Pour Le Monde, une sociologue est parfaitement qualifiée pour nous instruire sur l'avenir de l'agriculture
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Trois jours après une tribune ahurissante d'un « collectif » de cinq chercheurs, Le Monde a publié une tribune tout aussi effarante de la sociologue Dominique Méda, « Un autre système agroalimentaire est possible ». Bien entendu, après une avalanche de dénigrements, on reste au niveau de l'incantation.
Le 25 février 2026 (date sur la toile), c'était : « Agriculture : "Produire toujours plus pour exporter davantage ne nourrira pas mieux les Français" », de Mmes et MM. Tamara Ben Ari, Nicolas Bricas, Marion Desquilbet, Eve Fouilleux et Franck Galtier (notre analyse ici).
Le 28 juillet 2026 (idem), Le Monde donnait la parole à Mme Dominique Méda pour : « Dominique Méda : "Un autre système agroalimentaire est possible" ».
Point commun : une attaque en règle contre le système et la politique agricole actuels, avec une absence remarquable de propositions alternatives.
Notons incidemment que, peu de temps auparavant, Le Monde avait refusé une tribune du Dr Jérôme Barrière, oncologue, et du professeur de cancérologie Jacques Robert qui devait être une réponse à M. Stéphane Foucart... du Monde et à son « La rhétorique du “cancer backlash” présente de nombreuses analogies avec le climatoscepticisme ». La tribune a été accueillie par Atlantico – « La "fabrique de la peur" contre le "cancer backlash" : le doute scientifique oublié »...
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La professeure de sociologie à l’Université Paris Dauphine-PSL et présidente de l’Institut Veblen a son rond de serviette dans le quotidien et nous abreuve régulièrement de chroniques bien dans la ligne éditoriale du journal qui fut de référence : le dénigrement de l'agriculture qui nous nourrit.
Il faudrait donc croire que la sociologie vous qualifie davantage pour parler d'agriculture que la cancérologie pour parler de cancer...
À moins – nous oserons émettre cette hypothèse, mais vraiment du bout des lèvres – que le journal notoirement attaché aux plus hautes valeurs de la déontologie journalistique n'ai préféré abriter un de ses journalistes vedettes d'une sorte de droit de réponse parfaitement justifiée. Et le journal lui-même. N'avait-il pas écrit en chapô : « Depuis plusieurs mois, des médecins et des scientifiques s’exprimant hors de leur champ d’expertise dénigrent leurs collègues et cautionnent la démolition des normes de protection de l’environnement et de la santé [...] » ?
La tribune de Mme Dominique Méda est un long chapelet de récriminations. Le Monde résume en chapô :
« Les pouvoirs publics soutiennent un système alimentaire très coûteux, à l’origine d’un grand nombre d’impacts négatifs et dont les principaux bénéficiaires sont les industries de transformation, les enseignes de distribution, la restauration commerciale et collective au lieu des agriculteurs, constate Dominique Méda, dans sa chronique. »
Voici encore les deux premiers paragraphes :
« Les solutions avancées par le gouvernement pour répondre à la grave crise agricole que traverse notre pays révèlent notre incapacité à sortir du cercle vicieux dans lequel agriculteurs et consommateurs se trouvent enfermés. Une grande part du malaise qui affecte la profession s’explique par la concurrence déloyale exercée par des pays qui produisent selon des standards environnementaux, sanitaires et sociaux très éloignés des nôtres, comme l’explique Marine Colli dans Notre assiette mondialisée (Editions Revoir, 2025).
Pourtant, nos responsables politiques ne jurent que par l’amélioration de la "compétitivité" du secteur, qui passe selon eux par l’abaissement des normes, un usage accru des pesticides, l’augmentation des rendements et l’agrandissement des exploitations. Un tel raisonnement est gravement erroné. »
Nous n'entrerons pas dans le détail des récriminations. Brandolini...
Ayant butiné aux « bonnes » sources et présenté un tableau apocalyptique de la situation actuelle, Mme Dominique Méda conclut :
« Alors que la France compte 25 millions de malades chroniques d'après l'Assurance-maladie, que la maîtrise des dépenses de santé repose en très large partie sur un gigantesque effort de prévention et que l'agroécologie est un facteur certain de santé écologique de nos territoires, ces travaux montrent que nous devons changer de système. Une étude de l'Institut national de la recherche agronomique, publiée le 18 février, a justement démontré que cultiver sans pesticides était faisable techniquement et économiquement. »
Voilà, voilà...
Il faut vraiment oser faire un lien entre santé des Français et agriculture !
En résumé, on enfume le lecteur avec un titre qui promet des merveilles – certes sous la forme conjecturale qui sied si bien au discours activiste –, et on se retrouve avec l'agriculture « sans pesticides » !
Une agriculture simplement « faisable ». Anticipons sur l'analyse de l'étude de l'INRAE : elle démontre que Trofim Lyssenko n'est pas mort...
Et Le Monde, d'une certaine manière, c'est la Pravda.
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