Vu d'Allemagne : l'UE approuve l'accord avec le Mercosur – les associations d'agriculteurs critiquent massivement cette décision
Josef Koch, Agrarheute*
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Les bovins brésiliens ne sont qu'une des préoccupations des agriculteurs européens concernant l'accord avec le Mercosur.
Le Comité permanent des ambassadeurs de l'UE a approuvé l'accord avec le Mercosur. Les associations agricoles critiquent cette décision.
L'accord avec le Mercosur a franchi une étape importante. Le Comité permanent des ambassadeurs de l'UE a approuvé aujourd'hui (9 janvier) à la majorité l'accord de libre-échange. L'Italie se serait rangée du côté des partisans de l'accord. Dès le milieu de la semaine (7 janvier), le Conseil extraordinaire de l'agriculture avait laissé entrevoir un revirement de situation. La Commission Européenne avait finalement promis davantage de fonds pour la réforme agricole après 2027. L'Italie a salué cette décision.
Les détracteurs qualifient toutefois la décision de la Commission de « tour de passe-passe » ou de « placebo ». Les voix dissidentes de l'Autriche, de la France et de la Pologne n'ont pas suffi à bloquer l'accord. La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, pourra donc signer l'accord au Paraguay lundi prochain (12 janvier).
Le Parlement Européen devrait donner son accord en mars. Le député européen autrichien Alexander Bernhuber (PPE) continuera à faire pression pour que des normes contraignantes et applicables soient appliquées aux importations. « Toute autre décision reviendrait à donner carte blanche aux importations bon marché et à porter un coup dur aux exploitations qui respectent quotidiennement les normes les plus strictes. »
Le député européen vert Thomas Waitz considère cet accord comme un « accord toxique » qui nuit aux agriculteurs européens et accélère la disparition des exploitations agricoles. Selon lui, les agriculteurs européens paient le prix fort pour l'élargissement des débouchés commerciaux de l'industrie automobile et chimique européenne. « Les tours de passe-passe dans le futur budget agricole de l'UE ne changeront rien à la réalité », déclare le député européen.
Selon le président de l'Union des Agriculteurs Allemands [Deutscher Bauernverband – DBV], Joachim Rukwied, ni les clauses de sauvegarde ni le budget de l'UE ne peuvent masquer les lacunes du chapitre agricole de l'accord avec le Mercosur. Selon M. Rukwied, la proposition de la Commission Européenne n'apporte pas d'argent supplémentaire, mais seulement une anticipation volontaire des fonds européens dont la politique agricole commune a urgemment besoin. « Nous avons besoin d'un véritable allègement, pas de placebos », prévient-il.
L'essentiel de la proposition de la Commission Européenne consiste à permettre aux États membres de l'UE d'utiliser environ 45 milliards d'euros provenant de la réserve de flexibilité pour l'agriculture et les zones rurales dès le dépôt de leurs plans de partenariat nationaux et régionaux (NRP). En outre, la proposition renvoie à nouveau aux possibilités de soutien existantes, telles que le quota cible pour les zones rurales de 48,7 milliards d'euros, la réserve agricole et d'autres instruments de crise.
Selon M. Rukwied, il s'agit d'une avance théoriquement possible. « Cela ne crée pas de fiabilité », déplore-t-il. Il demande que soit fixé un budget global fiable de 500 milliards d'euros pour les deux piliers, l'agriculture et les zones rurales, afin de garantir de manière fiable la sécurité de l'approvisionnement.
L'UE garantit ainsi un déclenchement automatique en cas de variation des volumes d'importation de plus de 5 % ou des prix à l'importation en baisse de 5 % par rapport à la moyenne triennale, ainsi qu'une surveillance prolongée de six mois et des mesures provisoires pouvant aller jusqu'à 200 jours. Par rapport au compromis du trilogue, la demande du Parlement Européen est désormais prise en compte. La Commission avait initialement proposé un seuil de 10 %.
Le commerce agricole allemand (DAH) estime que les clauses de sauvegarde convenues sont suffisantes. Du point de vue des négociants agricoles, les dispositions finales offrent une protection précise pour les produits sensibles tels que le maïs, le sorgho, le riz, les amidons, l'éthanol et le biodiesel. L'UE garantit ainsi un déclenchement automatique en cas de variation de +8 % du volume des importations ou de -8 % des prix par rapport à la moyenne triennale, ainsi qu'une surveillance prolongée de six mois et des mesures provisoires pouvant aller jusqu'à 200 jours. En cas de préjudice avéré, une suspension temporaire des préférences tarifaires ou le retour aux taux de droits de douane antérieurs sont envisagés. Les négociants y voient un « ensemble d'outils intelligents » contre l'« inondation » du marché intérieur, qui donne la priorité aux agriculteurs de l'UE et crée de la transparence.
Selon les données de l'UE, l'accord avec le Mercosur augmentera de 50 % les exportations agricoles et alimentaires de l'UE vers les pays du Mercosur, tout en protégeant 344 produits alimentaires et boissons géographiques caractéristiques de l'UE contre la contrefaçon. La nouvelle zone de libre-échange, qui compte plus de 700 millions d'habitants, sera la plus grande du genre au monde, selon la Commission Européenne.
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* Source : EU billigt Mercosur-Abkommen: Bauernverbände kritisieren den Entscheid massiv | agrarheute.com
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