Overblog Tous les blogs Top blogs Technologie & Science Tous les blogs Technologie & Science
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Publicité
Agriculture, alimentation, santé publique... soyons rationnels

La politisation des cancers est insupportable et mine la démocratie - une tribune dans Le Point

9 Février 2026 Publié dans #Pesticides, #Politique, #Activisme

La politisation des cancers est insupportable et mine la démocratie

 

Tribune dans Le Point*

 

 

(Source)

 

 

Des titres catastrophistes aux propositions de loi précipitées, le cancer est devenu l’arme politique absolue. Quinze scientifiques, cancérologues et experts dénoncent une dérive qui ruine notre souveraineté alimentaire sans améliorer la santé publique.

 

 

« Tsunami de cancers chez les jeunes », « explosion des cancers précoces liés aux pesticides », « hausse alarmante des cas chez nos enfants » : ces titres sonnent comme des coups de tonnerre, taillés par certains médias pour capter l’attention dans le flot d’informations quotidiennes. Ils déclenchent presque mécaniquement la peur et reposent sur un scénario désormais bien rodé, qui vise les clics mais surtout entretient un brouillard durable dans les esprits, jusqu’à façonner l’opinion.

 

 

D’un côté, des cancers qui « explosent ». De l’autre, des coupables désignés, choisis pour leur puissance émotionnelle : pesticides, pollution, alimentation, et toujours cette idée suggérée qu’un produit du quotidien expliquerait à lui seul une évolution complexe.

 

Le procédé est simple et redoutable : on juxtapose une angoisse légitime, le cancer, à un objet familier soigneusement choisi, puis on laisse le lecteur conclure. Peu importe que la preuve manque. Par ce sophisme de juxtaposition, la causalité est insinuée sans être démontrée. Et le principe de précaution devient le levier ultime, souvent dévoyé en principe de peur et d’inaction.

 

 

Le cancer instrumentalisé en totem politique

 

Mais ce qui se joue aujourd’hui dépasse la simple dérive médiatique. Il y a une stratégie politique et militante assumée, qui cible l’électeur : faute d’obtenir l’adhésion sur la base d’arguments écologiques très souvent simplificateurs et mensongers, certains déplacent le combat sur le terrain le plus émotionnel qui soit, la santé, et plus encore la santé des enfants.

 

Le cancer tend alors à devenir un totem politique, la preuve en soi d’un système à condamner, avec une idée sous-jacente : si « les chiffres explosent », ce serait d’abord le résultat de choix politiques en matière d’environnement et d’agriculture depuis trente ans, d’un modèle capitaliste qui ne s’intéresse qu’aux profits. Les électeurs seraient ainsi les principaux responsables de leur cancer.

 

Tant pis si l’augmentation du nombre de cas (216.000 en 1990 contre 430.000 en 2023, soit un doublement) s’explique d’abord par des causes inévitables et bien connues : le vieillissement de la population (en 1990, il y avait 7,8 millions de personnes de plus de 65 ans en France, contre 15,2 millions en 2025, soit + 90 % environ en 35 ans) car le cancer est d’abord une maladie liée à l’âge, l’augmentation du nombre d’habitants (il y avait 58 millions d’habitants en France en 1990, environ 69 millions en 2025 soit presque une augmentation de 20 %) ; l’amélioration du dépistage et du diagnostic.

 

Tant pis si l’incidence des cancers pédiatriques est globalement stable en France depuis plus de vingt-cinq ans. Tant pis si les principaux leviers pour réduire la part des 40 % des cancers dits « évitables » restent, de très loin, la lutte contre le tabagisme (50.000 morts par cancer prématuré par an en France) et l’alcool (16.000 morts), la prévention du surpoids et de l’obésité, la réduction de la consommation d’aliments ultra-transformés, et la prévention des cancers liés aux infections, par la vaccination et le dépistage : hépatites virales, papillomavirus, Helicobacter pylori.

 

Et l’inversion accusatoire achève le tableau : ceux qui fournissent des données, des ordres de grandeur, des études robustes, sont désormais des « fabricants de doute », renvoyés, par amalgame honteux, aux méthodes qui ont jadis servi l’industrie du tabac.

