Fertiliser autrement : quelques bons conseils…
Willi l'agriculteur*
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La question des engrais et de l'alimentation fait désormais l'objet d'un large débat dans les médias. Voici quelques remarques sur des propos que j'ai trouvés, sous la forme reproduite ci-dessous en intertitres ou une forme similaire, dans les commentaires
Aujourd’hui déjà, tout le lisier et ses « dérivés » (résidus de fermentation) sont valorisés dans l’agriculture. Alors qu’il était distribué gratuitement certaines années, son prix a nettement augmenté. Lorsqu’il est épandu par un entrepreneur agricole, il faut payer un supplément pour compenser la hausse du prix du gazole. Les « anciens clients » reçoivent la marchandise, tandis que ceux qui passent commande pour la première fois doivent attendre de voir s’il en reste.
Je voudrais ajouter une autre réflexion : si nous voulons plus de lisier et de fumier, nous devons élever plus d’animaux. Mais cela ne se fera que si cela permet de gagner de l’argent, ce qui est très difficile pour le moment.
De nos jours, le fumier n’est plus produit que dans quelques exploitations et est rarement commercialisé sur de longues distances. Exception : le champost. Il s’agit de fumier de cheval mélangé à d’autres substrats et utilisé pour la culture des champignons. Ce marché existe toutefois depuis longtemps et compte des acheteurs fidèles. Les nouveaux clients n’ont pratiquement aucune chance.
Il est vrai que les agriculteurs biologiques n’utilisent pas d’engrais chimiques de synthèse. Ceux qui pratiquent l’élevage en plus de la culture peuvent recourir aux effluents d'élevage produits sur place. Les agriculteurs biologiques doivent – comme d’ailleurs tous les agriculteurs – remplacer les nutriments perdus lors de la récolte. Les rendements étant plus faibles en agriculture biologique, la quantité à remplacer est également moindre. À l’échelle mondiale, les quantités de produits issues de l’agriculture biologique ne suffisent pas à nourrir 8 milliards de personnes.
Il s'agit de produits tels que les drêches de brasserie, les drêches de distillerie ou le marc de raisin issu de la production viticole. Ces produits sont principalement utilisés pour l'alimentation animale et rarement, voire jamais, épandus directement sur les champs. Cependant, ils sont presque tous valorisés et finissent donc par retourner dans les champs. Cette proposition n'est donc ni nouvelle ni particulièrement créative. Mais elle part d'une bonne intention.
C'est un très bon conseil, mais malheureusement impossible à mettre en œuvre tel quel. L'un des problèmes : elles arrivent à la station d'épuration avec de nombreuses autres substances. Même dans les systèmes décentralisés à trois chambres, outre les matières fécales (excréments et urine), des détergents sont également introduits dans le système. Avec les matières fécales, des médicaments provenant des excrétions humaines parviennent également à la station d'épuration. Ces substances se retrouvent alors dans les boues d'épuration. C'est l'une des raisons pour lesquelles on n'utilise pratiquement plus les boues d'épuration comme engrais aujourd'hui. Voici, republié, un article sur ce sujet avec de nombreux chiffres concrets.
L'idée n'est pas mauvaise en soi, car une partie des nutriments est ainsi réintroduite dans le sol, mais les quantités sont négligeables. Une alternative à cette proposition consiste à fertiliser avec du compost provenant de la poubelle marron et donc des « voisins ». Malheureusement, ce compost est mélangé à des matières qui n'ont pas leur place dans la poubelle marron, mais qui y finissent quand même. Et qui veut du plastique dans les champs ? À un moment ou à un autre, il finit par se retrouver dans les aliments.
Les « matières premières » mentionnées ci-dessus sont d'ailleurs valorisées thermiquement en grandes quantités – surtout les restes de fruits et légumes – dans des installations de biogaz. Ce qui reste ensuite est réutilisé comme digestat, un engrais épandu dans les champs.
C'est ainsi qu'on peut voir les choses quand on en discute depuis son canapé. Par « chimie », on entend les « engrais chimiques » fabriqués selon le procédé Haber-Bosch. Les estimations et les calculs varient, mais entre 3 et 5 milliards de personnes doivent leur existence à la découverte de MM. Haber et Bosch pour la fabrication d'engrais azotés.
https://ourworldindata.org/grapher/world-population-with-and-without-fertilizer
https://ourworldindata.org/how-many-people-does-synthetic-fertilizer-feed
Sans ces engrais chimiques, la population mondiale actuelle n'aurait probablement pas dépassé les 8 milliards d'individus, selon certaines études, et de nombreuses personnes ne pourraient pas être nourries. Ces chiffres le montrent clairement : une véritable pénurie d'engrais pourrait entraîner des catastrophes à l'échelle mondiale.
Voici un autre lien qui aborde la situation actuelle sur le marché mondial des engrais :
https://www.agrarticker.de/maerkte/alle-maerkte/detail/mais-und-weizen-am-meisten-betroffen/
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