« L'information scientifique caricaturée »... Stéphane Foucart dixit ? Caricatural !
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L'audition (ou table ronde) de la Commission d'Enquête de l'Assemblée Nationale sur l'audiovisuel public consacrée à l'information scientifique, le jeudi 26 mars 2026, a suscité bien des remous. Voici, commentée, la chronique de M. Stéphane Foucart parue dans le Monde du 4 avril 2026 (sur la toile) et des 5, 6 et 7 avril (édition papier).
L'auteur : Rédacteur en chef @Cdenquete #ComplementDenquete, ex @cashinvestigation, @Collectif_INPD... Quelle surprise...(Source)
On se référera à « Visionnez, visionnez, il en restera toujours quelque chose » pour le contexte et le décor.
En résumé, ces deux heures quinze ont été un long réquisitoire contre les dérives, notamment de certaines émissions et de leurs figures de proue ; en tête de gondole : Sur le Front et M. Hugo Clément.
On regrettera ici qu'il n'y a pas eu de mots de félicitation et de remerciement, qui auraient été bienvenus pour les émissions de qualité – car il y en a ; par exemple Science, Grand Format sur France 5 (mais généralement avec des documentaires étrangers... ce qui nous ramène au problème de l'audiovisuel français).
M. Stéphane Foucart n'a pas apprécié les critiques, et il a tenu à le faire savoir dans sa chronique du 4 avril 2026 (sur la toile) – « A l’Assemblée nationale, l’information scientifique de France Télévisions et de Radio France a été caricaturée et éreintée sans nuances et sans contradictoire » – et des 5, 6 et 7 avril (édition papier) – « L'information scientifique caricaturée ».
En chapô dans la version électronique :
« L’audition de la commission d’enquête de l’Assemblée nationale sur l’audiovisuel public consacrée à l’information scientifique a vu une accumulation spectaculaire de contrevérités énoncées sous serment, explique, dans sa chronique, Stéphane Foucart, journaliste au "Monde". »
A-t-il vraiment expliqué ?
Le contexte est exposé en entrée, avec une première attaque au missile :
« Après le procès politique des journalistes Thomas Legrand et Patrick Cohen, maladroitement maquillé en travail parlementaire, il semblait acquis que la commission d’enquête de l’Assemblée nationale sur l’audiovisuel public avait atteint une sorte de plancher moral et intellectuel, et qu’elle ne pourrait s’enfoncer plus bas. C’était sans compter l’audition du 26 mars, consacrée à l’information scientifique. »
On peut adhérer sans peine à son opinion s'agissant du « procès politique » et du fonctionnement général de la commission. Mais cette audition aurait donc été pire que les autres. C'est surprenant pour un spectateur lambda, et encore plus pour un spectateur informé.
Mais cette appréciation ne l'est pas venant de M. Stéphane Foucart...
Le « bal » de la chronique est ouvert avec Mme Géraldine Woessner :
« Seule journaliste invitée, Géraldine Woessner (Le Point) a fait du traitement de la science dans l’audiovisuel public une peinture cataclysmique, tançant particulièrement l’émission "Sur le front" et son producteur, Hugo Clément, accusé de "propager de la désinformation". La journaliste en prend pour exemple un reportage dans un élevage de lapins où un fort usage d’antibiotiques était décrit par l’éleveur lui-même. [...] »
Paraphrasons : le journaliste (en l'occurrence avec son chapeau de chroniqueur) en prend pour exemple une déclaration spécifique, occultant la déclaration générale. Le classique ergotage sur un détail pour (tenter de) invalider le tout.
Le propos de Mme Géraldine Woessner est aussi déformé. Le tenancier de ce blog – mézigue – est particulièrement sourcilleux sur l'exactitude des citations (c'est à partir de 6:33 de la vidéo que Mme Géraldine Woessner a postée sur X). Voici ce qu'elle a dit (en gras : les mots sur lesquels elle a insisté) :
« François de Rugy a fait une bonne recension, mais je pense qu'on pourrait prendre à peu près toutes les émisions ou les interventions publiques d'Hugo Clément : elles sont toutes militantes et, en tout cas, beaucoup propagent des fausses informations... je veux dire... des choses vraiment fausses […]. »
Mme Géraldine Woessner avait choisi un exemple particulièrement pertinent, mais avait pédalé dans le légendaire plat typiquement alsacien. Elle s'était lancée dans des explications alambiquées alors que le message aurait dû être : en donnant la parole – avec la lourdeur caractéristique de l'émission – à un fraudeur anonyme (ou se prétendant tel), Sur le Front faisait plus que suggérer que l'usage d'antibiotiques – rappel : interdit, sauf traitement curatif – dans l'élevage était monnaie courante.
