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Un « rapport » d'un trio d'« ONG » ... une dépêche de l'Agence France-Presse (AFP), reprise par exemple par Le Monde... Et aussi une grande enquête de Mme Géraldine Woessner dans Le Point... suivie comme d'usage par des tombereaux de bassesses.
Procédons dans le désordre !
Le 22 octobre 2025, Mme Géraldine Woessner a publié sur le site du Point une remarquable enquête, « Qui est QuotaClimat, la petite association qui veut dicter l'information climatique ? »
(Source)
C'est une œuvre de salubrité publique, mais, hélas, derrière un péage. Cela vient avec une tribune, « Ne bâillonnons pas le débat sur l’écologie », en accès libre, que nous reproduisons sur ce site.
Cela commence mal... enfin pour QuotaClimat :
« Ils ont battu le rappel sur les réseaux sociaux, à la défense d'une noble cause : "Face à la désinformation climatique, quelle action publique ?" Organisé ce 22 octobre à l'hôtel de Lassay, le colloque est censé réunir la fine fleur des élus, acteurs publics et journalistes mobilisés en faveur d'une juste information sur le changement climatique – un événement "parrainé par Yaël Braun-Pivet, présidente de l'Assemblée nationale", clame l'affiche. Qu'importe si cette dernière, contactée par Le Point, n'est pas au courant : "De quel événement parlez-vous ? J'avoue que je prête seulement les salles…" Une petite entorse à la vérité qui illustre à merveille la méthode de QuotaClimat, association confidentielle à l'origine de l'événement. »
On trouvera le programme de cet événement ici. Le site Transitions & Énergies en a produit un court compte rendu sous un titre explicite : « QuotaClimat, la censure institutionnalisée » (derrière un péage, mais le compte rendu est accessible). Extrait :
(Source)
« Le colloque du 22 octobre de plus de trois heures à l’Assemblée nationale a été sans grand intérêt avec une succession de plaidoyers pro domo dans une atmosphère d’entre-soi. Seule voix discordante, celle d’Agnès Pannier-Runacher, qui à la fin de son discours a expliqué "qu’il est nécessaire de débattre du chemin pour mener la transition écologique et qu’il n’est pas unique". Plus important encore, elle s’est déclarée "contre toutes les formes d’atteintes à la liberté de la presse. On ne peut pas définir une forme de bien-pensance".
En faut-il davantage pour décrire un objectif des plus inquiétants ? Sur le fond, c'est sans doute suffisant pour se convaincre d'une dérive totalitaire d'autant plus inquiétante qu'elle est soutenue par bien plus qu'un quarteron de députés (voir aussi, sur ce site, « Environnement : pour 45 députés, la censure, c'est l'information ! ».
Un exemple des dispositions proposées dans la proposition de loi. En bref, l'ARCOM – qui a notamment pour mission de permettre l'accès des publics à une offre audiovisuelle pluraliste et respectueuse des droits et libertés – serait transformée en police de la pensée et définirait ce qu'il est permis de dire ou d'écrire. (Source)
Mais un autre aspect essentiel est le financement. Ce qu'en dit Mme Géraldine Woessner :
« L'argent, nerf de la guerre
Malgré sa taille modeste, QuotaClimat dispose déjà de soutiens financiers importants, mobilisés pour lancer son Observatoire : 28 000 euros apportés par l'Arcom (en 2024), 125 000 euros par l'Ademe dans le cadre d'un appel à projet... Le ministère de la Culture a quant à lui apporté une subvention de 350. 000 euros via le plan France 2030. Enfin la Fondation de France a déjà versé 200 000 euros, qui seront complétés "par un dernier versement de 100 000 euros en 2026, à l'achèvement du projet", qui doit bientôt s'étendre au contrôle de la presse écrite. Soit, en deux ans, quelque 800 000 euros. »
Commentaire de Transitions & Énergies :
« Cela signifie en clair qu’une autorité et une agence publiques financent une association qui dénoncent les propos climatiques et énergétiques qu’elle juge déviants, notamment auprès de cette même autorité. Et ce n’est pas tout. Le ministère de la Culture a lui apporté une subvention de 350.000 euros via le plan France 2030. On se demande ce que vient faire le ministère de la Culture sur ce terrain. »
En plus bref : notre argent est-il bien dépensé ?
Et en beaucoup plus sérieux : cette collusion est-elle admissible... d'autant plus qu'il s'agit du financement de manœuvres contre la liberté d'expression et la liberté de la presse ?
