L'Europe affirme vouloir une agriculture plus verte
23 Janvier 2026 Publié dans #Union Européenne, #Politique
Simon Maechling, sur LinkedIn*
L'Europe affirme vouloir une agriculture plus verte.
Des aliments plus sains. Des produits plus sûrs. Une innovation durable. Mais le système mis en place pour protéger ces objectifs les étouffe aujourd'hui.
Chaque nouveau produit de biocontrôle, de traitement biologique des semences ou de protection des cultures à faible risque est confronté à des années de bureaucratie.
Les autorisations peuvent prendre 12 à 15 ans, et parfois les produits sont lancés après l'expiration des brevets.
Au moment où l'innovation obtient le feu vert, elle est déjà obsolète.
On demande aux agriculteurs « d'utiliser des outils plus sûrs ».
On demande aux scientifiques « d'innover ».
Les uns et les autres sont pris au piège dans un labyrinthe réglementaire conçu pour les années 1990.
L'Europe exige davantage de ses agriculteurs : moins d'intrants, plus de biodiversité, moins d'émissions, mais elle leur donne moins d'outils pour y parvenir.
Le calcul ne tient pas la route.
Pendant ce temps, le reste du monde, de l'Amérique du Nord à l'Asie, approuve plus rapidement des technologies plus sûres et plus écologiques.
Ces pays protègent les agriculteurs et l'environnement grâce à l'innovation, et non à la paralysie.
Lorsqu'une nouvelle molécule de biocontrôle ou un extrait naturel met une décennie à être approuvé, ce n'est pas une question de sécurité, mais d'inertie.
Et cette inertie coûte des rendements, des emplois et des progrès en matière de climat.
L'ironie ?
La plupart de ces produits remplacent des produits chimiques plus anciens et plus risqués.
Ils constituent la transition verte que l'Europe ne cesse de promettre, mais qui est bloquée dans un embouteillage bureaucratique.
Nous n'avons pas besoin de normes moins strictes.
Nous avons besoin d'un processus plus intelligent :
→ Une autorisation plus rapide pour les outils à faible risque.
→ Moins de doublons entre les niveaux national et européen,
→ Des délais prévisibles qui correspondent à la vitesse de l'innovation,
Si l'Europe veut une agriculture durable, elle doit réparer le système qui l'en empêche.
Sinon, le « progrès vert » restera un simple slogan politique, enseveli sous une montagne de paperasse.
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* Simon Maechling est directeur de l'innovation chez Bayer, à Lyon.
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