Cette vidéo remarquable – qui n'est pas un extrait de l'émission en cause – démontre l'ampleur de la manipulation médiatique.
La séquence télévisée, édulcorée, est cependant conforme à l'appréciation de son auteur : « cette enquête est incroyable ».
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C'est au tour de M. Stéphane Foucart de pédaler dans le plat (bis) :
« [...]C’est interdit, mais les autorités en dressent des "bilans très précis annuels" : comprenne qui pourra. "La législation française est très bien faite, dit-elle. Un animal d’élevage qui a été médiqué sort du circuit d’abattage. Il ne pourra jamais être commercialisé." Une affirmation extravagante. »
Que faut-il comprendre de la première partie de la citation ci-dessus ? Serait-il extravagant que les autorités procèdent à des contrôles – notamment dans l'intérêt de la santé publique – pour vérifier la bonne application de la législation ?
Quant à la seconde partie, il a raison : un animal « médiqué » – à distinguer de l'animal qui aurait été traité aux antibiotiques par un fraudeur pour accélérer sa croissance – entre bien dans le circuit commercial après une période d'attente destinée à éliminer toute trace de l'antibiotique dans sa viande.
Ce que ce « morceau de bravoure » illustre, c'est le recours au sophisme de composition : l'erreur mineure est exploitée pour éreinter le tout.
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Selon M. Stéphane Foucart, sa « consoeur » – c'est sans doute ironique et un brin méprisant – « reproche » à Radio France d'avoir interrogé – mettons les pieds dans le plat – Mme Laurence Huc, de l'INRAE. Il écrit :
« "Son avis est parfaitement minoritaire dans la communauté scientifique", estime notre consoeur, qui met le nom de la chercheuse à l'encan. »
Radio France a effectivement interrogé Mme Laurence Huc en septembre 2023 et produit : « Glyphosate : une spécialiste des pesticides se dit "sans voix" après la proposition de Bruxelles de renouveler pour 10 ans l'autorisation dans l'UE ».
Élément central de l'entretien selon Radio France qui le reprend en chapô : « […] Laurence Huc, dénonce un "lobbying extrêmement fort et puissant" qui explique la prolongation de l'autorisation du glyphosate dans l'Union européenne ». On est loin de la science et de l'expertise toxicologique... Autre élément : « Laurence Huc accuse cette étude [de l'EFSA] de "ne répondre à aucun canon scientifique" ».
Mme Géraldine Woessner avait cité un propos que Mme Laurence Huc avait tenu dans un entretien avec Mediapart, et que Radio France avait (ou aurait) rapporté avec gourmandise et sans esprit critique :
« Si les évaluations européennes reposaient sur la science, le glyphosate serait interdit depuis des décennies. »
Notre chroniqueur ne s'intéresse pas à la pertinence du (ou des propos) de Mme Laurence Huc. Et pour cause : il est grotesque. Il trouve donc un autre angle d'attaque : il aurait été répréhensible de citer son nom dans cette audition ou table ronde...
Il s'agit pourtant d'une militante qui affiche publiquement son militantisme (voir par exemple : « Scientifiques en rébellion : le cas de Laurence Huc » d'Agriculture et Environnement).
L'attaque est donc, au mieux, risible.
Mme Géraldine Woessner a eu des mots très durs à propos du traitement de l'information en matière de toxicologie. En bref, le service public – mais pas que –fait la part trop belle à ce qu'on appellera ici la « science d'opinion » (un mot de M. Philippe Stoop) et aux instrumentalisations abusives. Elle a cité dans ce contexte le magnum opus de l'INSERM de 2021, « Pesticides et effets sur la santé – Nouvelles données » (à partir de 10:00 de sa vidéo).
