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Agriculture, alimentation, santé publique... soyons rationnels

Insectes : disparition ou réorganisation ?

26 Décembre 2025 Publié dans #Biodiversité, #Article scientifique

Insectes : disparition ou réorganisation ?

 

Patrick Hautefeuille, sur LinkedIn*

 

 

 

 

Ma note : Le titre est de mon cru.

 

 

🐝 « Les insectes disparaissent ! » – Vraiment ?

 

Non. Ils se réorganisent, et le tri est déjà en cours.

Une étude parue dans Nature Communications (Bourhis et al., 2025) montre qu’en Grande-Bretagne, sur 30 ans, pas de déclin global des insectes.

 

Mais derrière cette stabilité apparente, un remaniement massif : certaines espèces gagnent, d’autres perdent.

🔹 Les espèces à plusieurs générations/an profitent du réchauffement.

🔹 Les généralistes tirent parti des paysages variés.

🔹 Les spécialistes décrochent dans les milieux dégradés.

 

📌 Précision méthodologique : l’étude ne « compte » pas les insectes.

Elle modélise leur probabilité de présence à partir de millions d’observations.

On parle ici de tendances d’occupation, pas d’abondance ni de biomasse.

 

📊 Ce que montrent les cartes :

Les pourcentages = part du territoire où chaque facteur est la cause principale d’amélioration ou de dégradation.

 

✅ Zones en amélioration :

🌡️ 44 % → hausse de la température moyenne

🌿 16 % → paysages plus diversifiés

🌳 12 % → progression des forêts de feuillus

🌤️ 7 % → plus grande amplitude thermique

🌲 5 % → progression des conifères

 

❌ Zones en dégradation :

🌧️ 48 % → hausse des pluies estivales

🏙️ 14 % → urbanisation

🌾 15 % → homogénéisation des paysages

🐄 5 % → recul des prairies semi-naturelles

🍂 3 % → perte de forêts de feuillus

 

⚖️ On ne peut pas « faire la moyenne » entre gains et pertes : ils ne concernent pas les mêmes espèces.

C’est une recomposition, pas une addition mathématique.

 

💬 Et non, l’étude ne parle pas des insecticides : pas de données spatiales fiables pour les intégrer au modèle.

Et non, nous ne sommes pas « en pleine 6ᵉ extinction de masse » comme certains l’affirment un peu vite. Les dynamiques sont beaucoup plus nuancées.

 

🌍 La biodiversité ne s’effondre pas. Elle se recompose sous pression humaine. L’écologie mérite mieux que des slogans alarmistes.

 

Source: Trait mediation explains decadal distributional shifts for a wide range of insect taxa

 

_______________

 

Auto-entrepreneur retraité

 

Source : https://www.linkedin.com/feed/update/urn:li:activity:7387892545000988672/

 

Ma note : Voici le résumé (découpé) de « Trait mediation explains decadal distributional shifts for a wide range of insect taxa » (la médiation des traits explique les changements de distribution sur plusieurs décennies pour un large éventail de taxons d'insectes) de Yoann Bourhis et al. :

 

« Des changements dans la répartition des insectes ont été signalés à l'échelle mondiale, largement attribués aux changements climatiques et paysagers. Les communautés sont en train d'être remodelées, les traits de réponse des espèces faisant le lien [mediating] avec les effets des changements environnementaux.

 

À l'aide d'une approche d'apprentissage automatique, nous modélisons 1.252 occurrences d'insectes sur trois décennies en Grande-Bretagne. Nous combinons des modèles indépendants de neuf groupes d'insectes (papillons, mites, odonates, orthoptères, carabidés, coccinelles, abeilles, guêpes et syrphes) pour obtenir une vue d'ensemble des tendances et des principaux facteurs environnementaux qui influencent la présence des insectes, ainsi que pour mettre en évidence les caractéristiques sous-jacentes aux niches qui en résultent.

 

À travers ce large éventail taxonomique, nous identifions des tendances communes dans la présence des insectes, qui ne montrent aucun déclin à l'échelle de la Grande-Bretagne depuis 1990, mais plutôt des déclins locaux et des changements dans la composition des communautés.

 

Les facteurs connus de perte de biodiversité semblent être à l'origine de ces changements, notamment l'étalement urbain et la simplification du paysage. Notre approche met également en évidence le rôle crucial de deux traits de réponse : l'étendue de l'habitat, qui fait le lien [mediating] avec les effets de l'évolution de la diversité des paysages, et le voltinisme, qui fait le lien [mediating] avec les effets de l'augmentation des températures sur les cycles de vie des insectes. »

 

 

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