadmium et cancer du poumon a été établi – mais pour les expositions professionnelles chez l'homme –, l'ANSES écrit prudemment :
« Il est suspecté de jouer un rôle dans l’incidence de certains cancers (hormono-dépendant, testiculaire, prostatique, rénal, pancréas, etc.) (Anses et al. ; 2019 ; Oleko et al., 2021). »
L'os qui est ainsi rongé, c'est les engrais phosphatés contenant du cadmium... l'agriculture « productiviste », celle qui nous nourrit. « Je recommande le bio, sans hésitation […] », peut-on donc lire dans Le Monde... Ne comptez pas trouver d'article sur le chocolat noir bio, riche en cadmium, récemment épinglé par l'UFC-Que Choisir...
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* André Heitz est ingénieur agronome et fonctionnaire international du système des Nations Unies à la retraite. Il a servi l’Union internationale pour la protection des obtentions végétales (UPOV) et l’Organisation Mondiale de la Propriété Intellectuelle (OMPI). Dans son dernier poste, il a été le directeur du Bureau de coordination de l’OMPI à Bruxelles.
Une version de cet article a été publié dans Atlantico.
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