M. Stéphane Foucart choisit le tri sélectif et écrit :
« Quant à l'expertise collective de l'Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm), "Pesticides et santé", le document scientifique de référence en France sur la question, il ne faudrait pas non plus s'y référer : "La méthodologie de l'Inserm, c'est six personnes qui se sont cooptées et qui ont travaillé ensemble pendant quelques mois." On navigue entre caricature et fausse information. Mieux vaudrait se fier au "consensus scientifique" des agences sanitaires, dit la journaliste – un "consensus scientifique" imaginaire, battu en brèche par le conseil scientifique de l'Anses, dans un rapport de 2023 sur la crédibilité de l'expertise réglementaire. »
Si l'on s'en tient à ce résumé, on navigue effectivement entre caricature et fausse information... des deux côtés.
Non, l'expertise collective de l'INSERM n'a pas été réalisée par six personnes, mais bien davantage.
Non, cette expertise collective n'est pas « le document scientifique de référence en France ». Elle n'est, en fait, qu'une analyse de la littérature scientifique complétée par l'expertise et les appréciations des auteurs.
Oui, il y a un consensus scientifique des agences sanitaires, tout au moins sur de nombreuses substances.
Non, le consensus scientifique n'a pas été « battu en brèche »... par un rapport pour lequel nous avons osé évoquer, notamment, un « naufrage intellectuel ».
Le président du groupe de travail du Conseil Scientifique de l'ANSES relaie l'article du Monde au titre qui pose question... (Source)
Il n'y avait rien de croustillant à dire sur les interventions de M. François-Marie Bréon, climatologue, ancien président et maintenant porte-parole de l'Association Française pour l'Information Scientifique (AFIS).
Mais il y a un contentieux rassis, et on se souviendra des « sublimes » pages que notre chroniqueur a consacrées à l'AFIS dans « Les Gardiens de la Raison », co-écrit avec Stéphane Horel et Sylvain Laurens (voir « Journalisme d’insinuation : après les articles, le livre », et la réponse cinglante de M. François-Marie Bréon sur ce blog).
M. François-Marie Bréon est donc climatologue (CEA) et « titulaire de la chaire annuelle du Collège de France financée par TotalEnergie » – en fait, co-financée.
Le sophisme du déshonneur par association (car tout le monde aime détester Total)...
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Le sophisme se poursuit :
« Quelle légitimité l'AFIS a-t-elle pour juger les journalistes ? L'association n'a-t-elle pas elle-même relayé dans sa revue, entre autres, de nombreux articles climatosceptiques ou des recensions positives d'ouvrages climatosceptiques, et ce jusqu'en 2020 ? »
Nombreux ? Jusqu'en 2020 ?
L'article dont les « AFIS-haters » se délectent date de janvier 2008 – il est toujours en ligne, mais avec une contextualisation – et était le compagnon, notamment, d'une présentation de l'état des connaissance sur le climat, tel qu'exposé par le GIEC (entretien avec Michel Petit, alors représentant français au GIEC).
Mais abondance de moyens ne nuit pas pour notre chroniqueur...
« Au point d'alimenter un cours d'esprit critique à l'Ecole supérieure de journalisme de Lille, dispensé de 2016 à 2020 par le bio-informaticien Mikaël Salson, professeur à l'université de Lille, les étudiants étant invités à décortiquer une sélection de contenus trompeurs et de fausses informations diffusés par l'association. »
Il y a un autre contentieux tout aussi rassis : celui qu'entretient ce monsieur avec l'AFIS (et bien d'autres)...
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Abondance de moyens ne nuit pas non plus pour nous. Voici ce qu'a écrit la revue Science & Pseudo-sciences dans l'introduction au cahier sur le climat de son numéro 280 (le sommaire est ici) :
« Science et pseudo-sciences a voulu, dans ce dossier, éclairer ses lecteurs. Michel Petit, physicien de renommée internationale, a représenté la France dans le bureau du Groupe Intergouvernemental sur l’Évolution du Climat (GIEC). Il expose ici l’état du consensus tel qu’établi par le GIEC : les résultats scientifiques, mais aussi les incertitudes associées. En complément, il nous a semblé pertinent de faire état d’opinions de scientifiques ne partageant pas les conclusions du GIEC : c’est l’article du journaliste scientifique Charles Muller. Nous ne pensons pas, sur cette question comme sur d’autres, que « la vérité est au milieu », mais la réflexion de chacun d’entre nous doit pouvoir s’alimenter le plus librement et le plus largement possible. À ce propos, Jean Günther éclaire le débat qui a agité nos amis sceptiques d’outre-Atlantique.