La sorte de pince-fesses à l'Hôtel de Lassay a coïncidé avec la publication d'un « rapport », « Cartographie de la désinformation climatique dans les médias français et brésiliens » produit par lData For Good, QuotaClimat et Science Feedback (rapport, page d'actualités, page LinkedIn, page de Science Feedback).
Résumé selon la page d'actualités :
« À quelques semaines de la COP 30, les ONG Data For Good, QuotaClimat et Science Feedback dévoilent les conclusions de leur nouveau rapport cartographiant la désinformation climatique dans les médias audiovisuels. Elles alertent : 529 cas ont été détectés en France en 8 mois. Sans prise en charge médiatique et politique suffisamment rapide, la désinformation climatique risque de se propager davantage dans les médias mainstream, où l’intégrité de l’information est pourtant encadrée.
On sait maintenant ce que signifie « prise en charge […] politique suffisamment rapide »... En tout cas, cet opus de quelque 115 pages démontre la puissance des outils informatiques au service du flicage des expressions d'opinions.
(Source)
Incidemment, l'inclusion du Brésil dans le « rapport » indique une intention de porter le musellement de la liberté d'expression et d'information – la censure – devant la COP 30. À en croire ce « curieux » article de TV5 Monde, les activistes pourraient bénéficier d'un soutien de celui qui est le Secrétaire Général des Nations Unies... La question de l’intégrité de l'information a été incluse dans le programme d’action de la COP, et la désinformation a été désignée comme la principale vulnérabilité mondiale dans le tout premier rapport mondial des Nations Unies sur les risques.
Les auteurs ont identifié 19 « narratifs de désinformation » principaux. Cela vaut la peine de les citer ici (entre parenthèses : le nombre d'occurrences allégué entre janvier et août 2025) :
« Les énergies renouvelables variables font exploser le prix de l'électricité. (125)
Les énergies renouvelables sont inefficaces ou inutiles en raison de leur intermittence. (71)
Le soutien de l'État aux énergies renouvelables est gigantesque (de l'ordre de dizaines voire centaines de milliards d'euros dans les prochaines décennies). (71)
Les énergies renouvelables variables provoquent des blackouts et compromettent la sécurité d'approvisionnement électrique. (44)
En France, la production nucléaire suffit à répondre aux besoins en énergie et grâce à elle le mix électrique et/ou énergétique est déjà décarboné. (42)
Le bilan environnemental des éoliennes est négatif et elles sont un désastre pour la biodiversité (oiseaux) et la santé humaine (maladies). (39)
La France est l'un des pays qui émet le moins de gaz à effet de serre au monde. (25)
Réduire les émissions de gaz à effet de serre de la France n'a aucun impact sur le climat (23)
Les ZFE ne produisent aucun effet écologique notable et ne réduisent pas les émissions de gaz à effet de serre. (20)
Les voitures thermiques ne sont pas un problème pour l'environnement. (18)
Le climat a toujours fluctué de façon naturelle, [...] et il n'y a aucune raison de s'en inquiéter. (17)
Les politiques climatiques sont adoptées sans connaitre l'impact qu'elles pourraient avoir. (17)
Les voitures électriques polluent plus que les voitures thermiques ou hybrides. (17)
Les données scientifiques sur l'ampleur du changement climatique sont falsifiées (16)
L'origine anthropique du réchauffement climatique est incertaine ou insignifiante. (16)
Les solutions de décarbonation de l'économie cachent des intérêts financiers (14)
La climatisation n'a pas d'impact négatif face au changement climatique, (15)
On nous fait croire qu il existe un consensus sur le réchauffement climatique, ce qui est faux [...]. (13)
L'agriculture et l'élevage sont inoffensifs voire bons. (9)
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(Source)
Il n'est pas dans nos moyens de vérifier la véracité des allégations ci-dessus, que ce soit au niveau textuel ou résumé de propos sans doute plus détaillés, voire nuancés.
En revanche, il est facile de comprendre que la « désinformation » prend ici une acception très extensive, qu'elle porte sur des sujets très éloignés du climat et, par voie de conséquence, que l'on entend donner une interprétation tout aussi extensive à la proposition de légiférer sur la restriction de la liberté d'expression et d'information.
