Overblog Tous les blogs Top blogs Technologie & Science Tous les blogs Technologie & Science
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Publicité
Agriculture, alimentation, santé publique... soyons rationnels

Not in my backyard... pas dans mon jardin...

29 Janvier 2026 Publié dans #Elevage, #Economie, #Politique, #Activisme

Not in my backyard... pas dans mon jardin...

 

Michel Demon

 

 

 

 

La balance commerciale agroalimentaire est déficitaire. On a donc sonné le tocsin, créé des rassemblements autour du Grand Réveil et annoncé les grandes opérations : 400 poulaillers en 5 ans, des interdictions aux frontières munie d’une task-force, facilitation de la création de bâtiments divers et autre allègements réglementaires au sein d’une loi « Business Friendly Act ».

 

On va alléger les procédures, mais on ne changera pas la logique NIMBY (Not In My Backyard) qui entoure toute évolution structurelle d'un élevage. Tout le monde souhaite bénéficier d’une production made in France mais « Loin de Chez Moi ».

 

L’exemple de Julien dans les Yvelines est parlant, avec son agrandissement pour 600 poules, 2 ans de procédures pour enfin être reconnu dans son respect des règles, mais désormais ostracisé par l’ensemble des opposants au projet selon le reportage de BFM. Notons que l’opposition systématique n’est pas l’apanage du rurbain, j’ai connu des oppositions venant d’autres agriculteurs lorgnant sur les terres concernées ou envisageant la constructibilité d’autres terres proches lors de la révision du PLUi.

 

Le refus des projets s’appuie assez invariablement sur un ensemble récurrent de doléances : sonores, olfactives, visuelles, circulation des camions, pollution des eaux et désormais appropriation de la ressource en eau pour abreuver les élevages.

 

Fréquemment, on observe le dépôt d’un dossier de contestation « standard », fourni, quand il n’est pas proposé spontanément, par une association opposée au type d’activité du projet. Dans les procédures par autorisation, il est généralement déposé sans échange avec le commissaire enquêteur.

 

On observe fréquemment, quelle que soit la pertinence de l’opposition, que le commissaire enquêteur et l’administration valident de nouvelles prescriptions, pour montrer leur bonne volonté : analyses supplémentaires, étude complémentaire, aménagements supplémentaires, etc. À chaque fois, c’est une rallonge de quelques milliers d’euros.

 

Les bureaux d’études anticipent au fur et à mesure les prescriptions complémentaires les plus fréquentes dans le dossier initial ce qui les rend « réglementaires » de fait.

 

En parallèle se forme un collectif de riverains, ameutant la presse, panneaux de bords de route, quand il n’y a pas en plus lettres d’insultes, menaces. Le maire est mis en demeure de s’opposer au permis de construire.

 

Des recours systématiques sont posés en cas de validation du projet par la préfecture, parfois déposés le dernier jour du délai pour bloquer les travaux entamés. Les procédures s’allongent, les demande de reports d’audience sont fréquentes. Marches dominicales sur le site, pique-nique « citoyen » à proximité de l'habitation, photos journalières, etc.. pour épuiser le porteur du dossier. L'imagination n'a pas de limites, et cela fonctionne plutôt bien.

 

Le régime de l’enregistrement élargi ne modifiera pas la logique du NIMBY, hélas.

 

______________

 

J’identifie les signaux faibles et les paradoxes comportementaux. J’accompagne l’intégration de ces insights complexes dans votre prospective stratégique, fort de 15 ans d’expertise au service des filières agricoles.

 

Source : https://www.linkedin.com/posts/michel-demon_not-in-my-backyard-la-balance-commerciale-activity-7417953492134326272-al4

Publicité
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article