 

 

Quand les scientifiques deviennent militants

 

Certains scientifiques, désormais engagés comme de véritables militants, vont jusqu’à populariser des concepts comme le « cancer backlash » : l’idée qu’un retour insistant sur les facteurs classiques et documentés du cancer (âge, tabac, alcool, obésité, infections), ou qu’une demande de preuves solides avant d’accuser une exposition environnementale, relèverait d’une manipulation visant à minimiser le poids de l’environnement (et donc des coupables désignés), à culpabiliser les individus, voire à protéger des intérêts économiques, avec parfois l’accusation de conflits d’intérêts brandie comme un argument réflexe et fallacieux.

 

Autrement dit, toute mise en perspective, toute hiérarchisation des risques, tout rappel de la méthode scientifique est présenté non comme un débat rationnel, mais comme une contre-offensive idéologique.

 

Publicité

La science n’est ni une croyance, ni une morale, ni un slogan, ni une arme politique : c’est une méthode.

 

Or la science n’est ni une croyance, ni une morale, ni un slogan, ni une arme politique : c’est une méthode fondée sur le doute, le contrôle des biais, la hiérarchie des preuves et le refus des sophismes.

 

Quand des scientifiques eux-mêmes cèdent à la logique de la juxtaposition, de l’insinuation et de la déformation des conclusions, l’erreur n’est pas seulement scientifique ; elle est aussi éthique, parce qu’elle fabrique des peurs qui finissent par se traduire en lois, avec des conséquences directes, en l’occurrence pour nos agriculteurs, nos filières et notre industrie.

 

 

Cadmium : autopsie d’une « bombe sanitaire »

 

Prenons deux exemples d’actualité. Le cadmium tout d’abord, ce métal lourd naturellement présent dans les roches phosphatées utilisées depuis des décennies pour fabriquer des engrais, remis sous les feux des projecteurs par la proposition de loi portée par Clémentine Autain et Benoît Biteau.

 

Dans l’exposé des motifs, on parle d’emblée de « bombe sanitaire », de « contamination massive », et l’on relie le sujet à une « explosion des cancers », en évoquant aussi l’infertilité. Le problème, c’est que ces formules écrasent ce que disent réellement les données.

 

L’étude Esteban (Santé publique France, 2014 à 2016, qui commence donc à dater) mesure une imprégnation biologique, pas une maladie. Le sabotage intellectuel réside précisément dans ce « petit » détail, pourtant essentiel : on fait passer une mesure d’exposition pour une preuve de dommage, puis une preuve de dommage pour une causalité, et enfin une causalité pour une urgence législative. Autrement dit, on transforme un biomarqueur en verdict, une statistique en maladie, et une hypothèse en certitude.

 

Chez les adultes, un taux urinaire moyen de cadmium est mesuré autour de 0,57 µg par gramme de créatinine, et environ 47,6 % des 18 à 60 ans sont au-dessus de 0,5 µg par gramme. Or ce seuil de 0,5 µg par gramme est une valeur repère construite à partir d’effets osseux, et son interprétation dépend d’hypothèses, notamment quand on fait comme si l’ingestion alimentaire était la seule voie d’exposition. Santé publique France le dit clairement : détecter du cadmium dans le sang ou l’urine atteste une exposition, pas une pathologie certaine, notamment pas le cancer.

 

Quand on prétend faire de la santé publique et faire voter des lois, on ne peut pas passer sous silence le principal déterminant individuel d’imprégnation, parce qu’il casse le récit trop simple : le tabac. Une cigarette contient de l’ordre de 1 à 2 µg de cadmium. Oui, le cadmium est classé cancérogène certain. Mais la question scientifique et politique n’est pas d’empiler des mots qui font peur : c’est de relier un danger à des niveaux d’exposition réels, de distinguer ce qui relève du signal robuste de ce qui relève de la projection, et de viser les leviers qui comptent vraiment.

