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Agriculture, alimentation, santé publique... soyons rationnels

Les « giga-bassines » de la Limagne : une leçon d'agronomie de la Conf'

27 Mai 2024 Publié dans #Activisme

Les « giga-bassines » de la Limagne : une leçon d'agronomie de la Conf'

 

 

(Source)

 

 

L'activisme est confronté à un grave problème existentiel : il faut à tout prix maintenir l'élan contestataire pour ne pas disparaître.

 

La mouvance – appelons-la – anti-bassines a donc trouvé un objectif de sortie printanière en Limagne, ce samedi 11 mai 2024.

 

« Plus de 6000 personnes marchent contre deux projets de giga bassines en Limagne et retiennent les eaux dans les terres »,

 

peut-on lire sur le site des Soulèvements de la Terre en lettres capitales.

 

Les médias s'en sont évidemment donné à cœur joie, attentifs à leur mission d'information (ironie), par des articles aux tonalités complaisantes et des invitations sur les plateaux des émissions où l'on cause.

 

Ainsi, le Monde – avec AFP, ce qui dénote tout de même un service minimal – titre : « Mégabassines dans le Puy-de-Dôme : les opposants à la construction des "deux plus grands" projets de France se mobilisent ».

 

En chapô :

 

« Entre 4 000 militants, selon la préfecture, et 6 500, d’après les organisateurs, sont mobilisés (sic) samedi pour dénoncer la construction de deux réserves d’eau destinées à irriguer 800 hectares dans la plaine de la Limagne. »

 

Pour les causeries et autres déclarations enflammées des usual suspects – M. Benoît Biteau, Mme Marine Tondelier, Mme Marie Toussaint – M. Alexandre Baumann a produit un intéressant décryptage sur X (ex-Twitter).

 

 

(Source)

 

 

Sous le grand titre en lettres capitales on trouve un « Communiqué commun de la Confédération Paysanne 63, BNM 63, 79, les Soulèvements de la terre, d'Extinction Rebellion Clermont-Ferrand et les Faucheurs volontaires »

 

C'est, on s'en doute, un mille-feuille argumentatif avec les arguments bien connus – l'activisme se devant de matraquer encore et toujours les mêmes arguments.

 

 

Une caution de la « science militante » (Source)

 

 

Quel est le rapport ? (Source)

 

 

Avec une pointe de local, ici, la mise en cause de Limagrain, oups ! « la multinationale Limagrain […] le 4ème semencier mondial via sa filiale Vilmorin ».

 

On ne saura pas que Limagrain est une coopérative et que le développement de l'activité semencière a permis à de nombreux agriculteurs de maintenir leurs exploitations.

 

La production de semences de maïs impose des contraintes, en particulier d'isolement. Contraintes réglementaires qui, surprise, surprise, deviennent le fait de la coopérative plutôt que des autorités administratives :

 

« […] son emprise sur la Limagne est visible partout. En imposant aux agriculteur.ices un cahier des charges impliquant semences hybrides, irrigation et grandes quantités d’intrants chimiques tout en créant des zones d’exclusion des autres varietés autours des fermes, Limagrain impose un modèle qui aliène les agriculteur.ices à l’agro-industrie. »

 

C'est donc un « modèle » dans lequel des agriculteurs adhèrent à une coopérative dans laquelle, in fine, ils décident de s'aliéner, de s'auto-aliéner. Ils ne sont pas coopérateurs, mais « collaborateurs », quand ils ne sont pas « les administrateurs ou même le président ! »

 

Ah , « agro-industrie »...

 

« L’eau servira principalement à irriguer du maïs industriel, dit "hybride", des variété standardisées, sélectionnées sur des critères productivistes de résistance aux intrants chimiques et qu’il faut racheter chaque année puisque les semences sont stériles. »

 

Le coup des « semences stériles », il fallait le faire ! C'est notamment signé, rappelons-le, Confédération Paysanne...

 

 

(Source)

 

 

Il y a aussi un couplet sur un semis de maïs population, un événement qui fait l'objet d'un billet spécifique, « Un semis de maïs "population" ouvre la mobilisation contre les giga-bassines dans le Puy de Dôme ».

