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Agriculture, alimentation, santé publique... soyons rationnels

On veut faire taire les victimes des pesticides ? pipeau !

10 Avril 2026 Publié dans #critique de l'information, #Activisme, #Pesticides

On veut faire taire les victimes des pesticides ? pipeau !

 

 

(Source)

 

 

L'audition (ou table ronde) de la Commission d'Enquête de l'Assemblée Nationale sur l'audiovisuel public consacrée à l'information scientifique, le jeudi 26 mars 2026, a suscité bien des remous. L'espace « Les Invités de Mediapart » a accueilli le 4 avril 2026 une tribune, « Qui veut faire taire les victimes des pesticides ? », digne de la Pravda stalinienne.

 

 

On se référera à « Visionnez, visionnez, il en restera toujours quelque chose » pour le contexte et le décor.

 

Les propos tenus lors de cette table ronde, en particulier concernant les émissions de M. Hugo Clément sur – ou contre – les produits phytosanitaires (pesticides), n'ont pas été au goût de tout le monde.

 

Quelqu'un a initié une tribune publiée le 4 avril 2026 dans l'espace « Les Invités de Mediapart », « Qui veut faire taire les victimes des pesticides ? ».

 

C'est digne de la Pravda stalinienne !

 

Qu'on ne se méprenne pas : la forme interrogative est de pure forme : il est insinué que d'aucuns veulent fmuseler les victimes – ou prétendues telles – des pesticides.

 

Pourquoi « prétendues telles » ? Parce que les procédures d'indemnisations dans le cadre du Fonds d’Indemnisation des Victimes des Pesticides (FIVP) appliquent un standard de preuve favorable aux demandeurs, fondé sur la plausibilité d'un lien – « la présomption d’imputabilité de l'origine professionnelle de [la] maladie » –, et que, de toute manière, l'existence d'un lien de cause à effet ne peut être démontré, dans un cas individuel, que dans des circonstances très particulières.

 

Les signataires tentent cependant de faire accroire la thèse d'une reconnaissance du lien de cause à effet par le FIVP. Pour ce faire, ils tournent autour du pot pour les maladies inscrites dans un tableau de maladie professionnelle et citent le niveau de preuve – à vrai dire stupéfiant – dans le cas d'une maladie non inscrite. Selon le document précité (le rapport d'activité 2024) :

 

« Si la maladie déclarée n’est inscrite dans aucun tableau de maladie professionnelle, l’assuré ne bénéficie pas de la présomption d’imputabilité de l'origine professionnelle de sa maladie.

 

Le CRMP est alors saisi directement afin qu’il se prononce sur l’existence ou non d’un lien "essentiel et direct" entre la pathologie désignée et l’exposition professionnelle aux pesticides. »

 

Mais l'objet de la tribune n'est pas vraiment là.

 

L'angle adopté est fort grossier : les « victimes des pesticides » seraient victimes de tentatives de musellement ! Un sophisme de l'homme de paille combiné au sophisme de l'appel à la pitié...

 

Mais c'est aussi, à nouveau, une sorte de fausse piste. Voici le chapô de la tribune :

 

« "Les victimes des pesticides n’ont-elles pas le droit d’exister ?" Alors que des attaques parfois violentes visent les victimes des pesticides qui témoignent de leur parcours, notamment devant une Commission d’Enquête Parlementaire, un ensemble de victimes des pesticides et de collectifs de soutiens [sic] demande à ce que leurs voix, et celles des médias qui les relaient, soient "protégées au titre de lanceurs d'alerte". »

 

Derrière les victimes, certains médias...

 

Oui, « certains » médias et acteurs de la médiacratie. L'introduction est plus explicite :

 

« Des attaques parfois violentes visent les victimes des pesticides qui témoignent de leur parcours et les journalistes qui relaient leur témoignage. Ces attaques se sont récemment concentrées sur des victimes reconnues officiellement par le Fonds d’Indemnisation des Victimes des Pesticides (FIVP), remettant en cause le fondement scientifique de cette reconnaissance.

 

Accusations d’instrumentalisation "ignoble", "sans la moindre assertivité scientifique", une véritable meute s’est acharnée à décrédibiliser les reportages donnant la parole à ces victimes. »

 

La « véritable meute » est essentiellement réduite à deux ou trois personnages.

 

On commence par Mme Géraldine Woessner. Elle a osé commenter sur X une séquence du « Sur le Front » intitulé « Que se passe-t-il dans nos champs », diffusé le lundi 30 mars 2026. Dans cette séquence, M. Hugo Clément a fait pleurer Mme Laure Marivain, mère de la petite Emmy décédée d'un cancer à 11 ans  :

 

« Qu'y a-t-il de plus ignoble – a écrit Mme Géraldine Woessner – que l'instrumentalisation de la mort d'une enfant, et du désespoir de parents, pour promouvoir son business et son agenda politique ?

 

Il n'y a, bien sûr, pas la moindre preuve d'un lien entre le drame vécu par cette famille, et "les pesticides" (mot-valise aussi pertinent que "les médicaments"...).