La publication de ce rapport se devait d'être annoncée par une dépêche d'une Agence France-Presse dont la serviabilité à l'égard de l'activisme n'est plus à démontrer. C'est fait avec une servilité et une absence d'esprit critique qui, elle aussi, n'est plus à démontrer. Le paragraphe introductif (repris du Monde) :
« "Les énergies renouvelables sont inefficaces", "réduire les émissions de gaz à effet de serre de la France n’a aucun impact sur le climat" : entre janvier et août 2025, 529 affirmations sur le climat qualifiées par trois ONG "d’informations erronées" ont été détectées sur dix-huit chaînes de télévision et de radio publiques et privées. »
Quel lien entre le climat et la première assertion ? Et surtout, où est l'erreur pour une France qui produit de l'électricité très peu carbonée grâce à l'hydraulique et au nucléaire ? La deuxième n'est-elle pas (presque) vraie compte tenu du poids de la France dans les émissions mondiales et du sous-entendu limitatif qu'est la référence implicite à la production d'électricité ?
Mais il est vrai que rapporter des allégations fausses, incorrectes ou douteuses, c'est faire de l'information... mais rapporter ou permettre l'expression d'allégations entièrement ou suffisamment exactes, c'est de la désinformation quand elles heurtent l'idéologie.
Au moins aura-t-on donné la parole aux principales chaînes mises au pilori :
« Sollicité par l’Agence France-Presse (AFP) pour réagir aux accusations, le directeur général de Sud Radio, Patrick Roger, a évoqué "un manque de rigueur dans la méthodologie" du rapport, qui prend seulement en compte les programmes d’information et non la totalité des contenus. "C’est une lecture militante sans recul, qui confond le débat démocratique avec la désinformation", a estimé M. Roger. Ni CNews ni Europe 1 n’ont répondu à l’AFP. »
Le Monde figure parmi les « clients » de l'AFP. C'est « Sud Radio, CNews et Europe 1 sont les médias qui diffusent le plus de "désinformation climatique", selon un rapport d’ONG ».
En chapô :
« "Un cas de mésinformation climatique [information inexacte sans intention malveillante démontrée] est détecté toutes les quarante minutes de programme d’information consacré au changement climatique sur Sud Radio. C’est une fois toutes les heures pour CNews", affirme le rapport. »
C'est ciblé ! Au moins aura-t-pn mis « désinformation climatique » entre guillemets dans le titre et évoque une « mésinformation » dans le chapô...
Voici, par exemple, la page LinkedIn de M. Jordan Allouche, qui se prévaut de l'écolobby ou du lobbying écologiste – une activité tout à fait honorable si elle est pratiquée conformément aux standards de l'honorabilité.
Intéressant le post dans lequel il commence par prétendre que Mme Géraldine Woessner s'est livrée à une « opération de lobbying », et ce, « [s]ous couvert de défendre la liberté d’expression ». Instructif sur certaines méthodes déployées par le lobbying...
Un extrait de mon commentaire :
« C'est hilarant : un lobbyiste assumé tente de défendre une association dont le fond de commerce est le lobbying – oups ! le « plaidoyer » puisque c'est, selon elle et ses congénères et supporters, pour la bonne cause – en reprochant à une journaliste – qualification contestée par la meute – de faire du... lobbying. »
Mais c'est aussi les autres commentaires qui valent le détour. Exemple, d'un avocat, « raisonnablement » ordurier :
« Par quels lobbys est payée Géraldine Woessner pour raconter autant de conneries et de contre vérités ?
Une enquête serait bienvenue..... »
Où sont-elles, les c... ? Jusqu'à plus ample information, cet article n'a pas été « débunké ». Mais son auteure, une fois de plus, a été traînée dans la boue, ce qui n'est pas nouveau.
Attaquer la messagère plutôt que le message ? C'est peut-être un gage de qualité du message...
Si vous avez encore des doutes sur les relations incestueuses (et accessoirement la prolifération de structures activistes chassant en meute). (Source)
QuotaClimat est enregistré dans le Registre de Transparence de l'Union Européenne. Les données ont été mises à jour le 1er juillet 2025. L'adresse est à Grenoble. Dans la fiche de la Haute Autorité pour la Transparence de la Vie Publique (HATVP), c'est Paris...
Selon le registre, une personne participe aux activités. Selon la fiche, quatre personnes sont chargées de la représentation d'intérêts. Notez : ce n'est pas forcément incompatible, une personne pouvant être spécialement chargée du lobbying européen.
Dans le registre, les dernières informations financières concernent l'exercice... 2023. Avec un budget total de quelque 93.000 euros et deux contributions supérieures à 10.000 euros : de Enowe (20.000 euros) et Expertises Climat (15 000 euros). L'absence de mise à jour est sans doute un oubli...
Faut-il aussi interdire ce genre de publication, Mesdames et Messieurs les Honorables membres de l'Assemblée Nationale signataires d'une proposition de loi scélérate aux relents totalitaires ? Museler aussi les platistes ?
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(Source)
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