 

C'est un communiqué de Bassines Non Merci 63, la Confédération Paysanne et les Soulèvements de la Terre.

 

Et c'est un florilège !

 

 

Semis avec un plantoir rudimentaire, pieds nus, mais avec les ongles vernis tout de même... Ou, comme il est dit dans le communiqué : « Les semeurs et semeuses, les mains remplies de grains de maïs, se suivent le long des sillons pour déposer à la main les graines les unes après les autres. Derrière eux, d'autres personnes referment les sillons pour recouvrir les graines. D'ici quelques semaines, les plans (sic) de maïs sortiront de terre. »

 

 

Voici un peu de génétique :

 

« L’élaboration du maïs hybride Limagrain détourne le phénomène par lequel les générations de plantes se renforcent et se mélangent en choisissant comme critère de sélection la résistance aux herbicides et aux fongicides. Cela produit un maïs standardisé, au service d'un système dépendant aux intrants, et dont la reproduction est contrôlée. »

 

Et pour le couplet militant naïf, voici encore :

 

« La Limagne est aujourd'hui largement asservie à Limagrain, qui pour produire des cultures stériles prend en otages les agriculteur·ices du territoires, les empêchant de produire tout autre type de maïs sur des zones de plus en plus étendues. »

 

Bien sûr, « l’agro-industrie finance massivement la recherche génétique » fondée sur les hybrides, les « alternatives comme le maïs population » étant à cet égard le parent pauvre, mais soyez confiants :

 

« Parce qu'une culture du maïs au sein d'un modèle de polyculture-élevage est possible et économiquement viable pour les agriculteur·ices, cette première action ouvre des perspectives pour les mois et années à venir. »

 

La Confédération Paysanne est-elle persuadée qu'elle et ses amis pourront inverser une tendance initiée dans les années 1930 avec les premiers hybrides doubles et poursuivie avec les hybrides simples, ou cautionne-t-elle cyniquement un discours ésotérique ?

 

Rappel

 

 

(Source)

 

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H
La baliverne des semences stériles est répandue sur le net par de nombreux groupuscules écologistes. <br /> J'ai eu à ferrailler verbalement un jour dans un magasin de jardinage avec un indicible crétin, qui devant le rayon graines haranguait des clients en leur expliquant que les graines F1 étaient des semences stériles "terminator" qu'il disait, qu'il fallait boycotter. <br /> Soyons honnête, même en utilisant des explications simples pour non spécialistes, il n'a pas été compliqué à contredire devant son public, son niveau en biologie étant proche du vide intersidéral. Il récitait simplement des débilités lues sur le net. Je pense d'ailleurs qu'il est reparti ébranlé. <br /> Néanmoins, force est de constater que toutes ces balivernes prospèrent sur l'absence de culture scientifique, même basique, chez 70 à 80% de la population, peut-être plus.<br /> <br /> Idem pour les questions liées à l'eau, voir comment des illuminés relayés par des journalistes idiots ont pu contribuer à faire croire à bien des français que les plantes pouvaient pousser sans eau ou avec moins d'eau, en laissant faire la nature pour les uns, en rééduquant les plantes pour d'autres (???), en leur jouant une mélodie tapée sur des bols tibétains pour les plus secoués.
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D
La Conf', c'est quelque chose.<br /> Ils ont soutenu L214 dans leur quête aux "scandales " des élevages dits industriels. Cependant, ils commencent seulement à s'apercevoir que L214 vise la disparition pure et simple de tout élevage d'animaux de rente.<br /> Tant de naïveté est touchant.<br /> Des poulets qui votent KFC.
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M
Je l'ai déjà expliqué il y a quelque temps ces deux giga-bassines (bientôt terra, peta, exa, zetta, yotta,.....) font 2,3 millions de m3. En hiver le débit moyen de l'Allier est supérieur à 200 m3/s (avec des pointes à 2000 m3/s en période de crue). Si vous ne prélevez que 5% de ce débit soit 10 m3/s càd peanuts vous remplissez les bassines en 230000secondes soit moins de trois jours. Ça ne devrait être un problème pour personne sauf pour Emma Haziza la prêtresse auto-proclamée de la continuité écologique des cours d'eau que l'on voit sur tous les plateaux télé.
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