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Agriculture, alimentation, santé publique... soyons rationnels

Manger du saumon, oui... en produire, non mais ça va pas !

24 Janvier 2026 Publié dans #Activisme, #critique de l'information

Manger du saumon, oui... en produire, non mais ça va pas !

 

 

(Source)

 

 

Près de 800 manifestants contre une « usine à saumons » au Port Médoc, à Verdon-sur-Mer (Gironde), ce dimanche 18 janvier 2026. Une illustration de la bêtise et de l'égoïsme. Mais ce qui interroge le plus, c'est la complicité de notre service public audiovisuel et la partialité apparente d'un organe consultatif institutionnel.

 

 

Mme Emmanuelle Ducros a produit le mardi 20 janvier 2026 une chronique aigre-douce sur Europe 1, « Grands océans, petites pêches ». Enfin, aigre-douce... Un voyage en absurdie comme d'habitude.

 

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Mme Géraldine Woessner s'y est aussi attelée sur X, en réponse au post de France Info reproduit ci-dessus :

 

« Les Français adorent le saumon. 🐟

Ils en avalent environ 300 000 tonnes par an.

Mais ils en produisent... autour de 300 tonnes.

Rien. Peanuts.

Plus de 99,8% de la consommation française de saumon est donc importée.

D'où ? De Norvège, d'Ecosse, du Chili... Mais il s'agit principalement de SAUMON D'ÉLEVAGE - oui oui, à plus de 95%.

[...] »

 

 

Un projet qui fait sens...

 

De quoi s'agit-il ?

 

La Dépêche a produit un article au titre un peu accrocheur (faut c'qui faut...) mais qui fait honneur au journalisme d'information (le vrai, pas le frelaté), « Méga ferme à saumons en Gironde : ce que l’on sait du projet "Pure Salmon" qui prévoit de produire 10 000 tonnes de poissons par an » :

 

« En installant cette ferme aquacole, l’entreprise Pure Salmon souhaite produire "un saumon sain 100 % médoc élevé dans le respect de l’environnement et du bien-être animal". D’après eux, leur projet contribuera à "résoudre les problèmes liés à l’élevage de saumon en mer et n’aura aucun impact négatif sur les écosystèmes marins ou l’environnement".

 

Leur objectif est de produire 10 000 tonnes de poissons par an, ce qui représenterait environ 5 % de la consommation nationale de saumon. Cette production vise "à se substituer à des importations, et non à fragiliser des filières existantes. Le projet s’inscrit ainsi dans une logique de complémentarité des productions, contribuant à renforcer l’offre nationale, à réduire la dépendance extérieure et à soutenir l’ensemble de la filière française des produits de la mer", explique le fondateur Stéphane Farouze.

 

[…]

 

L’entreprise, basée à Abou Dhabi, affiche 283 millions d’euros d’investissement, abondés par le fonds singapourien 8F Asset Management. Elle promet la création de 250 emplois et une dynamisation de l’économie locale. »

 

Ajoutons que le projet compte valoriser une friche industrielle de 14 hectares. Mais la contestation est pleine de ressources... Voyez...

 

 

...mais qui, évidemment, indispose...

 

Le projet rencontre – évidemment – de fortes oppositions de la part de « nombreuses associations », et La Dépêche nous fournit un petit catalogue :

 

  • Proximité immédiate de quatre sites Natura 2000 et du Parc naturel marin de l’estuaire de la Gironde et de la mer des Pertuis (LPO) ;

 

  • Impact sur l’eau potable et sur les nappes d’eau souterraines, qui seraient déjà sous tension (Parti Génération Écologie).

     

  • Consommation énergétique annuelle équivalente à « celle d’une ville de 10.000 habitants » et besoin en eau égal « à deux ans de maraîchage sur un hectare de terres », dans une zone « à risques de submersion marine » (collectif « Eaux secours Agissons ») ;

 

  • Risques d’accident très forts, manque de maîtrise de la technologie de recirculation, densité des bassins prévue à 70 kg de saumons par m3, contre 25 kg/m3 recommandée.

 

Bref, tout est bon dans le cochon... oups ! dans la contestation.

 

Notons cependant que la production de poissons en bassins sur terre n'est pas une lubie ou une innovation d'hier ou d'avant-hier.