 

Enfin, derrière la rhétorique sanitaire, il existe aussi un enjeu géopolitique et industriel, comme l’avait révélé « Le Point » il y a quelques mois. Les teneurs en cadmium varient fortement selon l’origine des phosphates : historiquement, certains engrais importés du Maroc ont pu être plus chargés (de l’ordre de 60 à 70 mg par kg de P2O5), alors que ceux issus de certains gisements russes sont nettement plus bas, souvent en dessous de 20 mg par kg. Mais aujourd’hui, les engrais marocains destinés au marché européens affichent des teneurs nettement inférieures au seuil autorisé (le plafond actuellement autorisé étant de 60 mg/kg).

 

Dans les débats européens sur un abaissement progressif des seuils, les intérêts divergent mécaniquement, et des stratégies d’influence, notamment russes, ont été dévoilées. Et l’on oublie une donnée très concrète, rarement rappelée : l’évolution de l’agriculture elle-même.

 

Depuis les années 1970, les apports moyens d’engrais phosphatés en France (quantité totale livrée divisée par la surface agricole fertilisable) ont fortement chuté. On est passé d’environ 71 kg de phosphore par hectare fertilisé en 1972 à 13 kg en 2024, soit près de 80 % de baisse, avec une nouvelle diminution marquée des livraisons qui se poursuit encore aujourd’hui. Si l’objectif est réellement sanitaire, il faut donc parler doses, sources, tendances et priorités, au lieu de brandir la peur comme preuve.

 

 

Tous les pesticides ne sont pas cancérigènes

 

L’acétamipride, enfin, est en passe de redevenir le nouveau totem infernal à brûler sur la place publique. Le simple fait que le sénateur Laurent Duplomb et plusieurs de ses collègues aient redéposé, le 30 janvier 2026, une nouvelle proposition de loi suffit déjà à relancer l’emballement de l’été dernier, durant lequel la raison fut souvent perdue.

 

Pourtant, le texte revendique une logique transitoire et encadrée, réécrite après la censure constitutionnelle. Il prévoit des dérogations exceptionnelles, limitées dans le temps, conditionnées à l’existence d’une impasse technique et à l’absence d’alternatives opérationnelles, avec un avis public préalable de l’Anses, l’agence française d’expertise sanitaire, sur les conditions d’usage les moins défavorables pour la santé et l’environnement. Pour les betteraves, la dérogation serait d’un an non renouvelable ; pour certaines cultures comme les cerises, les pommes et les noisettes, elle serait de trois ans non renouvelable.

 

Il faut surtout le dire nettement, parce que la confusion est entretenue à dessein par certains responsables politiques ou associatifs : non, il n’est pas exact d’affirmer que l’acétamipride est « un pesticide cancérigène », au sens où on l’entend dans le débat public, comme pourrait l’être, par exemple, la chlordécone, pour laquelle les données antillaises montrent un doublement du risque de cancer de la prostate chez les plus durablement exposés.

 

L’EPA, l’agence fédérale américaine de protection de l’environnement, classe l’acétamipride comme « peu susceptible d’être cancérogène pour l’humain » et indique qu’il n’y a pas d’élément en faveur d’une cancérogénicité dans les données toxicologiques examinées. L’Agence internationale pour la recherche sur le cancer (CIRC) ne l’a pas classé dans ses groupes de cancérogénicité.

 

En Europe, l’acétamipride reste une substance approuvée au titre de la réglementation phytosanitaire, avec une approbation renouvelée jusqu’en 2033. Oui, une classification réglementaire de danger existe via l’Agence européenne des produits chimiques (ECHA) (Carc. 2, « cancérogène suspecté »), mais cela ne constitue ni une preuve de cancérogénicité chez l’humain en l’absence d’étude, ni une démonstration d’un risque aux niveaux d’exposition de la population générale : le risque se raisonne en doses, en expositions, et en ordres de grandeur, pas en slogans politiques.

 

On peut contester l’usage de cette molécule pour d’autres raisons, notamment environnementales, et il faudrait alors expliquer pourquoi ce raisonnement ne vaudrait, comme par hasard, qu’en France. Mais brandir le cancer comme argument massue, ici, relève plus de l’incantation malhonnête que d’une démonstration.

