10 enseignements tirés des 10 années qui ont suivi la publication de la monographie 112 du CIRC sur le glyphosate
Une date sombre dans l'histoire de la cupidité et de l'opportunisme des ONG, des militants et de l'industrie du contentieux
David Zaruk, The Firebreak*
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Il y a dix ans cette semaine [l'article d'origine est du 2 août 2025], le Centre International de Recherche sur le Cancer (CIRC) publiait dans son intégralité la monographie 112, qui comprenait une décision sur la cancérogénicité du glyphosate. Les dix années d'activisme, d'opportunisme et de spéculation qui ont suivi cet événement orchestré par des militants ont remodelé le paysage réglementaire, agricole et des campagnes des ONG pour la prochaine génération. Je suis encore stupéfait de voir comment une substance relativement inoffensive et un intrant agricole extrêmement important ont pu être si facilement détournés par une bande d'opportunistes, d'idéologues sectaires et de groupes d'intérêts bien financés.
Pour marquer ce moment, auquel j'ai également joué un petit rôle, voici dix enseignements tirés des dix années qui se sont écoulées depuis que le CIRC a lancé ce qui est depuis devenu un scénario militant bien rodé. Écoutez également ma discussion sur ces points avec le professeur Kevin Folta dans son podcast, Talking Biotech.
Les scientifiques et la communauté scientifique dans son ensemble étaient autrefois perçus comme un monde dédié à la découverte, révélant les vérités et les preuves et respectant des codes de conduite stricts, l'intégrité et la méthode scientifique. Lorsque j'ai révélé qu'un scientifique qui jouissait d'une considération considérable parmi ses pairs, Christopher Portier, avait participé au groupe de travail du CIRC sur la monographie du glyphosate pour le compte d'avocats spécialisés dans la responsabilité civile préparant des poursuites contre Monsanto, son comportement a suscité un choc et une indignation considérables. Portier a ensuite été grassement rémunéré par l'industrie américaine du contentieux pour mener une campagne mondiale contre les agences de réglementation qui rejetaient les conclusions du CIRC. Des recherches plus approfondies ont révélé combien de scientifiques ayant siégé dans les groupes de travail du CIRC avaient complété leurs revenus par des honoraires lucratifs (environ 500 dollars de l'heure) en tant que consultants dans le cadre des procès sur le glyphosate. Nombre d'entre eux étaient membres du Collegium Ramazzini et beaucoup, comme Portier, n'avaient jamais mené de recherches ni publié d'articles sur le glyphosate auparavant.
Le CIRC aimait souvent affirmer qu'il était une agence de l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS), mais lorsqu'il a commencé à subir des pressions en raison de ses échecs et de ses conflits d'intérêts à la suite de la publication de la monographie sur le glyphosate, il est devenu évident que l'OMS n'avait aucune influence sur cette agence voyou (contrairement à l'ONU qui a pu réorganiser le GIEC à la suite du ClimateGate, après la fuite des courriels de l'Université d'East Anglia). Le CIRC n'est responsable que devant ses 30 États membres et les fondations qui financent son budget.
Les fonctionnaires du CIRC ont passé plus de temps à coordonner des attaques personnelles contre les scientifiques qui contestaient les conclusions de la monographie 112, à menacer les rédacteurs en chef qui publiaient des articles contre eux, à correspondre avec des militants anti-OGM et à suivre l'évolution du processus politique visant à interdire le glyphosate. Lorsque des scientifiques américains ayant siégé au groupe de travail du CIRC ont reçu des demandes d'accès à l'information (FOIA), la responsable de la monographie 112, Kate Guyton, a exigé que tous les courriels du CIRC restent confidentiels.
