La vérité sur les huiles de graines – et non, je ne suis pas payée pour dire cela !
Michelle Miller, Agdaily*
Image : Sheila Fitzgerald, Shutterstock
À propos d'une controverse qui s'est développée aux États-Unis d'Amérique, non sans le concours d'un certain... Robert F. Kennedy. Sont visées les huiles de canola (colza), maïs, graines de cotonnier, pépins de raisin, soja, tournesol, carthame et son de riz.
Parlons des huiles de graines. Ce sujet semble susciter une réaction immédiate, souvent bruyante, accusatrice et, franchement, dénuée de substance. Il semble que dès que je partage une opinion équilibrée et scientifiquement fondée sur les huiles de graines – quelque chose d'aussi simple que « Hé, peut-être que ces huiles ne sont pas intrinsèquement mauvaises » –, Internet explose d'un refrain familier :
« Oh mon Dieu, combien êtes-vous payée ? »
« Vendue ! »
« Elle est sponsorisée par Big Seed Oil ! »
Arrêtons-nous là.
Si le seul contre-argument que quelqu'un peut avancer est :« Tu dois être payée », ce n'est pas une position légitime. C'est une théorie du complot. Si vous croyez vraiment que les huiles de graines sont nocives, la bonne façon de réagir est d'apporter des preuves concrètes. Présentez des recherches évaluées par des pairs. Partagez des sources crédibles. Faites appel à des diététiciens, des scientifiques de l'alimentation ou des chimistes experts, c'est-à-dire des personnes qui étudient l'oxydation des lipides, les processus de raffinage et leurs effets sur la santé humaine.
Car voici le problème : crier : « Vendue », à quelqu'un ne renforce pas votre argumentation. Au contraire, cela l'affaiblit. Cela met fin à toute discussion constructive et révèle un manque de confiance en votre propre position. C'est une façon de détourner l'attention, pas de débattre.
Et puisque nous parlons de ceux qui seraient « payés », permettez-moi de vous poser une question en retour : qui finance l'hystérie anti-huile de graines ? Nous ne semblons jamais remettre en question l'autre camp, n'est-ce pas ? Nous ne nous demandons pas quels intérêts financiers pourraient se cacher derrière les influenceurs qui diabolisent les huiles végétales tout en faisant la promotion de leurs propres compléments alimentaires, livres ou régimes carnés. Pourquoi, lorsqu'une personne défend un ingrédient alimentaire courant, doit-elle nécessairement être à la solde d'une entreprise, alors que lorsqu'une autre personne répand la peur et vend ses propres pilules pour le foie, elle est saluée comme une porte-parole de la vérité ?
L'industrie du bien-être [wellness industry] pèse plus d'un billion [mille milliards] de dollars. Oui, un billion, avec un B. Elle est largement non réglementée et prospère grâce à un marketing agressif. Elle crée des méchants non pas sur la base de données, mais sur la base de ce qui est le plus cliquable, le plus partageable ou le plus rentable. Au fil des ans, elle s'en est prise aux OGM, au gluten, aux édulcorants artificiels, aux glucides, au cholestérol, à la viande rouge, aux œufs et maintenant aux huiles de graines. C'est un tourniquet de boucs émissaires, car la peur fait vendre.
Soyons honnêtes sur un autre point : lorsque des gens disent que la suppression des huiles de graines « a changé leur vie », ce qu'ils veulent souvent dire en réalité, c'est qu'ils ont adopté un mode de vie globalement plus sain. Ils ont arrêté de se gaver de fast-food. Ils ont réduit leur consommation de snacks ultra-transformés. Ils ont commencé à cuisiner davantage à la maison et à choisir des aliments frais et complets. Bien sûr que vous vous sentez mieux : vous avez revu toute votre alimentation.
Mais au lieu de reconnaître la situation dans son ensemble, ces gens attribuent leur succès à l'élimination d'un seul ingrédient, comme l'huile de canola ou l'huile de soja, par exemple, tout en ignorant tous les autres changements positifs. C'est comme blâmer le méchant dans un film alors que l'intrigue est bien plus complexe que cela.
De plus, pour être tout à fait claire : ni cet article ni mes publications sur Facebook sur les huiles de graines ne sont sponsorisés. Je ne suis pas payée pour défendre les huiles de graines. (Mais si quelqu'un de « Big Soybean » veut m'inviter à visiter une usine de transformation, je serais vraiment intéressée, car je crois qu'il faut apprendre à la source.) Je ne tire pas mes informations de personnalités des réseaux sociaux sans formation scientifique. Je fais confiance aux experts titulaires d'un doctorat qui ont passé des décennies à étudier ces sujets. Si je veux comprendre comment les huiles de graines sont transformées, je m'adresse à des ingénieurs et à des chimistes, pas à quelqu'un qui vend des remèdes miracles et des slogans accrocheurs.
Mon objectif n'est pas de vous vendre quoi que ce soit. Je ne suis pas là pour vous faire peur. Je suis là pour vous aider à réfléchir de manière critique. Je travaille pour une seule personne : vous, le consommateur qui souhaite obtenir des informations honnêtes et fondées sur la science dans un monde rempli de bruit, de modes et d'alarmisme. Les huiles de graines sont peut-être les méchantes de la semaine. La semaine prochaine, ce sera autre chose. Mais la science ne joue pas à ce jeu. La science suit les données, pas les gros titres. Et moi aussi.
Si vous avez des preuves crédibles qui brossent un tableau différent, je suis ouverte à la discussion. Parlons-en.
Voici quelques liens qui éclairent mon point de vue :
De l'American Heart Association
De l'Université Harvard
Mais si votre seule contribution est de dire : « Elle est payée », alors vous n'aidez personne. Vous ne faites que répéter le même discours éculé, et ceux d'entre nous qui croient aux faits plutôt qu'à la peur sont épuisés d'essayer de se faire entendre au milieu du bruit ambiant.
En fin de compte, je ne suis pas Big Food. Je ne suis pas Big Wellness. Je suis The Farm Babe, engagée en faveur de la vérité, de la transparence et de la possibilité pour les consommateurs de comprendre réellement ce qu'il y a dans leur assiette.
Parce que vous méritez mieux que la peur. Vous méritez #factsnotfear!, les faits, pas les peurs.
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* Michelle Miller, The Farm Babe (@thefarmbabe, https://www.facebook.com/IowaFarmBabe), est une agricultrice, conférencière et écrivaine qui travaille depuis des années dans le domaine des cultures en lignes, des bovins de boucherie et des moutons. Elle estime que l'éducation est essentielle pour combler le fossé entre les agriculteurs et les consommateurs.
Source : The truth about seed oils -- and no, I’m not paid to say this
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