En tout état de cause, que l’on partage les conclusions du GIEC, ou que l’on s’interroge, les opinions divergentes ne peuvent pas être diabolisées a priori. »
« ...les opinions divergentes ne peuvent pas être diabolisées a priori... », selon l'AFIS ? Elles peuvent sans nul doute être instrumentalisées dans des contentieux à forte composante personnelle et dans un journal qui fut de référence...
Et revoici le déshonneur par association...
« Le premier est désormais consultant pour une banque d'affaires et vidéaste passionnément engagé dans la défense des PFAS (les "polluants éternels"), la seconde est présidente d'un think tank dévolu à promouvoir la rigueur scientifique dans les médias. [...] »
La défense des PFAS... Consultant pour une banque d'affaires... Pouah !
Rappelons à toutes fins utiles que la chaîne Youtube, maintenant riche de 170 vidéos, de MM. François de Rugy et Laurent Lesage s'intitule : « Et si l'économie sauvait l'écologie? ». Et la boîte à idées de Mme Agnès Buzyn, « Évidences ».
La technique du sophisme de la partie devant invalider le tout est ensuite mise en œuvre. Cela a évidemment permis d'escamoter les points beaucoup plus fondamentaux des déclarations de M. François de Rugy.
Dans la séquence qui nous intéresse (à partir de 19:50 dans cette vidéo), M. François de Rugy évoquait le « pluralisme des points de vue » et les carences à cet égard. Il avait cité un expert des PFAS, M. Bruno Ameduri, à titre d'illustration du fait (allégué) que l'information par le service public était partiale, voire outrageusement partiale. Celui-ci avait été interrogé par France 2 pour un journal de 20 heures, mais son interview n'avait pas été diffusée.
Voici ce que cela devient dans Le Monde :
« […] Le témoignage rassurant d'un chercheur "spécialiste des PFAS" – dont il [M. François de Rugy] donne le nom – n'a pas été diffusé par France Télévisions. Certes, mais pourquoi ne pas préciser que le scientifique en question est un spécialiste de la synthèse des PFAS – et aucunement de leurs effets sanitaires ou environnementaux – et que ses travaux sont financés par une dizaine de géants industriels ? »
Nous ne pouvons pas connaître la teneur de l'entretien, ni les motifs – peut-être objectifs – de la non-diffusion par France 2. Mais nous avons là, encore une fois, un superbe exemple de sophisme du déshonneur par association.
Il y a plus scandaleux, ou simplement cocasse si on fait preuve de tolérance : voici un chroniqueur qui court à la rescousse de confrères usant et abusant d'interviews de gens sans compétence particulière (y compris un délinquant autoproclamé dans le cas susmentionné des antibiotiques en élevage) en faisant valoir l'incompétence (alléguée) d'un spécialiste du sujet général...
Et cela se passe dans un journal qui publie volontiers des tribunes de personnes dont les compétences, ou plutôt leur absence, ne sont pas discutables.
And by the way, M. Bruno Ameduri est l'auteur de « What Do We Know About Per- or Polyfluoroalkyl Substances (PFASs)? Issues, Challenges, Regulations, and Possible Alternatives » (que savons-nous des substances per- ou polyfluoroalkylées (PFAS) ? Enjeux, défis, réglementations et alternatives possibles).
Dans une de ses interventions (à partir de 04:18:30 de la vidéo) dans la coommission parlementaire, Mme Agnès Buzyn avait répondu à la question des solutions à apporter pour garantir la qualité des informations. M. Stéphane Foucart sélectionne un élément – zappant notamment la référence aux « grands médiateurs » du passé, comme François de Closets, intervenant dans les journaux télévisés – et écrit :
« Agnès Buzyn, elle, avait une recommandation : mettre en place un processus de "validation scientifique des contenus" journalistiques, par exemple contrôlé par l'Académie des sciences. [...] »
Oh, le chiffon rouge !