 

 

...et suscite des commentaires ubuesques dans l'enquête publique

 

L’enquête publique aurait suscité plus de 20.000 contributions, dont 98 % négatives. Ce chiffre de 20.000 ne devrait pas nous impressionner : avec un bon tapage dans les médias et sur les réseaux sociaux, des éléments de réponse, voire des réponses entières, tout préparés...

 

Mme Géraldine Woessner a eu accès à des commentaires et nous en a livré quelques-uns sur X :

 

« J'ai une résidence secondaire à Soulac sur Mer et espère que ce projet ne verra pas le jour. »

 

« Les Verdonnais ont très peu besoin d'emplois car leur population est âgée et ne veulent surtout pas être dérangés par des personnes peu qualifiés donc mal payés. »

 

« Vacanciers réguliers, notre famille vient 12 a 24 semaine par an dans à Soulac. Nous sommes contre le projet. »

 

« En tant que fidèle vacanciere à Soulac sur Mer depuis des années et amoureuse de la région, je suis opposée de toutes mes forces à ce projet nocif et irresponsable. »

 

Citons l'un de 2 % – soit quand même quelque 400 – commentaires en faveur du projet :

 

« Aujourd'hui cette commune est un village de retraités et/ou de vacanciers ou pire, de gens extérieurs qui viennent investir dans l'immobilier pour avoir de la tranquillité en refusant tout développement économique ou culturel privilégiant ainsi leur petit intérêt personnel.... l'école va bientôt fermer au vu du peu d'élèves inscrits, la poste a fermé ne nous laissant qu'une agence postale communale....les jeunes ne trouvent plus de travail à l'année et doivent partir en ville faire carrière alors que beaucoup souhaiteraient rester dans le Médoc....Le tourisme (que je considère très polluant par ailleurs car nos infrastrutures ne sont pas prévues pour accueillir un surplus de population pendant 2 mois rien que pour exemple notre station d'épuration) et le pseudo écotourisme ne peut pas faire faire vivre la commune à l'année. »

 

Cela ne répond évidemment pas aux objections – qui doivent être examinées selon leur mérite – mais précise le contexte.

 

 

(Source)

 

 

Et donc la manifestation du dimanche 18 janvier 2026

 

Reporterre nous a livré un compte rendu avec « "Au Verdon, pas de saumon" : des centaines de manifestants en Gironde contre un mégaprojet d’élevage ».

 

En bref,

 

« Quelque 800 personnes ont défilé au Verdon-sur-Mer, en Gironde, pour s’opposer à la construction d’un vaste élevage de saumons, la veille de la conclusion de l’enquête publique sur le projet. »

 

On trouvera dans l'article des noms d'acteurs de la contestation et des prises de position. Cela vaut lecture.

 

Pour les premiers, je me suis arrêté... au premier : Seastemik. Grâce à Reporterre, on apprend que M. Maxime De Lisle, en est un cofondateur et coprésident... car le site web de l'entité est d'une rare opacité... On y apprend toutefois que :

 

« Seastemik, un jeu de mot entre la mer et le système, est une association qui a pour mission de dépoissonner l’alimentation pour repeupler l’Océan, à travers la sortie de la pisciculture intensive - en tête le saumon - et le développement d’une alimentation végétale qui fait danser les papilles, sans vider l’Océan. »

 

On peut rester bouche bée...

 

Certes, l'élevage d'un poisson carnivore comme le saumon se fait avec des aliments issus de la pêche minotière.

 

Voici encore un commentaire :

 

« Cette usine ne correspond en rien à notre économie locale qui est basée sur le tourisme, l’artisanat et la petite aquaculture, la conchyliculture [...]. Pour ces emplois créés, combien vont être détruits dans la pêche et ailleurs ? »

 

Reporterre a eu le bon goût de citer l'entreprise Pure Salmon :

 

« […] cette production vise avant tout à se substituer à des importations, et non à fragiliser des filières existantes ».

 

Il y a eu une sorte d'alliance des contraires : d'un côté, ceux qui veulent « dépoissonner l'alimentation » et, de l'autre, ceux qui entendent défendre leur emploi lié à la pêche contre une concurrence – perçue – de l'aquaculture.

 

 

À quoi joue notre service public audiovisuel ?

 

L'article de Reporterre s'est ouvert sur une expression de surprise quant à l'ampleur de la participation à la manifestation.

 

Faut-il voir dans cette ampleur l'effet, au moins partiel, d'un post sur X (voir ci-dessus) et d'un article de FranceInfo (Radio France), « Nouvelle manifestation dimanche contre l'implantation d'une usine à saumons en Gironde » ?

