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Agriculture, alimentation, santé publique... soyons rationnels

Le rapport « Make America Healthy Again » dresse un bilan cinglant des pesticides agricoles

24 Mai 2025 Publié dans #Etats-Unis d'Amérique, #Politique, #"agneau-méduse", #Santé

Le rapport « Make America Healthy Again » dresse un bilan cinglant des pesticides agricoles

 

Contributeurs d'AGDAILY*

 

 

Ma note : Un « rapport » de 68 pages établi en quelque 90 jours sur un vaste sujet de santé publique par une « commission » sans compétences particulières sur le sujet, succombant aux délires de Robert F. Kennedy Jr, susceptible de produire des dégâts considérables sur la société états-unienne, voire mondiale.

 

 

Image : Juli Hansen, Shutterstock

 

 

Le secrétaire à la Santé et aux Services Sociaux, Robert F. Kennedy Jr, a publié jeudi le premier rapport de sa commission « Make America Healthy Again » (rendre la santé à l'Amérique), tenant ainsi sa promesse d'adopter une ligne dure à l'égard des produits phytosanitaires. L'industrie agricole a réagi en déclarant que les conséquences d'une limitation de l'accès aux produits phytosanitaires scientifiquement reconnus seraient « graves » pour les agriculteurs.

 

Le document de 68 pages de M. Kennedy, sous-titré « Rendre la santé à nos enfants », pointe du doigt les produits chimiques présents dans l'environnement, notamment les pesticides largement utilisés dans les exploitations agricoles et dans les habitations, comme facteurs potentiels de maladies chroniques chez les enfants. Alors que la commission insiste sur le fait que le rapport vise à promouvoir la santé publique, ses détracteurs estiment qu'il s'agit plutôt d'un réquisitoire contre l'agriculture moderne, motivé par des considérations politiques.

 

Le rapport, qui coïncide avec le lancement du MAHA Institute, associe des recommandations générales en matière de nutrition et de santé à des affirmations controversées ciblant des outils tels que le glyphosate et l'atrazine. Ces herbicides, essentiels à la production de maïs et de soja, ont fait l'objet de décennies de tests de sécurité et d'un examen réglementaire par l'Agence de Protection de l'Environnement.

 

Malgré son ton pressant et ses conclusions radicales, le rapport MAHA s'appuie largement sur de nombreuses études obsolètes ou tangentes pour étayer ses affirmations, en particulier celles relatives à l'agriculture et aux pesticides. Par exemple, à la page 38, il cite une étude de 1982 sur les résidus d'insecticides dans le lait maternel, en dépit du fait que la plupart des produits chimiques mentionnés ont été interdits ou strictement réglementés au cours des quatre dernières décennies.

 

D'une manière plus générale, le rapport suggère à plusieurs reprises que l'exposition à des traces de produits chimiques agricoles est un facteur déterminant de l'augmentation des taux de maladies chroniques chez les enfants, mais il s'appuie sur des données corrélatives et des conclusions vieilles de plusieurs décennies, tout en ignorant largement les évaluations approfondies et permanentes menées par l'EPA et d'autres autorités de santé publique. Par exemple, la quasi-totalité des organismes scientifiques et des recherches associées ont affirmé l'innocuité du glyphosate.

 

Sans accès aux pesticides approuvés par l'EPA, on pense que des pertes de récoltes importantes menaceraient les moyens de subsistance des exploitations agricoles familiales et conduiraient à une augmentation des prix des produits alimentaires et à une diminution des options d'alimentation saine pour les familles – tout le contraire de ce que la commission MAHA cherche à réaliser.

 

 

 

 

La National Corn Growers Association a réagi en critiquant vivement M. Kennedy et le rapport : « Le rapport "Make America Healthy Again" est truffé d'informations erronées sur les pesticides, fondées sur la peur plutôt que sur la science. […] Des décennies de recherches et de tests approfondis montrent que les pesticides, y compris l'atrazine et le glyphosate, peuvent être utilisés en toute sécurité pour les usages prévus. »

 

Bien que la commission MAHA affirme que son objectif est de donner la priorité à la prévention et au bien-être, elle jette fréquemment le doute sur des données scientifiques établies de longue date et sur la surveillance fédérale existante. L'une des principales tensions réside dans le fait que le rapport semble rejeter les évaluations réalisées par des organismes de réglementation spécialisés tels que l'EPA et le département américain de l'Agriculture, ce qui, selon les associations agricoles, pourrait saper la confiance dans l'approvisionnement alimentaire du pays et menacer les moyens de subsistance dans les zones rurales. (La secrétaire à l'Agriculture, Brooke Rollins, était l'un des 14 membres de la commission).