Dans un article de septembre 2020, M. Stéphane Foucart et Mme Stéphane Horel avaient tiré à boulets rouges sur la proposition, faite dans le cadre du projet de loi de programmation de la recherche, de créer une « maison de la science et des médias » sur le modèle du Science Media Centre britannique. Le point d'interrogation était largement décoratif dans le titre, « L’information scientifique sous tutelle d’une agence de communication ? » Et le verdict était sans appel selon le chapô, malgré les circonvolutions journalistiques : le projet « apparaît surtout comme un instrument d’influence pro-industrie ».
La chronique se poursuit donc :
« […] Une proposition qui pose quelques questions relatives à l'autonomie du journalisme. [...] »
L'autonomie du journalisme serait mise en cause par une institution chargée de préempter les bêtises qu'un journalisme devenu d'opinion et militant véhiculerait de toute façon ? Allons donc !
Et prendre l'exemple de l'Académie des Sciences pour un acquis permet d'activer à nouveau le sophisme du déshonneur et celui de la pente glissante :
« Faut-il rappeler que l'Académie n'a tourné la page du climatoscepticisme qu'en 2020 ? Comment les journalistes auraient-ils pu enquêter sur les turpitudes climatiques du Quai de Conti, s'ils avaient été placés sous la tutelle de l'Institut ? »
Il nous faut citer dans son intégralité :
« Mme Buzyn a néanmoins rappelé une vérité. Un véritable expert est "quelqu'un qui est reconnu par ses pairs et la communauté scientifique" sur son sujet. Elle a vite oublié sa propre leçon. Sitôt sortie de l'Assemblée, elle était interrogée par M. de Rugy sur sa chaîne YouTube, ses propos étant découpés et montés sur le compte X de l'ancien ministre de l'environnement pour faire accroire qu' qu' (sic) "il n'y a pas pour l'instant de lien prouvé [du cancer] avec l'agriculture". Le lien entre l'exposition aux pesticides et certaines hémopathies de l'adulte et de l'enfant fait l'objet d'un large consensus savant, depuis des années. Les experts de l'Inserm estiment que ce lien est établi avec le plus haut niveau de preuve de leur système d'évaluation. Il est surprenant que Mme Buzyn, hématologue, l'ignore quand tant de journalistes en sont parfaitement informés. »
Faut-il croire qu'« [e]lle a vite oublié sa propre leçon » signifie que l'hématologue Agnès Buzyn devait faire preuve de modestie ? Qu'elle n'est pas « reconnue... » ?
La vidéo sur X en question pourrait poser un (petit) problème d'interprétation. Mais le contexte général est clair : le propos incriminé se rapporte aux « clusters », aux zones où on a trouvé des excès de cancers. Si on a des doutes, on peut voir la vidéo complète à partir de 00:22:00 ou un peu avant pour le saisir.
Il s'agit donc d'un mauvais procès.
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On peut aussi s'intéresser au problème général. « Le lien entre l'exposition aux pesticides » – corrigeons : c'est au mieux : « certains pesticides » – […] « fait l'objet d'un large consensus savant » signifie précisément qu'il n'y a pas de « lien prouvé ».
La référence aux « experts de l'Inserm » est aussi fallacieuse. Ils « estiment... » ? C'est ou ce serait la preuve qu'il n'y a pas de preuve !
De même pour : « ...ce lien est établi avec le plus haut niveau de preuve de leur système d'évaluation ». Leur système d'évaluation est fondé sur des « présomptions » elles-mêmes fondées sur l'ampleur de la littérature scientifique. Par exemple :
« la présomption du lien est forte s’il existe une méta-analyse de bonne qualité qui montre une association statistiquement significative, ou plusieurs études de bonne qualité et d’équipes différentes qui montrent des associations statistiquement significatives ».
Et on passe rapidement au niveau des conjectures :
« la présomption du lien est moyenne s’il existe au moins une étude de bonne qualité qui montre une association statistiquement significative ».
Cela ne nous pose pas de problème... sauf quand l'expertise de l'INSERM est instrumentalisée et qu'on lui fait dire ce qu'elle ne dit pas.
Allons droit au but, et paraphrasons la conclusion peu charitable de M. Stéphane Foucart : il y a bien des journalistes qui en sont parfaitement informés.
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