 

[...] »

 

Nous avons publié ce coup de gueule ici.

 

Le deuxième est le député UDR Charles Alloncle, rapporteur de la commission d'enquête, citant sur X M. François de Rugy :

 

« François de Rugy, ancien ministre et ancien président de l’Assemblée nationale, a vivement contesté, lors de son audition, la qualification "d’émissions d’information" attribuée à certains programmes du service public tels que Cash Investigation, Sur le Front ou Complément d’enquête.

 

Selon lui, ces formats présentent des biais marqués et vont parfois jusqu’à relayer des fausses informations.

 

À l’appui de ses critiques, il cite un reportage de Envoyé spécial diffusé au moment du vote sur le glyphosate. D’après lui, le débat à l’Assemblée nationale, qu’il présidait alors, y a été présenté de manière "insidieuse" et trompeuse.

 

Il évoque notamment une séquence où Élise Lucet a instrumentalisé la situation d’un enfant malade, sans vérification, pour influencer de façon émotionnelle le téléspectateur, sans la moindre assertivité scientifique. Une méthode qu’il juge "très grave" pour une télévision de service public. »

 

 

On peut ne pas apprécier le bonhomme et ses méthodes... (Source)

 

 

L'ironie veut que l'on connaît, grâce au Point et à Mme Géraldine Woessner, la motivation de la décision d'indemniser ledit enfant :

 

« Devant la profession exercée par la maman, la commission considère que l'exposition professionnelle aux pesticides, bien que limitée, est plausible, et retient la possibilité de lien de causalité entre la pathologie de l'enfant et l'exposition aux pesticides durant la période prénatale. »

 

Les signataires de la tribune plaident ainsi – sur la base d'un cas de désinformation prouvé a postériori – pour la protection des voix des victimes – précisons : des personnes indemnisées par le FIVP – « et celles des médias qui les relaient [...] au titre de lanceurs d'alerte ».

 

C'est signé par 46 personnes et neuf « [a]ssociations et collectifs de soutien aux victimes des pesticides » :

 

  1. Collectif de soutien aux victimes des pesticides de l’Ouest

  2. Collectif de soutien aux victimes des pesticides de l’Eure et Loir

  3. Collectif de Soutien aux Victimes des Pesticides du Sud-Est

  4. Phyto-Victimes

  5. Avenir Santé Environnement

  6. Enfants sans Pesticides

  7. Cancer Colère

  8. Alerte Médicale sur Les Pesticides et perturbateurs endocriniens - AMLP

  9. Générations Futures

 

Que faut-il voir dans cette tribune ? Une réaction spontanée ? Une réaction spontanée aux propos de M. Hugo Clément qui avait accusé Mme Géraldine Woessner de vouloir faire taire les victimes (voir notre analyse ici) ? Une réaction téléguidée et organisée ?

 

Rappelons ces propos :

 

« […]

 

Selon Géraldine Woessner, cette mère qui a perdu sa fille ne devrait pas avoir droit à la parole à la télévision, sous prétexte qu’il n’est jamais possible de prouver à 100% le lien entre un cancer et un facteur environnemental.

 

Cela revient à réduire au silence les victimes, pour protéger les industriels de l’agrochimie.

 

Nous continuerons à donner la parole aux victimes des pesticides, qu’elles soient fleuristes, agriculteurs ou riverains. Vous pouvez signalez autant que vous voulez à l’Arcom, votre censure ne fonctionnera pas. »

 

Quelle que soit l'hypothèse, nous voyons qu'un business médiatique éloigné de la déontologie de l'information est soutenu par 46 personnes indemnisées par le FIVP et, pour nombre d'entre elles sans doute instrumentalisées. Elles sont mises en avant comme des boucliers humains, et sont suivies de neuf entités associatives aux objectifs divers, ayant ou croyant avoir un intérêt dans la perpétuation de ce business.

 

« Qu'y a-t-il de plus ignoble que l'instrumentalisation de la mort d'une enfant, et du désespoir de parents, pour promouvoir son business et son agenda politique ? » (ou des graves malformations congénitales d'un autre enfant), avait écrit Mme Géraldine Woessner ?

 

La défense de cette instrumentalisation, et plus généralement de la désinformation, se qualifie sans conteste pour le concours d'ignominie.

 

 

(Source)

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H
Ces campagnes anti pesticides, menées par des fanatiques quasi religieux et par les business men et women du bio qui se sont fait un art de la "pub par dénigrement", sont gravissimes pour les malades et les futurs malades.<br /> <br /> Focaliser la recherche sur les maladies et la prévention pour les malades sur les pesticides est un crime de même niveau que celui de la propagande anti vax. <br /> Ce faisant, on ignore à coup sûr au moins 95% des vraies causes de maladies toutes catégories confondues et on dirige les financements publics vers des chimères. <br /> Combien d'années de retard pour les chercheurs et combien de vies sacrifiées au nom de ce fanatisme ?
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