Les vaches laitières françaises ne gaspillent pas de protéines
Benoît Rouillé, sur LinkedIn*
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💡 Les vaches laitières 🐄 françaises ne gaspillent pas de protéines ☘️
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💡 Les vaches laitières 🐄 françaises ne gaspillent pas de protéines ☘️
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💡 Les vaches laitières 🐄 françaises ne gaspillent pas de protéines ☘️
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(à répéter autant que nécessaire)
On entend souvent que les ruminants sont « peu efficaces »… Pourtant, une étude scientifique menée par Institut de l'Élevage (idele) et INRAE dans le cadre du projet ERADAL montre tout le contraire lorsque l’on regarde les bons indicateurs !
🔹 89 % : c'est la part moyenne de protéines dans l’alimentation des vaches laitières qui est non consommable par l'être humain (principalement des fourrages 🌱 🌽 et des coproduits 🔄).
👉 Ces ressources, inutilisables directement pour l’alimentation humaine, sont valorisées par les ruminants pour produire des aliments riches et digestes à travers le lait 🥛 et la viande 🥩.
🔹 1,88 : c’est le rendement net en protéines des systèmes laitiers bovins français.
👉 Autrement dit, pour 1 kg de protéines végétales consommables par l'être humain et consommées par les vaches laitières, ces dernières produisent près de 2 kg de protéines animales consommables pour l'alimentation humaine (lait + viande).
🔹 2,67 : c’est l’efficacité protéique observée dans les systèmes très herbagés.
👉 Plus il y a d’herbe dans la ration, plus le système est durable et performant sur le plan alimentaire.
💬 En résumé : les vaches laitières françaises sont productrices nettes de protéines pour l'alimentation humaine, tout en valorisant des ressources que nous ne pouvons pas consommer. Elles contribuent donc positivement à la sécurité alimentaire et à la bioéconomie circulaire, en transformant l’herbe et les coproduits agroalimentaires en lait et viande de qualité.
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* Responsable du service Climat à Idele
Source : https://www.linkedin.com/feed/update/urn:li:activity:7391849069024792577/
Ma note : Voici le résumé (découpé) de « Evaluating net energy and protein feed conversion efficiency for dairy ruminant systems in France » (évaluation de l'efficacité énergétique nette et de l'efficacité de conversion protéique des aliments pour les systèmes d'élevage de ruminants laitiers en France) de B. Rouillé, J. Jost, B. Fança, B. Bluet, M.P. Jacqueroud, J. Seegers, T. Charroin et Y. Le Cozler :
« Points forts
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Les systèmes français d'élevage de vaches laitières, de moutons et de chèvres sont des producteurs nets de protéines et des consommateurs nets d'énergie.
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La concurrence entre l'alimentation animale et l'alimentation humaine est moins forte dans les systèmes basés sur l'herbe.
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L'utilisation de concentrés ou de sous-produits mal digérés par l'homme, par exemple inutilisables dans l'alimentation humaine, a un impact positif sur l'efficacité de la conversion des aliments pour animaux comestible par l'humain [edible feed conversion efficiency].
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•L'utilisation des terres et la digestibilité des protéines doivent être prises en compte lors de l'évaluation de la concurrence entre l'alimentation animale et l'alimentation humaine.
Résumé
Les systèmes modernes de production animale sont confrontés à des défis croissants en matière de bien-être animal, de qualité des produits et d'impact environnemental. Les ruminants, en particulier, sont souvent considérés comme inefficaces en termes de conversion alimentaire, tant pour les protéines que pour l'énergie.
L'efficacité est définie comme le rapport entre les ressources et la production ; lorsqu'elle est appliquée aux systèmes de production laitière, elle correspond à la quantité totale d'aliments (kg de matière sèche de fourrages grossiers et de concentrés) consommée par kg de lait et de viande produit. Ce rapport souligne la capacité biologique des vaches laitières, des brebis et des chèvres à convertir les aliments en produits comestibles pour l'homme tout en conservant d'autres fonctions physiologiques.
Les aliments consommés par les animaux peuvent être « comestibles pour l'homme », c'est-à-dire directement utilisables pour l'alimentation humaine (céréales, légumineuses, ensilage de maïs), ou non (prairies, zones d'herbes sauvages).
Les calculs de l'efficacité du bétail sont fortement influencés par le fait qu'ils prennent en compte ou non, et qu'ils distinguent ou non, la consommation de ressources végétales comestibles ou non comestibles pour l'homme (fourrages grossiers et concentrés) ainsi que la production de produits animaux comestibles et/ou non comestibles (par exemple, lait, viande, laine, cuir).
Une meilleure compréhension de la fraction non comestible [par l'humain] de l'énergie et des protéines dans l'alimentation animale sera précieuse pour analyser la concurrence entre l'alimentation animale et l'alimentation humaine, en particulier chez les ruminants.
Dans cette étude, nous avons examiné l'efficacité de conversion alimentaire (ECA) des systèmes d'élevage de ruminants laitiers en France (vaches, chèvres, brebis) en termes d'énergie et de protéines. Nous avons émis l'hypothèse que l'ECA serait influencée par la composition du régime alimentaire et sa teneur en herbe, ainsi que par le type d'animal.
Les données provenant d'une base de données française (Diapason) ont fourni des informations sur les terres, la main-d'œuvre, les troupeaux et la production de 2012 à 2016 pour 274 élevages caprins laitiers, 108 élevages ovins laitiers et 498 élevages bovins laitiers.
Ces troupeaux consommaient des aliments comestibles pour l'homme (céréales, légumineuses, ensilage de maïs) ainsi que des aliments non comestibles (prairies, zones d'herbes sauvages).
Nous avons estimé que les systèmes laitiers français sont, en moyenne, des consommateurs nets d'énergie et des producteurs nets de protéines, avec une efficacité plus élevée pour les systèmes basés sur l'herbe que pour ceux basés sur le maïs.
À l'échelle nationale, les efficacités protéiques nettes moyennes étaient respectivement de 1,16, 1,12 et 1,88 pour les brebis, les chèvres et les vaches.
Ces résultats sur l'ECA nette dans les systèmes laitiers permettront une quantification plus objective de leur contribution à la sécurité alimentaire, qui devrait être prise en compte dans les évaluations de la concurrence entre l'alimentation animale et l'alimentation humaine et de son impact sur la nutrition humaine. Associées à d'autres facteurs tels que les émissions de gaz à effet de serre et l'utilisation des terres et des ressources, ces considérations contribueront à éclairer les discussions sur l'avenir de la production animale. »
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