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Agriculture, alimentation, santé publique... soyons rationnels

La déclaration de la COP30 sur l'intégrité de l'information sur les changements climatiques est erronée et dangereuse

20 Novembre 2025 Publié dans #Politique, #Climat, #Communication

La déclaration de la COP30 sur l'intégrité de l'information sur les changements climatiques est erronée et dangereuse

 

David Zaruk, The Firebreak*

 

 

L'intégrité est importante, sauf si vous êtes en désaccord. (Source)

 

 

La réalité est simple pour les militants écologistes. Il y a des informations, et ce sont des faits considérés comme la vérité. Si d'autres font des déclarations qui vont à l'encontre du consensus imposé, celles-ci sont considérées comme de la désinformation, des histoires racontées par des vendus malveillants, des sceptiques et des groupes d'intérêts particuliers. Cette vision simpliste et manichéenne du bien contre le mal méconnaît totalement le fonctionnement de l'information et la manière dont nous devrions l'utiliser. Lors de la COP30 de la CCNUCC à Belém, au Brésil, les militants pour le climat ont démontré leur ignorance de la différence entre information et connaissance dans leur récente déclaration sur l'intégrité de l'information.

 

 

Paquets d'informations

 

Les informations se présentent sous différentes formes et tailles et se contredisent souvent. Lorsque nous devons prendre une décision (comme celle d'emporter ou non un parapluie le matin), nous recueillons toutes les informations disponibles (bulletins météo, aspect du ciel, destination, taille et poids du parapluie...). En analysant ces informations, nous arrivons à une décision fondée sur les meilleures raisons et connaissances disponibles. Contrairement à ce que les militants veulent nous faire croire, la connaissance n'est pas identique à l'information (et certaines informations peuvent être écartées ou dévalorisées). Il est intéressant d'ajouter qu'une fois que nous avons interprété et traité ces informations (une fois que nous avons acquis un certain niveau de connaissance), nous les communiquons à d'autres (c'est-à-dire que nous manipulons les autres pour qu'ils voient les informations comme nous le voulons). Pour un militant, quelqu'un qui communique un point de vue différent diffuse de la désinformation.

 

Le cri de ralliement « désinformation », devenu populaire depuis la Covid, a changé la façon dont de nombreux militants intellectuellement limités interagissent dans les dialogues politiques. En ne faisant pas la distinction entre information et connaissance, les campagnes sont menées sur la base d'informations limitées qui se font passer pour des faits et des vérités. Il n'est pas question de débat ou de dialogue. Voici quelques exemples :

 

  • Plastiques : Les détracteurs des plastiques invoquent leur modèle industriel synthétique (c'est-à-dire non naturel), et cette information empêche de prendre en considération le fait que les applications des plastiques (dans les emballages ou les utilisations industrielles) sont plus durables que les alternatives telles que le verre, le bois ou l'acier. Les études sur les microplastiques et les nanoplastiques chez l'homme et dans l'environnement sont assez médiocres et n'identifient pas de niveaux d'exposition significatifs, mais cette information limitée n'influence pas les campagnes anti-plastiques.

     

  • Crises climatiques : Les informations accrues sur les phénomènes météorologiques extrêmes et les incendies de forêt sont souvent utilisées pour justifier l'urgence d'une action climatique. Les militants ignorent les informations qui montrent une diminution du nombre de tornades au cours des dernières décennies ou que les incendies sont liés à une mauvaise gestion des forêts et de l'eau, causée en partie par l'urbanisation croissante des zones forestières.

     

  • Pesticides : Les militants qui citent des informations sur les risques pour la santé liés à l'exposition aux pesticides (certains cancers ou la maladie de Parkinson) ignorent les informations sur le caractère insignifiant des niveaux d'exposition. Leurs campagnes ne prennent également en compte que les informations sur les pesticides de synthèse (industriels) et ignorent les informations sur les risques d'exposition souvent plus élevés liés aux pesticides naturels approuvés pour l'agriculture biologique.

 

Dans tous ces cas, les campagnes militantes analysent les informations selon des paradigmes sociopolitiques fixes (pro-naturel, anti-industrie, axé sur la justice sociale...), mais elles ne considèrent pas ces influences comme faisant partie de leur traitement (interprétation) d'une information donnée. Les informations fournies par les campagnes sont, selon elles, la vérité indéniable (les faits parlent d'eux-mêmes) et quiconque nie ces connaissances diffuse de la désinformation. Comme les sceptiques se situent en dehors des paradigmes sociopolitiques des militants et compte tenu de leurs intérêts particuliers présumés, ils doivent être exclus du processus décisionnel.

