Les microplastiques et l'EFSA
Simon Maechling, sur LinkedIn*
On vous a dit que les microplastiques étaient partout. Dans votre nourriture. Dans votre sang. Même dans votre cerveau. Vous devriez paniquer. Vous devriez vous mettre en colère.
Mais que se passerait-il si la plupart de ces informations étaient sans fondement scientifique ? 🧵
Cette semaine, l'Autorité Européenne de Sécurité des Aliments (EFSA) a examiné 122 études majeures sur les microplastiques et les nanoplastiques dans les emballages alimentaires.
Son verdict ?
🚨 La plupart étaient lacunaires, peu fiables ou corrompues.
Ce ne sont pas mes mots. Ce sont ceux des meilleurs scientifiques alimentaires de l'UE.
L'EFSA a constaté :
– Des erreurs d'identification généralisées.
– Des défauts méthodologiques importants.
– Une contamination de fond généralisée.
De nombreux laboratoires « trouvaient » des particules qui n'étaient même pas présentes dans les emballages qu'ils testaient.
Dans près de la moitié des études, les scientifiques ont trouvé exactement ce qu'ils cherchaient.
Dans 11 % des cas, ils ont « trouvé » des plastiques qui n'étaient même pas présents.
Dans plus de 50 % des cas, les méthodes utilisées n'ont rien permis de détecter de significatif.
Ce n'est pas de la science. C'est un jeu de devinettes.
L'EFSA a également critiqué leurs outils :
Les environnements de laboratoire ? Contaminés.
La spectroscopie Raman ? Trop bruyante.
Les scans infrarouges ? Trop vagues.
Le résultat ?
Des faux positifs.
Une panique médiatique.
Des données erronées.
Alors, comment sommes-nous passés de données de laboratoire approximatives...
à des titres de journaux criant « Du plastique dans votre cerveau » ?
C'est simple :
💰 Des poursuites judiciaires.
💸 Des campagnes d'ONG.
📣 Du journalisme putaclic.
La peur fait vendre. Surtout lorsqu'elle correspond au discours des militants.
L'EFSA a dit ce que peu de gens osent dire :
Ces études ne sont pas seulement erronées.
Elles induisent le public en erreur.
Elles alimentent la méfiance.
Elles font perdre du temps.
Et elles créent de faux ennemis tout en ignorant les risques réels.
Elle a publié 6 recommandations urgentes pour remédier à cette situation :
– De meilleures méthodes.
– Des tests standardisés.
– Une contextualisation des risques.
– Cesser de confondre bruit de fond et exposition réelle.
Traduction : « Mettez de l'ordre dans vos affaires. Ou cessez de publier. »
L'EFSA a rappelé aux chercheurs de comparer les risques liés aux microplastiques... aux risques réels.
Comme, par exemple, la nourriture elle-même.
Ou l'alcool.
Ou la pollution atmosphérique.
La perspective est importante.
Si seulement le même examen minutieux était appliqué à :
– L'hystérie autour des PFAS.
– Les poursuites judiciaires contre le paracétamol.
– La désinformation anti-vaccins.
– L'anxiogenèse sur les pesticides.
Le complexe activiste-industriel a manipulé la science.
Et maintenant, la science riposte.
Il ne s'agit pas seulement des plastiques.
Il s'agit de confiance.
De vérité.
Il s'agit de savoir si nous laissons la science être détournée par la peur, les financements et les agendas politiques.
L'EFSA a tracé la ligne. D'autres devraient suivre.
Les scientifiques ne sont pas tous honnêtes.
Toutes les études ne se valent pas.
Les données ne sont pas toutes fiables.
Mais les preuves restent importantes.
Et nous avons besoin d'institutions suffisamment courageuses pour dire :
« Ce n'est pas suffisant. »
Et... « Vous êtes induits en erreur. »
Récompensons ceux qui le font.
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* Simon Maechling est directeur de l'innovation chez Bayer, à Lyon.
Ma note : Voici le résumé (découpé) de « Literature review on micro- and nanoplastic release from food contact materials during their use » (revue de la littérature sur la libération de microplastiques et de nanoplastiques à partir de matériaux en contact avec les denrées alimentaires pendant leur utilisation)
« Afin de rechercher des preuves de la libération de microplastiques et de nanoplastiques (MNP) lors de l'utilisation de matériaux en contact avec les denrées alimentaires (FCM), une revue structurée de la littérature a été réalisée sur les études publiées entre 2015 et le 20 janvier 2025.
Elle a permis d'identifier 1.711 publications, dont 122 ont été sélectionnées pour l'extraction de données. Huit publications supplémentaires ont été ajoutées afin d'apporter davantage de contexte.
La plupart des études portent sur les microplastiques, tandis que les données sur les nanoplastiques sont presque totalement absentes.
La plupart des publications utilisent de l'eau ou des simulants alimentaires aqueux comme milieu de contact avec les FCM pour la mise en suspension et l'isolement ultérieur des MNP libérés. Seuls quelques cas ont été testés avec des aliments autres que l'eau minérale.
Malgré le grand nombre de publications étudiant la libération de MNP à partir des FCM, les preuves disponibles concernant les caractéristiques et les quantités de MNP libérés à partir des FCM restent limitées.
De nombreuses publications sont affectées par des lacunes méthodologiques dans les conditions d'essai, dans la préparation des échantillons et par des insuffisances dans la fiabilité des données analytiques, ce qui entraîne fréquemment des erreurs d'identification et de comptage.
Sur la base des conclusions relatives aux mécanismes de libération, aux contaminations, aux substances mimétiques, au nombre et à la masse des particules générées lors de l'utilisation des FCM, il est conclu
(i) qu'il existe des preuves de la libération de microplastiques lors de l'utilisation des FCM ;
(ii) que cette libération est due à des contraintes mécaniques, telles que l'abrasion ou la friction, ou à des matériaux présentant des structures ouvertes ou fibreuses ;
(iii) que malgré les incertitudes, la libération réelle est bien inférieure aux résultats présentés dans de nombreuses publications.
Compte tenu de tout cela, il n'existe à ce stade aucune base suffisante pour estimer l'exposition aux MNP provenant des FCM lors de leur utilisation. Cette étude identifie les lacunes méthodologiques et les données manquantes, et formule des recommandations sur les besoins futurs en matière de recherche dans ce domaine.z
Nos médias ont tous eu piscine...
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