Des défenseurs de la nature inoculent des champignons à des centaines d'arbres – voici pourquoi
Rédaction de la Bayrisches landwirtschafliches Wochenblatt, repris dans AGRARHEUTE*
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© Parc National de la Forêt Bavaroise/Gregor Wolf
Travail manuel : ici, une cheville en bois avec du mycélium de champignon est en train d'être introduite dans un trou que l'on vient de forer.
Dans le Parc National de la Forêt Bavaroise, quelque 400 troncs d'arbres sont « inoculés ». Et ce, avec du mycélium de champignon. Quelle est la raison de cette curieuse action ?
Une activité intense se déploie sur le terrain du Parc National de la Forêt Bavaroise. La perceuse sans fil résonne sans cesse. Une demi-douzaine de stagiaires s'occupe du fond sonore. Leur mission : inoculer des champignons dans des troncs d'arbres.
Ils sont accompagnés d'une équipe de forestiers, car il faut discuter de la mise en place des essais. Ce qui est en train d'être préparé ici est une entreprise sans précédent en Europe centrale : dix espèces de champignons rares, dont certaines sont fortement menacées, doivent être réintroduites.
Ce programme d'aide aux espèces d'un autre genre est possible grâce au soutien de la Fondation Fédérale Allemande pour l'Environnement (DBU), comme l'explique le Parc National de la Forêt Bavaroise dans un communiqué de presse. Selon ce document, la DBU soutient le projet, qui court encore jusqu'au début de 2027, à hauteur de 351.250 €.
M. Alexander Bonde, secrétaire général de la DBU, explique : « En collaboration avec l'Université de Bayreuth et le Parc National de la Forêt Bavaroise, nous nous engageons ici en terre inconnue. En effet, c'est la première fois que des mesures ciblées de protection des espèces pour des espèces rares de champignons sont testées dans la pratique ». Malgré la fonction importante des champignons, en particulier dans les écosystèmes forestiers, il n'y avait jusqu'à présent presque aucune expérience à ce sujet, selon M. Bonde.
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© Parc national de la Forêt bavaroise/Gregor Wolf
Hydne corail des résineux (Hericium flagellum) sur du bois mort – une des dix espèces de champignons qui doivent être introduites dans le Parc National.
Le mycologue Peter Karasch est responsable des travaux sur place. Son évaluation : « Du point de vue de l'importance, on peut tout à fait comparer cela à la réintroduction des gypaètes barbus dans le parc national de Berchtesgaden ». Bien moins sexy que les grands oiseaux, mais tout aussi importantes du point de vue de la protection de la nature, sont les dix espèces indicatrices de proximité de la nature auxquelles on veut actuellement venir en aide dans le plus ancien parc national allemand.
Il s'agit par exemple du faux amadouvier (Phellinus igniarius), présent sur le bois mort des sapins, avec ses fructifications étendues au parfum intense de rose, ou de l'hydne corail (Hericium coralloides), inféodé au bois mort des hêtres, qui présente des fructifications particulièrement translucides, presque cristallines.
Contrairement aux oiseaux, les champignons ne peuvent pas être lâchés tels quels dans la forêt. « C'est pourquoi nous cultivons les espèces au préalable sur des milieux de culture en laboratoire », explique le Dr Franziska Zahn, qui supervise le projet à la chaire d'écologie des champignons de l'Université de Bayreuth. Pour ce faire, le projet se base sur des expériences préalables réalisées dans la forêt bavaroise. « Ce n'est pas la seule raison pour laquelle j'espère que nous verrons bientôt des résultats », explique le Dr Zahn.
Par succès, on entend avant tout des fructifications visibles de l'extérieur. En effet, les mycéliums de champignons arrivent tout d'abord sur des chevilles en bois, ces pièces que l'on connaît quand on monte des meubles. Celles-ci sont placées dans les arbres hôtes respectifs – épicéa, hêtre et sapin – et finalement réparties dans la zone de gestion du parc national. Environ 400 troncs seront inoculés dans le cadre du projet.
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© Parc National de la Forêt Bavaroise.
Avec de nombreux assistants issus de la science et de la pratique, M. Peter Karasch et le Dr Franziska Zahn coordonnent l'inoculation et la mise en place des souches expérimentales dans le Parc National de la Forêt Bavaroise (de gauche à droite).
« Je suis heureux que nous soyons déjà arrivés si loin », déclare avec optimisme M. Peter Karasch, collaborateur du parc national. « Et je suis sûr que nous découvrirons les premières fructifications dans deux ans au plus tard ». Car cela aussi est différent du cas des oiseaux : le succès visible ne se manifeste pas immédiatement. C'est pourquoi les 20 sites du projet dans les services du parc national de Bayerisch Eisenstein et Spiegelau seront soumis à un suivi régulier dans les années à venir, afin d'étudier à quelle vitesse les espèces se propagent réellement et dans quelles conditions.
« Nous espérons que cela fonctionnera aussi bien que pour les champignons comestibles, où l'on a déjà beaucoup d'expérience. Mais en réalité, il n'existe pas encore de valeurs empiriques comparables pour les espèces de champignons rares », explique la chercheuse Dr Franziska Zahn.
« Ce projet passionnant fournira certainement à moyen terme des résultats précieux pour la protection pratique de la nature », déclare la directrice du parc national Ursula Schuster. « Et c'est exactement ce que doit être la recherche dans le parc national, orientée vers la pratique ».
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* Source : Naturschützer impfen hunderte Bäume mit Pilzen – das ist der Grund | agrarheute.com
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