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Agriculture, alimentation, santé publique... soyons rationnels

Les engrais rendent-ils le pollen plus agressif ?

18 Juillet 2025 Publié dans #Article scientifique, #critique de l'information

Les engrais rendent-ils le pollen plus agressif ?

 

Willi l'agriculteur*

 

 

 

 

Je dois avouer que cette nouvelle m'a d'abord surpris : des chercheurs belges ont découvert que les symptômes du rhume des foins étaient moins fréquents dans les prairies non fertilisées.

 

https://www.tagesschau.de/wissen/gesundheit/duenger-pollen-100.html

 

Pour cela, ils ont utilisé un aspirateur pour collecter le pollen de couples de prairies voisines, l'une non fertilisée depuis longtemps, l'autre fertilisée. Selon moi, la conclusion de l'étude selon laquelle le pollen des prairies fertilisées serait plus agressif ne tient pas au pollen, mais aux espèces végétales, qui sont certainement différentes dans les prairies fertilisées et non fertilisées.

 

Le type d'engrais utilisé sur les prairies fertilisées – minéral ou organique – n'est pas mentionné.

 

__________________

 

 

 

 

Source : Macht Dünger Pollen aggressiver? - Bauer Willi

 

Ma note : Voici le résumé de « The impact of ecosystem nitrogen enrichment on pollen allergy: a cross-sectional paired comparison study » (impact de l'enrichissement en azote des écosystèmes sur l'allergie au pollen : une étude transversale comparative appariée) de

 

Robin Daelemans, PhDa, Paulien Verscheure, MSc, Thomas Rombouts, MS, Sien Keysers, Msc, Arne Devriese, Msc, Gerrit Peeters, Msc, Lieve Coorevits, Bscb, Glynis Frans, PhD, Laura Van Gerven, PhD, Nicolas Bruffaerts, PhD, Prof Olivier Honnay, PhD, Tobias Ceulemans, PhD, Raf Aerts, PhD, Prof Rik Schrijvers, PhD :

 

Contexte

 

La prévalence des allergies aux aéro-allergènes est en hausse, en raison à la fois des changements environnementaux et des changements de mode de vie. Cependant, le rôle de l'enrichissement omniprésent en azote dans l'exacerbation des allergies au pollen reste incertain. Cette étude visait à examiner l'impact de l'azote sur l'allergénicité du pollen en établissant un lien entre les changements écologiques qui en résultent et les conséquences allergiques.

 

Méthodes

 

Nous avons mené une étude transversale comparative appariée, examinant les différences entre les prairies semi-naturelles enrichies en azote (fertilisées) et non enrichies en Belgique. Le pollen provenant de prairies appariées (n = 50, enrichies [n = 25] vs non enrichies [n = 25]) sur la base de leur géographie commune, a été échantillonné selon un protocole standardisé. Nous avons analysé l'abondance du pollen des prairies, quantifié la composition des espèces polliniques par séquençage de l'ADN et évalué l'allergénicité du pollen à l'aide de tests d'activation des basophiles et de mesures spécifiques des IgE dans un échantillon transversal d'adultes allergiques au pollen de graminées (n = 20). Les mesures des résultats du test d'activation des basophiles comprenaient l'aire sous la courbe dose-réponse, la réactivité maximale (CD63max) et la concentration efficace provoquant une activation des basophiles de 50 %.

 

Résultats

 

Les prairies enrichies en azote ont produit beaucoup plus de pollen, avec une augmentation de 6,2 fois par rapport à leurs homologues non fertilisées (3,6 mg/m2 contre 0,6 mg/m2). Une fois normalisé en fonction de la teneur en protéines, le pollen provenant de ces prairies enrichies présentait un potentiel allergène accru, avec une sensibilité au test d'activation des basophiles 5,1 fois plus élevée et une augmentation de 1,3 fois des titres d'IgE spécifiques par rapport à leurs homologues non fertilisés (moyenne géométrique fertilisée 3,63 kUA/L contre non fertilisée 2,81 kUA/L).

 

Interprétation

 

L'enrichissement en azote a considérablement augmenté l'abondance et l'allergénicité du pollen, indiquant une charge allergique accrue dans les environnements riches en azote. Ces résultats soulignent la nécessité de mettre en place des politiques de lutte contre la pollution par l'azote afin d'atténuer ses effets sur la santé publique.

 

Financement

 

Office belge de la politique scientifique. »

 

Voici un morceau de bravoure de cette équipe qui mérite bien que tous ses auteurs soient cités dans ce billet :

 

« Implications de toutes les données disponibles

 

Les données disponibles soulignent la nécessité de mettre à jour les politiques environnementales et de santé publique afin de traiter le problème croissant de l'allergie au pollen, qui constitue une préoccupation majeure en matière de santé publique. Associé à la pollution atmosphérique par l'azote, l'enrichissement omniprésent des écosystèmes en azote peut aggraver considérablement les allergies au pollen. Afin d'atténuer ces effets sur la santé, les réglementations relatives aux émissions d'azote devraient non seulement tenir compte des conséquences écologiques directes de la pollution par l'azote (perte de biodiversité), mais aussi de leurs effets indirects sur la santé (par exemple, les années de vie ajustées sur l'incapacité due aux allergies). Les recherches futures devraient donner la priorité à l'évaluation des effets de la pollution par l'azote sur la charge de morbidité de l'ensemble de la population à une échelle spatiale plus large, en évaluant les coûts et les avantages en matière de soins de santé de divers scénarios de réduction de l'azote dans le cadre des politiques régionales et nationales. Parallèlement, il est essentiel d'approfondir notre compréhension mécanistique en étudiant plus en détail les mécanismes biochimiques qui relient l'enrichissement en azote à l'allergénicité du pollen. En intégrant les changements écologiques aux résultats en matière de santé publique, cette étude fournit des orientations cruciales pour les recherches et les mesures politiques futures. »

 

 

 

 

J'ai regardé en diagonale... je n'ai pas vu grand-chose sur les compositions florales :

 

« […] De plus, la composition des espèces végétales des échantillons de pollen différait considérablement entre les prairies fertilisées et non fertilisées appariées (figure 2). Le métabarcoding ADN des échantillons de pollen a indiqué que dans les prairies fertilisées, Ranunculus sp avait en moyenne le nombre relatif de lectures le plus élevé (37 %), suivi par Alopecurus pratensis (16 %) et Plantago lanceolata (16 % ; annexe pp. 6-7). Dans les prairies non fertilisées, Ranunculus sp avait également le nombre de lectures relatives le plus élevé (40 %), suivi de Plantago lanceolata (26 %) et Alopecurus pratensis (7 %). Des différences significatives entre les prairies fertilisées et non fertilisées appariées ont également été observées pour chaque type de prairie séparément, à l'exception des landes herbeuses, pour lesquelles la richesse des espèces végétales et l'abondance du pollen ne différaient pas de manière significative (annexe pp. 8-9).

 

Bref... Mais une incursion bruyante dans le domaine de la définition des politiques...

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