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Agriculture, alimentation, santé publique... soyons rationnels

Loi d'urgence : « Paroles... Paroles... »

15 Janvier 2026 Publié dans #Politique

Loi d'urgence : « Paroles... Paroles... »

 

Géraldine Woessner, sur X*

 

 

(Source)

 

Ma note : Le titre est de mon cru. Je partage pleinement cette fatigue face à cette incapacité de nos dirigeants politiques à prendre la mesure des problèmes et de leurs responsabilités.

 

 

Un « projet de loi d'urgence et des consultations »...

Nous en sommes là.

✅Un projet de loi ? Il y en a déjà eu deux, présentés en 2024 et adoptés, l'un en mars (la Loi d'orientation pour la souveraineté agricole), l'autre dans la furie de l'été, la fameuse Loi Duplomb... Dans l'hystérie la plus totale, et dont on attend toujours la plupart des décrets d'application.

✅Des débats, des « consultations » ?

J'en recense au bas mot une trentaine, lancées depuis 2020... Sur la remuneration des agriculteurs, la souveraineté alimentaire, la simplification administrative, les pesticides, les OGM, l'adaptation au changement climatique, le Varenne de l'eau bien sûr, les méthodes bas-carbone, la méthanisation, l'usage des eaux recyclées, la pêche, les engrais, l'agrivoltaïsme... Sans compter une dizaine de consultations sur les stratégies diverses et variées d'adaptation au climat (PNACC, SNBC, France à +4 °C, trajectoires de référence...), conduites par le ministère de la Transition écologique.

On PARLE depuis 10 ans.

L'action ne suit jamais...

 

D’ici 2050, 10 % des terres arables vont disparaître, du fait de l’augmentation de la population et du réchauffement. (Source : GIEC, Inrae.)

La France utilise aujourd’hui 3 milliards de m3 d’eau pour son irrigation. L’Espagne : 22 milliards de m3.

On continue de désertifier l’Espagne, en important massivement ses fruits et légumes ?

OUI.

Dans les faits.

 

À chaque consultation « prétexte », des centaines d'acteurs sont mobilisés.

Pour des résultats minimes, quelques décrets modifiant à la marge certains cadres existants.

Rien de structurant.

Rien.

Nada.

Jamais.

 

Et surtout, AUCUNE réponse à la question centrale : la France veut-elle produire, ou importer sa nourriture, en poursuivant sur la voie de la décroissance ?

 

Vous comprendrez, dès lors, que l'annonce d'un nouveau texte et de nouveaux débats laisse les acteurs sceptiques.

On ne sait toujours pas ce que veut le gouvernement : nourrir sa population (donc améliorer l'accès à l'eau, supprimer les surtranspositions par rapport à nos voisins européens, assouplir les normes des bâtiments d'élevage, baisser les coûts et les charges ) ? Ou appliquer le Green Deal, dans toutes ses incohérences (ce que la France fait, concrètement, depuis plus de 10 ans) ?

 

Les organisations syndicales agricoles ne vont pas cracher la proposition de @SebLecornu, bien sûr... Elles sont au fond du trou, la balance commerciale agricole, bénéficiaire de 10 milliards € il y a 10 ans, est aujourd'hui dans le rouge – tout geste est bon à prendre.

« Rien ne se passera avant la présidentielle », me dit Arnaud Rousseau (FNSEA). « Un débat permettra au moins de ne pas enterrer le sujet, et de contraindre les partis politiques et les candidats à s'y intéresser », alors qu'AUCUN n'a réellement, à ce jour, de programme NI de vision agricole.

 

Mais pour ceux qui informent (dont je suis), et pour ceux qui commentent... Que dire ? Sinon que nous sommes, nous aussi, fatigués de ce jeu de dupes, de ce théâtre d'ombres...

Le réchauffement climatique, lui, est réel.

La dénatalité et la déprise agricole aussi.

 

Les jeunes souhaitant relever le défi de nourrir la France en 2050, avec des pratiques plus vertueuses, sont là. Ils n'attendent qu'un signal, et un minimum de soutien, assis sur des données réelles et raisonnables, pour se lancer. Mais ils n'ont pas droit à l'erreur. Dans leur vie entière, ils gèreront 30-40 récoltes. Ils n'ont pas le loisir de se planter.

En clair : ils attendent des politiques qu'ils abandonnent leurs discours populistes et cessent leurs querelles infantiles... Et leur indiquent clairement quel sera le cap de la Nation, sur 30 ans : décroître, ou nourrir ?

 

_____________

 

Journaliste, Le Point. Co-auteur de « Les Illusionnistes ». Etc.

 

Source : https://x.com/GeWoessner/status/2011197719574991356

 

 

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A
Le problème est plus profond que cela.<br /> Les politiques sont... des politiques. Ils font ce que les gens attendent qu'ils fassent, pour être ré-élus.<br /> Et que veulent les gens aujourd'hui ?<br /> Le lobby de la décroissance est très fort, il a réussi, à tous les niveaux, à faire passer le message qu'on pourrait très bien vivre en produisant moins, il suffirait de régler le problème du gaspillage et d'exporter un peu moins, après tout. Donc les gens, majoritairement, sont OK avec ce projet de décroissance. Et toute vision politique qui s'afficherait clairement en faveur de la PRODUCTION agricole serait immédiatement décriée - cf. la loi Duplomb. <br /> Donc les politiques laissent, insidieusement, progresser cette idée de décroissance dans les mentalités, avec quelques effets d'annonce ponctuels destinés à calmer les agriculteurs. Et ce n'est pas une petite pénurie d'oeufs (qui n'existe pas voyons) qui va changer les choses... quand on se rendra vraiment compte, collectivement, qu'on a flingué toutes nos filières agricoles et qu'on dépend du bon vouloir de nos voisins plus ou moins aimables pour avoir à manger, il sera trop tard malheureusement.
Répondre
D
Tout à fait.<br /> Je pense néanmoins que les effets de ces politiques décroissantes commencent à se voir, notamment au niveau de la disponibilité et des prix des produits.<br /> Et en plus haut lieu, au niveau macroéconomique avec pour la première fois depuis longtemps, une balance agroalimentaire négative, qu'il faut saluer comme un véritable exploit pour la France. Nous suivons le chemin du Vénézuela en somme.