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Agriculture, alimentation, santé publique... soyons rationnels

Lettre ouverte au Conseil de Déontologie Journalistique et de Médiation (CDJM)

13 Juillet 2025 Publié dans #Biodynamie, #CDJM

Lettre ouverte au Conseil de Déontologie Journalistique et de Médiation (CDJM)

 

Cyril Gambari*

 

 

 

 

Le Conseil de Déontologie Journalistique et de Médiation (CDJM) est une association loi 1901. Selon sa présentation, c'est « une instance de médiation entre les journalistes, les médias, les agences de presse et les publics sur toutes les questions relatives à la déontologie journalistique ». Malgré les apparences, il n'a pas de pouvoirs judiciaires ou quasi-judiciaires.

 

Il peut être « saisi » par n'importe quel particulier. Certains ne s'en privent pas. Ainsi, les « objets médiatiques » qui ne présentent pas l'anthroposophie et la biodynamie sous le meilleur jour font systématiquement l'objet d'un signalement afin d'obtenir de cette « Kangaroo Court » une critique, voire une mise en cause.

 

Nous ne présenterons pas M. Cyril Gambari ici : cela a été largement fait – par le CDJM ! – dans l'avis sur la saisine 23-130, évoquée ci-dessous, qui a provoqué notre « Le Conseil de Déontologie Journalistique et de Médiation (CDJM) s'est fait le défenseur de la biodynamie ».

 

 

(Source)

 

 

8 juillet 2025

 

Madame, Monsieur,

 

Je vous adresse cette lettre ouverte en réaction à deux avis récemment adoptés par votre Conseil (saisines 23-130 et 25-020), dans lesquels je suis explicitement cité.

 

Ces deux saisines portent respectivement sur le reportage « La culture en biodynamie donne-t-elle vraiment de meilleurs vins ? », diffusé dans l’émission Vrai ou Faux sur France Info, et sur une séquence du journal de 9h de France Culture.

 

 

Concernant la saisine 23-130

 

Vous indiquez, conformément à vos statuts, ne pas vouloir entrer dans le débat scientifique. Mais comment, dans ce cas, pouvez-vous conclure à un non-respect de l’exactitude de l’information et à l’absence d’éléments essentiels ? Les éléments que vous semblez considérer comme manquants, notamment les pratiques spécifiques encadrées par les cahiers des charges, font pourtant partie intégrante de la biodynamie. Celles-ci incluent, entre autres, l’usage d’organes d’animaux morts fourrés de fleurs, en accord avec les principes anthroposophiques de l’agriculture. L'ensemble de ces pratiques est décrit dans le cahier des charges de Demeter, principal label en biodynamie, ainsi que dans le Cours aux agriculteurs de Rudolf Steiner. https://www.demeter.fr/wp-content/uploads/2024/03/Cahier-des-charges-Demeter-France-2024.pdf#page=128.

 

De plus, en affirmant que mon engagement critique et argumenté à l’égard de la biodynamie entacherait mon impartialité, vous portez un jugement de valeur sur mes intentions, et non sur la rigueur de mes arguments ni sur la qualité des données scientifiques sur lesquelles je me fonde. Or, ma démarche vise précisément à interroger et informer sur des pratiques agricoles qui, à l’instar d'autres enjeux de santé publique (tels que le tabac ou les pesticides), méritent un examen exigeant. Une vigilance accrue sur ces sujets ne relève pas d’un parti pris idéologique, mais bien d’une responsabilité et d'une exigence scientifique. Une exigence d’autant plus nécessaire qu’il s’agit ici de pratiques reconnues comme relevant d’une pseudoscience.

 

Vous remettez également en cause Mme Chalker-Scott, une maîtresse de conférence au département d’horticulture et d’architecture des paysages de l’Université de Washington, dont les travaux, publiés dans des revues scientifiques à comité de lecture, sont reconnus pour leur rigueur. Mettre en doute sa légitimité participe à écarter un point de vue solidement argumenté, mais aussi à délégitimer la parole de spécialistes dès lors qu’ils expriment une critique au regard des connaissances scientifiques, ce qui interroge sur la pertinence des critères de votre évaluation.

 

 

 

 

Concernant la saisine 25-020

 

Vous indiquez, à juste titre, que l’anthroposophie ne peut juridiquement être qualifiée de « secte ». En effet, il n'existe pas de définition légale de ce terme. Toutefois, vous reconnaissez également que cette doctrine spirituelle figure depuis plus d’une décennie dans les rapports successifs de la MIVILUDES (Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires). Des victimes de dérives liées à l’anthroposophie sont régulièrement prises en charge par des associations spécialisées telles que l’Unadfi-Union nationale des Associations de Défense des Familles et de l’Individu victimes de sectes, le CENTRE CONTRE LES MANIPULATIONS MENTALES CCMM CENTRE NATIONAL ROGER IKOR , le Caffes, le GEMPPI, Cavesa, entre autres.

 

Concernant le requérant,

 

Les deux saisines ont été introduites par M. Alexandre Walnier, défenseur assumé de l’anthroposophie. Sans remettre en cause sa liberté d’expression ni la légitimité de son engagement, il me semble cependant important de souligner que ses contributions sont marquées par une adhésion personnelle particulièrement forte, comme en témoigne son blog marcherparlerpenser.wordpress.com, vitrine de promotion et de défense de cette doctrine. Ce contexte mériterait, à mon sens, d’être pris en compte, car il soulève également la question d’une partialité manifeste des informations transmises. Une vigilance renforcée de votre part sur ce point me semblerait non seulement justifiée, mais indispensable, afin de garantir que vos analyses restent fondées sur des critères objectifs et équilibrés, et ne puissent être orientées à des fins partisanes, idéologiques ou religieuses.

 

Je vous invite respectueusement à reconsidérer ces saisines à la lumière des éléments fournis et des références publiques disponibles. Les décisions prises sur des sujets aussi sensibles méritent une analyse rigoureuse, équilibrée, éclairée et indépendante, dégagée de toute influence liée à des opinions personnelles ou à des engagements militants ou idéologiques, qu’ils soient favorables ou critiques à l’égard de l’anthroposophie ou de la biodynamie.

 

Votre rôle de garant de la déontologie médiatique engage la confiance du public. Je vous remercie de l’attention que vous porterez à cette démarche Conseil de déontologie journalistique et de médiation (CDJM).

 

Bien cordialement,

 

Cyril Gambari.

 

______________

 

Enseignant Biologie-écologie au LPA Claude Simon (AgriCampus 66), référent facilitateur du dispositif Sentinelles et Référents, docteur en microbiologie.

 

Source : https://www.linkedin.com/pulse/lettre-ouvert-au-conseil-de-d%C3%A9ontologie-et-m%C3%A9diation-cdjm-gambari-ovwnf/

 

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