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Agriculture, alimentation, santé publique... soyons rationnels

Une science qui éclaire au lieu d’effrayer : il va falloir qu’on soit nombreux à défendre cela

18 Février 2026 Publié dans #Divers

Une science qui éclaire au lieu d’effrayer : il va falloir qu’on soit nombreux à défendre cela

 

Dr Jérôme Barrière, MD, sur X*

 

 

 

 

Ma note : Le titre est de mon cru. Mais j'ai repris le texte de l'auteur à un mot près. Le Dr Jérôme Barrière pose une question existentielle : nous sommes, peut-être momentanément, en train de perdre une bataille existentielle.

 

 

Confidence qui me semble important de vous partager : je ressens un malaise grandissant quand je vois certains scientifiques s’engager dans le débat public sous forme de tribunes qui, au lieu d’éclairer, finissent par dévoyer la méthode scientifique.

 

Non pas parce qu’ils s’expriment : c’est légitime.

Mais parce que le registre choisi est aujourd’hui celui de l’émotion, de l’alerte permanente, et surtout de la peur. Or la peur est une mauvaise conseillère : elle court-circuite la nuance, elle simplifie le complexe, elle transforme l’incertitude et le doute scientifique en certitude au gré de sophismes grossiers.

 

Je m’interroge : qu’est-ce qui pousse certains à perdre le sens de la mesure ? Qu’est-ce qui conduit des collègues à apposer leur signature au bas de textes qui mélangent diagnostic scientifique et mot d’ordre militant ?

 

👉Est-ce par mimétisme « tout le monde signe, donc je signe » ?

 

👉Est-ce par orgueil d’apposer son nom ?

 

👉 Par croyance aveugle ? : « Si ça va dans le bon sens que ce que je perçois, peu importe la rigueur, la fin justifie les moyens » ?

 

👉ou l’érosion progressive des exigences intellectuelles qui font précisément la crédibilité de notre métier ?

 

Souvent, c’est un mélange : un glissement de registre où la posture l’emporte sur la méthode de relire ce qu’on signe…

 

Le problème, c’est l’effet domino. Ces tribunes deviennent ensuite des arguments d’autorité brandis par des responsables politiques mal intentionnés, galvanisés par une caution « scientifique » (franco-française !) qui n’a plus grand-chose de scientifique.

Elles contournent ou disqualifient les agences d’expertise sanitaire, le travail patient d’évaluation, la hiérarchie des preuves, la gestion de l’incertitude.

 

Et elles installent une confusion délétère : l’opinion se déguise en science, et la science se retrouve suspectée d’être une opinion parmi d’autres…

 

Nous avons déjà vécu cela du temps de la Covid mais là ça ne se cantonne plus à un petit groupe de Marseillais...

 

On a lutté contre les dérives, contre la starisation, contre les raccourcis qui se présentaient comme « anti-système » tout en piétinant les standards de preuve.

 

Et aujourd'hui, paradoxalement, ceux qui dénoncent ces mêmes mécanismes peuvent être invisibilisés, ou renvoyés à une caricature : « vous défendez le système Big Pharma / pesticides », « vous êtes vendus aux lobbys agricoles », « vous niez l’évidence et les dangers inacceptables ».

 

C’est l’inversion accusatoire : on reproche à ceux qui demandent de la rigueur d’être idéologiques, pendant que l’idéologie se pare des habits de la rigueur.

 

Soyons clairs : la controverse est saine. Elle est même indispensable. Mais elle a des règles. La science avance par discussion contradictoire, par données, par reproductibilité, par contrôle par les pairs. Pas par pétitions émotionnelles. Pas par tribunes qui activent les peurs et ferment le débat en disqualifiant l’expertise.

 

La place naturelle de la controverse scientifique, c’est d’abord le champ scientifique : les journaux, les congrès, l’évaluation critique, la transparence des conflits d’intérêts, la distinction nette entre ce que l’on sait, ce que l’on suppose, et ce que l’on ignore. Le débat public mérite mieux qu’une science instrumentalisée. Et la science mérite mieux que des méthodes qui l’affaiblissent au moment même où la société en a le plus besoin.

 

Je continuerai à défendre une certaine conception de la démarche scientifique : exigeante, mesurée, contradictoire.

 

Une science qui éclaire au lieu d’effrayer.

 

Mais il va falloir qu’on soit plusieurs à défendre cela.

 

🙏🙏

 

______________

 

Oncologue / Président de CME / Membre du CS de la SFC/🇪🇺/ Électron Libre contre la désinformation/❤️👩‍👧‍👦/✊🇺🇦/ Santé / Société / Ceci n’engage que moi

 

Source : https://x.com/barriere_dr/status/2022050209916670084

 

 

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F
Il faut surtout que chacun comprenne bien que la science et la politique sont deux domaines bien distincts.
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M
Bonjour, très bonne remarque ! Il faudrait que tous les journaleux et bobos Parisiens lisent votre article plein de bon sens !
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B
Il me semble que lors du covid, le petit groupe de Marseillais a manifestement essayé de rassurer plutôt que d'effrayer...
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A
Rassurer en minimisant des risques réels et en entravant la mise en place de mesures de sécurité nécessaires est aussi grave que de créer des peurs là où elles n'ont pas lieu d'être...