En 2017, une série de révélations ont été faites sur la monographie 112 et le comportement inapproprié du CIRC. Il a été découvert qu'on a modifié la monographie finale sur le glyphosate après la clôture des réunions afin de rendre la conclusion, « probablement cancérogène », plus justifiable. Des membres du groupe de travail ont admis qu'ils avaient dissimulé des données issues des réunions de la monographie 112 qui auraient pu jeter le doute sur les risques du glyphosate. On a ordonné aux scientifiques participant au panel de la monographie 112 de ne pas se conformer aux exigences de transparence. L'équipe de communication du CIRC était très engagée politiquement dans le militantisme anti-glyphosate. Vers la fin de 2017, plusieurs membres du Congrès américain ont écrit au CIRC pour lui poser une série de questions et demander à son directeur, Chris Wild, de se rendre à Washington pour témoigner. Wild a non seulement refusé de se conformer à cette demande, mais sa réponse aux lettres a été irrespectueuse.
Quand le cirque du CIRC est arrivé en ville.
En 2018, à la fin du mandat de Wild, la nouvelle directrice, Elizabete Weiderpass, a pris la relève, mais n'a introduit que quelques réformes discrètes du programme de monographies (Kurt Straif a pris sa retraite et Kate Guyton a été écartée de la structure hiérarchique). Cependant, aucune réforme majeure n'a été apportée à l'approche fondée sur les dangers ni à l'activisme politique. En 2023, avec l'intervention sur la monographie de l'aspartame (où le Comité d'Experts FAO/OMS sur les Additifs Alimentaires (JECFA) a été chargé de l'évaluation des risques), il est devenu évident que l'activisme politique mené par Ramazzini était toujours bien vivant au sein du CIRC. Ils sont revenus au service de l'industrie du contentieux avec une récente monographie sur l'essence.
Ma note :
Mais le site Internet du CIRC a été réorganisé de sorte que les les documents « compromettants » ne sont plus directement accessibles. Et si vous voulez les chercher sur Archive.org, il faut connaître l'ancienne URL.
L'Institut Ramazzini est un laboratoire basé en Italie et aligné sur un groupe mondial de scientifiques membres du Collegium Ramazzini. Il produit des études qui remettent en question le consensus sur les expositions environnementales (comme ses documents contre la sécurité du glyphosate et de l'aspartame) et nombre de ses rapports alimentent directement le programme de monographies du CIRC, où de nombreux scientifiques affiliés à Ramazzini participent activement à des groupes de travail. Le financement des recherches de Ramazzini provenait en grande partie du bureau de Linda Birnbaum au NIEHS (National Institute of Environmental Health Sciences) avec des contrats de 2000 à 2020 accordant des millions de dollars au petit laboratoire italien. Birnbaum est membre du Collegium Ramazzini.
« USASpending.gov montre que Ramazzini figure dans 13 contrats différents du NIH, par l'intermédiaire de quatre tiers différents, pour un montant de près de deux millions de dollars depuis 2009. Depuis que Birnbaum a pris ses fonctions au NIEHS en 2009, cette agence a versé au moins 92 millions de dollars de subventions aux membres du Collegium Ramazzini ; le NIH a accordé plus de 315 millions de dollars de subventions aux membres de Ramazzini depuis 1985. »
Cet argent a été dépensé pour soutenir les recherches utilisées dans les monographies du CIRC qui remettaient en cause les politiques réglementaires américaines soutenues par les conclusions du consensus scientifique dominant. En d'autres termes, Ramazzini et le CIRC sont devenus des outils importants permettant aux scientifiques militants de contourner le processus réglementaire américain.
Puis l'argent s'est tari et Ramazzini a dû puiser dans d'autres sources, comme le secteur américain du contentieux.
Quelques exemples :
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Ils n'ont pu réunir qu'environ 300.000 euros pour leur Étude Mondiale sur le Glyphosate (GGS – Global Glyphosate Study), ce qui l'a retardée de plusieurs années. En 2018, pour sauver la GGS, le directeur de recherche du Collegium Ramazzini, Philip Landrigan, a transféré près d'un million de dollars provenant de fonds que des cabinets d'avocats américains avaient donnés à la Heartland Health Study (qu'il dirigeait également) via son institution universitaire, le Boston College. Il n'a reconnu ce transfert qu'en 2023, lorsque la nouvelle direction de la Heartland Health Research Alliance l'a informé que son transfert était illégal et contraire à l'éthique.
