Des agriculteurs survivent au changement climatique : sécuriser l'eau avec des étangs à carpes
Peter Laufmann, AGRARHEUTE*
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© stock.adobe.com/ Rostislav
Les carpes pourraient faire partie d'un concept d'irrigation.
Tantôt l'eau est rare, tantôt elle est abondante. Un projet autour de la carpe et de la pomme de terre montre comment le stockage de l'eau et l'irrigation fonctionnent ensemble.
Même s'il semble y avoir de l'eau en abondance actuellement, les sécheresses de ces dernières années ont donné du fil à retordre aux agriculteurs. Savoir gérer l'eau correctement devient une qualification importante dans chaque exploitation. Un projet de la Landesanstalt für Landwirtschaft (LfL) sur la gestion des étangs d'irrigation montre ce qui est possible. L'expérience est en cours à Raffach, près de Schwarzenfeld. L'eau d'un étang à carpes sert également de réserve d'irrigation pour un champ de pommes de terre voisin.
L'idée vient d'Israël : là-bas, des poissons vivent dans des réservoirs d'eau afin de les maintenir propres. La LfL a transposé cette idée à l'économie des étangs du Haut-Palatinat. Les dernières années ont montré que l'irrigation pourrait devenir un facteur nécessaire dans l'agriculture. Il est donc logique que les milliers d'étangs à carpes constituent en principe un grand nombre de réservoirs d'eau décentralisés. Rien qu'en Bavière, on compte plus de 40.000 étangs à carpes d'une superficie de 20.000 ha. Au fil des siècles, les propriétaires de ces étangs ont acquis une grande expérience en matière de rétention d'eau.
Le projet initié par la LfL étudie maintenant comment stocker l'eau dans des étangs à fond en terre proches de l'état naturel pendant le semestre d'hiver riche en précipitations. L'idée est de pouvoir irriguer les champs en été. Selon la devise : économiser quand on peut, c'est avoir de quoi en cas de besoin. Il est également possible de tamponner de grandes quantités d'eau en cas de fortes pluies. Les étangs d'irrigation servent également à l'élevage de carpes. Les poissons maintiennent le réservoir d'eau en bon état. En outre, ils constituent une source de revenus supplémentaire.
Dans la pratique, l'étang et le champ de pommes de terre de la famille Stangl à Raffach doivent apporter la preuve que cela fonctionne. La LfL s'est approchée des Stangl. Tout d'abord, l'étang avait besoin d'une mise à jour : il a fallu le vider, le creuser, mettre une pompe et le remplir à nouveau. Ensuite, le même nombre de poissons nageait à nouveau dans l'étang. Mais plus de profondeur signifie aussi plus d'eau. Ainsi, rien qu'en élevant les digues de 10 centimètres, un étang stocke 1000 mètres cubes d'eau supplémentaires par hectare de surface d'étang. Ainsi, les poissons ne restent pas non plus à sec. Un capteur détecte quand les pommes de terre ont besoin d'eau et une pompe se met en marche.
Les premiers résultats sont prometteurs. A long terme, il sera possible d'utiliser et d'agrandir des étangs à poissons existants ou de créer de nouveaux étangs. L'objectif est de créer de petits réseaux d'irrigation décentralisés. Les gestionnaires d'étangs peuvent fournir de l'eau aux agriculteurs en cas de besoin. De cette manière, un aspect serait également compensé : en effet, des étangs plus profonds signifient des températures plus basses dans l'eau, ce qui implique un rendement moindre pour les poissons.
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* Peter Laufmann travaille comme chef de texte à la rédaction d'AGRARHEUTE. Le rédacteur et auteur travaille depuis de nombreuses années dans le journalisme environnemental et scientifique. Son intérêt porte régulièrement sur le grand écart entre l'utilisation et la protection des ressources naturelles.
Source : Landwirte überleben im Klimawandel: Wasser sichern mit Karpfenteichen | agrarheute.com
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