Spécialisation ou multifonctionnalité sur les surfaces en herbe ?
16 Février 2026 Publié dans #Elevage, #Biodiversité
Sebastian Proske, sur LinkedIn*
On attend souvent de l'agriculture qu'elle puisse tout faire à la fois. Des exploitations toujours plus grandes et hautement professionnelles, censées fournir une efficacité maximale et des denrées alimentaires bon marché. Et en même temps, des attentes toujours nouvelles de la part des milieux politiques et de la société : plus d'extensification, plus de biodiversité, plus d'espace pour la protection de la nature. La vérité est inconfortable. Les deux ne peuvent pas fonctionner ensemble. Nous ne pouvons pas à la fois pratiquer une agriculture intensive et nous orienter vers une agriculture toujours plus extensive, avec pour conséquence des récoltes de moins en moins importantes.
C'est peut-être pour cela que nous nous accrochons si volontiers à l'ancienne idée de la multifonctionnalité des prairies. Un peu de fourrage, un peu de protection de la nature, un peu de paysage idyllique, un peu de tout, en somme. Cela semble séduisant, mais la réalité est tout autre. Plus l'extensification progresse, moins les prairies servent à l'alimentation animale. Aujourd'hui déjà, de nombreuses prairies extensives produisent une herbe qui ne contient presque plus de nutriments. Ce n'est plus du fourrage. Ce sont des déchets verts sans utilité.
C'est précisément pour cette raison que j'ai trouvé la conférence de Simon Miller au World Alfalfa Congress à Reims (#WAC25) particulièrement intéressante. Il a ouvertement abordé ce que beaucoup pensent. Nous devons trouver de nouvelles utilisations pour cette matière riche en fibres brutes. Pyrolyse, matériaux isolants, papier à base d'herbe ou litière pour animaux : les idées ne manquent pas. Il serait bon que nous en discutions enfin sérieusement, au lieu de continuer à prétendre que les prairies extensives peuvent être facilement intégrées dans la chaîne alimentaire.
Le temps presse. Déjà, de nombreuses exploitations agricoles cherchent désespérément des solutions pour leurs déchets verts non valorisables. Et avec des normes plus strictes en matière de fertilisation, de nouvelles zones de protection de la nature et la renaturation des marais, ce problème va encore s'aggraver dans les années à venir. La question n'est donc plus de savoir si nous devons prendre une décision. La question est de savoir pour combien de temps nous voulons repousser cette décision.
_______________
* Source : https://www.linkedin.com/feed/update/urn:li:activity:7399479929278640128/
Newsletter
Abonnez-vous pour être averti des nouveaux articles publiés.
Pages
Catégories
- 1416 critique de l'information
- 1183 Activisme
- 995 Divers
- 813 Politique
- 738 OGM
- 600 Pesticides
- 550 Glyphosate (Roundup)
- 532 Article scientifique
- 425 Alimentation
- 421 Santé publique
- 407 Afrique
- 349 Agronomie
- 321 Agriculture biologique
- 275 amélioration des plantes
- 260 CRISPR
- 214 Union européenne
- 199 Willi l'Agriculteur
- 194 NGT
- 186 Union Européenne
- 168 Allemagne
- 160 Etats-Unis d'Amérique
- 156 Covid-19
- 144 Elevage
- 136 Climat
- 135 élevage
- 129 Albert Amgar
- 124 Abeilles
- 123 Néonicotinoïdes
- 118 Economie
- 100 Risk-monger
- 91 Monsanto
- 88 Biotechnologies
- 73 Biodiversité
- 60 CIRC
- 56 Santé
- 56 Semences
- 55 Schillipaeppa
- 55 Ukraine
- 54 Gilles-Éric Séralini
- 54 Politique agricole
- 51 Greenpeace
- 50 ISAAA
- 49 Perturbateurs endocriniens
- 45 Générations futures
- 43 Inde
- 42 Élevage
- 41 Energie
- 39 Recension
- 37 Le Monde
/image%2F1635744%2F20150606%2Fob_b8319b_2015-06-06-les-champs-de-l-au-dela-tom.jpg)