« Je me demande si je vais continuer le bio »
Charlotte Privat sur LinkedIn*
JE ME DEMANDE SI JE VAIS CONTINUER LE BIO 🌱🍷
→ Aujourd'hui le label met en péril mon exploitation. Le bio c'est bien beau mais ça ne paye plus.
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Charlotte, vigneronne de 24 ans dans le Gard. Enchantée ! 🍇
En 2008, après des années de travail et la conviction profonde qu’une agriculture régénératrice était indispensable, mon papa a converti une partie de l’exploitation en agriculture biologique.
♻️2020, je m’installe à mon tour. Je reprends les parcelles bio, en parallèle de mes études.
Mais très vite, la réalité me rattrape. Aujourd'hui mon exploitation est déficitaire.
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Parce que la réalité du bio c’est :
🍄 Des impasses phytosanitaires :
→ Peu de matières actives autorisées et très encadrées ;
→ Des contraintes d’application importantes ;
→ Des produits avec une efficacité parfois insuffisante.
🌦️ Une dépendance à la météo :
Les produits autorisés sont lessivables par la pluie
→ traitements à répéter, surtout lors des printemps humides.
🪱 Le travail du sol est indispensable pour gérer les adventices :
→ Mais compliqué dans nos sols caillouteux ;
→ Impossible dans les argiles quand ils sont détrempés.
🚜 Un paradoxe environnemental (travail du sol + traitements) :
→ Plus de passages en tracteur, donc un bilan carbone qui augmente ;
→ Le travail mécanique fragilise les ceps et le palissage = plus de casse et d’entretien.
💸 Un label qui a un coût :
→ Un volume horaire de travail important qui nécessite plus de main d’œuvre, de matériel, d’argent et d’énergie ;
→ Un audit indispensable réalisé par un organisme certificateur dont le prix pour un entretien de 2 heures est d'environ 600 € par an, TOUS LES ANS.
📉 Et surtout, une baisse de rendement majeure :
→ Jusqu’à -15 % à -20 % en moyenne !
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A mes yeux, l'agriculture la plus vertueuse a toujours été celle du bon sens.
Respecter l'environnement ne devrait pas dépendre uniquement d’un label.
Mais le consommateur lui, reste attaché à la petite pastille AB.
👉🏻 Continuer en bio, dans ces conditions : est-ce vraiment viable ?
Je n’ai pas encore toutes les réponses. Mais une chose est sûre : il faut ouvrir le débat !
Depuis 5 ans, j’explore une piste prometteuse :
Celle des cépages tolérants aux maladies cryptogamiques. Moins de traitements, plus de résilience. Je vous en parlerai très bientôt. 😉
Une chose est sûre, mon objectif reste le même. Pratiquer une agriculture durable, vertueuse qui respecte l'environnement mais sans mettre en péril l'équilibre économique de mon exploitation.
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Moi c’est Charlotte, j’ai 24 ans. Après des études en agronomie et œnologie ainsi que plusieurs expériences dans les vignobles français et étrangers, j’ai décidé, en pleine crise viticole, de reprendre le domaine familial !
🍇 Un véritable défi dont je vous partage les coulisses chaque semaine.
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* 🍇 Apprentie vigneronne gardoise en Agriculture Biologique.
Source : https://www.linkedin.com/feed/update/share:7450782671032528896/
Ma note : J'ai ajouté un commentaire :
« Merci beaucoup pour cette analyse lucide et courageuse.
Mais il faut aussi voir le problème sur la durée.
Ce qu'on appelle les "nouvelles techniques génomiques" vont produire des cépages résistants à certaines maladies - de nouveaux cépages comme ceux que vous expérimentez, et d'anciens cépages qui ont fait le bonheur de la viti-viniculture française auxquels on aura conféré des caractères de résistance.
Les idéologues du "bio" ont décidé de vous priver de ces nouveautés. Votre choix sera limité aux "Resdur" et éventuellement aux "Piwi", dont le catalogue risque de ne pas beaucoup s'étendre car leur création, leur expérimentation et leur diffusion prennent beaucoup de temps et exigent beaucoup d'investissement.
Alors qu'un chardonnay ou un pinot rendus résistants au mildiou et à l'oïdium...
De manière similaire, on peut s'attendre à des produits phytosanitaires à base d'ARN interférent...
Sacrilège pour les idéologues...
Tant pis pour les producteurs... »
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