Acétamipride : remettre un peu de science dans un débat qui en manque
11 Février 2026 Publié dans #Toxicologie, #Politique, #Santé, #Néonicotinoïdes, #PPL Duplomb-Ménonville
Patrick Hautefeuille, sur LinkedIn et X*
Depuis plusieurs jours, la loi Duplomb fait l’objet d’une sur-interprétation massive, notamment sur la question des pesticides.
À lire certains commentaires, le texte serait déjà une autorisation générale et aveugle de substances dangereuses… alors même que le sujet doit être débattu le 11 février à l’Assemblée nationale.
On voit se multiplier des amalgames classiques :
⏩️ confusion entre un débat législatif en cours et des décisions sanitaires déjà actées,
⏩️ assimilation automatique de pesticide à danger sanitaire avéré,
⏩️ instrumentalisation de molécules précises comme symboles, indépendamment des données scientifiques.
Avant de condamner, il peut être utile de revenir aux faits.
Prenons un exemple souvent cité parfois à tort dans ce débat : l’acétamipride, à partir d’une fiche récente de l’Académie d’Agriculture de France, fondée sur les évaluations de l’EFSA.
1️⃣ Danger et risque : deux notions différentes
👉 Le danger, c’est la capacité intrinsèque d’une substance à provoquer un effet toxique.
👉 Le risque, c’est la probabilité que cet effet survienne dans des conditions réelles d’exposition.
Confondre les deux revient à dire que l’eau est dangereuse… parce qu’on peut s’y noyer.
2️⃣ Ce que dit réellement l’évaluation toxicologique
L’acétamipride est un insecticide de la famille des néonicotinoïdes.
Les évaluations successives de l’EFSA (2016, 2022, 2024) montrent que :
❌ il n’est pas génotoxique
❌ il n’est pas classé cancérogène pour l’homme
✔️ des effets sont observés chez l’animal à très fortes doses, ce qui permet de définir des seuils de sécurité
✔️ ces seuils (DJA, ARfD) sont établis avec de larges marges de sécurité
En 2024, l’EFSA a renforcé ces valeurs de référence, par prudence, notamment en intégrant certains métabolites.
👉 Cela ne traduit pas une « révélation cachée », mais un raffinement normal de l’évaluation scientifique.
3️⃣ Et le risque pour les consommateurs ?
C’est précisément là que le débat est souvent déformé.
⏩️ Dans les conditions d’usage autorisées, les expositions alimentaires ont longtemps été jugées compatibles avec les seuils sanitaires.
⏩️ Avec les seuils plus stricts de 2024, certaines situations théoriques peuvent dépasser ces valeurs, ce qui appelle :
⏩️ des ajustements réglementaires,
⏩️ des discussions sur les usages,
⏩️ éventuellement des retraits ciblés.
👉 Cela ne valide pas le discours du « poison généralisé » et la désinformation médiatique.
______________
* Auto-entrepreneur retraité.
Source : https://www.linkedin.com/feed/update/urn:li:activity:7427082370534789120/
Ma note : Le débat de cet après-midi à l'Assemblée Nationale porte en principe sur la pétition (voir ici).
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