 

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Lorsque vous voulez définir votre monde avec des arcs-en-ciel et des papillons, vous devez chasser les nuages.

 

La technologie a rendu cette ignorance de la différence entre information et connaissance encore plus absurde. Les algorithmes classent les gens dans des chambres d'écho où tout le monde est d'accord sur l'information (le pouvoir d'une croyance dans le consensus pour faire taire le raisonnement analytique). Nos modèles d'apprentissage automatique à grande échelle (LLM – large language model) sont entraînés pour fournir aux utilisateurs une vaste gamme d'informations présentées de manière claire et fiable. Les robots ne sont pas très doués pour analyser et traiter des informations sous plusieurs angles, mais si les gens se contentent d'informations qui correspondent à leur flux algorithmique, alors, comme des « cochons rassasiés », ils sont heureux dans leur ignorance.

 

Il convient d'ajouter que les connaissances évoluent continuellement à mesure que davantage d'informations sont recueillies et traitées (donc, supposer que les connaissances sont la vérité fait passer l'analyse de l'information dans la sphère religieuse). Il existe également différentes formes de connaissances (empiriques, inductives, expérientielles...). Mais dans le monde simpliste des idéologues dogmatiques, identifier le processus de connaissance avec l'information semble être une solution raisonnable.

 

S'il est facile de conclure que les militants qui ne font pas la distinction entre information et connaissance sont soit des idéalistes naïfs, soit des opportunistes malveillants, l'évolution du vocabulaire a amplifié l'ignorance à grande échelle. Prenons par exemple une récente déclaration issue de la Conférence COP30 sur le climat exigeant « l'intégrité de l'information », signée par [douze] pays [Allemagne, Belgique, Brésil, Canada, Chili, Danemark, Espagne, Finlande, France, Pays-Bas, Suède, Uruguay].

.

 

Le double langage de l'intégrité de l'information

 

Dans 1984, le livre de George Orwell, le double langage était une technique permettant d'obscurcir ou d'inverser le sens des mots. Les rédacteurs de la COP30 ont travaillé d'arrache-pied pour intégrer le vocabulaire radical des activistes dans le langage courant. Comme « climate change » (changement climatique) ou « global warming » (réchauffement climatique) ne véhiculent plus un sentiment d'urgence, le terme « climate heating » (réchauffement climatique) apparaît dans les rapports. Les événements météorologiques font partie de la « crise climatique » plutôt que d'événements auxquels le réchauffement de la planète aurait pu contribuer. Mais le meilleur double langage est sans doute la Déclaration sur l'Intégrité de l'Information sur les Changements Climatiques. L'information est désormais déclarée vulnérable aux attaques de certaines forces obscures non identifiées qui cherchent à saper le consensus politique qui a transformé certains paquets d'informations en faits et en vérités. Mais apparemment, toute autre information qui pourrait contredire ces vérités doit être considérée comme de la désinformation et censurée.

 

La Déclaration prétend être objective, affirmant que toutes les parties au débat doivent respecter les informations, mais il est clair que ses auteurs entendent par là que ceux qui ne sont pas d'accord avec le consensus autoproclamé sur le climat sont ceux qui doivent être vaincus. Par exemple :

 

« Préoccupés par l'impact croissant de la désinformation, de la mésinformation, du déni, des attaques délibérées contre les journalistes, les défenseurs, les scientifiques, les chercheurs et autres voix publiques engagés dans la défense de l'environnement et d'autres tactiques utilisées pour saper l'intégrité des informations sur le changement climatique, qui nuisent à la compréhension du public, retardent les mesures urgentes et menacent la réponse mondiale au changement climatique et la stabilité sociale ; »

Notre traduction

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Les directeurs de l'unité « Intégrité de l'Information » des Nations Unies – j'aimerais pouvoir dire que j'invente tout cela – parlent ouvertement des menaces que représentent ceux qui remettent en cause l'orthodoxie climatique. Défendre l'intégrité de l'information sur le changement climatique signifie mettre fin à toute dissidence, critique ou analyse des informations « prouvées » sur le changement climatique.

 

Si vous n'êtes pas d'accord avec les informations ou les scientifiques qui font des déclarations politiques, si vous ne pensez pas que la crise climatique soit le problème le plus urgent de notre époque ou si vous essayez de ralentir la dynamique politique visant à imposer des solutions énergétiques vertes coûteuses et inefficaces, alors vous attaquez l'intégrité de l'information sur le changement climatique. Je dois écrire une lettre urgente à Bill Gates pour le supplier d'abandonner son récent « déni » (« denialism »).