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Lorsque la GGS a finalement été publiée en 2025, la promotion (défense) de l'article a été assurée par Mercury Films, une organisation dirigée par Jennifer Baichwal, réalisatrice du film anti-glyphosate Into the Weeds (plongée dans les mauvaises herbes). Ce film et les campagnes qui ont suivi ont été financés par l'industrie américaine du contentieux en matière de responsabilité civile.
Lorsque la journaliste de Reuters Kate Kelland a publié une série d'articles dénonçant la mauvaise gestion des preuves par le CIRC et le processus de publication de la monographie 112, elle a remporté des prix. Mais elle a également été victime d'attaques personnelles incessantes (tout comme Reuters) et accusée d'être à la solde de Monsanto, ce qui l'a contrainte à changer de rédaction. Elle a finalement quitté Reuters. Ce n'est pas rare. En défendant les agriculteurs et leur droit d'accéder à une technologie efficace pour une agriculture durable, j'ai moi aussi été fréquemment attaqué et j'ai également payé plusieurs prix sur le plan professionnel.
Aucun journaliste qui espère faire carrière dans les médias n'osera se lever et dénoncer les manigances de ces activistes, compte tenu du pouvoir dont disposent ces groupes pour les punir. Au cours des dix dernières années, les articles sur le glyphosate nous ont montré de manière exemplaire que les médias ne se contentent pas de rapporter des faits et des preuves, mais présentent ce qu'ils pensent que le public veut entendre (et ce qui leur coûtera le moins possible en termes de critiques). Donald Trump l'a bien compris et exploite au maximum cette peur et cette faiblesse des médias.
La conférence de 2012 à La Jolla, organisée par Naomi Oreskes et l'Union of Concerned Scientists, a réuni un groupe d'ONG militantes, d'avocats et d'universitaires. Ils ont examiné la stratégie (couronnée de succès) utilisée contre l'industrie du tabac pour l'amener à la table des négociations (et à se mettre à genoux) et ont élaboré une stratégie similaire pour appliquer cette approche à d'autres industries. Le cas qu'ils examinaient à La Jolla consistait à « tabaciser » l'industrie des combustibles fossiles, en l'attaquant avec une série incessante de poursuites judiciaires (pour avoir causé le changement climatique) coordonnées avec des campagnes de dénigrement militantes (comme la campagne « Exxon Knew », Exxon savait, d'Oreskes) jusqu'à ce que ces entreprises fassent faillite ou changent leur stratégie commerciale.
Les premières tentatives du procureur général de New York pour assigner ExxonMobil à comparaître ont montré que le processus serait plus difficile, plus coûteux et plus long. Mais le Playbook, le manuel de stratégies, de La Jolla a été appliqué contre le glyphosate, avec des cabinets d'avocats, des ONG et un groupe de scientifiques de Ramazzini qui ont pris pour cible Monsanto jusqu'à ce que, sous le nom de Bayer, l'entreprise accepte un règlement à l'amiable de 11 milliards de dollars. Cela n'a pas suffi à satisfaire l'appétit vorace des avocats spécialisés dans la responsabilité civile, et le Playbook continue d'être appliqué jusqu'à ce que le glyphosate soit interdit. Une tentative similaire a également été faite pour interdire le talc en poursuivant J&J en justice et, avec moins de succès immédiat, Coca-Cola, pour son utilisation de l'aspartame. Les avocats, les ONG et les scientifiques sèment désormais leurs graines dans les domaines plus prometteurs des cancers liés aux aliments ultra-transformés et aux téléphones portables.
Au sein de la communauté scientifique, un autre terme a été ouvertement discuté dans des articles et des conférences : la « réglementation contradictoire ». Des scientifiques américains à la retraite, tels que Bernard Goldstein et Christopher Portier, peut-être frustrés par des années d'interventions des lobbyistes dans le processus réglementaire, préfèrent l'approche contradictoire (contentieuse) des conseillers scientifiques travaillant avec des cabinets d'avocats pour poursuivre sans relâche les entreprises qui fabriquent les produits ou substances visés. Selon Goldstein, cette approche s'est avérée plus efficace pour changer les marchés et les pratiques que l'approche réglementaire. Elle s'est également révélée plus rentable pour les scientifiques impliqués. Un petit détail cependant : la réglementation contradictoire contourne le processus démocratique.