 

La commission met en garde contre une « charge cumulative » de produits chimiques de synthèse dans le corps des enfants, citant des préoccupations allant des microplastiques aux résidus de pesticides. Pourtant, plusieurs des études citées datent de plusieurs dizaines d'années ou proviennent de sources connues pour leurs liens avec des litiges – y compris le travail juridique passé de M. Kennedy contre les fabricants de glyphosate, qui a conduit à des règlements de plusieurs milliard de dollars en dépit d'un soutien scientifique incohérent.

 

« Les agriculteurs américains dépendent de ces produits, et les actions qui réglementent ou restreignent davantage les outils de protection des cultures au-delà des processus scientifiques et fondés sur les risques établis par le Congrès doivent impliquer une réflexion approfondie sur ce qui est nécessaire pour une protection adéquate, sur les alternatives et sur les coûts de production », peut-on lire dans le rapport.

 

Des membres de l'administration ont reconnu que la manière dont le rapport a été élaboré en un peu plus de 90 jours suscitait des inquiétudes, certains fonctionnaires ayant averti en privé qu'il pourrait aliéner les agriculteurs – un bloc de vote crucial pour le président Trump. Mme Rollins a minimisé le cadrage anti-agriculture et a mis l'accent sur les prochaines mises à jour des directives diététiques comme un débouché plus constructif pour la politique de santé.

 

 

 

 

« Il ne s'agit en aucun cas d'une attaque contre les agriculteurs ou l'industrie américaine », a déclaré aujourd'hui à Axios M. Jay Bhattacharya, directeur de l'Institut National de la Santé et membre de la commission. « Il s'agit d'un engagement à obtenir d'excellentes réponses, une excellente science, afin que nous puissions permettre aux gens de faire ce qu'il faut. »

 

Pourtant, une série de déclarations de groupes agricoles contrecarre la naïveté de M. Bhattacharya en la matière.

 

« Les outils de protection des cultures qui ont été enregistrés par l'EPA sont passés par le processus le plus rigoureux, le plus scientifique et le plus protecteur pour la santé au monde », a déclaré M. Roger Isom, président et directeur général de la California Cotton Ginners & Growers Association (Association californienne des producteurs de coton). « Ils ont été analysés pour s'assurer qu'ils n'ont aucun impact sur les humains, les travailleurs, les plantes, les animaux, la qualité de l'air et les eaux souterraines. Les taux d'application ont été limités et des zones tampons ont été mises en place pour garantir l'application la plus sûre possible, et lorsque les problèmes de sécurité n'ont pas pu être résolus, ces produits chimiques ne sont pas homologués pour être utilisés aux États-Unis. L'agriculture américaine dispose déjà de beaucoup moins d'outils que le reste du monde, et nous ne pouvons pas nous permettre d'en perdre davantage tout en continuant à produire les meilleurs aliments et les meilleures fibres du monde. »

 

« Nous ne pouvons pas rendre l'Amérique saine à nouveau en mettant les agriculteurs du Montana en faillite », a ajouté l'Association des Entreprises Agricoles du Montana. « Le rapport de la commission MAHA jette le doute sur des outils de protection des cultures essentiels sur lesquels nos producteurs comptent depuis des décennies et qui se sont toujours avérés sûrs. L'Amérique ne peut pas être victime du même genre de science de pacotille que celui qui a perturbé l'agriculture et la sécurité alimentaire dans d'autres pays.

 

« Si le rapport de la commission MAHA conduit à des décisions politiques futures qui finissent par restreindre l'accès des agriculteurs à ces outils essentiels, les conséquences pour l'agriculture américaine seraient graves », a déclaré la Modern Ag Alliance.