 

 

 

Comment épelez-vous « stupide » ?

 

Le président brésilien Lula a qualifié la COP30 de « COP de la vérité ». Aucun scientifique sérieux n'utiliserait jamais un tel vocabulaire et il est clair que le président assiégé, dans une salle remplie de chaises vides, est confronté à son propre moment de vérité. La vérité est souvent utilisée dans la guerre contre la désinformation, il n'est donc pas surprenant que les organisateurs s'en prennent dès le départ à tous les dissidents ou détracteurs.

 

Ce que dit cette Déclaration sur l'Intégrité de l'Information, c'est que personne n'a le droit de contester un consensus ou même de désapprouver une position avancée par les autorités autoproclamées. Il s'agit non seulement d'un déni de la méthode scientifique, mais aussi d'une censure de l'analyse libre et de la recherche ouverte. Elle affirme également que les [douze] signataires nationaux de la déclaration ne comprennent pas la distinction entre information et connaissance. Ils considèrent que l'information est sacrée et incontestable, alors qu'elle ne fait partie que du processus d'interprétation et d'analyse permettant d'acquérir un certain degré de connaissance – un processus qu'ils semblent vouloir empêcher.

 

La déclaration prétend agir comme un défenseur contre les attaques personnelles visant les journalistes et les scientifiques. Mais qu'en est-il des scientifiques militants comme Michael Mann, qui se livrent à des attaques personnelles irrespectueuses contre leurs détracteurs, ou des intérêts personnels lucratifs de nombreux chercheurs sur le climat, ou encore des accusations de déni climatique utilisées pour ostraciser quiconque remet en question les recherches menées par le collectif climatique ? Ils devraient également être sanctionnés pour avoir porté atteinte à l'intégrité de l'information. Mais ce n'est pas le cas. Notez que j'écris ceci en tant que personne qui, depuis deux décennies, s'oppose à un groupe corrompu de scientifiques militants qui imposent leurs agendas personnels en matière de technologies agricoles et qui, pour cette raison, a perdu son emploi, son blog et a été physiquement expulsé d'une salle de conférence.

 

Qu'est-ce qui empêchera l'ONU d'utiliser ce double langage sur l'intégrité de l'information pour faire taire d'autres voix dans les débats sur les plastiques, les produits chimiques ou les maladies non transmissibles ? La Convention-cadre pour la Lutte Antitabac s'apprête à entamer sa COP11 à Genève. Elle a déjà interdit la participation de toute personne susceptible d'avoir des opinions différentes, tout à fait raisonnables, sur les mesures de réduction des risques liés au tabac, comme le vapotage ou les sachets de nicotine.

 

  • Est-ce là le niveau de restrictions extrêmes au dialogue auquel nous pouvons bientôt nous attendre de la part de toutes les organisations des Nations Unies ?

 

  • Où est l'intégrité des autorités qui censurent la libre pensée et l'échange ouvert d'idées ?

 

  • En quoi l'interdiction du dialogue ouvert par les Nations Unies n'est-elle pas identique à ce que font les fascistes ?

 

 

Ou peut-être qu'il ne s'agit pas vraiment d'intégrité...

 

Bien sûr, le point essentiel de ce mouvement pour l'intégrité de l'information est une question d'argent.

 

« 5. Nous appelons les bailleurs de fonds à :



a. Faire un don au Fonds Mondial pour l'Intégrité de l'Information sur les Changements Climatiques, géré par l'UNESCO au nom de l'Initiative. »

Notre traduction

 

L'ONU est devenue tellement dépendante financièrement des grandes fondations philanthropiques qu'elle ne se rend même pas compte à quel point celles-ci influencent ses politiques. Le prix d'un titre d'ambassadeur spécial de l'ONU dépend de l'organisation onusienne concernée et personne impliqué dans ce processus n'ose remettre en question l'impact que cela a sur sa crédibilité. Voilà des informations dont l'intégrité doit être protégée.

 

___________

 

* David est le rédacteur en chef de The Firebreak. Il est également connu sous le nom de Risk-monger. Professeur à la retraite, analyste des risques pour la santé et l'environnement, communicateur scientifique, promoteur d'une politique fondée sur des données probantes et théoricien philosophique sur les activistes et les médias.

 

Source : The COP30 Declaration on Information Integrity is Wrong and Dangerous

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U
On y arrive ici aussi :<br /> la diffusion sans contradiction de propos niant l’existence du changement climatique dû aux activités humaines est une faute (Conseil d’Etat, 6 novembre 2025, n°497471)
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M
Remarquable article, à diffuser largement.
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