Au cours des deux dernières décennies, le secteur du contentieux de la responsabilité civile a évolué, passant du petit commerçant de centre commercial dont le visage figurait sur un panneau d'affichage pour attirer les victimes d'accidents de la route à un secteur composé de grands cabinets avec des équipes d'experts, de lobbyistes et de jets privés. L'expansion de cette activité à l'échelle industrielle a nécessité un soutien financier important, mais à la suite de la crise financière de 2008-2009, la réglementation Dodd-Frank a rendu pratiquement impossible l'octroi de prêts bancaires à des emprunteurs non couverts tels que les cabinets d'avocats spécialisés en droit de la responsabilité civile. Le financement des litiges s'est développé à partir de ce vide comme une sorte d'activité opaque de prêts usuraires ouverte aux placements sombres d'investisseurs institutionnels et parfois étrangers. Bien que très peu d'informations soient rendues publiques sur le montant que les « banques » de financement des litiges prélèvent sur les règlements (avant que le plaignant ne reçoive un paiement), certains résultats publiés évaluent ce montant à 25 %. Souvent, le retour sur investissement de ces quasi-banques comprend un pourcentage du paiement à l'amiable ou du règlement judiciaire.
Ce chiffre est toutefois plus élevé lorsqu'on ajoute à cela le réseau complexe des profiteurs de l'industrie du contentieux. À mesure que les affaires prenaient de l'ampleur avec les recours collectifs et les litiges multi-districts, un écosystème plus vaste de marchands de misère s'est développé :
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Toutes ces publicités télévisées de deuxième partie de soirée et ce marketing en ligne sont réalisés par des cabinets spécialisés ;
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Ces cabinets orientent ensuite les plaignants potentiels vers des cabinets de conseil spécialisés qui interviewent, traitent et classent les candidats ;
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Les candidats sont ensuite négociés sur une bourse des victimes, si je puis m'exprimer ainsi sans détours.
Comme le traitement et la vente des plaignants potentiels prennent du temps avant de générer un retour sur investissement, ces profiteurs de l'industrie du contentieux ont besoin d'un capital initial considérable qui ne peut être financé que par des extorqueurs opaques de l'industrie du financement des litiges.
Si les entreprises avaient le courage de tenir bon et de s'opposer à ces tactiques de l'industrie du contentieux (mais avec des investisseurs institutionnels craintifs détenant la plupart des actions de ces sociétés, elles ne le feront jamais), tout le système de financement des litiges de type pyramide de Ponzi s'effondrerait.
Avez-vous remarqué que certaines des récentes condamnations à des dommages-intérêts punitifs accordées aux plaignants dans des affaires civiles aux États-Unis se chiffrent en milliards de dollars, alors que la responsabilité n'est pas clairement établie ? S'il est difficile d'évaluer une vie, les jurys n'ont aucun mal à proposer des montants extraordinaires pour faire payer les entreprises. Dans un monde post-capitaliste, les entreprises sont vilipendées par des factions marxistes radicales au sein des ONG, du monde universitaire et des médias, qui utilisent les tribunaux pour tenter de poursuivre les entreprises capitalistes jusqu'à leur disparition.
À une époque où les sociétés occidentales n'ont jamais autant bénéficié des innovations industrielles, où elles vivent mieux, plus longtemps et plus confortablement, le discours public diabolisant les entreprises est devenu incontrôlable. Cela s'explique en grande partie par le changement des mécanismes de financement qui influencent le paysage médiatique populaire. Les ONG, les chercheurs et les groupes médiatiques reçoivent d'importants dons d'un secteur philanthropique bien doté et professionnalisé, tandis que le financement des médias et du monde universitaire par l'industrie s'est largement tari. Lorsque des fondations gérées par des agitateurs financiers donnent des dizaines de millions de dollars à des ONG pour mener des campagnes qui seront publiées dans les grands médias que ces mêmes fondations financent aussi sur la base des articles qu'ils produisent et qui attaquent les processus industriels, il ne faut pas s'étonner que le public adhère à la rhétorique anticapitaliste (tout en continuant à profiter des avantages). Comme en témoigne le mouvement MAHA aux États-Unis, ce cirque a également fait son chemin dans les agences de régulation.
