« Les agriculteurs doivent dire ce qu'ils veulent vraiment »
Willi l'agriculteur*
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Le titre complet est : «Être contre ne suffit pas. Les agriculteurs doivent dire ce qu'ils veulent vraiment ».
Avant que le bashing des journalistes ne commence : j'ai téléphoné aujourd'hui à l'auteure, Claudia Ehrenstein. Nous avons eu une très bonne conversation. Dans son article, elle évoque notamment une étude qui a examiné les raisons des manifestations paysannes dans quatre pays européens et qui conclut que les raisons sont en principe les mêmes, mais qu'elles ont un poids différent. Cela n'a rien de surprenant. Je ferai peut-être un compte rendu de cette étude.
Mais pour l'instant, concentrons-nous sur la question de savoir ce que « les agriculteurs veulent vraiment ». Je ne sais pas ce que « les agriculteurs » veulent, mais je lui ai dit ce que je souhaite, et surtout ce que j'attends :
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J'attends que les conditions-cadres pour nous, agriculteurs, soient fiables et stables à long terme. Les changements constants de réglementation faussent la concurrence, engendrent des coûts inutiles et font perdre un temps précieux.
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J'attends que les conditions du marché pour notre agriculture allemande et européenne deviennent, soient et restent prévisibles. Lorsque, par exemple, des importations surprises en provenance d'Ukraine ou le contournement des droits de douane comme dans le cas du sucre surviennent, toute planification devient obsolète. Aucune entreprise ne peut fonctionner ainsi.
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J'attends du commerce alimentaire de détail qu'il privilégie, dans la mesure du possible, les produits allemands et européens, même si ces produits sont légèrement plus chers. Par exemple, lorsque des cerises turques sont proposées sur le marché pendant la récolte des cerises allemandes, cela est totalement incompréhensible et ne sert qu'à faire baisser les prix.
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J'attends du ministère de l'Agriculture qu'il soit dirigé par une personne qui non seulement maîtrise son sujet et sait s'exprimer, mais qui réagit aussi rapidement aux changements de situation (droits de douane, etc.). Le commissaire à l'Agriculture Hansen montre actuellement que c'est possible. La mission du ministère fédéral devrait être de représenter les intérêts de l'agriculture allemande en toutes circonstances, même si cela s'avère difficile. Nous, les agriculteurs, attendons cette personne depuis des décennies.
Cette liste est incomplète. N'hésitez pas à la compléter.
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* Source : "Bauern müssen sagen was sie wirklich wollen" - Bauer Willi
Ma note : L'article de Welt est fondé sur « Farmers’ Voices in European Protests: Diverse Complaints, Emotional Tones, and Policy Responses » (les voix des agriculteurs dans les manifestations européennes : plaintes diverses, tonalités émotionnelles et réponses politiques) de Doris Läpple et al.
En voici le résumé (découpé) :
« Points forts
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Analyse des raisons invoquées par 2.232 agriculteurs pour justifier leurs manifestations dans quatre pays européens.
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Utilisation de données issues d'une enquête ouverte pour recenser les principales préoccupations des agriculteurs.
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Raisons spécifiques à chaque pays : bureaucratie, finances, politique et motivations diverses.
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Quelques divergences entre les préoccupations des agriculteurs et les priorités politiques de l'UE.
Résumé
Les manifestations agricoles de 2024 à travers l'Europe ont révélé un mécontentement généralisé dans le secteur agricole.
Si les faibles revenus agricoles et les réglementations environnementales restrictives sont des griefs couramment cités, on sait peu de choses sur les motivations sous-jacentes et les raisons individuelles qui poussent les agriculteurs à manifester. Cette étude explore les motivations individuelles des agriculteurs qui manifestent en Allemagne, en France, en Belgique et aux Pays-Bas afin de mieux comprendre les diverses préoccupations qui alimentent le mécontentement agricole à travers l'Europe.
Nous analysons les données textuelles riches provenant de 2.232 agriculteurs, recueillies au moyen d'enquêtes utilisant une question ouverte conçue pour susciter des raisons de protestation spontanées et non suscitées.
En combinant le codage manuel et le codage assisté par l'IA, nous quantifions les raisons de la protestation dans les différents pays, évaluons le ton émotionnel des réponses des agriculteurs et explorons comment cela correspond aux réponses politiques.
Nos conclusions indiquent que les raisons principales de protestation des agriculteurs diffèrent selon les quatre pays : les agriculteurs allemands se plaignent principalement de la bureaucratie, les agriculteurs français de raisons financières, les agriculteurs belges expriment des plaintes diverses, tandis que les agriculteurs néerlandais se concentrent principalement sur l'environnement politique.
Le ton émotionnel des réponses des agriculteurs révèle que les plaintes spécifiques et ciblées sont plus souvent exprimées sur un ton agacé et irrité, tandis que les sujets plus généraux semblent déclencher une colère agressive.
Le lien entre les raisons des protestations des agriculteurs et les réponses politiques nationales et européennes montre que, si certaines plaintes clés ont reçu une attention politique adéquate, les plaintes environnementales ont été disproportionnellement priorisées par les décideurs politiques européens et certains États membres.
Les conclusions de cette étude ont des implications importantes et pourraient améliorer l'efficacité des réponses politiques en contribuant à l'identification de solutions adéquates pour apaiser les griefs des agriculteurs. »
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