Insectes comestibles : la fête est terminée
Willi l'agriculteur*
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Il n'y a pas si longtemps, la production d'insectes comestibles faisait l'objet de nombreux débats. Beaucoup (principalement des théoriciens) y voyaient une source de revenus potentielle pour les exploitations agricoles. Aujourd'hui, le sujet est tombé dans l'oubli. Quelle est la situation concrète aujourd'hui ?
Le secteur des insectes comestibles en Europe traverse actuellement (en 2026) une phase de consolidation massive. Alors que ce secteur a longtemps été considéré comme un « sujet à la mode », la réalité montre que la véritable « rentabilité » (ce qu’on appelait autrefois le bénéfice) reste jusqu’à présent l’exception pour les insectes destinés exclusivement à l’alimentation (Food). Les entreprises qui réussissent ont donc généralement réorienté leur modèle économique vers l’alimentation animale, car les volumes d’achat y sont suffisamment importants pour couvrir les coûts de production élevés.
Voici une analyse des principaux acteurs européens et de leur situation économique :
Protix est actuellement considérée comme l’entreprise la plus stable économiquement du secteur.
Rentabilité : Protix vise un chiffre d'affaires d'environ 80 à 100 millions d'euros pour 2025/2026. L'entreprise fonctionne avec une grande efficacité opérationnelle. Elle réalise des bénéfices non seulement grâce à la vente de protéines d'insectes, mais aussi, de plus en plus, grâce à l'octroi de licences technologiques (revenus estimés à ce titre : 12 à 15 millions d'euros en 2025) et de services spécialisés.
Priorité : l'accent est mis sur la mouche soldat noire pour l'alimentation animale, mais aussi sur des composants destinés au secteur alimentaire.
Innovafeed mise sur une expansion massive et des partenariats stratégiques (par exemple avec ADM et Cargill).
Situation : a levé plus de 200 millions d’euros de capitaux jusqu’en 2025.
Rentabilité : il est difficile de dire si l’entreprise affiche déjà un bénéfice net, car il s’agit d’une société privée ; elle est toutefois classée parmi les « futures licornes » et dispose d’un bilan très solide (note de 98,4/100 pour la solidité financière en 2025).
Orientation : production industrielle à grande échelle de protéines, d’huile et d’engrais.
Dans le domaine des « insectes comestibles » (snacks, barres, farine), il est nettement plus difficile pour les entreprises de réaliser des bénéfices, car la demande des consommateurs stagne en Europe. Beaucoup essaient une fois, mais ne renouvellent pas leur achat.
– Essento (Suisse) : l’un des pionniers qui s’impose grâce à une forte présence dans le commerce de détail (Coop) et la restauration. L’entreprise est considérée comme l’une des rares à exercer une activité durable dans le secteur alimentaire, souvent grâce à une structure allégée plutôt qu’à d’énormes usines.
– NextProtein (France/Tunisie) : adopte une approche intéressante en produisant en Tunisie (coûts moins élevés) et en important vers l’Europe, ce qui améliore les marges bénéficiaires par rapport à des sites purement européens.
On n'aime pas en parler, mais pour comprendre qui gagne, il faut voir qui échoue actuellement. Les coûts énergétiques élevés et les besoins en capitaux considérables pour l'automatisation ont entraîné une vague de faillites en 2025 :
– Ÿnsect (France) : autrefois fleuron du secteur (avec plus de 500 millions d’euros d’investissements), l’entreprise a dû se déclarer en faillite en décembre 2025, car les coûts des immenses fermes verticales ne pouvaient être couverts par les revenus.
– Enorm Biofactory (Danemark) : a déposé le bilan en octobre 2025, malgré un investissement de 50 millions d’euros réalisé peu de temps auparavant.
– FarmInsekt (Allemagne) : La start-up munichoise, spécialisée dans l'élevage de la mouche soldat noire, a engagé une procédure de faillite en avril 2026. L'activité se poursuit malgré la procédure, tandis qu'un administrateur judiciaire recherche de nouveaux investisseurs. Les raisons invoquées sont un contexte de marché difficile, des coûts élevés et des prix bas pour le soja et la farine de poisson.
– Agronutris (France) est également confrontée à de graves difficultés financières
Si vous recherchez des entreprises qui sont « dans le vert », ce n’est pas dans la production de « snacks à base d’insectes ». Les véritables bénéfices sont actuellement générés principalement par la technologie et les produits B2B [business-to-business].
Le marché grand public des « insectes comestibles » reste une niche très restreinte et peu rentable.
L'engouement est passé. Lors du salon ANUGA, un employé d'une très grande entreprise alimentaire allemande, qui s'était engagée il y a quelques années à hauteur de plusieurs millions d'euros dans deux start-ups, m'a confié en privé qu'ils avaient passé ces sommes en perte.
(Gemini AI m'a aidé dans mes recherches.)
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* Source : Der Hype ist vorbei - Bauer Willi
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