 

Or, dans l’espace public, l’instruction du dossier est trop souvent remplacée par une condamnation réflexe. C’est là que la peur devient un outil, et que l’on glisse de l’alerte à l’affirmation. On l’a vu lors de la séquence précédente, lorsque des contributions adressées au Conseil constitutionnel, et signées par des sociétés savantes, dans un contexte déjà passionné, ont laissé prospérer des formules du type « menace pour le cerveau des enfants » ou « baisse du quotient intellectuel » attribuée à une exposition in utero, comme si la causalité était acquise.

 

Or cet argument du quotient intellectuel n’est étayé par aucune publication. La littérature disponible est d’un tout autre niveau de prudence. Une cohorte chinoise rapporte une association entre l’imprégnation maternelle et une légère diminution du périmètre crânien à la naissance, de l’ordre de quelques millimètres selon l’échelle d’exposition, sans permettre de conclure à une origine certaine des résidus ni, surtout, à une traduction en quotient intellectuel.

 

Et dans une autre étude, portant sur le neurodéveloppement à 2 ans, l’acétamipride a été écarté des analyses faute d’un nombre suffisant de dosages positifs. Ces affirmations successives propagées impunément et sans contrôle sont inacceptables lorsqu’elles sont relayées sous couvert d’autorité scientifique.

 

 

Les mensonges des uns provoquent la ruine des autres

 

Pendant ce temps, interdire chez nous, sans alternative opérationnelle, un produit encore approuvé au niveau européen revient mécaniquement à importer ce que l’on s’interdit de produire, au détriment de nos filières et de notre souveraineté, sans gain sanitaire proportionné. Le cas de la noisette est parlant : à force d’interdictions « symboliques » sans solution de remplacement, on menace une filière française, tout en continuant à importer massivement des noisettes produites avec l’acétamipride autorisé partout ailleurs, pour alimenter une industrie de la pâte à tartiner par exemple.

 

Et l’on perd alors le sens des priorités : dans ces produits, le déterminant sanitaire évident, documenté, massif, c’est d’abord la densité en sucres et en graisses, avec un Nutriscore E, pas l’hypothèse d’une molécule détectée à l’état de trace brandie comme un verdict. C’est cette perte d’échelle, autant que la peur, qui finit par faire loi.

 

Ce débat a ainsi une conséquence très réelle, et très française : l’affaiblissement continu de notre agriculture. À chaque polémique, on ajoute une couche de soupçon, puis une couche d’interdiction, puis une couche de contraintes, parfois sans alternative disponible à l’échelle du terrain.

 

Le principe de précaution, conçu pour encadrer l’action dans l’incertitude grave, se transforme alors en principe de la peur et de l’inaction qui contribue au déclin. On s’interdit chez nous ce que l’on importe ensuite, on fragilise des filières entières, on dégrade la compétitivité, on décourage l’innovation agronomique, et l’on s’étonne de voir reculer la souveraineté alimentaire. Le résultat est paradoxal : au nom de la protection, on délègue la production à d’autres pays, avec d’autres standards, d’autres contrôles, et parfois d’autres molécules. On déplace le problème sans le résoudre, et on ajoute au passage une crise sociale et économique au monde paysan.

 

La politisation du cancer est une pente dangereuse que nous dénonçons. Elle dégrade la qualité du débat démocratique, en remplaçant la preuve par l’indignation et la méthode par le soupçon. Elle abîme aussi la santé publique, en détournant l’attention des leviers majeurs et en installant l’idée que demander des données serait déjà suspect. Elle fragilise enfin notre agriculture, car la peur finit par devenir un texte de loi, puis une interdiction, puis une distorsion de concurrence, puis une filière qui s’effondre.

 

Qu’on ne se méprenne pas toutefois sur le sens de cette tribune : critiquer un principe de précaution dévoyé en principe de peur en instrumentalisant le cancer, à des fins médiatiques ou politiciennes, ne revient ni à prôner un recours sans limites à la chimie, ni à donner quitus à des pratiques qui seraient dangereuses au nom du rendement. En tant que scientifiques, notre responsabilité n’est pas de faire gagner un camp, mais d’empêcher que la science soit dévoyée, et de ramener le débat à ce qu’il doit être : des faits, des ordres de grandeur, des preuves. C’est précisément ce qui manque quand le cancer devient un argument politique.

