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Agriculture, alimentation, santé publique... soyons rationnels

CO2 et survie de l'espèce humaine : un cas de science poubelle ?

3 Mars 2026 Publié dans #Article scientifique, #Activisme

CO2 et survie de l'espèce humaine : un cas de science poubelle ?

 

 

Concentrations atmosphériques de dioxyde de carbone (en ppm) au cours des 800.000 dernières années, d'après les mesures effectuées sur l'air emprisonné dans la glace antarctique (Lüthi et al., 2008 ; Rubino et al., 2019) et les mesures directes effectuées à l'observatoire de Mauna Loa (de 1958 à aujourd'hui) (Keeling et al., 2005).

 

 

Le point d'interrogation du titre est une mesure de précaution (comme nombre de journalistes l'aime, j'admets...). Mais je crains qu'il ne soit en fait inutile.

 

 

Springer Nature vient de publier un article, « Carbon dioxide overload, detected in human blood, suggests a potentially toxic atmosphere within 50 years » (la surcharge en dioxyde de carbone détectée dans le sang humain suggère une atmosphère potentiellement toxique d'ici 50 ans) d'Alexander N. Larcombe et Phil N. Bierwirth.

 

Le titre, à lui seul suscite des interrogations : article scientifique ou prévision de Mme Irma ?

 

En voici le résumé (découpé) :

 

« Les activités anthropiques augmentent la quantité de dioxyde de carbone (CO2) dans l'atmosphère. De plus en plus de preuves expérimentales montrent que l'exposition à long terme à ces niveaux croissants de CO2 dans l'atmosphère peut avoir un impact négatif sur la physiologie normale des organismes. Cependant, il est très difficile d'évaluer directement cet impact chez l'homme.

 

Nous avons analysé les taux sériques de bicarbonate (HCO3), de calcium (Ca) et de phosphore (P) issus de l'enquête nationale américaine sur la santé et la nutrition (NHANES) de 1999 à 2020 comme indicateurs indirects de l'exposition au CO2 atmosphérique.

 

Au cours de cette période, les taux moyens de bicarbonate dans cette population affichent une tendance à la hausse parallèle à l'augmentation des concentrations de CO2 atmosphérique. Le Ca et le P ont tous deux diminué de manière constante au cours de la même période.

 

Si ces tendances se poursuivent, les valeurs de bicarbonate dans le sang pourraient atteindre la limite de la fourchette considérée comme saine dans un demi-siècle, et le Ca et le P atteindront la limite de leur fourchette saine d'ici la fin de ce siècle.

 

Des études indiquent qu'après cette période, l'élévation du dioxyde de carbone atmosphérique, entraînant une accumulation de CO2 dans l'organisme, pourrait avoir toute une série d'effets néfastes sur la santé.

 

Ces résultats soulignent la nécessité urgente de réduire considérablement les émissions anthropiques de CO2 afin de protéger la santé publique. »

 

On peut déjà faire un premier arrêt : on prend une série statistique, en corrélation, au moins apparente, avec la concentration de CO2 atmosphérique... on extrapole à cinquante ans, voire cent... on trouve de quoi trembler dans les chaumières... et hop ! on a un article digne d'une revue du « prestigieux » groupe Nature.

 

Bien sûr, on n'aura pas manqué de prodiguer un excellent conseil socio-politique. Réalisable par un simple claquement des doigts.

 

Sur X, M. Matthew M. Wielicki, « professeur de sciences de la Terre en exil, réaliste climatique et culturel... » a écrit un commentaire cinglant :

 

« En tant qu'ancien universitaire, il m'est physiquement pénible de voir la "référence absolue" en matière de publication scientifique se transformer en une usine à tamponner des inepties narratives. Un article récemment publié par Springer Nature sur la "toxicité" du CO2 illustre parfaitement pourquoi la science institutionnelle est en train de perdre toute crédibilité.

 

Cet article affirme que l'augmentation du CO2 atmosphérique est sur le point d'empoisonner le sang humain et de provoquer une "menace toxique" d'ici quelques décennies. Cela semble effrayant... jusqu'à ce que l'on y applique cinq minutes de connaissances biologiques et historiques de base.