 

En chapô :

 

« Un rassemblement est prévu au Port Médoc, au Verdon-sur-Mer, à 14 heures. Maire et écologistes s'opposent sur le projet qui vise à produire 10 000 tonnes de saumons par an sur la commune. »

 

Il faut bien lire : « s'opposent sur » signifie que le maire – en fait la quasi-unanimité de la communauté de communes – est pour le projet et les « écologistes » évidemment contre, conformément à leur comportement pavlovien.

 

Manifestement, c'est l'annonce d'une manifestation... L'article a été publié à 9h28, le titre laissant entendre qu'il aurait dû être publié au moins la veille.

 

L'annonce est peut-être tardive, mais le point important est : est-il dans les attributions et fonctions du service public audiovisuel de se faire le harangueur pour une manifestation de contestation ?

 

L'article semble être du style : « He said, she said » (il a dit, elle a dit), mais se termine par une référence au Bureau des Ressources Géologiques et Minières (BRGM) qui « pointe également des incertitudes et préconise des études supplémentaires, indispensables pour les opposants avant toute autorisation du projet. »

 

Au bout du compte, donc, l'article est plutôt sournois.

 

 

Et pour conclure, le Conseil Scientifique de l'Estuaire de la Gironde...

 

Nos pérégrinations sur la toile nous ont amené sur la page Facebook du collectif La Fraie Sauvage, qui a publié la première page d'un avis du 19 janvier 2026 – dernier jour de l'enquête publique... – du Conseil Scientifique de l'Estuaire de la Gironde.

 

 

 

 

Ce Conseil s'est autosaisi dans le cadre de l'enquête, selon son avis dont le début de la première page est reproduit ci-dessus (sur sa page dédiée, les avis publiés s'arrêtent à... mars 2023).

 

Son avis porte sur une « ferme-usine aquacole ».

 

Le projet comporte évidemment une usine qui transformera les saumons en marchandises destinées à la consommation, mais le vocable « ferme-usine » a une tout autre connotation.

 

Selon Ouest-France, le Conseil aurait rendu un avis défavorable, « critiquant, dans son avis rendu lundi, "des imprécisions" derrière les "affirmations rassurantes».

 

C'est, certes, le résumé fait par un journaliste. Mais il est permis de se demander si « des imprécisions » sont bien suffisantes pour justifier un avis défavorable.

 

Un avis qui, tout bien considéré, n'est pas vraiment surprenant venant d'une entité qui utilise, dès le titre, le vocabulaire de l'activisme le plus virulent...

 

 

Voyage en Absurdie...

 

Ouest-France écrit encore :

 

« Une adoption "sans délai" d’un moratoire de 10 ans sur les "fermes-usines" d’élevage de saumons en circuit fermées (sic) a été réclamée par des ONG et des parlementaires mardi 20 janvier 2026, rapporte l’Agence France-Presse (AFP). Cette demande vise notamment à suspendre un important projet contesté en Gironde. »

 

Des « ONG », largement subventionnée par l'État, c'est-à-dire nous, que ce soit directement ou par les déductions d'impôts. Et bénéficiant sans doute, pour certaines, de financements occultes.

 

Mme Géraldine Woessner avait conclu un de ses posts par :

 

« C'est absurde, c'est crétin, c'est totalement irrationnel...

Bref... C'est nous.

 

Et l'autre par :

 

« Bref, la France. »

 

Bref, il nous appartient de construire une France différente...

 

Bref, celle qui pense vraiment à l'avenir de nos enfants.

 

 

Pas sûr qu'il comprenne ce que veut dire : « Pensez à l'avenir de nos enfants »... (Source)

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H
https://www.forcesfrancaisesdelindustrie.fr/tous-ces-projets-industriels-annonces-avant-detre-bloques-puis-abandonnes/<br /> <br /> L'usine Le Duff devait s'implanter à Liffré en Bretagne, près de Rennes. Toute la région attendait ces 500 emplois comme une bouffée d'air frais. Son projet ayant été retardé de nombreuses fois depuis 2017 en raison d'oppositions écologistes, de grandes manifestations d'opposants ayant réunies jusqu'à 200 personnes... le groupe Le Duff est parti en Espagne en 2023. <br /> Le Duff a relancé mi 2025 un projet à Falaise en Normandie, 150 emplois seulement mais ?
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