 

*Signataires : Jérôme Barrière, Oncologue médical, membre de la Société Française du Cancer ; Christophe Boizard, Ingénieur agronome, agriculteur ; François-Marie Bréon, Physicien-climatologue ; Alexandre Carré, Ingénieur agronome ; Frédéric Delom, Enseignant-chercheur à l’Université de Bordeaux, Institut d’oncologie de Bordeaux, INSERM ; François De Rugy, ancien Ministre de la Transition Écologique et Solidaire, Ancien président de l’Assemblée Nationale ; Serge Evrard, Professeur de Chirurgie Oncologique à l’Institut Bergonié et à l’Université de Bordeaux ; Patrick Hautefeuille, Ingénieur agronome, spécialiste des systèmes agricoles, de la protection et de la nutrition des plantes ; Jean-Emmanuel Kurtz, Professeur d’oncologie médicale, CHU de Strasbourg, Université de Strasbourg ; Mac Lesggy, Ingénieur agronome, vulgarisateur scientifique ; Guillaume Limousin, Ingénieur agronome ; Gil Rivière-Wakstein, Fondateur de la revue Agriculture & Environnement ; Pr Jacques Robert, Professeur émérite de cancérologie, Université de Bordeaux ; Stéphane Varaire, Professeur agrégé de Sciences et Vie de la Terre, vulgarisateur scientifique.

 

* Source : La politisation des cancers est insupportable et mine la démocratie

Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
L
On vous résume la situation: jusqu'ici bien à l'abri, plus ou moins bien planqués derrière des évaluations polluées de conflits d'intérêt ou inexistantes, des acteurs économiques de la filière pesticides voient arriver une démarche politique de l'appréhension du phénomène cancer. Panique à bord: la science qu'ils avaient jusqu'à présent si soigneusement bordée menace d'être dépassée, et eux avec. Alors vite: un journal traversé de scandales éditoriaux (Le Point), quelques naïfs qui mettent leur signature sur des affirmations dépassant largement leurs compétences, et c'est parti pour une démarche politique drapée dans la science de bazar...
Répondre
L
" Le cas de la noisette est parlant : à force d’interdictions « symboliques » sans solution de remplacement, on menace une filière française": un travers connu des scientifiques - particulièrement marqué chez le professorat - c'est de croire en ses capacités intellectuelles illimitées. Voici donc que nos professeurs en médecine, ingénieurs, etc... se découvrent des compétences en économie. C'est à se demander s'ils ont vraiement écrit eux-même cette tribune ?
Répondre
L
"des contributions [concernant l'acétamipride] adressées au Conseil constitutionnel, et signées par des sociétés savantes, dans un contexte déjà passionné, ont laissé prospérer des formules du type « menace pour le cerveau des enfants » ou « baisse du quotient intellectuel » attribuée à une exposition in utero, comme si la causalité était acquise.": le dossier de l'acétamipride, ce sont de nombreuses études, dont il convient de faire une synthèse sérieuse. A rebours de toute démarche scientifique, les signataires montent ici en épingle un fait isolé, et réduisent le dossier à quelques lignes.
Répondre
L
"en installant l’idée que demander des données serait déjà suspect": il doit s'agir d'une hallucination. Les dénonciateurs des effets délétères des pesticides n'ont de cesse de demander des évaluations indépendantes et complètes avant mise sur le marché. On ne leur oppose jusqu'à présent que conflits d'intérêts et tergiversations pendant que des produits cancérogènes suspectés se répandent dans la nature.
Répondre
L
"Le principe de précaution, conçu pour encadrer l’action dans l’incertitude grave, se transforme alors en principe de la peur et de l’inaction qui contribue au déclin": une telle affirmation n'a rien à voir avec la science dont se revendiquent les auteurs, mais avec la politique (qu'ironiquement ils dénoncent ici). Serait-elle licite ici, les signataires qui se veulent caution scientifique, n'ont rigoureusement aucune compétence socio-économique pour la rendre crédible.
Répondre