 

 

1. La réalité de l'évolution

 

Les mammifères ont évolué il y a environ 225 millions d'années. À cette époque, le CO2 atmosphérique n'était pas seulement "élevé", il était astronomique, estimé entre 2.000 et 4.000 ppm. C'est près de 10 fois plus élevé que les niveaux actuels. Si le système d'échange gazeux sanguin humain (mammifère) était aussi fragile que le prétendent ces auteurs, toute notre lignée aurait disparu au Trias. Nous sommes les descendants d'organismes qui ont prospéré dans un environnement riche en CO2.

 

 

2. Le "laboratoire vivant" militaire

 

Nous n'avons pas besoin de deviner comment les humains réagissent à un taux élevé de CO2. La marine américaine et la NASA disposent de décennies de données. Les sous-mariniers vivent et travaillent régulièrement dans des environnements où les niveaux de CO2 sont maintenus entre 2.000 et 5.000 ppm pendant des mois. Si la "science" présentée dans cet article était ne serait-ce qu'un tant soit peu exacte, tous les équipages de sous-marins nucléaires de l'histoire auraient été neurologiquement incapacités. Or, ce n'est pas le cas. Ils accomplissent des tâches techniques très complexes à des niveaux de CO2 que les auteurs de cet article jugeraient "apocalyptiques".

 

 

3. Le scandale de l'évaluation par les pairs

 

Comment un article qui ignore les archives fossiles et les données physiologiques existantes a-il pu passer les "gardiens" ?

 

Lorsque la "Science" ignore les lois de la biologie et des décennies de données humaines pour faire la une avec un titre effrayant, ce n'est plus de la science... c'est de l'idéologie. C'est pourquoi le public se détourne. Lorsque vous troquez votre honnêteté intellectuelle contre une conclusion "à la mode", vous ne perdez pas seulement l'argument, vous perdez la confiance des gens.

 

La "crise de la reproductibilité" n'était qu'un début ; nous sommes désormais confrontés à une crise totale des compétences de base. Lorsque des éditeurs prestigieux comme Springer Nature troquent des données physiologiques rigoureuses contre un alarmisme "à la mode", ils ne se contentent pas de publier de mauvais articles... ils sapent activement la confiance du public dans la méthode scientifique elle-même.

 

Le monde universitaire est en train de brûler sa propre maison, et tant que cette pourriture institutionnelle n'aura pas été combattue, personne ne devrait reprocher au public de chercher la vérité ailleurs. »

 

Le constat de la déliquescence de l'édition scientifique ne prête guère à la discussion. Mais la discussion dans le fil initié par M. Matthew M. Wielicki n'est pas univoque. On y trouve par exemple :

 

« L'évaluation par les pairs était censée filtrer les erreurs, et non imposer un consensus.

 

Lorsque la curiosité cède la place au contrôle, la science passe du statut de méthode à celui d'institution.

 

Et les gens sentent quand la vérité commence à avoir besoin d'une autorisation. »

 

Il y a aussi cette citation de Michael Crichton :

 

« Je considère la science consensuelle comme une évolution extrêmement néfaste qui devrait être stoppée net [...] L'argument du consensus a toujours été le premier refuge des scélérats ; c'est un moyen d'éviter le débat en prétendant que la question est déjà réglée. »

 

Un mauvais article peut, certes, avoir pour mérite de susciter des réactions remettant les choses en place. Mais, lorsqu'il est alarmiste, il est une bonne matière première pour les médias friands de récits d'apocalypse plus ou moins imminente, et les (éventuelles) mises au point auront toutes les (mal-)chances d'être ignorées. Dans le contexte actuel d'hypermédiatisation sélective, c'est un mauvais coup fait à la science et la rationalité.

 

S'agissant du fond de l'article, on trouve encore ce commentaire :

 

« En tant qu'ancien sous-marinier, nous avions l'habitude de démarrer le système d'épuration à 10.000 ppm. À ce niveau, on commence à ressentir une certaine somnolence. »

 

D'autres ont évoqué la réglementation du travail dans des environnements à forte concentration en CO2, comme les serres de production de tomates.

 

Certes, il ne s'agit pas d'expositions permanentes à des concentrations élevées. Mais on est loin des prévisions pour le futur proche...

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