Lorsque vous contrôlez le discours, la vérité n'a plus d'importance. Le glyphosate est un élément essentiel de l'agriculture durable, car il permet aux agriculteurs de pratiquer le semis direct et de protéger leurs sols avec des cultures de couverture complexes tout en utilisant moins de pesticides dans l'ensemble. Aucune agence gouvernementale d'évaluation des risques dans le monde n'a conclu que le glyphosate présentait un risque significatif pour la santé. Ce sont là des faits que notre discours post-capitaliste et anti-industrie parvient à étouffer efficacement.
Il y a deux générations, la plupart des gens avaient grandi dans une ferme ou avaient des proches qui travaillaient la terre. Les gens comprenaient et compatissaient aux défis auxquels les agriculteurs étaient confrontés. Aujourd'hui, de nombreux consommateurs partent du principe que le système alimentaire est simple et qu'il doit adhérer à certains dogmes naturophiliques qui correspondent à leur idéologie politique. Ils exigent donc que leurs aliments soient produits sans pesticides, sans OGM, sans intrants ni engrais de synthèse issus de la recherche industrielle, et pensent que ces exigences non scientifiques peuvent être satisfaites dans les champs. Les régulateurs commencent à se plier à leur volonté, étant donné que la communauté agricole n'est plus une force politique ou électorale majeure.
Pire encore, l'industrie alimentaire commence à céder à ce qu'elle perçoit comme une pression des consommateurs et exige que les agriculteurs se conforment à leurs exigences dictées par le marketing (par exemple, biologique, ESG, entièrement cultivé naturellement, etc.). Une approche politique fondée sur des preuves doit être mise en œuvre, mais il n'y a ni volonté ni courage face à la force, au financement et à l'opportunisme provenant de l'offensive habilement coordonnée des militants, des avocats et des universitaires. Ce sont les agriculteurs qui en paieront le prix.
Le glyphosate a été qualifié d'herbicide du siècle pour une bonne raison. Il s'agit d'une substance unique qui a permis une révolution durable dans l'agriculture en permettant aux agriculteurs de protéger leurs sols grâce à des pratiques de non-labour à grande échelle et à l'utilisation de cultures de couverture complexes (qui peuvent être détruites sans travail du sol, érosion des sols ou destruction du biome). Il est peu coûteux, hors brevet et, après trois décennies d'utilisation généralisée, toujours assez efficace. Le lobby du biobusiness ne dispose d'aucune substance similaire, d'où sa motivation à nuire à sa réputation. Mais cela ne suffit pas à justifier les campagnes persistantes menées contre cet herbicide au cours des 15 dernières années.
Pour comprendre la motivation de ce mouvement irrationnel contre le glyphosate, il faut se rappeler la stratégie militante menée en 2013-2014 aux États-Unis. À cette époque, les ONG menaient des campagnes intensives contre les OGM, Monsanto et les pesticides en général (à l'époque axées sur les néonicotinoïdes et la campagne pour sauver les abeilles). Mais les choses ne se passaient pas comme prévu :
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La Marche contre Monsanto avaient dépassé son apogée.
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Le retrait de l'article de Séralini avait privé les militants de leur seul argument scientifique.
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Les campagnes menées dans certains États pour obtenir l'étiquetage des OGM sur tous les produits alimentaires venaient d'échouer.
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En 2013, le Congrès américain a adopté la section 735 de la loi Consolidated and Continuing Appropriations Act, qui protège les agriculteurs contre les poursuites judiciaires pour avoir semé des cultures GM.
La campagne anti-OGM ayant échoué, les groupes militants ont dû trouver une nouvelle tactique.