 

Le rapport contient des affirmations générales et semble manquer de nuance, ce qui alimente les arguments selon lesquels le document relève davantage de la posture politique que de la science. Il établit un lien entre les aliments ultra-transformés et l'exposition aux produits chimiques, d'une part, et l'obésité, les troubles du comportement, les maladies auto-immunes et même le cancer, d'autre part, tout en mettant en doute l'intégrité des recherches scientifiques soutenues par les entreprises agroalimentaires et chimiques.

 

Toutes les réactions au rapport n'ont pas été critiques. Farm Action, un groupe anti-OGM connu pour défendre l'idée que les programmes agricoles fédéraux devraient être axés sur les cultures spécialisées, a félicité la commission.

 

« Ce rapport répond à nos espoirs lorsque nous avons soutenu la candidature de Robert F. Kennedy Jr au poste de secrétaire à la Santé et aux Services Sociaux, car nous pensions qu'il pourrait avoir une grande influence sur la réforme de notre système alimentaire et agricole au profit des agriculteurs et de tous les autres », a écrit Mme Angela Huffman, présidente de l'association Farm Action. « En jetant un regard critique sur les effets dangereux de la consolidation du système alimentaire et en examinant la façon dont les agriculteurs sont pressurés, le rapport souligne à juste titre que les politiques fédérales et nationales ont souvent été guidées davantage par les profits des entreprises que par l'intérêt public. Il met également en évidence la façon dont les programmes gouvernementaux, tels que l'assurance récolte et les subventions, donnent la priorité aux cultures de produits de base et négligent les producteurs d'aliments nutritifs ».

 

Le rapport s'aligne également sur le scepticisme de M. Kennedy à l'égard des vaccins, en mettant en doute le programme actuel de vaccination des enfants et en appelant à des essais plus rigoureux, malgré les nombreuses preuves de leur innocuité.

 

Il présente la recherche sur l'exposition aux produits chimiques et les maladies chroniques comme étant plus qu'un problème de santé publique, mais comme un avantage stratégique pour les États-Unis. M. Kennedy affirme que la compréhension des liens potentiels entre l'exposition aux produits chimiques et les maladies chroniques « ne peut se faire par le biais d'un système réglementaire européen qui étouffe la croissance », mais doit au contraire s'appuyer sur des travaux scientifiques menés par le gouvernement fédéral et « en libérant l'innovation dans le secteur privé ».

 

 

 

 

M. Kennedy, qui critique depuis longtemps les OGM et les pesticides, a défendu le rapport en déclarant : « Nous voulons d'excellentes réponses, une excellente science », mais les dirigeants agricoles affirment que c'est précisément ce que le document ne contient pas. Au contraire, ils craignent qu'il ne sème la méfiance à l'égard d'outils agricoles éprouvés et qu'il ne menace la productivité des cultures à un moment où les agriculteurs américains sont déjà confrontés à l'incertitude économique et à la concurrence mondiale.

 

La commission MAHA dispose à présent d'environ 80 jours pour élaborer une stratégie de suivi – une démarche que les organisations agricoles et alimentaires suivront de près.

 

« Nous demandons à l'administration de respecter le corpus scientifique existant sur les pesticides », a déclaré la NCGA, « et d'inclure les agriculteurs américains dans les discussions au fur et à mesure de l'évolution de ce processus ».

 

__________________

 

* Source : MAHA Report gives scathing assessment of farm pesticides | AGDAILY

 

Ma note : À première vue aucun scientifique ou personne compétente sur les sujets traités.

 

 

 

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H
Intéressant portrait de Robert F Kennedy Jr : https://www.lepoint.fr/monde/caroline-kennedy-dezingue-son-cousin-robert-kennedy-jr-avant-son-passage-devant-le-senat-29-01-2025-2581098_24.php
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P
Qu'il courre après le Dr.Fauci ,c'est une histoire et qu'il lui pose des questions à M.Science est très bien mais pour ce qui est de ses lubies concernant big pharma et big ag. cela annonce un désastre!<br /> <br /> Si vous voulez avoir un vrai débat sérieux il manque un point de vue comme celui du American Council on Science and Health ou encore celui du Genetic Literacy Project .
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