C'est si mignon, les petits poulaillers...
30 Mars 2026 Publié dans #critique de l'information, #Le Monde, #Élevage
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Le Monde a commis un « reportage » sur les grandes structures de production d'œufs, lequel n'a pas manqué de vanter l'option « Martine à la ferme ». Sur X, des internautes ont eu la bonne idée de faire quelques petits calculs.
Le Monde – toujours lui... – a publié le 15 mars 2026 un article au titre « dérangeant » : « Quand les usines à œufs remplacent les poulaillers : plongée dans ces structures XXL qui exploitent des centaines de milliers de poules ». Admettons que le titreur était fatigué quand il a tapé « exploitent », un verbe qu'il n'utiliserait sans doute pas à propos d'un poulailler de petite taille.
En chapô :
« Chaque année en France, 16 milliards d’œufs sont pondus. Pour répondre à la demande croissante des consommateurs, des structures gigantesques capables de traiter 800 000 œufs par jour se développent sur le territoire. »
Inévitablement, l'auteure a fait l'éloge d'une petite structure : 800 poules, en bio, sur 3,5 hectares. Une productrice qui conditionne et livre elle-même dans un rayon de 40 kilomètres aux magasins bio, boulangeries, restaurants et petites boutiques de producteurs, et tient un stand sur un marché du samedi.
L'exploitante ferait 90.000 € de chiffre d'affaires – soit un prix de l'œuf à 35 centimes – et se verserait 2.000 € mensuels.
(Source)
Mais le point intéressant n'est pas là.
Une généralisation de l'élevage supposément idyllique de Mme Magali Boisset supposerait la création de quelque 63 000 élevages pour produire les 16 milliards d'œufs évoqués dans l'article.
Et si l'on retient les 3,5 hectares, cela ferait une emprise territoriale de quelque 220.000 hectares ou 2.200 kilomètres carrés, soit la superficie du département des Yvelines.
En fait, la réglementation du bio impose un minimum de 4 mètres carrés de parcours par poule pondeuse. La surface minimale tomberait à quelque 20.000 hectares, soit 200 kilomètres carrés, un peu moins de deux fois la superficie de Paris.
C'est sans doute jouable. Mais...
Une grande partie de cette production éparpillée, conditionnée de manière artisanale, devrait être collectée pour approvisionner la grande distribution, ces établissements où une grande partie des Français fait ses courses.
On peut imaginer le trafic routier, l'effervescence des centres de livraison, les craintes de problèmes sanitaires posés par un seul lot parmi un grand nombre...
Et quelque chose comme un doublement du prix par rapport à l'œuf standard.
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