L'un des principaux avantages des OGM, en particulier pour le maïs et le soja génétiquement modifiés, étant leur tolérance à un herbicide, l'attention s'est alors portée sur les herbicides utilisés sur les cultures GM. Des voix se sont élevées pour demander que le Roundup soit traduit en justice... mais pour cela, il fallait produire des preuves autres que la simple indignation des militants. En 2014, le CIRC avait prévu que la monographie 112 (selon l'annonce archivée le 16 juillet 2014) ne porterait que sur « certains insecticides organophosphorés ». Moins de trois mois plus tard, le glyphosate a été discrètement ajouté à cette monographie, au moment où Chris Portier, l'un des principaux leaders de cette campagne, rencontrait plusieurs cabinets d'avocats spécialisés dans le contentieux de la responsabilité civile. Il deviendra plus tard une figure clé de ces cabinets dans les procès contre Monsanto.
Source : Wayback Machine
Il n'est pas difficile de voir que toute cette campagne anti-glyphosate était due à un revirement des militants anti-OGM vaincus. Elle n'avait rien à voir avec l'agriculture durable, l'environnement ou la santé publique. En fait, la campagne visant à interdire ou à « tabaciser » le glyphosate serait préjudiciable à ces objectifs de durabilité, etc.
Une fois de plus, la vérité n'a aucune importance pour ces serpents.
Nous avons donc beaucoup appris au cours des dix années qui ont suivi la publication de la monographie du CIRC sur le glyphosate. Mais je crains que nous n'ayons pas encore appris à gérer ces militants, ces universitaires, ces fondations et ces avocats spécialisés dans le contentieux de la responsabilité civile afin que de telles parodies ne se reproduisent plus (en effet, ces opportunistes agissent selon un scénario bien établi). Voici dix suggestions sur ce qui est nécessaire (tout en sachant pertinemment que la mise en œuvre de ces mesures nécessiterait une dose énorme de courage et de détermination qui font défaut dans notre arène politique actuelle).
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Les États-Unis ont besoin d'une réforme du droit de la responsabilité civile (y compris et surtout le secteur du financement des litiges).
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Les fondations doivent être contraintes à la transparence et les fonds opaques affectés par les donateurs doivent être supprimés.
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Les scientifiques admis au Collegium Ramazzini devraient être ostracisés et ne devraient pas recevoir de financement public tant que ce groupe fermé de scientifiques militants n'aura pas adopté et mis en œuvre un code de conduite éthique légitime.
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Les ONG doivent également adopter des codes de conduite éthiques et toute transgression devrait être sanctionnée (plutôt que célébrée).
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Les groupes médiatiques doivent faire preuve de transparence quant à leur financement et leur coopération avec les groupes militants.
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Le programme de monographies du CIRC doit être supprimé (ou, à tout le moins, devenir basé sur les risques plutôt que sur les dangers).
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La monographie 112 doit être retirée. Des violations de la conduite éthique ont été commises à presque toutes les étapes du processus et elle est toujours utilisée par des opportunistes dans le secteur du contentieux.
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Plutôt que davantage de communication scientifique, nous avons besoin de davantage de communication sur la science (qui a été largement détournée dans notre dialogue public, en particulier aujourd'hui par des escrocs comme RFK Jr et son « étalon-or » de la science).
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Les industries doivent travailler ensemble pour résister à ces attaques militantes et cesser de prétendre que, en tant que deuxième zèbre le plus lent, elles ne seront jamais affectées par la mise en œuvre implacable du scénario de « tabacisation ».
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L'OMS doit être réorganisée afin de ne plus représenter une multitude de factions de groupes d'intérêts dans le domaine de la santé, mais de se consacrer à fournir un soutien et une coordination aux organismes de recherche nationaux et aux campagnes de santé.
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* David est le rédacteur en chef de The Firebreak. Il est également connu sous le nom de Risk-monger. Professeur à la retraite, analyste des risques pour la santé et l'environnement, communicateur scientifique, promoteur d'une politique fondée sur des données probantes et théoricien philosophique sur les activistes et les médias.
Source : 10 Learnings from the 10 Years After IARC’s Glyphosate Monograph 112
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