Overblog Tous les blogs Top blogs Technologie & Science Tous les blogs Technologie & Science
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Publicité
Agriculture, alimentation, santé publique... soyons rationnels

Une étude soutient l'élimination éthiquement justifiée des espèces nuisibles

26 Août 2025 Publié dans #Santé publique, #Protection des plantes

Une étude soutient l'élimination éthiquement justifiée des espèces nuisibles

 

Contributeurs d'AGDAILY*

 

 

Image : Faisal.k, Shutterstock

 

 

Dans quelles conditions serait-il juste – ou serait-il jamais acceptable – d'éliminer une espèce nuisible de notre planète ? C'est ce qu'explore une équipe internationale de chercheurs, dont la professeure de philosophie Clare Palmer de l'Université Texas A&M, dans une étude publiée dans Science.

 

Dans cette étude intitulée « Deliberate extinction by genome modification: An ethical challenge » (extinction délibérée par modification génomique : un défi éthique), les chercheurs examinent l'idée controversée d'utiliser le génie génétique pour provoquer l'extinction locale et totale d'une espèce à des fins de conservation. Ils ont mené des études de cas sur trois espèces : la lucilie bouchère (Cochliomyia hominivorax), le moustique Anopheles gambiae, vecteur du paludisme, et les espèces de rongeurs envahissantes telles que la souris domestique et le rat noir.

 

« Ensemble, ces cas suggèrent que l'extinction totale délibérée peut parfois être acceptable, mais seulement dans des cas extrêmement rares », déclare l'équipe.

 

 

Lucilie bouchère, moustiques et rongeurs envahissants

 

La lucilie bouchère est un insecte parasite qui infeste les animaux à sang chaud, causant de graves souffrances et des pertes économiques, en particulier chez le bétail. Les moustiques vecteurs du paludisme sont extrêmement dangereux pour les humains de tous âges. Près de 290 millions de personnes dans le monde sont infectées chaque année, et 400.000 d'entre elles mourront de cette maladie. Quant aux souris domestiques envahissantes présentes sur les îles, elles dévorent les oiseaux marins vivants, conduisant leurs populations vers l'extinction.

 

« Ces cas mettent en évidence la tension entre la valeur intrinsèque d'une espèce et les avantages de l'éradication d'un ravageur nuisible », a déclaré Mme Palmer. « Si les souffrances causées par ces espèces sont indéniables, les implications éthiques de la destruction délibérée d'une espèce sont profondes. Nous devons peser soigneusement les implications écologiques et morales de telles actions. »

 

 

 

 

Modification génomique pour l'extinction

 

Les chercheurs ont examiné l'utilisation de plusieurs méthodes génétiques pour éradiquer les espèces nuisibles :

 

  • Technique des insectes stériles : Des insectes élevés en masse sont exposés à des radiations afin de produire des mutations génétiques stérilisantes. Ces insectes stérilisés sont ensuite relâchés en grand nombre dans le but que les mâles stériles s'accouplent avec des insectes femelles de type sauvage, empêchant ainsi la reproduction. Cette méthode a été utilisée pour éradiquer localement la lucilie bouchère en Amérique du Nord et en Amérique centrale, ainsi que dans certaines îles des Caraïbes.

 

  • Libération d'insectes avec un gène létal dominant spécifique aux femelles(fsRIDL) : Des insectes mâles génétiquement modifiés sont libérés, et leur progéniture hérite d'un gène qui tue les larves femelles à moins qu'elles ne soient exposées à une substance spécifique (comme la tétracycline). Cela réduit la population au fil du temps.

 

  • Cette méthode pourrait être associée à un forçage génétique qui se propagerait rapidement dans une population, garantissant que presque toute la descendance hérite de la modification. Cela peut conduire à la suppression de la population ou à son extinction totale ; cette méthode a été proposée pour éradiquer des espèces telles que la lucilie bouchère ou les moustiques Anopheles gambiae.

 

  • Forçage génétique à biais sexuel : Cette modification génétique fausse le rapport entre les sexes d'une population, entraînant un effondrement de celle-ci. Elle est proposée pour l'éradication locale des souris domestiques, des rats noirs et des rats surmulots dans les endroits où ces espèces envahissantes menacent les espèces indigènes, comme les îles où elles constituent une menace pour les oiseaux en voie de disparition. Cependant, cette technologie pourrait échapper à tout confinement et risquer d'entraîner l'extinction totale des espèces ciblées.

 

 

Facteurs de justification éthique

 

Les chercheurs concluent que si l'extinction délibérée par modification du génome est justifiée dans des cas rares et impérieux, elle doit être abordée avec prudence. L'étude préconise la mise en place de garanties éthiques solides et de cadres décisionnels inclusifs pour guider l'utilisation de ces technologies puissantes.

 

Ils suggèrent les conditions suivantes dans lesquelles l'éradication pourrait être envisagée :

 

  • Gravité de la souffrance : L'espèce cause des souffrances extrêmes et la mort à des êtres humains ou à d'autres animaux, qui ne peuvent être évitées autrement.

 

  • Impact écologique : L'espèce menace la survie d'autres espèces, n'est pas elle-même vitale sur le plan écologique et son éradication n'a pas d'impact négatif substantiel sur l'environnement.

 

  • Efficacité des méthodes existantes : Les stratégies génomiques doivent offrir une solution plus efficace que les méthodes traditionnelles.

 

  • Risque de conséquences imprévues : Le risque de conséquences imprévues, en particulier l'extinction totale involontaire de l'espèce, doit être négligeable.

 

  • Menace pour la santé publique et le bien-être : L'espèce représente une menace importante pour la santé publique ou a des répercussions négatives majeures sur la sécurité alimentaire.

 

  • Considérations éthiques : Même en tenant sérieusement compte de la valeur intrinsèque de l'espèce et des avantages environnementaux qu'elle confère, on peut affirmer que ceux-ci sont dépassés par les dommages qu'elle cause.

 

  • Gouvernance inclusive : Il est essentiel d'impliquer les communautés locales et les parties prenantes dans la prise de décision afin de garantir que les différents points de vue soient pris en compte et que les personnes les plus touchées soient représentées de manière équitable.

 

______________

 

* Source : Study supports ethically justified removal of harmful species | AGDAILY

 

Ma note : Ces gens sont de véritables parasites et nuisibles dans le débat public. Ils réclament bien sûr une place – de choix – dans ce débat, alors que leurs connaissances du sujet et des enjeux sont limitées et que leurs contributions sont entachées de partis pris. Témoin cette étude : il faudrait faire preuve de la plus grande retenue – lire : s'abstenir – avec les méthodes de lutte génétique et impliquer les « communautés locales » et surtout « les parties prenantes » – lire : les emmerdeurs. Mais pas si on cherche à obtenir le même résultat avec d'autres méthodes...

 

Alors combattons les moustiques tigres en France – et surtout dans nos territoires ultramarins – à grands coups d'insecticides pour nous protéger du chikungunya, de la dengue et de Zika, mais n'utilisons surtout pas les moustiques génétiquement modifiés d'Oxitec, même s'ils sont « autolimitants ».

 

Il faut, bien sûr, étudier soigneusement les enjeux et les implications de chaque solution de lutte, mais pas avec leur logiciel ou, du moins, une partie de ce logiciel.

 

Publicité
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article